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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. J'avoue que l'idée d'un fil de prédictions politiques me séduit^^
  2. Philitt est un site de droite, hein. Comme souvent avec les droites antilibérales, on les voit se référer à des anticapitalistes de gauche, comme Marx. Mais gratter le vernis et les références romantiques et religieuses éclateront rapidement.
  3. Mais peut-on établir qu'il y a une relation causale entre le welfare et la faiblesse de la mobilité sociale (ascendante) ? Sinon le collectiviste te répondra toujours que les mauvais chiffres de la France signifient qu'on est pas allés assez loin dans le collectiviste à cause de l'ultra-libéralisme de Macron et de Hollande au service des riches.
  4. Je poste ici un article d'Alternatives économiques d'il y a quelques mois, consacrés aux inégalités: https://www.alternatives-economiques.fr/eloge-de-redistribution/00081663 Si on voulait en faire une critique, on pourrait adopter une approche morale et attaquer à la source la notion même de redistribution, puisqu'elle repose sur l'impôt, donc sur le vol légal. Néanmoins, peu de sympathisants du welfare-state accepteraient d'emblée une idée pareille. Je me demande donc quels arguments "utilitaires" pourraient être avancés pour amoindrir leur amour de la redistribution et idéalement leur faire admettre la prémisse jusnaturaliste initiale plus tard. On pourrait par exemple souligner que même en trouvant légitime de piller les "riches*" au profit des pauvres, raisonnez en termes d'inégalités est inepte. Ce qui serait cohérent, ce serait de raisonner en termes d'inégalités compatibles avec une amélioration du niveau de vie des plus pauvres. Car sinon, une baisse des inégalités est parfaitement compatible avec une baisse du niveau de vie des plus pauvres (par exemple si le niveau de richesse de toute la société chute, ou si les "riches" perdent une partie de leurs richesses sans que les pauvres en bénéficient). *Riches entre guillemets car si je lis bien le graphique, on est riche (c.a.d perdants de la redistribution) à partir de... 1666 euros / mois... les classes moyennes qui votent socialistes (c'est le cas de mes parents) échouent visiblement à saisir leur intérêt économique... Il n'est d'ailleurs pas inintéressant de noter que le salaire médian en 2014 / 2015 était de 1.700 euros et quelques. Mais une fois rectifiée l'idée du collectiviste redistributeur, on devrait pouvoir attaquer sa croyance dans l'efficacité de la redistribution. Après tout, pour arriver à ce résultat, l'Etat a besoin de tout une machinerie fiscale complexe, qu'il finance par définition sur la société. Pourrait-on estimer ce qu'elle coûte et par suite montrer que le gain économique que tirent les plus modestes de la redistribution est encore plus faible que les chiffres avancés ?
  5. Encore un très bon article de @Nathalie MP (décidément bien informée ) : https://leblogdenathaliemp.com/2018/09/22/collomb-elu-et-reelu-pendant-quarante-ans-que-dire-de-plus/ (On apprend aussi qu'on peut être un jeune homme jusqu'à ... 35 ans )
  6. Les gens inclinent à suivre les opinions politiques des personnes qu'ils apprécient, même si la cause de cette sympathie est initialement extra-politique.
  7. Du coup j'ai terminé l'Histoire de l'Europe libérale. Le bilan reste bon mais plus inégal qu'on aurait pu l'espérer. Outre l'excellent chapitre de A. Laurent, on peut souligner les mérites de celui de Marie-Claude Esposito ("Le moment Thatcher"), celui de Jérôme Perrier sur Alain Madelin (qui est une sorte de suite à son excellent article sur "La parenthèse libérale de la droite française des années 1980"), et dans une moindre mesure celui de Frédéric Tristam sur Jacques Rueff. Un certain nombre de contributions sont cependant irritantes car hors-sujet, faute d'une définition rigoureuse du libéralisme (plusieurs auteurs se réfugient derrière la "polysémie" du terme pour traiter plus ou moins de n'importe quoi -réseaux patronaux, centristes, et même catholiques sociaux...-). La palme sur facepalm en la matière doit être décernée à Gilles Richard (dont on appréciera la neutralité du ton): "Force est pourtant de constater le poids aujourd'hui considérable du libéralisme ou plus exactement du néolibéralisme comme source d'inspiration des politiques publiques, comme matrice du discours dominant dans les grands médias et comme idéologie qui imprègne les consciences et les comportements de nos contemporains." (p.215-216) "Les libéraux français [sont] marqués par un durable tropisme anglo-saxon: François Guizot inventeur et adepte de "l'Entente cordiale", Paul Reynaud et Henri de Kerillis en 1926 puis Roger Duchet en 1956 allant visiter le parti conservateur britannique pour s'en inspirer, "VGE" fervent admirateur de "JFK" au point d'avoir toujours en bonne place sur son bureau la photo de l'ancien président états-unien, ou encore Nicolas Sarkozy choisissant de transformer l'UMP en "Les républicains"." (p.216-217) "Qui peut encore raisonnablement croire à l'évanescence des libéraux en France ?" (p.227) -Gilles Richard, "L'organisation partisane de la famille libérale en France depuis la fin du XIXe siècle: obstacles, persévérance et efficacité", in Dominique Barjot, Olivier Dard, Frédéric Fogacci et Jérôme Grondeux (dir.), Histoire de l'Europe libérale. Libéraux et libéralisme en Europe (XVIIIe - XXIe siècle), Nouveau Monde Éditions, 2016, 359 pages, pp.213-228. Pour finir, l'ouvrage plante les derniers clous dans le cercueil du "libéralisme" aronien... "Après la Libération, Aron n'a pas immédiatement rompu avec la gauche. Il participe en 45-46 aux premiers numéros des Temps modernes, où il écrit, après les débuts du gouvernement Attle, un texte nuancé, en faveur du socialisme démocratique." (p.232) "Aron, qui avait été un membre très passif de la Société du Mont-Pèlerin, la quitta discrètement en 1957." (note 4 p.235) -Joël Mouric, "Raymond Aron et les réseaux libéraux (1938-1980)", in Dominique Barjot, Olivier Dard, Frédéric Fogacci et Jérôme Grondeux (dir.), Histoire de l'Europe libérale. Libéraux et libéralisme en Europe (XVIIIe - XXIe siècle), Nouveau Monde Éditions, 2016, 359 pages, pp.229-244.
  8. Après 6 ans à l'université je ne vais pas dire que je n'ai rien appris de mes professeurs, mais j'ai quand même l'impression plutôt désagréable que la plus grande part de ce que j'ai acquis en termes de méthodes vient de la lecture de manuels / ouvrages d'épistémologie. A quelques exceptions bienvenues (je pense à un prof en philo et une en histoire), la plupart des enseignants semblent considérer la méthodologie comme une corvée / un truc que vous devriez déjà connaître / un truc que quelqu'un d'autre devrait expliquer. Et c'était déjà partiellement comme ça au lycée.
  9. Pas lu, et je ne l'ai jamais vu cité (même s'il est vrai que je n'ai pas lu des masses de sociologie américaine, à part Nisbet ou C. Wright Mills, R. Dahl et Robert King Merton). Raymond Aron avait essayé d'introduire l'oeuvre de Bell en France. Je soupçonne fortement que c'est daté.
  10. J'en doute. Ils ont simplement un peu d'humour et de distance critique vis-à-vis de lubies de gauche. Ce qui pourrait en faire des centristes. Etre de droite ça demande d'autres contenus de pensée.
  11. Ce midi, il y avait un gugus sur BFM qui venait expliquer qu'il fallait travailler l'opinion publique et modifier ses sentiments et perceptions, car elle est encore trop réticente à accepter je cite "la coercition nécessaire" à la transition énergétique vers le Moyen-âge. Ils se cachent de moins en moins...
  12. Oui, il y a un tournant souverainiste de Thatcher à partir du moment où elle se rend compte que cette histoire d'UE n'est pas juste une manière de parvenir au libre-échange (la doctrine traditionnelle du RU depuis le 19ème siècle), mais qu'on veut créer une bureaucratie et un Etat continental. Et elle est tombée pour cela: On ne se détourne pas du constructivisme européiste impunément...
  13. @Nigel: tu expliques que le vote de gauche /antilibéral youtubesque est motivé en partie par la crainte qui résulte de la précarité économique (ce qui est exact). Tu dis aussi que " presque personne ne soutient un système où il se retrouverait perdant". Mais ce faisant n'est-tu pas en train de légitimer l'anticapitalisme ? L'ouvrier mélanchoniste qui regarderait ta vidéo aurait toute les raisons de se dire: "bah voilà, je ne fais que confondre mon bifteck, c'est bien normal". On ne peut pas réduire l'intérêt (c.a.d. le bien de l'individu, ce qui est avantageux pour lui) à l'intérêt économique. Certaines personnes gagneraient peut-être moins d'argent dans une société libre*, pour autant on peut soutenir qu'elles auraient quand même des gains d'autres natures, et donc des raisons de défendre le libéralisme. Par exemple, il est plus sain vis-à-vis de soi-même d'être payé à sa juste valeur et non de vivre aux crochets d'autrui. Il y a des gains moraux et psychologiques qui font qu'il est en réalité contraire à son intérêt personnel de défendre l'Etat-providence (les romans de Rand montrent ça de manière assez vivante). Lequel permet par exemple à plein de gens de s'accrocher à des emplois pour lesquels ils ne sont pas faits, qu'ils font mal et qui n'importe rien à la société ni à eux-mêmes (et là il y aurait un paquet d'intellectuels, de fonctionnaires, de journalistes, à citer au ban des accusés). *Ce qui ne veut d'ailleurs pas dire que leur pouvoir d'achat absolu serait moindre, compte tenu de tous les gains de productivité, de l'innovation, de la baisse des prix par la concurrence, dont ils bénéficieraient dans une société de libre-marché. On s'oppose souvent au libéralisme en arguant que les services du privé seraient inabordables, en oubliant que le pouvoir d'achat individuel ne serait plus le même (grâce aux facteurs évoqués ainsi qu'aux baisses d'impôts) -c'est ce que j'appelle le sophisme du raisonnement à prix constants.
  14. Bon, fin de la parenthèse sur Rand et les drogues. Un peu de romantisme mystique de droite pour faire passer tout ça:
  15. 1): Ouvrages que j'ai pour la plupart lu ou cité régulièrement ici... Tu devrais lire les questions que je pose avant de répondre. 2): Je n'ai pas dis qu'il n'y connaissait pas grand-chose, j'ai dis qu'il commettait des bourdes grossières sur le sujet. On ne peut pas être spécialiste de tout...
  16. Qu'as-t-il écrit d'autre sur le sujet, en dehors de sa biographie de Rand aux Belles Lettres ? J'aime bien Alain Laurent mais il raconte notoirement de grosses bêtises sur Rand. Par exemple que son éthique serait compatible avec le kantisme: https://objectivismefr.wordpress.com/2018/03/22/morale-objectiviste-contre-morale-kantienne/
  17. Je vais répondre, mais il faudrait couper les deux dernières pages au profit d'un fil "libéralisme et démocratie".
  18. Ah oui donc tu n'as juste jamais lu Rand en fait. Bravo. Pour ta culture tu apprendras que La Vertu d'égoïsme dispose d'un sous-titre:
  19. 1): N'ais-je pas parlé -après beaucoup d'autres- de démocratie imparfaite ? Du reste, on peut souligner que si tous les citoyens ne votaient pas, les moyens de détermination de la loi étaient beaucoup mieux assurés que de nos jours. Comme le dit un essayiste contemporain: "par rapport à la démocratie grecque, nous avons un démos plus grand, et un kratos plus limité." 2): Tu noteras qu'ils étaient sujets de la France et non pas citoyens.
  20. 1): Une égale liberté n'est pas une égalité de puissance. Ceux qui parlent de "liberté réelle" confonde la liberté avec la puissance ("je suis économiquement libre si j'ai les moyens de partir au ski", etc). Le libéralisme repose sur la défense de l'égalité de liberté (et pas seulement sur l'égalité juridique). 2): C'est un argument valable quand tu es @PABerryer. Sinon, ce que tu dis n'est pas une objection recevable à une défense utilitaire de la démocratie, parce que tu n'as pas de principe à lui opposer. "Il faut être démocrate en démocratie pour faciliter la diffusion de nos idées" reste valable.
  21. Il y a un moment où les changements quantitatif finissent par devenir qualitatif. Il y a une différence entre un régime où 50% des citoyens détiennent le pouvoir politique, et les cités états-italiennes où ça tourne autour de 10% ou moins. Sans parler du contenu. A Venise, je ne sais pas s'il y a d'autres élections que celle du doge, lequel est élu à vie par une petite minorité de citoyens. Ce n'est pas comparable avec la 3ème République où des millions d'électeurs renouvellent la Chambre des députés tous les 4 ans (plus les élections partielles. Plus les élections locales, mairies, etc.).
  22. La politique était aussi réservée aux hommes dans les cités grecques. On peut légitimement dire que ça en fait des formes imparfaites de démocraties (au regard de la définition que j'ai proposé). Dire pour autant que ce ne serait pas des démocraties serait excessif car cela empêche de les différencier d'autres régimes, alors qu'elles présentent manifestement une singularité remarquable.
  23. Comment ça ?
  24. Je ne sais pas si c'est valable pour les politiques conduites par Disraeli, mais j'ai souvenir que les conservateurs britanniques ont aussi fait passer des mesures "sociales" dans le dernier tiers du XIXème. L'écart temporel avec le social-conservatisme bismarckien ne doit pas être grand. Il faudrait aussi comparer les contenus.
  25. Dans une oligarchie, tous les citoyens ne disposent pas de moyens légaux égaux d'élire leurs dirigeants parmi des partis rivaux (et/ou de déterminer le contenu des lois). En général c'est parce qu'il n'y a pas d'élections du tout. ça peut aussi être dû au fait que la participation aux élections est réservée à quelques classes de citoyens seulement. C'était par exemple le cas de la République de Venise, et plus généralement dans les cités-états italiennes de la Renaissance.
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