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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Ok, je tente une définition de la démocratie: Régime politique dans lequel tous les citoyens disposent de moyens légaux égaux d'élire leurs dirigeants parmi des partis rivaux (et/ou de déterminer le contenu des lois), en raison de l'absence d'inégalités politiques basées sur la naissance ou la fortune. ça me semble permettre de comprendre clairement pourquoi ni un empire napoléonien plébiscitaire, ni les régimes à suffrage censitaire, ni les "démocraties" populaires, ne sont des régimes démocratiques. On comprendrait d'ailleurs mal pourquoi des mouvements démocratiques se seraient élevés contre ces régimes (jusqu'à souvent les renverser) s'ils avaient déjà été démocratiques... ça me semble une définition opératoire aussi bien pour les démocraties directes de la Grèce ancienne que pour les démocraties représentatives modernes. -
Visiblement c'est le nouveau sujet du moment en matière d'environnement et d'énergie... quelqu'un pour du fact-checking ? :
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
1): En fait, le libéralisme ne repose pas seulement sur une égalité devant la loi, comme je l'ai moi-même répété, mais sur la possession effective d'une égalité liberté. Or obtenir ceci à un certain lien avec la démocratie, parce qu'un pouvoir oligarchique ne peut qu'être tenté de servir la minorité dirigeante au détriment du reste de la société. Voir aussi les bonnes remarques de Roderick T. Long (cf: https://www.panarchy.org/rodericklong/libertyequality.html ): "This form of equality goes well beyond mere equality before the law. If the rulers of a state require that everyone worship Shiva, then in some sense they are treating all the citizens equally (assuming they also worship Shiva themselves); but they are nevertheless not respecting equality in authority, because they are arrogating to themselves, and denying to others, the authority to decide whether Shiva will be worshipped. Rather than merely requiring the equal application of the laws, equality in the libertarian sense places restrictions on the content of those laws as well, ruling out forcible subordination of any kind. This point of view is entirely consistent with the legitimate defensive use of force; such force restores equality in authority rather than violating it. But any initiatory use of force involves treating other people as though they were “made for one another’s uses,” and so is forbidden as an affront to human equality. Those who see only two forms that equality can take—substantive socioeconomic equality and formal equality before the law—have neglected the possibility of libertarian equality, which is substantive but not socioeconomic." 2): Aristote, constitutions droites, constitutions déviées ? Personne ? 3): Tu es de mauvaise foi. Le libéralisme ne peut pas renoncer à combattre l'étatisme sans se nier lui-même -ce qui est la forme ultime de la marginalisation. Mais il n'en va absolument pas de même avec la démocratie. -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Le libéralisme reconnaît une égale valeur morale aux êtres humains en tant que tel (c'est valable aussi bien dans les variantes jusnaturalistes -tous les individus ont les mêmes droits naturels- que dans les variantes utilitaristes -tous les individus comptent pour une utilité égale), en général en faisant valoir qu'ils sont tous des êtres de raison. Il s'ensuit une revendication politique égalitaire: tous les individus méritent de jouir d'une égale liberté (même ceux qui n'ont pas la bonne religion ou adhèrent à des croyances irritantes). Il s'ensuit une incompatibilité de principe entre le libéralisme et les sociétés à privilèges (de là, le rôle contestataire et révolutionnaire du libéralisme sous l'Ancien Régime). Mais si aucun individu ne mérite de privilèges, les raisons pour lesquels le pouvoir politique devrait être réservé à une minorité deviennent évanescentes. Comme le dit très bien Anatole Leroy-Beaulieu sur la concomitance historique des revendications libérales et démocratiques: "La démocratie était la seule souveraine dont le libéralisme pût préparer le règne." -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
1): Il ne faut pas confondre une lutte contre certaines tournures de pensée avec une purge du langage ordinaire. Sinon on en vient à sortir comme Thatcher que "la société n'existe pas", ce qui est faux et donne une impression désagréable sur la santé mentale du locuteur lorsqu'on ignore ce qu'il a voulu dire. 2): J'ai entendu parler de Caplan et des théories de l'ignorance rationnelle. Pour autant, les gens vont voter, même ceux qui ont une conscience claire de l'influence de leur vote (ce qui est mon cas). On peut donc penser que les motifs de voter se trouvent partiellement ailleurs. De surcroît il n'est pas vrai qu'il n'y ait aucun coût à la mauvaise décision. N'importe quel électeur comprend qu'il y a un certain lien entre le résultat de l'élection et son avenir personnel. C'est pourquoi les gens s'informent. Mal peut-être, mais pourtant, tu rencontreras rarement des gens incapables d'expliquer ce qui a motivé leurs décisions. 3): En fait, la bonne analogie serait avec la participation à un choix collectif sur le marché. Par exemple, un investissement ou une dépense par une association ou une assemblée de copropriétaires. Je n'ai pas étudié sérieusement le sujet, mais si j'en juge par mon expérience directe, les gens ne semblent pas beaucoup plus motivés pour "s'informer un max et agir rationnellement" que durant les élections. On trouve des gens qui se désintéressent de la décision prise, qui se tiennent au courant de rien ou presque, qui essaye de déléguer aux autres la prise de décision, etc. Pas la majorité, mais ça existe aussi. De toute manière, la démocratie ne repose pas sur la justification que l'ensemble des citoyens serait sage ou spécialement bien informé (sinon les objections de Platon seraient valables). Mais sur le fait que c'est au peuple qui subit le commandement politique de déterminer les lois. L'alternative revient à poser que le peuple est mineur et qu'il a besoin d'être dirigé par un type d'hommes supérieurs, ce qui ne peut guère se concilier avec les postulats égalitaires du libéralisme (cf Bastiat sur le fait que les politiciens ne sont pas une humanité supérieure). -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Politique, droit et questions de société
Je disais seulement ça parce que ta remarque sur Rand me semble très injuste. Elle a bâti une défense du libéralisme particulièrement rigoureuse (peut-être la meilleure disponible), et qui a obtenu une certaine popularité en plus (alors que le théoricisme des libéraux les écartent d'ordinaire de la popularité).- 3 480 réponses
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Politique, droit et questions de société
C'est peut-être le seul point où je suis politiquement en désaccord avec Rand. Note cependant qu'il y a une différence entre le fait de considérer comme moralement acceptable d'envahir un Etat dictatorial, et le fait de prôner effectivement une telle action. La bonne cause que tu mentionnais dans ton post est absente du discours de Rand. La meilleure preuve est que son argument vaudrait autant pour une guerre entre Etats dictatoriaux. On ne peut donc pas dire que Rand soit interventionniste, seulement que sa philosophie morale et politique serait mal armée pour critiquer l'interventionnisme militaire. Ce n'est pas idéal mais ce n'est pas exactement la même chose. A comparer avec un Tocqueville (ou un Victor Hugo) et la colonisation algérienne... ou Condorcet prônant l'exportation militaire des principes de 1789 (sa plus grande erreur politique à mon sens. Les guerres ne réussissent pas aux idées libérales)...- 3 480 réponses
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Politique, droit et questions de société
Ce n'est pas si étonnant si on se souvient que les USA avaient des présidents socdem durant ces deux guerres, et que le premier est allé jusqu'à utiliser l'argent du contribuable pour faire une propagande d'Etat en faveur de l'entrée en guerre ! « Lorsque le gouvernement des États-Unis décide d'entrer en guerre, le 6 avril 1917, la population est en effet largement opposée à cette décision : et c'est avec le mandat explicite de la faire changer d'avis qu'est créée par le président Thomas Woodrow Wilson (1856-1924), le 13 avril 1917, la Commission on Public Information (CPI) – souvent appelée « Commission Creel », du nom du journaliste qui l'a dirigée, George Creel (1876-1953). Cette commission, qui accueille une foule de journalistes, d'intellectuels et de publicistes, sera un véritable laboratoire de la propagande moderne, ayant recours à tous les moyens alors connus de diffusion d'idées (presse, brochures, films, posters, caricatures notamment) et en inventant d'autres. Elle était composée d'une Section étrangère (Foreign Section), qui possédait des bureaux dans plus de trente pays, et d'une Section intérieure (Domestic Section): elles émettront des milliers de communiqués de presse, feront paraître des millions de posters (le plus célèbre étant sans doute celui où on lit: I want you for US Army, clamé par Uncle Sam) et éditeront un nombre incalculable de tracts, d'images et de documents sonores. La commission inventera notamment les fameux « four minute men » : il s'agit de ces dizaines de milliers de volontaires – le plus souvent des personnalités bien en vue dans leur communauté – qui se lèvent soudain pour prendre la parole dans des lieux publics (salles de théâtre ou de cinéma, églises, synagogues, locaux de réunions syndicales, et ainsi de suite) afin de prononcer un discours ou réciter un poème qui fait valoir le point de vue gouvernemental sur la guerre, incite à la mobilisation, rappelle les raisons qui justifient l'entrée en guerre des États-Unis ou incite à la méfiance – voire à la haine – de l'ennemi. » -Normand Baillargeon, préface à Edward Bernays, Propaganda. Comment manipuler l'opinion publique en démocratie, Paris, Éditions Zones, 2007 (1928 pour la première édition américaine), 219 pages, p.16.- 3 480 réponses
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Politique, droit et questions de société
Tu parles de quoi ? Rand était hostile à la guerre du Vietnam (et même à l'entrée en guerre des USA dans les deux guerres mondiales).- 3 480 réponses
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Politique, droit et questions de société
Euh non, clairement pas. Surtout que le libéralisme de Rand n'a pas -ou visiblement pas autant- les anicroches qu'on peut trouver chez d'autres (Locke et la tolérance qui se limite aux chrétiens non-catholiques, Tocqueville et la colonisation, Condorcet et l'école publique, Friedman et Pinochet les manipulations monétaires, Jacques Rueff qui accepte le protectionnisme agricole vis-à-vis des USA, Bastiat et les travaux publics, l'ordolibéralisme et la législation anti-trust, Hayek et l'embryon d'Etat-providence...).- 3 480 réponses
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
1): Heureusement que Mises à une oeuvre économique à faire valoir, parce que dès qu'il parle de philosophie... J'ai envie de lire Go lire Aristote. 2): https://fr.wikipedia.org/wiki/Césarisme -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Je vois mal comment on peut défendre le principe de responsabilité personnelle et ne pas en tirer une conclusion en faveur de la démocratie. C'est au peuple qui vit sous les lois de décider ce que seront les lois. Parce que c'est sur lui que cette violence s'applique. S'il prend une mauvaise décision, c'est lui qui devra en supporter les conséquences. Ce qui ne peut que l'inciter à faire le meilleur choix. Par conséquent, la démocratie est, à l'échelle collective, analogue au principe de responsabilité individuelle. Un autre argument consiste à faire remarquer que si le pouvoir politique n'est pas partagé entre les citoyens, la minorité qui l'accapare inclinera à l'utiliser à son profit et au détriment du reste de la société. Les sociétés non-démocratiques sont par suite des sociétés à privilèges, ce qui n'est pas compatible avec les postulats égalitaires du libéralisme. (On pourra objecter à cette argument qu'en régime d'Etat-providence, les privilèges tendent à se reconstituer. Néanmoins il serait facile de répondre qu'il s'agit d'une perversion de l'Etat démocratique et non d'un phénomène universel, ce qui donne là aussi une petite supériorité à la démocratie). Un ultime argument serait purement utilitaire: dans une société très largement acquise à la démocratie, ne pas être démocrates (ou apparaître comme tel) marginaliserait encore plus les libéraux -ce qu'ils ne peuvent guère se permettre vu leur impopularité déjà élevée de base. -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
@Nigel a raison, Liborg est vraiment prévisible. J'étais sûr que quelqu'un allait finasser sur ce point. Vous confondez démocratique et populaire. Un régime n'est pas démocratique lorsque les citoyens ne peuvent pas choisir leurs dirigeants entre plusieurs alternatives non faussées (on parle aussi d'élections libres). C'est pas fin de faire semblant de ne pas comprendre la différence avec le césarisme...(ou avec des régimes totalitaires). -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Mais oui. Et ça n'inclut pas non plus le droit de vote, comme les démocraties populaires nous l'ont prouvé. Et après certains se plaignent des définitions délirantes données au libéralisme... -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Un autre démocrate sans doute. « Rousseau: je le répudie ; cette tête fêlée n'est pas française, et nous nous fussions fort bien passés de ses leçons. C'est justement à lui que commencent à notre romantisme et notre absurde démocratie. » -Pierre-Joseph Proudhon, Du principe de l’art et de sa destination sociale, 1865. « Nous remercions Proudhon des lumières qu'il nous donna sur la démocratie et sur les démocrates, sur le libéralisme et sur les libéraux, mais c'est au sens large que notre ami Louis Dimier, dans un très beau livre, l'a pu nommer « Maître de la contre-révolution »." -Charles Maurras, Paru dans les Cahiers du Cercle Proudhon, n° 1 de janvier 1912 (le texte date de 1910). -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Politique, droit et questions de société
C'est le côté kantien des libéraux. Comme le pouvoir corrompt, on ne va pas y toucher. Sauf que dans ce monde-ci, il n'y a pas de lac de feu pour se débarrasser de l'Anneau de Pouvoir.- 3 480 réponses
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Politique, droit et questions de société
J'avoue que je ne consomme pas et que j'ai des a priori négatifs (même si je soutiens évidemment pas la prohibition étatique): "The most damning refutation of the theories of all the hippies-activist-Marcusian hordes is the drug-glazed eyes of their members. Men who have found the right way of life do not seek to escape from awareness, to obliterate their consciousness and to drug themselves out of existence. Drug addiction is the confession of an unbearable inner state." (Ayn Rand, Return of the Primitive: The Anti-Industrial Revolution, Meridian, 1999 (1971 pour la première édition états-unienne), 290 pages, p.92) Par contre, depuis quelque mois, je bois plus souvent de la bière.- 3 480 réponses
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Politique, droit et questions de société
1): c'est parce qu'il y a un préjugé bien ancré en France selon lequel le RU et les USA sont des pays libéraux. Expression prise dans un sens généralisant débile: tout phénomène qui survient dans ces pays est libéral. D'ailleurs Trump est libéral -la preuve, il vient du milieu des affaires. Et il est de droite, comme le libéralisme. CQFD. 2): ce n'est pas mesquin, c'est le nom réel du mouvement: Parti des travailleurs allemands pour le socialisme national. Tu peux aussi faire remarquer que nombre de mesures étatistes qu'aiment bien les gauchos (notamment écologistes, par exemple sur la consommation de tabac, la préservation des forêts, etc.), ont été imposé aux Allemands par le IIIème Reich.- 3 480 réponses
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Faut vraiment le dire vite. Schmitt, entre 1918 et 1933, fait partie des Vernunftrepublikaner (républicains de raison) qui acceptent le régime républicain par défaut. Mais c'est déjà un conservateur marqué par le catholicisme contre-révolutionnaire (cf la Théologie politique). De plus son "républicanisme" est à géométrie variable: c'est par exemple un admirateur constant du fascisme italien. Le point commun avec Rousseau est que les deux refusent le régime parlementaire. Sauf que Rousseau le rejette au nom de la démocratie directe, égalitaire ; alors que Schmitt valorise un régime présidentiel plébiscitaire, capable de dépasser les clivages partisans "artificiels" et le bavardage des "classes jacassantes" bourgeoises. On pourrait à la rigueur qualifier le second de bonapartiste, mais démocrate... -
TIL - today I learnt...
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Hayek's plosive dans La Taverne
J'ai un peu lu Gobetti. Je ne suis pas sûr à 100% qu'il soit libéral, vu que ses propos sur l'économie ne parle guère de libéralisation et tournent autour du thème "le mouvement ouvrier va permettre l'émergence d'une nouvelle élite qui remplacera la bourgeoise frileuse et protectionniste italienne ; on aura enfin un capitalisme moins archaïque". Ce qui est sûr est qu'il était démocrate, anti-fasciste et anti-communiste. « Le rêve tyrannique de Mussolini, ne différant en rien de la charmante dictature bureaucratique et syndicale conçue par nos sociaux-démocrates […] représenta précisément le renoncement des individus à leurs responsabilités, le renoncement des classes aux efforts engagés par leurs troupes et fut la palingénésie d’une décadence, où les minorités les plus combatives et les plus dignes allaient être balayées par le chômage et une crise économique annihilant leur volonté et fatalement propice au retour de cette économie esclavagiste rêvée par les rhéteurs. » « Comme l’a montré l’occupation des usines, la signification révolutionnaire du mouvement ouvrier consiste dans sa capacité à devenir de plus en plus bourgeoise, alors que trop d’industriels ne savent assumer leurs fonctions d’épargnants et d’entrepreneurs. Loin d’aller vers son déclin, le système bourgeois sera ravivé précisément par les fossoyeurs de la bourgeoisie. Les classes, donc, ont la même valeur ou fonction que les mythes : ce sont des forces qui se renouvellent et se disputent sans cesse le pouvoir. » « Invoquer un gouvernement des producteurs, alors que seule la proportionnelle pourrait agir véritablement comme un instrument de lutte politique et de formation libre des partis, signifie s’épouvanter de la liberté et se réfugier dans un corporatisme aussi réconfortant que moyenâgeux. Cette haine des fascistes pour la politique, en hommage à l’idylle littéraire et à des expédients économiques pratiques, est la meilleure preuve de la décadence de nos mœurs et de la faiblesse de ceux qui désirent, en guise de repos, un retour au Moyen Age. » « Le gouvernement de Mussolini exile la critique dans les couvents, il offre aux faibles une religion d’Etat, une garde prétorienne, un philosophe hégélien à la tête des établissements scolaires ; il annule dans l’Etat éthique toute initiative. Il offre à l’Italie immature un berceau qui pourrait bien devenir le tombeau des consciences publiques devenues privées, après avoir éliminé, en s’alliant une fois de plus avec la ploutocratie, les deux problèmes qui auraient pu constituer la Bastille du peuple italien : les rapports entre l’Etat et les classes ouvrières ; la rencontre et l’antithèse entre l’industrie et l’agriculture. » « Le concept même d’une révolution libérale, considéré d’abord comme un paradoxe, s’est désormais établi dans l’usage. » -Piero Gobetti, La Révolution libérale. -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Humm... "En 1962, Friedrich Hayek envoie à Salazar un exemplaire de son dernier ouvrage, The Constitution of Liberty, publié en 1960. Le philosophe de la liberté s'adresse au dictateur du Portugal dans l'espoir que "cette esquisse préliminaire de nouveaux principes constitutionnels puisse l'aider dans ses efforts de concevoir une constitution protégée des abus de la démocratie". [...] En 1979, dans le tome 3 de Droit, législation et liberté, l'économiste-philosophe présente son modèle de constitution, vision d'un pouvoir aristocratique où l'élection est réduite à un processus étroitement contrôlé de cooptation des élites par elles-mêmes. [...] A la fin du XXe siècle, Friedrich Hayek propose donc un refus très argumenté à la fois de la modernité économique, l'Etat interventionniste, de la modernité sociale, l'Etat-providence, et de la modernité politique, c'est-à-dire de la démocratie, éloge de Carl Schmitt à l'appui." -Jean Solchany, "La rénovation néolibérale: une réaction antimoderne ?", in Dominique Barjot, Olivier Dard, Frédéric Fogacci et Jérôme Grondeux (dir.), Histoire de l'Europe libérale. Libéraux et libéralisme en Europe (XVIIIe - XXIe siècle), Nouveau Monde Éditions, 2016, 359 pages, pp.115-131, p.128-129. -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Bon, il y a aussi des trucs plus moches dans ce livre. Vous avez Claire Araujo da Justa (une autre ancienne prof, assez douée du reste) qui commence par rejeter la méthode qui consiste à chercher une essence et à s'y tenir pour juger des réalités historiques, au profit d'une définition souple et pragmatique du libéralisme... : "Il semble que pour bien appréhender le libéralisme français au tournant des XIXe - XXe siècles, il faille se dégager de la rigidité du cadre théorique pour l'envisager par le biais de la mise en pratique ; en somme, laisser le libéralisme se définir par lui-même, non plus seulement à travers les principes mis en avant dans les discours -qui, du reste, deviennent de plus en plus anachroniques à la veille de la Grande Guerre -mais par les débats parlementaires et par la construction des premières lois sociales." (p.80-81) ... méthode qui s'avère -comme dans d'autres chapitres- un fétichisme nominal puisque ça mène fort logiquement à qualifier de "libéral" des choses contradictoires: "Ainsi prend corps le "libéralisme républicain" théorisé par Jules Barni dans le Manuel républicain (1872). [...] La puissance publique a "l'obligation positive" d'apporter également sa contribution dans le domaine de l'assistance, au nom du bien commun et au nom de la République." -Claire Araujo da Justa, "Le libéralisme français à l'épreuve des premières lois sociales", in Dominique Barjot, Olivier Dard, Frédéric Fogacci et Jérôme Grondeux (dir.), Histoire de l'Europe libérale. Libéraux et libéralisme en Europe (XVIIIe - XXIe siècle), Nouveau Monde Éditions, 2016, 359 pages, pp.79-94, p.88-89. D'une manière générale plusieurs contributions donnent des définitions erronées du libéralisme, sans doute faute de comprendre la distinction "liberté négative" - "liberté positive". On lit ici comme dans nombre d'ouvrages que le libéralisme c'est la défense de l' "autonomie de l'individu" ; or pas d'autonomie sans ressources effectives... donc T. H. Green, Hobson, Keynes, Rawls et autres socdem sont des libéraux... C'est toujours la même incapacité conceptuelle à distinguer entre liberté et puissance. Les chercheurs en sciences sociales devraient faire de la philo. Remarque, plein de philosophes font la confusion aussi... Il y a aussi un dénommé Jean Solchany, qui au bout d'une page se lamente des effets "ravageurs" des politiques néo-libérales "hégémoniques" depuis 30 ans. Paye ta neutralité axiologique. Je sens que je vais souffrir dans ce chapitre. -
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Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Nick de Cusa dans Politique, droit et questions de société
1): Ce n'est pas exact, le terme préféré de Macron pour se définir politiquement est celui de "progressiste" (qui a le mérite du vague et une histoire politique qui va du centre-gauche français de 1900 à l'URSS stalinienne). Il a également dit durant la campagne: "Je suis pour un modèle solidariste." -Emmanuel Macron, "En Direct de Mediapart", 4 novembre 2016. Ce qui me semble une bonne définition de sa position: https://fr.wikipedia.org/wiki/Solidarisme 2): Je suis en revanche d'accord vu que le grand public le considère comme libéral. Mais tu noteras que les mêmes pensaient qu'Hollande ou Sarkozy menaient des politiques libérales...- 3 480 réponses
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C'est pas un problème de religion, c'est un problème de rapport au temps (et là je plussoie @Rübezahl sur le fait que la religion peut prendre la place de choses utiles / indispensables), ou plutôt de valorisation de choses qui excèdent le temps d'une vie humaine et constitue donc une "transcendance" par rapport à celle-ci, un absolu relatif. Lisez Arendt sur la Cité grecque (La Crise de la Culture), elle explique très bien cette relation. Laquelle n'est pas religieuse -il n'y a pas de commandement religieux de vivre pour la cité ou quoi que ce soit du genre. C'est un phénomène culturel. Ensuite le christianisme a cassé ce lien pour un paquet de siècles, au profit d'un absolu individuel et supra-terrestre (salut de l'âme). "L'apolitisme croissant des philosophes après la mort de Socrate, leur exigence d'être libérés des activités politiques et leur insistance à accomplir un athanatizein [immortalisation] non pratique, purement théorique, hors de la sphère de la vie politique, avait des causes philosophiques aussi bien que politiques, mais parmi les causes politiques se trouvait certainement le déclin croissant de la vie de la polis qui rendait de plus en plus douteuse la permanence même de ce corps politique particulier, pour ne pas parler de son immortalité." "Pour les chrétiens, seul l'individu était immortel et rien d'autre dans ce monde -ni l'humanité considérée comme un tout ni la terre elle-même et moins encore l'artifice humain. C'est seulement en transcendant ce monde que l'on pouvait accomplir des activités atteignant à l'immortalité et la seule institution qui pût s'en trouver justifiée à l'intérieur du domaine séculier était l'Église, la Civitas Dei sur terre." (-Hannah Arendt, Le concept d'Histoire: antique et moderne, in La Crise de la Culture. Huit exercices de pensée politique, 1961, repris dans Hannah Arendt. L'Humaine Condition, Gallimard, coll. Quarto, 2012, 1050 pages, p.655.) Et comme par hasard, on voit un mouvement inverse se profiler en Europe avec la redécouverte d'Aristote (et je crois que Philippe Nemo est passé à côté de ça dans Qu'est-ce que l'Occident ? -du coup, il parle de la révolution papale et de la revalorisation du "terrestre" comme d'un mystère, une décision arbitraire qu'on ne pourra jamais expliquer): "La grande crise dans la conception humaine du temps, certes latente jusque-là, atteignit un seuil critique lorsque la doctrine de la non-création et de l'infinie permanence du monde fut redécouverte dans la philosophie aristotélicienne. Ce principe portait un coup presque fatal à la suprématie des concepts augustiniens traditionnels du temps et de l'éternité. Le temps, sous l'influence de la doctrine de saint Augustin, jouissait jusque-là d'une réputation plutôt mauvaise que bonne. Le temps, tempus, était le vecteur de l'éphémère ; il signifiait la fragilité de ce monde présent et de tout ce qui était temporel, et il portait le stigmate du périssable. Le temps, séparé de l'éternité, était d'un niveau inférieur. [...] Il avait été créé, non pas avant, mais en même temps que le monde transitoire comme un passage de courte durée qui, comme une impasse, devait fatalement se terminer brusquement à tout moment, tout comme le monde créé pouvait à tout moment être surpris par le Jugement dernier. Le temps était fini." (p.844-845) "La permanence illimitée de la race humaine même conférait une nouvelle signification à beaucoup de choses. Par exemple, elle donnait un sens au désir de gloire terrestre." (p.846) "Dès le XIIe siècle, on peut remarquer chez les philosophes et les théologiens scolastiques une certaine tendance à réviser le dualisme augustinien du temps et de l'éternité [...] Cela conduisit, entre autres, à la reprise de la notion d'aevum ("eon"), une catégorie de temps infini sans fin." (p.847) "Ce qui avait été épidémique au XIIIe siècle devint endémique aux XIVe et XVe siècle siècles: on acceptait pas la continuité infinie d'un "monde sans fin", mais on acceptait une continuité quasi infinie [...] on était disposé à modifier, à réviser et à contenir -mais non à abandonner- les sentiments traditionnels sur les limitations dans le temps et le caractère transitoire des actions et des institutions humaines." (p.849) "La doctrine de l'immortalité et de la continuité des catégories et des espèces était [...] identifier [aux] corps constitués immortels et [à] d'autres corps collectifs. [...] Bref, au XIVe siècle, les doctrines aristotéliciennes de la perpétuité s'étaient profondément enracinées dans la pensée juridique." (p.859) -Ernst Kantorowicz, Les deux corps du Roi. Essai sur la théologie politique au Moyen Age, in Œuvres, Gallimard, coll. Quarto, 2000, 1369 pages, pp.643-1222.
