Jump to content

Absandreux

Nouveau
  • Posts

    25
  • Joined

  • Last visited

Profile Information

  • Gender
    Not Telling
  • Lieu
    Not Telling
  1. Je pense pas que la contre manifestation de mai 1968 soit due aux médias (notamment pour les Parisiens qui n'avaient pas besoin des médias pour savoir que dans les rues c'était la chienlit : il suffisait d'ouvrir les fenêtres). Je pense qu'elle est bien plus issue d'un sentiment d'exaspération d'une partie des français qui était liée par une personnalité, celle de De Gaulle, populaire parmi ces français. En ce sens, à mon avis la résultante aurait pu être différente si : la droite était au pouvoir ou hollande populaire ou si Emmanuel Macron avait porté ce texte puisque populaire chez une large frange des français (pas de gauche, donc opposés aux syndicats de façon presque manichéenne).
  2. Je pense aujourd'hui que la difficulté de se sortir des mouvements sociaux vient de la configuration politique actuelle. Je m'explique : il y a un président de gauche (ou tout du moins qui revendique son appartenance à la gauche), impopulaire et peu charismatique d'un côté et de l'autre un syndicat de gauche (même carrément stalinien), qui radicalise un mouvement social. La droite est hors de l'équation et ne soutient pas le texte de toute façon, qu'il s'agisse de la droite républicaine qui souhaite un texte plus "audacieux" ou de la droite extrême qui souhaite l'abandon du texte (ce qui montre bien que sur le plan économique et politique les "fascistes" et les "antifascistes" se ressemblent plus qu'ils ne veulent bien le dire ou le croire). L'absence d'un quelconque soutien au gouvernement est parfaitement délétère et cela à cause de plusieurs facteurs : le Président flirt avec l'abîme de l'impopularité, son Premier ministre le suit dans son naufrage et surtout la ministre en charge du projet n'est pas crédible. J'aimerais maintenant vous présenter le contre-exemple, qui révèle bien la différence de contexte politique : mai 68. En mai 1968, la France connaît un mouvement social peut-être pire que celui que nous connaissons maintenant (on érige des barricades avec des véhicules à Paris tout de même) et il y a un risque de pénurie énergétique (notamment l'essence). Cependant, un tournant va être la manifestation du 30 mai 1968 qui est une manifestation Gaulliste. En effet De Gaulle était toujours populaire chez une large part de la population (contrairement à Hollande) et avait des gouvernants crédibles (qu'on soit d'accord avec leurs idées ou non, on avait affaire à des "hommes d'Etat"). De plus l'affrontement était beaucoup plus binaire, puisque on avait le gaullisme d'un côté, plutôt à droite et les manifestants de 68 complètement à gauche. Le manque de leadership et de charisme des gouvernants, l'absence de la droite dans le débat, empêche pour moi la constitution de contre-manifestations pour le moment. Je pense cependant que les réseaux sociaux peuvent, si le mouvement social s'intensifie et que le ras le bol gagne la vraie majorité des français (pas cette pseudo-majorité soi-disant représentée par la CGT), servir de creuset a des contres manifestations plus "citoyennes". Le souci c'est que le peuple de droite ainsi que les personnes à tendance libérale n'ont pas, contrairement aux soviets, la culture de la manifestation.
  3. Le souci du marché, c'est qu'à moins d'être institutionnalisé, il ne peut opérer un contrôle direct sur la qualité d'un médecin. Ce qui veut dire que la qualité du médecin, qui dépendra de ses compétences, sera reconnue par ses patients. Si cela permettrait une libéralisation totale de la médecine (avec d'autres formations que les formations universitaires), le risque existe pour le patient. En effet, avant qu'un médecin soit déclaré mauvais, faut qu'il passe par un certains nombre de patients. De plus, rien ne l'empêche de se déplacer ailleurs et de (mal) pratiquer sur d'autres patients, avec toujours un risque léthal. Le diplôme permet d'assurer un niveau de formation minimum des médecins et si ça n'empêche pas l'existence de mauvais médecins, ça limite quand même l'accès à une profession qui a tout de même le droit de pratiquer des actes chirurgicaux, sur des personnes en état de vulnérabilité (par exemple sous anésthésie). Ce n'est pas rien puisque c'est l'une des rares professions à laquelle on se confie totalement (même au restaurant, il y a un risque d'empoisonnement, mais le client est acteur alors que le patient est le plus souvent totalement passif).
  4. Je suis vraiment pas d'accord avec toi Tramp sur ce sujet (bien que je ne doute absolument pas de ton libéralisme ici). Dans un monde totalement libéralisé, ou il n'y aurait pas de diplômes et ou la valeur de quelqu'un ne se mesurerait qu'à ses compétences, ce serait applicable car se développeraient des méthodes d'enseignement "annexes" (un peu comme le MOOC aujourd'hui). Le souci, c'est que pour exercer une profession, il faut un diplôme, un certificat, qui valide ta formation et te permet d'exercer. Or, cela crée un monopole de délivrance des diplômes à certains établissements (les universités par exemple). Le monopole crée une augmentation des prix qui va indéniablement mener à une endogamie socioprofessionnelle, ou tout du moins qui va vraiment empêcher des gens sérieux d'accéder à certains jobs. Je suis d'accord que le système actuel ne permet pas non plus de grimper l'échelle sociale, mais c'est encore moins vrai avec les établissements privés, par exemple les écoles de journalisme (ma fiancée a voulu faire journaliste, mais son milieu social ne lui permettait pas d'avoir accès à ces études, alors qu'elle a largement le niveau pour le faire et qu'elle a du "se rabattre" sur les grandes écoles publiques). De plus le contrôle de l'Etat n'est pas forcément une mauvaise chose pour tous les diplômes, y compris celui de médecin, puisque c'est une profession sensible et qui peut se révéler dangereuse dès lors que non contrôlée (il suffit de voire toutes les affaires avec les "faux-médecins"). Bref, à mon sens le libéralisme est censé permettre aux gens de se libérer, y compris de leur condition sociale, afin de pouvoir accéder au rôle qu'ils méritent (et non un rôle qu'on leur a préparé), par leur travail par exemple (ou par leur talent, admettons). Et là où tu te trompes grandement à mon avis, c'est quand tu dis qu'un analphabète ne paiera pas pour faire des études de médecine et je t'assure pour avoir fréquenté des milieux très aisés, que certains parents sont vraiment heureux d'avoir des écoles et des cursus qui ne sélectionnent que par l'argent afin de pouvoir placer leurs enfants qui ont galéré a avoir le bac (parce que le génie, le sens du travail, le talent, le sens des affaires, c'est pas héréditaire). A mon avis, le problème en France, c'est qu'on a trop dit aux gens qu'il fallait être médecin ou avocat (j'ai perçu ça, j'ai raté médecine et je suis étudiant en Droit). Je dis pas qu'il faut pas valoriser ces deux professions, mais je pense qu'il faudrait en valoriser d'autres, afin de montrer aux étudiants qu'il y a pas que ça dans la vie. De plus, cela vient aussi à mon avis du système scolaire pré-universitaire. En effet, le point commun entre médecine et droit, c'est que ce sont les deux grandes matières où l'agrégation ne s'acquiert qu'avec le doctorat, puisque ce sont les deux matières qui ne sont jamais vues dans le secondaire. Or, le lycéen blasé du secondaire, vers quoi il se tourne : vers quelque chose qui ne lui rappelle pas le lycée.
  5. Remarque, les électeurs ont des politiques à leur niveau et ont sans doute ce qu'ils méritent.
  6. Tout d'abord il ne s'agit pas de se réclamer d'un mouvement pour en faire partie. Thatcher a très largement été influencée par les écrits d'Edmund Burke, libéral conservateur. Quant à Reagan, il suffit de se rappeler de sa proximité avec Friedman et des mesures qu'il a prise (les Reaganomics) : dérèglementation, réduction des impôts et des dépenses sociales, limitation du rôle de l'Etat...
  7. Donc Thatcher et Reagan sont pas des libéraux ?
  8. Attention, j'entends bien la Gauche dans son sens traditionnel. Je ne considère pas que quelqu'un qui se dit de gauche est de gauche. J'entends les politiciens et les idéologies qui se classent objectivement à gauche et non qui se revendiquent de gauche.
  9. De plus, ce qui est bien vu de façon unanime à gauche (nationalisation, augmentation du nombre de fonctionnaires, diminution du coût pour l'usager des services publics) n'est bien vu que d'une partie de la droite et encore pas sous toutes ses formes. La droite étatiste ne recherche pas la même chose que la gauche étatiste. La gauche étatiste ça serait plutôt un Etat interventionniste pour le "progrès social", alors que la droite ça serait plutôt un Etat gendarme avec une souveraineté renforcée (augmentation des initiatives sécuritaires, encadrement des libertés...).
  10. Oui et l'anticolonialisme serait une idée de ce qui est considéré à droite aujourd'hui et vice-versa. Il n'empêche qu'aujourd'hui les libéraux on les retrouve plus au centre, ou au centre-droit (voire parfois, on en trouve un ou deux qui se cachent dans un gouvernement de gauche, mais on sent bien qu'ils sont pas dans leur élément naturel). Alors qu'à droite on trouve aussi bien des libéraux que des étatistes, mais dans deux mouvances différentes.
  11. Je pense pas qu'on peut parler d'une véritable mutation de la Gauche puisqu'en théorie la Gauche (j'écarte volontairement les anarchistes et dérivés qui ne sont pas de "gauche") est Etatiste au possible : c'est le règne de l'Etat Providence Bisounours, leur fantasme, non ? Je pense plus que certains politiciens se rendent compte que cette voie la n'est pas viable et confrontés à la réalité du pouvoir et de la gestion d'Etat se retrouvent à faire des cabrioles lorsqu'ils ne sont pas entrain de nier la réalité en se cachant les yeux pour ne rien voir. Alors qu'à Droite, il y a une fracture entre une Droite plus Centre-Droite, plus républicaine, plus libérale et une Droite qui vient flirter là où il y a de l'électeur : chez le populisme, "l'anti-système" (oui, permettez les guillemets, il y a aussi des gens du "système" chez le FN). Or cette droite extrême, en plus de se tromper puisque finalement, l'électorat FN est bien plus un électorat de contestation que d'adhésion (le FN n'ayant pas grand chose en programme ou rien de très fixe et non-débattu au sein de ce parti), prône aussi un recours important à l'Etat et une plus grande intervention de l'Etat (notamment en matière de sécurité). Je dirais pas que l'extrême gauche regagne en popularité mais je suis d'accord avec ce qui a été dit auparavant sur le besoin de se radicaliser qui est de plus en plus commun dans nos sociétés, que ce soit à gauche, à droite ou dans n'importe quelle idéologie. Ce besoin est à mon avis dangereux pour l'individu puisque toute radicalisation pousse indéniablement à la perte de ses libertés.
  12. C'est pas bien de mettre tous les énarques dans le même panier. Je suis pas sûr que les mesures électoralistes tromperont qui que ce soit ceci dit. A mon avis, c'est plus fait pour faire chier celui qui le suivra en mettant une bonne loi de finances bien plombée pour 2017.
  13. Pour revenir sur ce que j'ai aperçu quelques pages plus tôt, il n'y a pas "d'autorisation" à la manifestation proprement dit en France. C'est une activité soumise à un régime déclaratoire, c'est-à-dire qu'il suffit de déclarer que l'on va manifester et non à un régime préventif, qui imposerait une autorisation de la part des autorités de police administrative. Lorsque l'administration s'oppose à une manifestation, l'interdiction peut être déférée devant le juge administratif qui effectue un contrôle plus ou moins poussé. L'autre type de régime, c'est le régime répressif, c'est-à-dire les activités les plus libérales, que l'Etat ne peut interdire a priori sinon en les réprimant dès lors qu'elles outrepassent la loi (et notamment l'ordre public) dans leur exécution. Aujourd'hui, quand on voit Nuit Debout, on a l'impression qu'on est plus proche du régime répressif que déclaratoire, vu qu'objectivement, cette manifestation a absolument tous les critères pour être interdites a priori. L'ordre public, c'est la sécurité, la salubrité et la tranquillité publique (ainsi que la sûreté). Vu les débordements (au revoir la sécurité), la consommation d'alcool et de produits stupéfiants (au revoir la salubrité) et le volume sonore ainsi que les dégradations (au revoir la tranquillité), je suis pas trop sûr que l'ordre public soit bien sauvegardé. Ca me refait penser aux premiers slogans de la loi travail (avec #OnVautMieuxQueCa et toute la panoplie de youtubers gauchistes et anti-libéraux au possible), qui disait qu'on retournait à Germinal. Je pense que les mineurs de fond doivent se retourner dans leur tombe vu la différence de conditions de vie entre leur époque et la loi travail proposée (qui aurait été au XIXe, une avancée sociale foudroyante).
  14. Merci, pour la jurisprudence, je la note et présente mon mea culpa en conséquence.
×
×
  • Create New...