Je prends dans ma bibliothèque le Blackwell Companion to Bioethics dirigé par H. Kuhse et Peter Singer (!), et l'ouvre au chapitre 39 sur le statut moral des animaux. L'auteur du chapitre (BE Rollins) soutient la thèse suivante, qui pour l'instant éthique, dans la veine utilitariste : les raisons visant à exclure les animaux du cercle de la morale et des critères d'évaluation de la conduite humaine ne sont pas pertinents. Si par exemple l'usage de la parole ou de la raison marque la différence entre l'homme et l'animal, il n'est pas une différence pertinente sur le plan moral (ou éthique) pour justifier le mal infligé aux animaux là ou il est condamné pour les êtres humains. Ici, on introduit la grammaire utilitariste de la douleur et du plaisir pour évaluer la moralité des conduites (pour remplacer la raison). Un animal avec un système nerveux suffisamment développé ne devrait pas avoir à souffrir inutilement, qu'il soit humain ou non (cette précision permet de mettre de côté les pseudos arguments concernant les êtres unicellulaires et autres bestioles).
Maintenant, de ce statut moral minimal de l'animal, on peut passer à sa protection juridique possible en s'inspirant par exemple de la législation française. Si on admet qu'il est moralement inadmissible de faire souffrir une bête, on peut éventuellement condamner toute personne se rendant coupable de tels traitements. Il y aurait obligation pour les individus de ne pas faire endurer de souffrances inutiles aux bestioles, et donc droit aux animaux, par exemple comme le droit français protège la dignité humaine : http://www.internationalpenalandpenitentiaryfoundation.org/Site/documents/Stavern/06_Stavern_Contribution%20Aksoy.pdf
Ce genre de position ne peut être compris qu'en adoptant le point de vue de l'utilitarisme moral. Par définition, le droit naturel moderne est un rationalisme, qui juge, évalue et intègre les individus en fonction de leur capacité à raisonner, ce qui est le propre de l'homme. Donc dialogue de sourds, incommensurabilité (relative) des théories, toussa