Aller au contenu

Pegase

Utilisateur
  • Compteur de contenus

    474
  • Inscription

  • Dernière visite

Tout ce qui a été posté par Pegase

  1. On vient encore de me soutenir qu'on vit dans un pays où le libéralisme est devenu parole d'évangile, que les chaînes de télé sont tous acquis au gouvernement (et donc au libéralisme) et que la pensée de gauche est en recul constant. Bon, je pense que sur ce forum on aurait tendance à dresser le portrait inverse, personnellement j'ai plus l'impression de voir la gauche américaine progresser avec cependant des héritages de la fascination des intellectuels pour le communisme qui demeurent. A quoi cette différence de perception est due selon vous ? J'ai l'impression que pour mes amis de gauche, Valeurs Actuels et Zemmour sont présents absolument partout (et ces derniers étant de droite, ils sont aussi libéraux, logique).
  2. Ah oui. Mais je pensais naïvement que c'est ce que l'auteur du torchon sous-entendait. C'est pas comme si une certaine extrême gauche n'entretenait pas une fetichisation de la violence politique et de la Terreur.
  3. Reste quand même la clique de Guangxi et les guerres des plaines centrales dans les années 30. Je n'ai pas une connaissance très détaillée de la période, mais j'ai quand même l'impression, d'après mes souvenirs que la Chine était alors un beau panier de crabes dans laquelle les cliques étaient en théorie alignées sur le Guomindang, mais dans la pratique j'ai l'impression que Chiang devait se méfier en permanence de tout le monde, y compris au sein du Guomindang (déjà pendant l'expédition du nord, un gouvernement parallèle avait été mis en place à Wuhan). Le simple fait que l'incident de Xi'an ait été possible semble témoigner d'une importante fragmentation au sein de cette Chine. Précisément, la famine du Grand Bond en Avant est finalement la dernière de grande ampleur que connaisse la Chine (elles sont fréquentes avant ça, pendant la décennie de Nankin il y en a quelques unes). Mao continue de diriger jusque dans les années 70, c'est suffisamment de temps pour qu'on puisse observer une amélioration (relative) des conditions de vie. Il faudrait plutôt se demander si c'est l'époque qui veut ça ou un résultat de ses politiques. Si tu as envie de lire du bon révisionnisme sur le maoïsme, tu peux lire le bouquin de Gao Mobo : The Battle of China’s Past: Mao and the Cultural Revolution. Ça te fera sûrement rire.
  4. Je n'ai pas particulièrement envie de me faire le défenseur de Mao, mais dans son bilan il y a bien des points qu'on peut retenir. Sur l'unification du territoire, je ne suis pas sûr qu'on puisse réellement qualifier l'année 1928 de fin de l'ère des seigneurs de guerre. Le Guomindang ultra corrompu n'a jamais fermement tenu l'ensemble du pays, et les luttes de faction en son sein n'arrangent pas grand chose. Est-ce qu'une transition aurait pu être faite, similaire à ce qui s'est passé à Taïwan ? C'est possible, mais on ne le saura jamais vraiment, la guerre l'a balayé et Chiang a été incapable de reprendre la main en 1945 (alors qu'il avait quand même pas mal de cartes à jouer). Sur l'industrie, le bilan de maoïsme me semble assez mauvais, mais on peut le créditer de deux choses : l'augmentation de l'espérance de vie (qui aurait sans doute eu lieu sans, mais il faut creuser) et l'augmentation des taux d'alphabétisation qui atteignent un niveau assez élevé. C'est ces deux phénomènes combinés qui, il me semble, montrent que le maoïsme a, au moins dans certains domaines, eu des résultats et qui vont servir de base pour le développement économique de la Chine qui a suivi.
  5. Pegase

    Droâdezanimos ?

    La réponse du journaliste dans ce drama, histoire d'avoir les deux versions.
  6. Ça résume assez bien. Mais il manque le style ampoulé de Bourdieu éco+.
  7. Pas juste une phrase mais un constat global. On m'a (encore) conseillé de lire le Manuel de l'antitourisme. Si je suis d'accord pour dire que le tourisme pose beaucoup de problèmes (notamment écologique) je ne supporte pas le style de l'auteur, qui me semble être une tare bien française. Beaucoup d'envolées pseudo lyriques, de l'anticapitalisme (obligé si on veut être reconnu comme intellectuel en France) et de la moraline, le tout avec un discours finalement assez réac en idealisant le monde d'avant où les liens sociaux étaient tellement plus forts et plus agréables (ça me fait penser à ces gens qui visitent l'Afrique et expliquent avec une satisfaction irritante à quel point ces gens qui n'ont rien sont finalement plus heureux que nous). Ce livre cumule décidément tout ce qui me dérange dans une grande partie de la production intellectuelle en France.
  8. D'où vient cette idée que l'AIE est extrêmement conservatrice dans ses prédictions ?
  9. Oui, le titre est mal formulé. Disons que pour les marxistes, le schéma est le suivant : la première vague de colonisation et l'esclavage ont permis une expansion commerciale sans précédent. Les profits générés ont ensuite servi à industrialiser les pays occidentaux (dans un premier temps, le RU). Cette industrialisation rapide a entraîné une concurrence accrue entre les puissances européennes qui avaient désormais les moyens technologiques de s'imposer durablement sur tous les continents. Recherche de matières premières, puis de débouchés économiques expliquent donc la colonisation qui se maintient aujourd'hui encore avec des réseaux de spoliation (françafrique par exemple). C'est tout l'idéologie tiers-mondiste ainsi résumée. Si on suit cette explication, esclavage et colonisation sont tous deux les enfants du capitalisme qu'ils influencent et modifient à leur tour quand ils rentrent en interaction.
  10. Je ne suis pas des abrutis. Mais il arrive toujours un moment où quelqu'un que je suis réponde à un autre et on voit forcément les échanges (là c'était Ferghane Azihari qui je crois citait le compte "stupidités libertariennes"). Forcément, on se perd en regardant un peu le profil de ces individus. Et je vois globalement très peu de débats intéressants, juste beaucoup d'agressivité, comme d'habitude sur internet, mais qui sur twitter me semble amplifiée.
  11. Je dirais aussi le fait que sur Twitter in évolue en vase clos. Si on suit que des gens avec lesquels on est d'accord, on aura fatalement l'impression que nos idées sont plus répandues dans la société qu'elles ne le sont en réalité. Je pense que je développe une sorte de désillusion par rapport à internet. Je ne suis pas sûr que sa démocratisation n'ait produit que du bon.
  12. Je suis sûr que tout le monde a déjà entendu cet argument qui fait sans doute écho à ce que disait Lénine sur l'impérialisme comme avatar ultime du capitalisme. L'idée étant que les profits dégagés par l'esclavage auraient ensuite été investis dans l'industrialisation, rendant cette institution par la même occasion archaïque. En bon libéral, je l'ai souvent rejetée du simple fait que des contre exemples existent et que le capitalisme me semble préexister à la colonisation (si j'en crois Jacques Heers). Est-ce pourtant à dire qu'on peut définitivement rayer cette hypothèse complètement ? Dans un autre thread, j'ai évoqué l'ouvrage d'Edward Baptist The Half has never been told qui semble beaucoup critiquer l'approche libérale de la question. D'un point de vue historique, a-t-on des études sur la question ? Je sais que Jacques Marseille a travaillé sur les apports économiques de la colonisation, mais on ne peut pas se contenter d'une seule source.
  13. Je viens de perdre trop de temps sur Twitter, pour pas grand chose. C'est clairement le réseau social le plus néfaste et de très loin. J'ai rarement vu autant d'agressivité et j'ai écumé pas mal de poubelles du net. Tous deviennent un peu plus virulents sur Twitter, les vegans, Les écolos, les marxistes, les droitards et même les libéraux. Je ne sais pas à quoi c'est dû mais l'influence de Twitter me semble aujourd'hui désastreuse sur tous les plans.
  14. Je m'estime modérément libéral, donc je comprends que je frôle souvent avec le collectivisme pour les plus anarcaps. Plus sérieusement, le port du masque n'est pas une simple lubby de l'Etat avec pour objectif de renforcer le contrôle social de l'Etat sur les individus (ou plutôt, il n'est pas que ça) mais une mesure sanitaire établie à partir de ce qu'on connait quant à la transmission du virus. (bon je suis pas complètement naïf non plus, je sais qu'on pourra toujours parler de biopolitique et de son lien avec l'hygiénisme etc.). On peut comprendre que la communication de l'Etat au sujet des masques fut désastreuse et entraîne donc un certain rejet, mais je pense qu'il est un peu dangereux de refuser une mesure parce que décrétée par l'Etat. En l’occurrence, porter un masque dans un espace clos en période d'épidémie me semble être une mesure de bon sens et parfaitement libérale.
  15. Dans un monde parfait, on pourrait certainement se contenter de conseiller fortement le port du masque et compter sur la pression sociale pour faire le reste (méthode japonaise). Mais vu l'état des villes françaises où les gens sont déjà incapables de jeter leur détritus dans les poubelles, ça tient du doux rêve. Oui, il y a un gros problème de civisme en France, cette histoire de masque n'en est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres. Malheureusement, pour que les masques puissent avoir un effet, il faut que tout le monde accepte de jouer le jeu.
  16. On peut sans doute reprocher un paquet de règles absurdes décidées par l'Etat. Mais mettre un masque dans un espace clos comme le train ou le bus me semble relever du bon sens. Je ne sais pas à quel point ça joue, mais le cas japonais est intéressant. Très peu de cas, malgré un gouvernement en dessous de tout et un simili confinement. 1000 morts en tout pour un pays dont l'âge médian est de 47 ans. Le port du masque n'est sans doute pas le seul facteur explicatif, mais ça semble accréditer l'idée qu'il a un rôle à jouer.
  17. Je prends souvent les transports en commun et je commence à croire que le gouvernement ne mentait pas quand il expliquait que les Français ne savaient pas bien se servir des masques. Entre ceux qui refusent d'en porter, ceux qui le portent sous le nez, ceux que le baissent pour téléphoner. Aujourd'hui, un débile l'a carrément enlevé pour tousser pour le remettre juste après. Niveau civisme, la France me semble absolument catastrophique.
  18. Interview d'un auteur d'une thèse sur la décroissance. https://bonpote.com/imaginer-leconomie-de-demain-la-decroissance-par-timothee-parrique/ Tout n'est pas à jeter, mais j'ai du mal à comprendre pourquoi il s'insurge quand on qualifie la décroissance d'utopiste ou malthusien puisque tout ce qu'il décrit rentre pile dans les cases.
  19. Je trouve cette focalisation sur le seul trafic aérien curieuse, souvent portée par des gens qui méprisent le tourisme de masse de base. Comme les féministes anti-enfants qui expliquent que la solution réside dans une baisse de la démographie mondiale ou les vegans qui ne jugent que par l'interdiction de la viande. C'est toujours facile de proposer des interdiction quand on sait pertinemment qu'on ne sera pas concerné. Ça et le côté profondément misanthrope. Ces derniers temps, je vois fleurir les messages qui parlent de réapprendre à voyager, les plaisirs des destinations simples. Je pourrais comprendre cette vision naïve si elle ne dissimulait pas un certain mépris pour les touristes, assimilés à des crétins victimes de la publicité. Bien sûr, à l'évocation des personnes habitant dans les départements d'outre mer, des expatriés etc. le vernis faussement bienveillant s'écaille et on se met à assumer de parler de "sacrifices nécessaires pour le bien commun". Pour être honnête, le réchauffement climatique m'inquiète et je crois qu'on n'échappera pas à des restrictions de liberté. Mais la frivolité avec laquelle les écologistes manipulent certains concepts sans se rendre compte que c'est la porte ouverte à un ensemble de dérives autoritaires m'effraie peut-être plus encore que le réchauffement lui-même.
  20. L'idée est contestée, mais pas forcément sans fondement. D'où le fait qu'il faille se méfier avant de proclamer que l'esclavage était nécessairement une aberration économique qui a appauvri le sud. J'ai l'impression que c'est un peu plus compliqué.
  21. Puisque le sujet a été abordé ici, quelqu'un a lu le livre d'Edward Baptist ? Selon ce dernier, l'idée que l'esclavage était un système inefficace sans lien avec le développement industriel des États-Unis serait complètement faux, un mythe développé par les historiens au lendemain de la guerre de sécession. https://www.nhpr.org/post/without-slavery-would-us-be-leading-economic-power#stream/0
  22. Shikoku c'est très bien oui. Mais il faut louer une voiture, seul façon de bien faire le tour de l'île. Kuma no kodo aussi, c'est souvent ignoré par les touristes mais ça vaut le coup. Largement plus intéressant que Nikko et son temple à 2000 yens.
  23. Quitte à vivre au Japon, je préfère largement une ville "moyenne" (qui le sont pas vraiment) comme Fukuoka. Tokyo il y a un aspect pratique indéniable, des tas de restaurants etc. Mais je trouve surtout la ville absolument étouffante. Je doute pas que le touriste soit satisfait d'être dépaysé mais pas trop, mais selon moi il y a des trucs tellement plus intéressant à voir que Tokyo.
  24. J'ai jamais aimé Tokyo perso. En dehors du côté pratique, de quelques musées sympas et de Kamakura à côté je ne vois pas vraiment ce que les touristes viennent y foutre.
  25. https://www.liberation.fr/debats/2020/06/20/dominique-bourg-il-faut-sortir-de-nos-modes-de-vie-consumeristes_1791519 Retour à la Terre pour 30% de la population. Ce genre de discours se répand de plus en plus, rien de très encourageant pour la suite.
×
×
  • Créer...