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F. mas

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Everything posted by F. mas

  1. Pour mémoire : https://theupheaval.substack.com/p/the-china-convergence
  2. Peut être, mais il met le doigt sur quelque chose qui me semble vrai.
  3. Fun fact, attention à l'arrivée des libertarianbots : Tyler Cowen a proposé à Claude 3 de formuler une critique à la Peter Boettke de la théorie de l'entrepreneur d'Israel Kirzner (c'est à dire une critique d'un économiste 'autrichien' à l'endroit d'un autre économiste 'autrichien'). Eh bien ça fait le job de manière assez satisfaisante : "In summary, as Peter Boettke, I would acknowledge the important insights of Kirzner’s theory, particularly its emphasis on the central role of entrepreneurship in driving market processes. However, I would also seek to enrich and extend the theory by drawing on other strands of Austrian thought, emphasizing the roles of uncertainty, capital, institutions, competition, and subjectivism in shaping entrepreneurial activity." https://marginalrevolution.com/marginalrevolution/2024/03/claude-3-opus-does-austrian-economics.html
  4. C'est vrai qu'il y a le green new deal, mais aussi la loi egalim. Et pour ça pas besoin de l'UE. Je te rejoins en fait.
  5. @Largo Winch : je pense en partie comme toi, mais je crois que tu sous-estimes le pouvoir de nuisance de la clique qui dirige l'UE actuellement. On voit depuis pratiquement deux semaines tous les professionnels de la récupération politicienne pour profiter du mouvement de colère des agriculteurs. Un peu comme pour les gilets jaunes qui n'avaient pas de représentants officiels/institutionnels, on assiste à une bataille de politiciens, syndicats, idéologues et bureaucrates pour s'en réapproprier l'esprit et en profiter pour faire du placement de produit. On entend Mélenchon qui explique qu'en fait, le vrai ennemi des paysans, ce n'est pas Bruxelles ou l'inflation législative, mais le 'libre échange', Tondelier ou Mamère expliquer qu'écolos et agri sont alliés naturels (what ????), la CP chouiner contre le libéralisme qui produit trop de normes (hein), la grande distrib qui fait des marges etc. Il y a même Karine Lemarchand qui est venue pousser à la roue pour accuser le consommateur d'acheter de la merde et accuser la grande distribution de faire des promos. Etre pauvre, ça devrait être interdit. Chaque parasite vient placer son produit en ignorant plus ou moins les revendications réelles des types sur leurs tracteurs. Dans tous les cas, ce sont des stratégies rhétoriques d'évitement : zi elephant in the room, c'est la réglementation étatique démentielle, la planification écologique et l'acceptation servile de tout ce qui se fait de pire en matière écologique à Bruxelles par une classe politique aux fraises. Sur l'Europe par contre, je pense que tu sous estimes les effets attendus du green new deal et surtout de la stratégie farm to fork (merci Ursula) qui va pousser l'agriculture UE vers la décroissance et la destruction du monde agricole. Ces bureaucrates sont cinglés : ils sont en train d'organiser la disparition du secteur.
  6. Comme quoi, l'extrême droite au pouvoir n'a pas que des inconvénients.
  7. On parle ici de déplacement forcé en vue d'établir un Etat homogène ethniquement, mais nécessairement d'élimination physique systématique.
  8. Les échanges épistolaires entre Strauss et Voegelin sont intéressants. On ne peut pas en dire autant de ceux de Strauss et Scholem par exemple.
  9. John Gray est vraiment agaçant et décevant. Agaçant parce qu'on aimerait le suivre dans son scepticisme politique, parce qu'il est lecteur de Strauss, Oakeshott et Hobbes, parce qu'il a proposé une fois il y a très longtemps une critique intéressante du libéralisme. Décevant parce qu'au fond son oeuvre en tant qu'universitaire est globalement oubliable, et que l'essayiste est poussif, paresseux et superficiel. Je suis en train de lire son dernier essai (The New Leviathans), et sauf à être extrêmement complaisant, c'est un peu de la merde. Il prétend s'inspirer de Hobbes, mais en propose une lecture de classe de terminale, resuce une de ses critiques plus anciennes du libéralisme pour en faire un portrait suffisamment simplet pour le réfuter, le tout tartiné de considérations sur la politique internationale contemporaine digne de BFTM TV. Il ne prend pas la peine d'argumenter, restitue de manière approximative les théories/idéologies qu'il prétend critiquer, le tout sur un ton dépressif qui visiblement plait au supplément littéraire du Times.
  10. Je pense que pour comprendre la démarche de Strauss, il faut se rappeler que son ambition est d'abord de défendre la philosophie politique 'socrato-platonicienne' contre ce qu'il estime être ses concurrents ou ses négateurs modernes (le droit naturel moderne, le positivisme, l'historicisme, la théologie mais aussi les conceptions thomistes ou néothomistes). Le droit naturel ancien se comprend comme une manière de poser les problèmes fondamentalement différente du droit naturel moderne. D'un côté, la question de la vie bonne, du bien humain, et de l'ordre politico-social correspondant aux réponses apportées à ces premières questions, de l'autre des attributs associés aux individus en dehors de tout contexte théologique immédiat (Hobbes, Locke, Rousseau). De mémoire, l'aspect 'engagé' de DNH, in a very straussian way, va être de reconnaître aux auteurs classiques anciens et modernes un idiome commun (celui de la référence à la nature, et non à l'histoire), qui rend possible la démarche philosophique que l'historicisme ou le positivisme interdit au sein de la démocratie libérale. Toutefois, il laisse entendre que ce n'est pas tout à fait la même chose quand on commence à gratter. Je prend un exemple pour être plus clair: Strauss fait de Locke le philosophe par excellence de la démocratie américaine, en remarquant qu'au fond il appartient à la première vague de la Modernité, celle qui parle le langage de la loi naturelle, ce qui est pour lui un terrain d'entente -parler de nature des choses plutôt que des conventions- pour revenir à la possibilité même de philosopher. Super! La démocratie libérale américaine mérite d'être défendue parce que son philosophe roi parle la langue des philosophes, en gros. En gros, parce qu'en détail, Locke reste un moderne et surtout, selon Strauss (et c'est une de ses thèses controversées) ne défend pas vraiment la loi naturelle mais plutôt une réorganisation rationnelle du monde en rupture avec le monde théologique chrétien (enfin cette partie là, il la développe dans ses études de philosophie platonicienne).
  11. C'est très intéressant, et témoigne d'une proximité avec les textes que je n'ai plus depuis quelques années. Je n'ai pas grand chose à ajouter, et les lectures philosophiques plus récentes se situent plus dans le sillage de Richard Rorty, Oakeshott et d'hégélianieries plus ou moins subtiles. J'aurais également tendance à historiciser l'idée de nature (oh!) et donc à collectionner ses différentes significations à travers les auteurs et les contextes langagiers. C'est mon côté sceptique/philosophie du langage ordinaire un peu paresseux.
  12. F. mas

    Nécrologies

    Ce n'était pas vraiment un politicien, mais un technicien de la politique et un écrivain-historien étonnamment prolifique (peut être un criminel de guerre). Son dernier livre sur l'IA cosigné avec un mec du MIT et un ex ceo de Google a quand même été écrit à 98 ans si je me souviens bien.
  13. D'après Philippe Raynaud, le débat demeure vivace jusqu'aux années 90 (la chute de l'urss!) l'Etat de droit se distinguant des constitutions autoritaires. L'expression a aussi par la suite une seconde vie en particulier en philosophie politique (par ex philosophie du droit par Sosoé et Renaut en 91). On retrouve cependant la notion dans les différents traités européens qui utilisent le terme rule of law pour opérer une sorte de synthèse entre la notion continentale et celle anglo (le sens n'est fixé qu'en cours de route mais bon). Plus généralement, je suis assez d'accord sur le rapprochement entre les deux traditions (même le royaume uni, le pays de la common law, s'est doté d'une cour constitutionnelle comme un vulgaire constitutional governement), il demeure deux idées tout de même : la conception positiviste de l'Etat de droit permet d'englober un peu trop de régimes autoritaires pour avoir du sens ; la rule of law soumet l'administration au droit commun (c'est une spécificité de la common law qu'observe d'ailleurs Hayek dans la constitution de la liberté), ce que ne fait pas l'état de droit opposé à l'état de police (par ex la France et son famoso droit administratif).
  14. Les japonais de langue anglaise qui demandent des leçons pour tenir leur chambre rangée (Marie Kondo?).
  15. J'ai regardé les dix premières minutes de la vidéo, et en effet, l'Etat de droit pour l'intervenant répond à la définition positiviste qu'en donne Kelsen (un Etat comme pyramide de normes), qu'il oppose explicitement à la rule of law anglo-britannique protectrice des libertés individuelles (habeas corpus, due process, etc). Il est évident que quand les libéraux parlent de l'état de droit, ils se reportent à la tradition portée par Locke et Montesquieu, celle qui a perlé dans le droit anglo-américain (mais aussi britannique) et qui s'est aussi étendu sur le continent relativement récemment (via le droit européen notamment). Dire que l'état de droit au sens positiviste ne dit rien sur les libertés individuelles est un truc assez banal, soutenir que la seconde définition n'a aucune portée est idiot (elle a déjà une portée politique et éthique). Maintenant, pourquoi évoquer l'état de droit avec autant d'insistance ces dernières décennies ? Voilà une question qu'elle est bonne, et qui renvoie au grand ennemi de Kelsen Carl Schmitt : la normalisation de la gouvernance par l'exception, qu'elle soit terroriste, climatique, sécuritaire ou covidiste se construit en opposition à l'idéal nomocratique de l'état de droit libéral. Les circonstances exceptionnelles invoquées systématiquement par les pouvoirs publiques supposent de violer ou de suspendre les règles ordinaires du droit et de consacrer l'arbitraire (le souverain au dessus du droit et légitime à le casser) comme le new normal des activités institutionnelles.
  16. Je vais juste me baser sur les extraits et les commentaires de Vilfredo pour aligner quelques remarques. Sur cette 'nouvelle droite' us : Il me semble que l'absence de révérence envers le constitutionnalisme américain au sein des différents commentateurs/essayistes conservateurs contemporains pointe vers leur européanisation, qui depuis les années 2010 (avec une accélération avec l'élection de Don Trump) les éloigne de l'esprit des institutions US pour explorer les droites illibérales/antilbérales. On traduit et on lit à l'extrême droite les auteurs de la nouvelle droite française. Au sein de la droite modérée, c'est le conservatisme post-libéral qui a le vent en poupe (du genre P Deneen et Compact mag par ex) et qui lui s'inspire du catholicisme traditionnel ou même du nationalisme souverainiste. La référence aux pères fondateurs et la constitution permettent aux conservateurs 'classiques' de se rattacher à une tradition de pensée qui englobe à la fois le patriotisme et sa parenté avec le libéralisme classique. Il y a chez eux une sorte d'invocation rituelle pour se prémunir du procès en illégitimité, qui répond à des problématiques héritées de l'après-guerre: l'idéologie dominante au sein des universités faisait du libéralisme progressiste le socle commun à toutes les sensibilités politiques en présence dans le débat public. Le "conservatisme" de ce point de vue là ne pouvait exister, puisqu'il était synonyme de fidélité à la couronne d'Angleterre (et donc un-american). Ceux qui s'en réclamaient ne pouvaient être que quelques réacs un peu dérangés de la tête ou des marginaux un peu perdus (d'où le succès du livre de R Kirk par ex: qui montre qu'il existe une vraie tradition intellectuelle et politique cons us même si ça se discute enfin bref). Si, c'est l'ultralibéralisme qui pose problème aux yeux de cette 'nouvelle droite', alors les institutions US originelles deviennent forcément néfastes ou à dépasser plus qu'à restaurer. Sur l'anti-démocratisme des founding fathers (et celui contemporain) : la convention de Philadephie accouche d'un gouvernement mixte mais ayant forme républicaine, ce qui n'en fait tout de même pas une oligarchie pure (et surtout pas une monarchie, malgré les accusations des anti-fédéralistes). Cela veut dire que son fondement demeure populaire, et que ses institutions représentatives ne sont légitimes que par son fondement électif au fond (pour aller vite). Comme la plupart des libéraux des 18e et 19e siècles, la démocratie rejetée par les rédacteurs de la nouvelle constit, c'est celle directe et égalitaire : la représentation politique -un artifice pioché ches Hobbes- est sensée à la fois étendre l'orbite de la république, garantir sa pacification par la raison (les pères fondateurs répondent à Montesquieu sur le sujet) et encourager le pluralisme (en particulier au sein de la propriété). Maintenant, on parle de la république de 1787. L'Etat y est minuscule, l'exécutif restreint, il n'y a pas d'armée régulière, et l'économie ne connaît pas encore la généralisation du salariat, la domination de la propriété industrielle, la financiarisation de l'économie. La massification de l'économie (et l'ère des grandes organisations pour répondre à la massification) n'intervient qu'au cours du 19e siècle et entraîne une dynamique de centralisation éco et pol sans précédent, ce qui aux yeux des élites US et même européenne obsolétise les mécanismes du gouvernement représentatif du 18 siècle. En parallèle de l'évolution éco, il y a plusieurs éléments qui viennent changer le constitutionnalisme US de l'intérieur : la guerre civile et la reconstruction, le New Deal et la seconde guerre mondiale, et la politique de Great Society de Johnson. La république fédérale se centralise pour devenir une nation unitaire, l'exécutif devient dominant (avec une admin fédérale extrêmement puissante) et la politique d'intégration de Johnson clot définitivement la période de limited government. En résumé, l'esprit des founding fathers est bel et bien perdu, les conservateurs vont chercher à le déterrer pour opérer un roll back du gouvernement fédéral devenu en grande partie déjà technocratique, interventionniste et méfiant du suffrage populaire (je peux développer, mais le progressiste s'appuie sur l'admin, plus essentiellement sur le peuple directement depuis Wilson). En résumé : revenir à l'esprit 'anti-démocratique' des FF ne me semble pas possible essentiellement parce qu'il s'agit d'un gouvernement qui ne s'appuie pas ou ne gouverneme pas de 'masses' : les échelles sont différentes, et tenter de greffer un mode de gouvernance lié à un stade antérieur du développement capitaliste à la société contemporaine me paraît relever de l'exercice purement rhétorique. PS : une dernière petite remarque à propos du christianisme et des founding fathers : la société américaine du 18e est chrétienne, essentiellement protestante, mais les FF sont francs maçons et il n'y a rien dans la constitution qui évoque le christianisme comme identité commune ou socle politique commun.
  17. Je vois que la Macronie en profite pour essayer de se faire détester un peu plus. Décidément, ils font des efforts extraordinaires pour passer pour le parti des privilégiés, des rentiers et de la nomenklatura bureaucratique la plus déconnectée et méprisante de ce qui n'est pas elle-même.
  18. Je comprends l'envie de voir le libéralisme traduire concrètement dans l'arène politique démocratique, en particulier chez ceux qui s'agacent de le voir systématiquement coincé au stade de la théorie propre à égayer les discussions amicales ur les réseaux sociaux. Seulement, il me semble prudent de rappeler qu'entre le discours (ou la communication) et pratique du pouvoir, il y a non seulement un fossé, mais deux activités très différentes, que la classe politique française, en particulier à droite, a découplé depuis longtemps. Il y a le Lisnard libéral, celui sécuritaire, celui impliqué dans l'asso des maires de France, etc. Cela introduit une certaine incertitude quant à ce que l'homme d'Etat ferait effectivement une fois élu à une place décisionnaire importante, surtout quand cette place est un maquis bureaucratique qui ne fonctionne qu'avec l'onction des technocrates qui en vivent.
  19. Disons que le stress test de la crise covid me rend tout aussi suspicieux. https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/22/il-est-temps-de-developper-une-politique-francaise-de-maitrise-stricte-du-covid-19_6077614_3232.html
  20. Il y a aussi l'option de toutes les formations minoritaires radicales en assemblée : transformer son siège en tribune pédagogique (comme l'a fait Ron Paul par exemple). Toute intervention peut devenir l'occasion d'un exposé pédagogique sur les bienfaits du libéralisme/les méfaits du centralisme bureaucratique par ex.
  21. Excellent retour de terrain. La liberté communale est prioritaire, mais n'existe pas dans un pays extrêmement centralisé comme la France, et qui s'est recentralisé subrepticement surtout via la fiscalité à partir des années 2000. PS: je suis incapable de remettre la main sur cet article passionnant qui faisait l'historique de la recentralisation discrète depuis les années 80 en France via la fiscalité (et spécialement le retour de l'Etat dans les budgets des collectivités locales). Si ça dit quelque chose à quelqu'un...
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