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F. mas

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Everything posted by F. mas

  1. Tu pourrais envoyer ta trad à rédaction@contrepoints.org ? Séverine ne bosse pas en semaine, je suis en off et Justine qui est sur le pont n'est pas sur le forum. En tout cas, un grand merci, ce que tu fais nous aide beaucoup. 👍
  2. Que ferait Will Smith à ma place ?

  3. L'admiration contemporaine pour le modèle chinois existe pourtant, je l'ai rencontrée. D'abord au-delà des socialo-communistes : il y a eu comme une mode il y a quelques années pour nous vendre le modèle chinois comme le nouveau véhicule de la modernisation économique mais non occidentale. Je me souviens avec effarement des articles sur le sujet qui s'empilaient dans Foreign Affairs mais aussi des propositions régulières pour Contrepoints qui voulaient absolument nous vendre le modèle chinois comme un capitalisme d'un nouveau genre. C'est d'ailleurs pour cette raison que je me suis intéressé sérieusement au 'modèle chinois' avant que ça soit cool (hipsterFM mode on). Et alors figurez-vous que le premier livre que j'ai lu sur le sujet, écrit pas l'un des spécialistes du sujet et présenté comme l'un des pontes de l'école de la régulation (en gros une école économique socialisante qui rêve d'une société dirigée par une élite bureaucratique et qui bien entendu est une niche écologique qui prospère au sein de nos grandes écoles) est une apologie sans nuance du modèle coécrit avec une 'économiste' chinoise qui délire pendant des pages sur l'économie socialiste de marché et la nécessité de l'autorité politico-bureaucratique pour donner un sens à une société qui de toute façon a tjrs fonctionné ainsi. On imagine que nos énarques et nos X doivent avoir des étoiles dans les yeux quand ils lisent ça. Il y a quelques jours, j'ai lu un article un peu grotesque de Usbek et Rica qui exprimait son étonnement de voir la gauche française assez timide sur la liberté de Hong Kong. Le plumitif ajoutait qu'en France d'ailleurs, Hong Kong était d'abord défendu par l'extrême droite, Marine Le Pen et tout le bestiaire habituel. Encore une fois, un bien bel hommage rendu à la droite radicale par ces charclos et autres larbins. Au delà des explications proposées, je note que dans l'imaginaire du demeuré philocommuniste moyen, c'est sale de défendre Hong Kong et la gouvernance chinoise, il n'y a pas grand chose à dire sur le sujet. Mieux vaut s'écharper sur la question de savoir si les femmes ont un zob ou si Eric Zemmour a torturé des juifs en Algérie.
  4. Il y a ce qu'on voit et ce qu'on ne voit plus.^^
  5. Certaines institutions bonnes peuvent se retrouver dans certaines circonstances mauvaises pour pas mal de monde au-delà des clivages démocratiques de ces deux derniers siècles. On peut trouver des réflexions assez proches dans la philosophie politique d'Aristote sur la différence entre régimes droits et ceux déviés, ou même dans la République de Platon. Par exemple des institutions républicaines/démocratiques gouvernant des citoyens à l'esprit tyrannique ou monarchique ne sont pas bonnes, et peuvent mêmes aboutir au contraire de ce qu'elles sont censées enseigner. Il n'existe malheureusement de ce point de vue des institutions ou un étalon assez solide pour garantir la qualité des institutions en dépit des circonstances (d'ailleurs, pour Platon, le déclin de l'esprit des institutions est cyclique). On peut penser par exemple à la République de Weimar, dont les institutions démocratiques ne furent pas abolies avec l'avenèmement du nazisme. Formellement, la constitution existait toujours, même si réellement, ce n'était plus le cas et que ses principes ont été très utile, particulièrement la neutralité de l'Etat, pour laisser se développer l'extrémisme. John Kekes dans son livre sur la moralité du pluralisme a eu l'occasion d'approfondir son propos sur l'impossibilité de découvrir un point d'appui ou une valeur permettant de dominer et d'invalider les autres définitivement (ce qu'il appelle le "monisme"). Kekes divise les valeurs présentes (morales ou pas) au sein de la société entre valeurs premières et valeurs secondaires, les premières étant universellement nécessaires à la vie bonne, les secondes contingentes. Aucune de ces valeurs ne sont dispensables pour vivre une bonne vie, quelque soit le contenu qu'on mettre derrière l'expression 'vie bonne'. En conséquence, aucune valeur particulière ne permet de démettre les autres, ce qui les rend toutes conditionnelles : "according to pluralists, this does not lead to the desintegration of morality, because the conflicts about values could be resolved reasonably. It is just that these reasonable resolutions will not appeal to an overriding value but to historically conditioned traditions and conceptions of the good life that the opposite protagonists share." Comme pour Oakeshott, la politique est une activité d'abord pratique faite de compromis historiquement contingents, c'est à dire révisables et transitoires. Notons aussi que Kekes ici élargit sa position, qui n'est plus simplement 'conservatrice', mais 'pluraliste'. Parmi les auteurs qu'il désigne sous cette étiquette, il y a des conservateurs, des progressistes et des non alignés (I Berlin, C Taylor, T Nagel, J Rawls, M Nussbaum, Oakeshott, etc.).
  6. @Johnathan R. Razorback Désolé pour le retard dans ma réponse, en ce moment, je suis très pris et la question du rapport entre Oakeshott et la tradition du droit naturel n'est pas simple. Premièrement, Oakeshott est avant tout Hobbésien, et donne une interprétation spéciale à l'oeuvre du philosophe qui n'est pas celle par exemple proposée par Leo Strauss. Pour O, Hobbes est le premier auteur à rompre avec la tradition classique de la loi naturelle (Aristote et Platon). Le rationalisme de Hobbes est celui d'un sceptique, qui pense la loi comme un effet de la volonté et comme constitutive de l'artifice qu'est la puissance publique, là où les classiques pensaient en termes de raison capable de produire un ordonnancement naturel des lois en régime politique. Hobbes en gros déplace le caractère central de la Raison pour celui de 'raisonnement' (la capacité à produire des connaissances hypothétiques). Comme Hobbes, mais aussi comme Hegel, la philosophie du droit de O est surtout une philosophie de la volonté, qui lui fait défendre une sorte de positivisme libéral centré sur l'état de droit et l'individu, le droit comme manière de vivre ou de se conduire plus que sur des 'droits naturels' qui prééxisteraient aux artifices historiques qui ont vu naître le droit libéral. Notons au passage que O trouve le libéralisme de Locke (et Locke lui-même) un peu nul. La critique adressée aux droits naturels se retrouvent un peu partout dans son oeuvre, de Politics of Faith and Politics of Skepticism jusqu'à Human conduct, dans des textes comme Talking politics ou The Political economy of freedom (des textes reproduit dans 'Rationalism in politics') mais il semblerait avoir synthétisé ses arguments dans un texte intitulé Contemporary British Politics paru dans The Cambridge Journal en 1947 (je n'ai pas le texte, c'est dans le livre de Paul Franco sur O.). Sinon je conseille de commencer Oakeshott par Rationalism in Politics and other essays plus que par Human Conduct, qui est difficile et qui synthétise toute sa vie de recherches.
  7. John Kekes, c'est très bien: 'The Morality of Pluralism' fait partie de mes livres favoris aussi. Content de voir que quelqu'un s'intéresse à lui !
  8. C'est aussi une conception générale de la philosophie politique : on aurait besoin d'une théorie fondatrice pour légitimer les organes de choix collectifs (et le statut des choix individuels en même temps). Les théories de la justice comme équité, comme impartialité, etc. sont légions dans les départements de philo po, et sont largement socdem.
  9. C'est pas Macron et son gang qui monopolise le terme en France?
  10. Merci beaucoup pour la référence : je vois parmi les coauteurs Randy Simmons, l'auteur de Beyond Politics: the roots of government failure, qui est l'un de mes livres de chevet. Je vais commander et lire le livre dès que j'aurai fini les 3 livres que j'ai commencé : - Nature via Nurture, un vieux livre de Matt Ridley - How innovation works, le tout dernier Matt Ridley, -Le cahier de tendance 2020 "La France qui vient", un ouvrage collective sous le patronage de la Fondation J Jaures (dir JL Cassely/T Germain).
  11. Yep! C'est pas mal du tout.
  12. En parlant de malware, mon deuxième abonnement, c'est la chaîne de JL Mélenchon.
  13. Je viens donc de créer un compte. C'est... spécial. Premier abonnement : Lemonde.fr, histoire de ne pas être trop dépaysé.
  14. Vivre dans le garage de sa mère en regardant toute la journée des vids de chats n'est pas un positionnement philosophique.
  15. Je vais regarder ce we et je reviens vers toi. Effectivement, Oakeshott est un sceptique et est historiciste (je me souviens d'un court texte sur le droit naturel qu'il voit essentiellement comme la naturalisation de droits historiques en perte de légitimité). Par contre, faire de Strauss un 'conservateur maximaliste' me semble assez faux.
  16. Le pur produit de la droite versaillaise.
  17. C'est aussi pour ça que j'évite d'en boire le plus possible, où alors noyé dans un whisky de qualité moyenne.
  18. Quand quelqu'un comme Rowling déclenche une shitstorm sur twitter parce qu'elle déclare qu'une personne qui a des règles, c'est une femme, on peut effectivement s'interroger sur le degré d'hystérie qui peut s'emparer des réseaux. Le pb tient plus effectivement à la possibilité d'établir une discussion rationnelle plus que de liberté d'expression à proprement parler. De plus en plus, j'en viens à me demander s'il n'y a pas ici un trait culturel parano américain assez constant (qui s'étend désormais au monde via son hégémonie culturelle), depuis les chasses aux sorcières jusqu'au Maccarthysme, consistant à organiser des séances presque mystiques d'exorcisme collectif et de purges sociales pour se préserver du Mal érigé en absolu (le Mal variant bien entendu selon les époques et les circonstances historiques). On retient souvent en effet l'individualisme comme trait distinctif de la culture américaine, moins son conformisme démocratique qui peut entraîner les phénomènes de groupe et les chasses aux déviants.
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