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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. (c'était une réponse à @Vincent Andrès, mais ça va dans ton sens @Bisounours) Négocier avec la gauche une suppression du smic et des allocs diverses et variées en échange d'un revenu universel me semble un bon deal.
  2. Mais justement, tous ces braves gens se sont sans doute aperçus qu'ils cesseront de toucher leur rmi/rsa s'ils se mettaient à bosser. Il suffit qu'ils accordent plus de valeur au temps libre qu'ils gagnent en ne travaillant pas qu'à la différence entre un salaire qu'ils peuvent espérer et leurs aides pour qu'ils aient intérêt à continuer leur vie oisive. Alors que si à la place d'un revenu minimal qu'ils cesseront de toucher dès qu'ils gagneront trois sous, ils touchent un revenu inconditionnel, il faudrait, pour qu'ils aient intérêt à ne pas travailler, qu'ils accordent plus de valeur à leur temps libre qu'à leur salaire tout court, ce qui me semble plus naturel.
  3. Je n'ai pas d'avis tranché sur la question, mais outre l'argument de la simplicité et de l'égalité maintenue au niveau des droits, je vois deux arguments en faveur du revenu universel. Le premier est qu'il peut être considéré comme préférable à un revenu minimal ou à un impôt négatif dans la mesure où il incite rationnellement plus au travail. En effet, dans un monde avec un revenu minimal, celui qui se met à travail perd une aide en gagnant son salaire, et a donc un gain net moindre à travailler que s'il avait plutôt un revenu universel, qu'il conserverait en plus de son salaire. Bien entendu, c'est à supposer que les gens cherchent en général à gagner plus d'argent et de façon rationnel. Reste à voir si les gens se comportent de cette manière ou non. Ensuite, mais c'est un argument qui peut aussi valoir pour le revenu minimal ou l’impôt négatif, il semble que les gens voient à plus court terme et prennent de moins bonnes décisions à l'échelle de leur vie lorsqu'ils sont plus pauvres. Un petit coup de pouce en bas pourrait non seulement donner plus à dépenser à certains au dépend de d'autres (ceux qui se sont fait imposer...), mais aussi aider certains à prendre des décisions plus réfléchies à l'avantage de tous le monde. Reste à savoir ce qui est le mieux entre les bonnes décisions qu'auraient pris le riche avec son argent s'il n'avait pas eu à financer les aides des gueux, où les nombreuses légèrement meilleures décisions prises par ces derniers. Ce dernier argument peut aussi valoir en anarcapie ou avec un Etat qui ne s'occuperait plus de redistribution. Il s'agirait alors d'un élément de réponse à une question que pourrait se poser, individuellement et librement, ceux qui en ont les moyens : "si, dans mon infinie bonté, je décide de donner du fric aux plus pauvres de ma communauté, est-ce que je leur rends vraiment plus service qu'en le dépensant autrement ?" A propos du fait que le revenu universel rendrait les gens d'autant plus dépendant de l'Etat... je ne vois pas pourquoi ce serait plus le cas qu'avec n'importe quel "service public". Si c'est une subvention qui viens se rajouter aux autres, oui, mais si c'est un "service" étatique qui vient en remplacer un autre, je ne vois pas le problème.
  4. Il n'y avait pas un ou deux ordo à la société du Mont Pèlerin ? (doux Jésus, nous avons donc des ordo-socialistes ?!)
  5. On ne peut pas dire "... les lacs et les montagnes voisines" en faisant porter "voisines" uniquement sur "montagnes" ? Ca change très légèrement le sens de la phrase (et encore, puisque on se doute bien que les voisines ont des voisins), mais si l'effet recherché est le plaisir des oreilles...
  6. J'ai même un ami wahhabite-libertarien (si si, tout est permis) qui rève d'un monde libéré de l'Etat pour pouvoir ensuite vivre dans une petite communauté respectant strictement la charia avec d'autres personnes qui voudraient en faire de même. Si je devais coûte que coûte mettre en rapport libéralisme et regard scientifique sur les affaires humaines, je le ferais de la façon suivante : Le libéralisme, en défendant (d'abord pour des raisons morales) les libertés individuelles contre l'arbitraire royale, a été amené à défendre ce que l'on nomme aujourd'hui "libertés économiques" (qui se résument, au fond, au droit de rendre service à qui l'on veut, quand on le veut, et de recevoir les services de ceux qui veulent nous en rendre). Cette revendication, d'ordre morale d'abord, du "laissez faire, laissez passer", à conduit à libérer la société du joug des guildes, des seigneurs féodaux, etc, et à laisser les échanges fonctionner d'eux même, "tout nu". C'est cette nudité du marché (débarrassé des interférences corporatistes et féodales) qui a permis ensuite de mettre en évidence l'ordre spontané qu'il prend, et d'en faire la science. Le libéralisme vient donc avant la science, et si certaines sciences sont intrinsèquement liés à lui (la science du marché), lui même dépend avant tout de raisonnement moraux. Mais ce n'est que mon humble point de vu, assez peu éclairé, sur une vaste question.
  7. Je ne vois pas très bien ce qui te permet de mettre marxisme et libéralisme sur le même plan, sous ce rapport. Le libéral ne cherche pas à imposer un dogme à l'autre, c'est tout l'inverse, il veut laisser chacun poursuivre les buts qui lui semblent bons, selon les moyens qui lui semblent le plus appropriées pour ce faire, tant que c'est dans le respect du droit de l'autre de faire de même. Il est tout à fait possible d'être à la foi libéral et religieux ou tout simplement spiritualiste. C'est le cas de la plupart des libéraux conservateurs, ainsi que des ordo-libéraux allemands qui se revendiquent de Augustin et de Kant (même si, d'après les critères des membres de ce forum, les ordo-libéraux entrent dans la catégorie "ordures socialistes", puisqu'ils ne sont pas anarco-capitalistes !)
  8. J'ai tendance à croire que le fil directeur de John Locke en théorie de la connaissance et en théorie politique est son opposition à l'abus d'autorité. Il s'oppose aux idées innées et à tout ce qui ne vient pas (directement ou non) de l'expérience car il lui semble que cela revient à légitimer de pseudo-autorités intellectuelles. Mais cette unité "anti-autoritaire" de la pensée de Locke se retrouve peut-être plus au niveau de sa psychologie individuelle qu'au niveau conceptuel des théories qu'il développe, car il me semble que l'empirisme peut très bien se passer de libéralisme, et inversement. D'ailleurs, si ce qui te semble saillant dans la pensée sensualiste est l'explication causale des pensées, alors ce n'est pas vers Locke que tu dois te tourner, mais vers Hobbes, qui commence son Léviathan par de longs chapitres sur le fonctionnement de l'esprit humain, qu'il explique de façon tout à fait mécanique, en comparant l'humain à une machine. Et pourtant, il est très loin d'être libéral ! Et d'ailleurs, chez Hobbes, la théorie de la connaissance est beaucoup plus lié à la théorie politique, ne serait-ce que parce qu'elles sont dans les mêmes livres. Et je ne suis pas tout à fait sûr non plus de ton parallèle entre le scientisme et le libéralisme. La forme actuellement dominante de la théorie économique (qu'à gauche on identifie à tort au libéralisme), c'est à dire l'école néo-classique, ses constructions mathématiques et sa macro-économie post-keynésienne, pèche sans doute par scientisme. Mais le principal courant de pensée politique moderne à se revendiquer du matérialisme, du déterminisme et de la rigueur "scientifique", ça reste le marxisme.
  9. Marqué et non marqué, c'est "patriarcal" aussi, puisque l'homme est considéré comme une personne "par défaut", pouvant faire différentes choses de sa vie, alors que la femme est essentialisée et réduit à n'être rien d'autre qu'une femme. C'est un thème récurrent depuis Beauvoir au moins. Bon, c'est 70% bullshit, mais ça tombe souvent assez juste en analyse cinématographique, où on a souvent des personnages féminins dont le rôle se résume à celui de "femme". En tout cas ça reste facilement interprétable comme sexiste pour des féministes. Et quant à cette règle de proximité... nan, "Yvon et Yvette sont belles", je vais avoir du mal à m'y faire. La règle du masculin date quand même de quelques siècles, (XVII, ai-je lu ?), et fait donc intégralement parti du français moderne. J'aime bien mon idée de "genre 1" et "genre 2". C'est une petite concession à "l'ennemi", mais vraiment une très petite, et qui est assez cohérente avec la réalité de la langue. Je ne vois pas en quoi une couille est féminine et un utérus masculin. C'est juste des groupes contingents, tel qu'il se trouve que les hommes sont rangés dans l'un et les femmes dans l'autre. Et puis, on a cas faire un "pile ou face" public pour décider quel genre sera le "1" et lequel sera le "2" (si on décide que le masculin soit le 2, ça sera aussi interprété comme patriarcal d'une manière ou d'une autre, mais avec un tirage au sort, ça devrait être bon).
  10. Tiens, d'ailleurs, les pro-écritures inclusives veulent-ils que l'on écrivent "les tabourets et les chaises sont petit.e.s." ? Au nom de quoi, de la discrimination envers les chaises ? Ou bien doit-on rajouter une règle grammaticale pour distinguer les "vrais" énoncés genrés des autres ?
  11. Pourquoi personne ne propose de remplacer les termes "masculin" et "féminin" en grammaires par "genre 1" et "genre 2" ? Les noms appartiendraient au premier ou au deuxième genre pour des raisons historiques contingentes, tout comme les verbes appartiennent au premier, deuxième ou troisième groupe. Et le "genre" grammaticale d'un mot n'a rien à voir avec le "genre" des études féministes. Qu'on dise "le tabouret et la table sont petits" alors que l'on dit "la chaise et la table sont petites" n'a rien à voir avec le patriarcat et le sexisme... Une simple petite modification du vocabulaire des manuels de grammaires serait tellement plus simple, tellement plus cohérent et tellement moins invasif qu'une modification planifiée de la langue. Que l'on utilise le "genre 1" pour parler des garçons (et pas que des tabourets et des rouges à lèvres) et le "genre 2" pour parler des filles ? (et pas que des tables et des couilles ?) Tout aussi arbitraire et moralement neutre que l'usage fréquent de la première déclinaison plutôt que de la deuxième ou troisième en grec ancien pour parler des femmes. Que ce soit le masculin qui devienne le "premier" genre grammatical ? C'est parce qu'il fait aussi office de neutre et de collectif, mais si vous y tenez, on peut l'appeler "deuxième genre", osef.
  12. Berkeley "prouve" (disons, argumente en la faveur de) l'existence de Dieu de façon moins forte que Descartes. Il me semble qu'il se contente de dire qu'il faut que l'entendement infini de Dieu continu à percevoir les choses pour qu'elles continuent à exister lorsqu'aucun esprit fini ne les perçoit. Ce qui est assez faible... beaucoup plus que l'argument ontologique, en tout cas. On peut dire que sa croyance en Dieu est vraiment religieuse là où celle de Descartes est de l'ordre de la spéculation rationnelle. Même s'il est très critique envers Locke, il en est un héritier direct, et est bien empiriste. Son immatérialisme en est même la conséquence directe : si je ne connais que ce que je perçois, pourquoi devrais-je supposer que la nature est autre chose que mes perceptions ? (en tout cas, c'est en gros son argument) C'est un religieux conservateur qui utilise les outils conceptuels de ses contemporains pour réfuter leurs thèses, et s'opposer de façon d'autant plus efficace aux lumières et à leur matérialisme. Oui, Kant n'est tout au plus que "un peu" libéral, il reste très étatiste. Mais même s'il ne reconnaît pas le droit à la résistance, il n'est pas pour autant favorable à l'exercice arbitraire du pouvoir, et est pour un état constitutionnel, et laissant une assez grande liberté individuelle (notamment la garantie de la propriété privée, comme tu le rappelles). Et puis, la théorie pratique de Kant me semble très attaché au libéralisme, non seulement parce qu'elle y mène, mais aussi parce que de nombreux libéraux y retombent souvent de façon plus ou moins tacite. L'impératif catégorique se contente de donner quelque chose comme un cadre à ton action, qui se trouve justement être la liberté des autres, et à l'intérieur duquel tu es libre de poursuivre ton bonheur selon les impératifs hypothétiques. Bon, je ne dis pas qu'il n'y a de problèmes nul part, ni que c'est exactement ça, mais il y a un fond qui ressemble pas mal au principe de non-agression. Ca ressemble un peu à mon premier facteur (anti-autorité). Il me semble que la science moderne est beaucoup plus platonicienne que naturaliste dans son fondement, mais c'est un autre débat.
  13. @Johnathan R. Razorback Je ne connais pas d'Holbach, il va falloir que j'y remédie. Mais crois-tu qu'il y a quelque chose de plus qu'une simple coïncidence historique ? On a au moins un empiriste anti-libéral en la personne de Berkeley (même si ce n'est pas un sensualiste !), et réciproquement, il me semble que Kant est un peu libéral (proto-ordo-libéral ?). J'aurais tendance à expliquer la co-incidence du libéralisme et de l'empirisme au XVIIIe par les facteurs suivants : - Ils sont tous les deux le fruit d'une opposition à l'autorité, le libéralisme à l'autorité politique, l'empirisme, à une autorité intellectuelle aux prétentions aprioriques. Mais cette similitude n'est pas un lien nécessaire, car il s'agit de deux formes d'autorités différentes. - Ils sont deux aspects d'une tendance moderne à mettre le sujet individuel au centre des préoccupations. Mais si, du coté pratique, le libéralisme a un quasi monopole du sujet, ce n'est pas le cas du coté théorique, où l'empirisme (et sa branche radicale, sensualiste) côtoie cartésianisme, kantisme et phénoménologie husserlienne.
  14. Je vois bien un vague lien historique (autour de Condillac, dont la contribution à la pensée libérale, bien que très peu connu, est bien plus intéressante que sa théorie de la connaissance), mais j'ai du mal à saisir le lien conceptuel que tu sembles trouver évident. Je suis d'ailleurs moi aussi passé par l'extrême gauche (enfin, dans mes réflexions et mes lectures), mais c'était par conformisme justement. Ou disons, par anti-conformisme très conforme ! Je pense que les siècles de grands penseurs libéraux ont eu un peu d'effet, et qu'il y a une petite graine d'amour et de respect pour la liberté chez la plupart des gens aujourd'hui, mais de là à dire que le libéralisme est la pensée dominante actuelle... En discutant un peu sur ce forum, si tu y restes, tu t’apercevras que le libéralisme est sans doute très différent de ce que tu en imagines, en tout cas, qu'il ne s'agit pas du discours de Wauquiez ou de celui de Macron, et qu'un vrai libéralisme "pur" est en fait extrêmement marginal, surtout en France.
  15. Bonjour et bienvenu Lazinou, Je ne suis pas sur ce forum depuis très longtemps moi non plus, et je suis moi aussi assez intéressé par la phénoménologie (par Husserl, en tout cas...). Je t'avoue ne pas très bien comprendre le lien entre ta critique du sensualisme et le libéralisme. Pourrais-tu nous éclairer sur la relation que tu vois entre ces deux courants de pensée ?
  16. Oui, mais si on prend "collectivisme" en un sens suffisamment large, ça n'expliquerait pas vraiment que les femmes tendent à être collectiviste là ou les hommes seraient libéraux, mais plutôt que les femmes tendraient à vouloir un collectivisme égalitaire là où les hommes voudrait un étatisme/collectivisme "de droite". As tu de la docu à ce sujet ? je n'y avais pas pensée.
  17. A propos de l'apparence d'un moins grands nombre de femmes libérales, il faut aussi prendre en compte un biais inhérent aux médias par lesquels les militants se manifestent. A propos de la représentation politique, par exemple, il est possible que pour je ne sais quelles raisons les femmes soient moins enclines à se lancer en politique, et que le plus grand nombre de politiciennes à gauche soit dû à une discrimination positive idéologique. Et à propos du fait qu'il y ait moins de femmes que d'homme sur des plateformes comme ce forum... allez savoir, en tout cas, je sais qu'environ 90% des contributeurs de wikipedia sont des hommes, et que du fait de la gratuité et de l'anonymat, ça ne peut pas s'expliquer directement par les différences de revenus ou le sexisme du milieu. On peut donc envisager que certains modes d'interactions soit moins attractifs pour les femmes. Je précise que je ne me prononce pas sur le caractère innée ou acquis des différences d'inclinaisons des hommes et des femmes, et qu'il ne s'agit tout au plus que de tendances, et pas de lois universelles du type "chaque homme est plus X que chaque femme", et que ce dernier point est suffisant pour que ça n'ait aucune conséquence normative.
  18. Le premier argument de ThatGreekLady est, je trouve, tout à fait convainquant. Reste à savoir deux choses : si a niveau de richesse égale, les femmes tendent toujours à être plus collectivistes que les hommes (en admettant préalablement que ce soit le cas en général), ce qui devrait être vérifiable, et bien sûr, pour quelles raisons (et dans quelle proportion, pour chaque facteur), les femmes sont-elles plus pauvres que les hommes, mais c'est une autre question. Sinon, que les femmes tendent à être plus compatissante (que ça vienne de la nature ou de la culture) est aussi envisageable, mais ce n'est pas suffisant pour mener au collectivisme. Il faut encore, pour ça, y ajouter les erreurs intellectuelles communes concernant les effets que l'on peut espérer du marché ou de l'intervention public, ainsi que la nature de la justice et de la liberté. Et étant donné que je ne vois pas vraiment de raison de croire que les femmes soit plus désavantagées que les hommes sur ce plan, ça peut tout au plus faire pencher les femmes vers un étatisme égalitariste là où les hommes pencheraient plutôt vers un étatisme plutôt fascistes, acceptant la violence et les inégalités matérielles.
  19. Mais le congé maternité est-il obligatoire ? Si ce n'est pas le cas, effectivement, il y a un problème d'autant plus gros à ce qu'il y ait un congé paternel obligatoire... ça relèverait au mieux de l'utilitarisme primaire, avec un calcul d'utilité douteux. J'imagine que la solution libertarienne consiste tout simplement à laisser à la discrétion des gens de prendre une assurance maternité/paternité. Mais je m'interroge tout de même sur cette possibilité de défendre un droit de l'enfant à avoir des parents disponibles. Le devoir des parents vis à vis de l'enfant ne se limite pas à ne pas l'agresser, il me semble assez normal aussi que des parents n'aient pas le droit de ne pas fournir de nourriture gratuitement à leurs rejetons. Jusqu'où peut-on/doit-on étendre ce genre de droit ? (je viens juste de lire ton post @Neomatix, j'y réfléchis)
  20. Pourquoi pas ? Après tout, à peu près tous les droits de l'enfant sont des droits que celui-ci ne revendique pas forcément (et n'est pas en mesure de revendiquer), et qui sont une restriction de la liberté de ses parents. Bonnes questions. Comment fonctionne le congé maternité ? En fait, je serais plutôt en faveur d'un remplacement de celui-ci par un "congé parental" neutre. Mais je n'y ai pas beaucoup réfléchi.
  21. Et bein, si c'est pour donner le même droit au congé parentale aux hommes qu'aux femmes, ça n'est pas complètement négatif. Bon, ça implique de chercher l'égalité de droit en réduisant un peu plus la liberté des uns et des autres, j'en suis conscient... Je me demande si on ne peut pas défendre ça au nom d'un droit de l'enfant à avoir des parents disponibles. Le congé maternité est-il obligatoire ? Tout ça est aussi sensé, sans doute, contribuer à l'égalité salariale homme/femme, d'une manière je trouve plus acceptable que par discrimination positive. Qu'une jeune femme soit susceptible de partir en congé lorsqu'elle deviendra mère joue en sa défaveur, mais si ça devient la même chose pour les hommes, ça égalise.
  22. Effectivement. Et je ne compte pas en dire plus ! Il y a peut-être bien une relation, dans la mesure où la communauté bdsm et ses codes viennent des milieux gays et que le féminisme se rapproche d'eux depuis que "l'intersectionnalité" est devenu leur nouvelle orthodoxie. Il y a aussi que le féminisme, lorsqu'il n'est pas puritain, veut inciter les femmes a assumer leurs désirs et leurs fantasmes, qui bien souvent sont plus hardcore que ceux des hommes (comme le révèlent les statistiques concernant le type de porno consommé par les femmes). Pour l'analyse féministe, le contrôle de la femme par l'homme passe, voir vise, le contrôle de leur corps, de leur sexualité et de leur fertilité [insérer ici une allusion douteuse au début de l'agriculture et à la substitution de dieux masculins à la déesse mère, le tout justifié par une analogie encore plus douteuse entre la femme et la nature]. Ce n'est pas complètement absurde, remarque, c'est une interprétation qui donne du sens à de nombreuses formes de domination patriarcale, du culte de la virginité avant le mariage au collier des femmes girafes ou aux pieds liés des femmes chinoises, en passant par les peines beaucoup plus sévère envers les femmes adultères qu'envers les hommes adultères dans les sociétés traditionnelles. A partir de là, le slut shaming est compris comme une violence symbolique visant à faire comprendre aux femmes que leur sexualité ne leur appartient pas, et qu'il est honteux de s'écarter des pratiques laissant le contrôle aux hommes. Qu'il vienne de femmes ne changent rien, la plupart des femmes sont sensées avoir intériorisées le patriarcat tant et si bien qu'elles participent activement à le perpétuer. Qu'il soit moins bien vu d'avoir un fleshlight qu'un vibro sur sa table de chevet (alors, pour commencer, je crois que c'est quelque chose d'assez gênant pour tout le monde !) n'est pas forcément lié à ça, mais plutôt au contraire -à mon avis- à la honte qu'est sensé avoir un homme qui ne parvient pas à séduire. Mais ce ne sont pas les féministes spécifiquement qui reprocheront à un homme d'utiliser des sextoys. Peut-être même que certaines voient ça d'un bon oeil, dans la mesure ou il s'agit d'une exploration de la sexualité pour elle même hors du cadre "normal" (et oppressif, évidemment). Par contre, les réactions féministes sont plus partagées concernant les robots sexuels, qui arrivent... il y a l'idée que ça contribue à voir les femmes comme de simples objets. Il y aura sans doute aussi quelques génies pour défendre les droits des robots. Et puis, peut-être que certaines savent que les geeks ont déjà fait leur calcul d'utilité individuelle à ce sujet, et que ceci rend les futurs riches moins facile à s'accaparer.
  23. 1. Et bien, parmi les féministes les plus dures que je connais, justement, il me semble que la tendance "pro-sexe" est dominante. (c'est peut être une différence entre les deuxième et troisième "vagues"), c'est aussi dans ce sens que va Butler, et comme je l'ai dit, les courants LGBT qui se font phagocyter par le féminisme. Et puis, Foucault (ou des reprises de Foucault par des femmes, parce que ça fait tache de se revendiquer d'un homme) reste une influence majeure. Le porno et les pratiques sexuelles "communes" sont considérées comme des outils d'oppressions patriarcales, mais l'idée qui me semble dominante est leur réappropriation et leur subversion pour permettre au femme de se servir de leurs corps et de leurs sexualités pour se libérer. Bien sûr, il faut tempérer ça en notant que : c'est d'une efficacité très limitée ; ce n'est pas forcément le point de vue de toutes les féministes ; et il y a peut-être parfois, de façon insidieuse et inavouée, une hostilité au désir masculin lorsqu'il n'est pas contrôlée. 2. Tu serais surpris par le nombre de féministes qui fantasment sur le fait de se faire ligoter et dominer par un homme. (enfin, je n'en connais que deux, mais c'est déjà suffisant pour me surprendre !) Tant qu'il y a consentement explicite, évidemment. A propos de la prostitution, ça fait parti des gros débats de leur coté... Et a propos du slut shaming, il y a la question du vêtement, mais pas que. C'est aussi ce qui se passe lorsqu'une femme se fait qualifier de "salope" si sa sexualité est jugée trop libre, ce qui est vu comme une institution patriarcale servant au contrôle du corps et de la sexualité des femmes. Derrière la dénonciation de ça, il y a bien une volonté soit d'assumer sa sexualité, soit au moins de laisser celles qui le veulent le faire. Je ne vous cachent pas que les plus féministes des féministes que je connais sont très loin d'être puritaines, mais ce n'est peut être pas un échantillon représentatif. Je me suis un jour retrouvé à discuter avec de vieilles mégères lesbiennes féministes (une expérience traumatisante, j'ai cru qu'elles allaient m'assassiner), je n'ai pas abordé le sujet avec elles, mais rétrospectivement, je ne serais pas surpris qu'elles soient effectivement puritaines.
  24. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'idée que le féminisme contemporain soit puritain... Ca a peut-être été le cas, mais il me semble que la tendance actuelle est plutôt "pro-sexe", avec la lutte contre le "slut shaming", la tentative de faire du porno féministe, etc, après évidemment, il s'agit d'un sujet controversé chez elles, mais le rapprochement avec le courant LGBT ne leur laisse pas vraiment d'autre option. (d'ailleurs, figurez vous que la dernière personne à m'avoir fait un discours féministe IRL était la gérante d'un donjon bdsm...) Avec un regard intransigeant/hostile sur leur position, on pourrait dire qu'elles ne s'opposent qu'à la sexualité des hommes, lorsqu'elle est perçue comme oppressive (ce qui est laissé à la discrétion du jugement de chacun.e.s. ...). Pour quelques unes, le désir plus ou moins secrètement caché derrière est sans doute de pouvoir être désirée à la demande, par qui elles le veulent, quand elles le veulent et jamais dans d'autres circonstances, et ce tout en étant poilue/grosse/non maquillée/trans, et en ayant le pouvoir d'accuser d'infâme oppresseur tout ceux qui ne se plient pas à cette exigence. Ceci dit, même si ce travers existe sûrement, et même si je ne suis pas d'accord avec le mainstream féministe actuel, je ne pense pas qu'on puisse non plus les réduire à ça.
  25. C'est étrange, j'ai une amie en étude de genre qui tient des propos similaires, -elle estime qu'il faut abolir "les hommes" compris comme une "classe"- mais justement parce qu'elle considère que le fait d'être un "homme" est acquis. L'usage du mot "sexe" ici est sans doute une méprise. Par contre attention, d'après les théoricien.ne.s.lol du genre, tu n'as pas tout à fait "le genre de tu veux", c'est une construction sociale, mais elle t'es imposée. Marx, Bourdieu, toussa...
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