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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback
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Cinquantenaire de Mai 68
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Actualités
En parlant du devenir de quelques soixante-huitards célèbres (gare à toi lecteur, voici la droite anticapitaliste): http://idiocratie2012.blogspot.fr/2018/05/les-cloportes-de-mai-1968.html -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Pour être précis, ce type de situation implique bien une communauté (soit des gens qui vivent ensemble), mais pas une communauté politique. C'est une communauté infra-politique (comme une famille, une ville non indépendante, etc.) car elle ne peut pas légalement user de la violence (enfermer / tabasser un passager clandestin ou un excité, etc.). Si elle le faisait elle serait elle-même neutralisée (et on peut supposer qu'elle le sait). -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
ça fait deux fois que tu sous-entends que je suis pour le statu quo / résigné / ou que mon propos présuppose l'Etat tel qu'il est. Or pas du tout. Je suis libéral, ce qui n'est pas être pour le statu quo justement. Mon propos est de dire que l'anarcho-capitalisme est 1) utopique dans la mesure où il est in fine anti-politique ; 2) mauvais dans la mesure où il est anti-étatique (ce qui veut dire que, puisque le politique est indépassable, je ne suis pas convaincu que l'Etat soit une forme de communauté politique pire qu'une autre: tribu nomade, village, cité-état, empire, fédération spatiale*, etc.). *Je vais convoquer les mânes de @Flashy pour son avis sur les fédérations spatiales -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Le truc c'est que ce type d'objectif (soit in fine la survie face aux menaces internes et externes) sera mieux assuré si le groupe gagne en cohésion /discipline en acceptant de déléguer la prise de décisions, en acceptant des interdits, etc. (parce que si tu veux la sécurité tu dois aussi en vouloir les moyens). A partir de là il est déjà organisé politiquement. Encore quelque étapes et apparaîtra que l'idée que "tiens, on galèrerait moins en se spécialisant et en laissant les plus aptes assurer la sécurité. On pourrait leur permettre d'avoir plus de temps pour s'entraîner en leur offrant régulièrement de la nourriture / whatever". On arrivera assez vite à l'impôt, vu que le groupe des "guerriers" à les moyens de l'imposer aux autres. Il y a d'ailleurs une très bonne scène du film Les Insurgés d' Edward Zwick sur ce phénomène. -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Note bien que je n'ai pas dis que notre espèce ne pouvait pas déboucher sur quelque chose d'autre qui, potentiellement, ne serait plus concerné par la relation du commandement et de l'obéissance (et les autres présupposés)*. Je retire d'ailleurs ce que j'ai dis sur la SF ; il semble bien que dans Les Danseurs de la Fin des Temps de Moorcock, les êtres peuplant la Terre étant devenus immortels, se régénérant à l'infini, n'ayant pas besoin de se nourrir, étant pour ainsi dire des dieux etc., on ne peut plus qualifier leur manière d'exister comme encore politique. Parce qu'ils ne craigne plus ce que peuvent craindre les humains, n'ont pas les moyens de faire naître une obéissance politique. Ce qui prouve encore une fois que le politique est a contrario une dimension de la nature humaine. *Mais comme le suggère cette fiction, on parle d'un futur (hypothétique!) tellement éloigné et reposant sur des changements tellement difficiles à concevoir que parler d'utopie semble le strict minimum. -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
1): La figure d'autorité et celui qui la reconnaît comme telle peuvent être égaux politiquement (dans une démocratie libérale disons), mais ils ne sont pas égaux sous l'angle de la relation d'autorité. Il reste donc de la place pour la légitimité charismatique de Weber, l'adhésion idéologique, le respect filial et quelques autres trucs encore (l'amour sans doute. La séduction aussi. Tout ça ne repose pas sur la persuasion argumentée/rationnel). 2): c'est notre esprit qui reconnaît ledit principes et on ne peut pas s'obéir à soi-même*, donc bon. *exit Rousseau. 3): L'auteur de Droit naturel et histoire conteste le terme d'autorité s'agissant de la Nature, il parle plutôt d'étalon. Il ne serait sans doute pas d'accord avec la phrase suivante (l'autorité des hommes est historiquement première, l' "autorité" du Droit naturel est une découverte de la philosophie). 4): Tu confonds Freund avec le texte d'Arendt que j'ai mis. Il me semble que pour elle "persuasion" signifie intrinsèquement un discours rationnel, argumenté (logos, etc.) -donc sa validité dépend de son adéquation à l'être. Après je peux me tromper, son texte n'est pas toujours très facile à comprendre. 5): c'est bien pour ça que je dis que ce n'est pas une autorité mais un pouvoir. Tout comme un parent à un pouvoir sur son enfant (il peut exercer la force* sur lui) -qui n'est bien sûr pas le pouvoir politique. *La morale et la loi posent bien sûr des limites à l'exercice de ce pouvoir. Enfin sauf Rothbard -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
L'exemple de l'île vierge donné par @Bisounours est très bon. Si les milliards de communautés villageoises primitives connus ont quelque chose comme un chef pour prendre des décisions et le cas échéant les imposer aux récalcitrants, je ne vois pas ce qu'un niveau très avancé de technologie changerait. De nouvelles technologies peuvent peut-être permettre de contourner ou de contrecarrer, voire de remédier, au caractère liberticide des Etats actuels. Ou donner formes à de nouvelles communautés politiques (seasteading et autres vaisseaux spatiaux). Mais c'est tout. Personnellement je ne place pas l'essentiel de mes espoirs dans le progrès technique. Les problèmes politiques ne peuvent se résoudre que par des moyens politiques, fondamentalement. -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
D'ailleurs les rêveries futuristes (pour lesquelles j'ai plutôt de la sympathie) sont tellement peu à même de passer outre la "pesanteur du politique" (Freund toujours) que je ne connais aucune histoire de SF, si originale soit-elle, qui imagine une société non-politique. De nouvelles formes d'organisations politiques, certainement, mais ce n'est pas la même chose. A vrai dire ça ne semble pas impossible d'imaginer une "société" où la relation du commandement et de l'obéissance est absente, mais elle est alors remplacée par la violence généralisée, comme dans l'état de nature de Hobbes ou la "société" des Cyclopes chez Homère. Ce n'est tout simplement pas une société au sens humain du terme, c'est un monde animal (fictif!) où chaque individu est une espèce sui generis, chaque espèce entretenant avec les autres des rapports de prédation. Ce qui confirme que le non-humain n'est pas concerné par le politique. Je prends un autre exemple fictif qui me semble intéressant. Au début de Mars la Rouge (1992) de Kim Stanley Robinson, l'équipe de scientifiques envoyée pour la colonisation de Mars décide de cesser d'obéir aux décisions qu'elle reçoit de la Terre (laquelle n'a de toute façon plus les moyens de se faire obéir). C'est une scission politique, ce n'est pas une séparation d'avec le politique. Le groupe forme simplement une nouvelle communauté politique. C'est une déclaration d'indépendance informelle. Et immédiatement après, le groupe est confronté à certains problèmes qui l'obligent à prendre des décisions. Il se trouve qu'il décide de les prendre démocratiquement (un membre, une voix). Mais le mode contingent d'organisation (démocratie) est moins intéressant que le fait même de l'existence du politique. Et que serait-il passé si un membre avait voulu faire quelque chose de complètement nuisible pour le reste du groupe (par exemple faire sauter le vaisseau) ? Et bien les autres ou la majorité l'aurait probablement enfermé (ou tuer)*, ce qui implique bien l'existence d'un pouvoir politique et celle de la contrainte pour faire appliquer ses décisions. *On peut toujours imaginer qu'ils n'aient aucun instinct de conservation et laisse détruire le vaisseau en refusant tous catégoriquement d'exercer la violence contre autrui. Mais ça aurait plutôt tendance à prouver par l'absurde que non-seulement le politique est à la fois nécessaire (il ré-apparaît continuellement dans la société qu'il organise), mais il est aussi utile à la survie* de la société. Cette utilité semble une raison supplémentaire pour comprendre pourquoi il y a du politique dans toute société. *ça serait intéressant d'étudier le rapport du politique à la survie. A première vue il semble avoir au moins deux aspects: -fonction de coercition contre les comportements menaçant pour la société (ce qui rend possible l'ordre public et par suite les autres activités, économie, art, culture, etc.). -fonction d'organisation de la communauté contre les agressions extérieures (ce qui englobe ce qu'on appellerait de nos jours la défense nationale, mais ne s'y réduit pas). -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Une autre objection qui me vient à l'esprit est que dans anarcho-capitalisme, il y a capitalisme, et on pourrait soutenir que l'Etat est une condition de possibilité du capitalisme (et peut-être plus précisément du salariat). Les formes pré-étatiques de communautés politiques ne semblent guère avoir connu le capitalisme, mais plutôt le communisme, le don-contre don, l'esclavagisme ou le féodalisme, le servage, l'autarcie villageoise, etc. Le marché, soit n'existait pas, soit ne régissait qu'une part non-majoritaire de la vie économique et sociale. Mais c'est une objection moins fondamentale que les autres. Elle n'est probablement valable que de façon probabiliste ("plus de chance d'avoir du capitalisme si Etat"). -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
La question exacte serait plutôt la possibilité de l'existence d'une licorne. Il existe bien sûr une objection à ce que j'ai exposé. Il s'agit de dire qu'on ne peut pas déduire du fait qu'une chose n'a jamais existé ou ne s'est encore produite la certitude qu'elle soit impossible*. Une telle affirmation est évidente s'agissant de l'évolution technologique. Ce n'est d'ailleurs pas une coïncidence si @Rübezahl évoque le progrès technique pour mettre en doute le caractère naturel du politique. Le problème de cette approche est qu'elle est en fait démiurgique. Elle consiste tendanciellement à nier qu'il existe des essences, une nature humaine, voire une nature tout court. C'est le même genre d'approche qui consiste à dire qu'avec les progrès de l'informatique, la planification communiste finira par marcher le prochain coup. *On ne peut tirer de cette objection sceptique qu'une limite déjà incluse dans l'ontologie freundienne, à savoir que le politique n'existe qu'aussi longtemps qu'il y de l'humain (pas avant, pas après. Les "essences" de Freund sont d'un genre spécial vu qu'elle ne sont pas éternelles). Supposons que le devenir-cyborg de l'humanité nous rendent tous complètement égaux et rendent nos chances de mourir insignifiantes, ça pourrait éventuellement* mettre un terme à la relation du commandement et de l'obéissance et donc au politique. Mais ce qui existera alors ne sera plus humain, quelque soit les ressemblances morphologiques ou autres qu'on puisse encore trouver. *Je fais grâce de toutes les motifs d'obéir qui ne découle pas de l'inégalité fondamentale des individus. On comprend beaucoup mieux la chose en imaginant un dieu qui ne se soucierait pas de contrôler ou de vivre avec l'humanité. La relation entre ce dieu et nous ne serait pas politique parce qu'aucune relation d'obéissance politique ne pourrait s'établir d'un côté ou de l'autre. Par ailleurs le dieu, comme le dit Aristote, ne vit pas dans une cité ; il n'a donc pas besoin de participer à une entreprise de défense vis--à-vis des autres communautés politiques (relation de l'ami et de l'ennemi). -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Si le fondement de l'obéissance est la force (la violence n'étant que son usage pour tuer ou contraindre), ce n'est en effet pas de l'autorité, mais du pouvoir (éventuellement pouvoir politique). En revanche @Bisounours a raison de souligner que tes exemples mélangent des choses hétérogènes ; plus exactement tu mélanges autorité et persuasion (le prestige du scientifique repose ou du philosophe ou du médecin repose sur la seconde, me semble-t-il ; alors que celui de prêtre ou du professeur semble plutôt institutionnel et non égalitaire): "Puisque l'autorité requiert toujours l'obéissance, on la prend souvent pour une forme de pouvoir ou de violence. Pourtant l'autorité exclut l'usage de moyens extérieurs de coercition ; là où la force est employée, l'autorité proprement dite a échoué. L'autorité, d'autre part, est incompatible avec la persuasion qui présuppose l'égalité et opère par un processus d'argumentation. Là où on a recours à des arguments, l'autorité est laissée de côté. Face à l'ordre égalitaire de la persuasion, se tient l'ordre autoritaire, qui est toujours hiérarchique. S'il faut vraiment définir l'autorité, alors ce doit être en l'opposant à la fois à la contrainte par force et à la persuasion par arguments. (La relation autoritaire entre celui qui commande et celui qui obéit ne repose ni sur une raison commune, ni sur le pouvoir de celui qui commande ; ce qu'ils ont en commun, c'est la hiérarchie elle-même, dont chacun reconnaît la justesse et la légitimité, et où tous deux ont d'avance leur place fixée)." (cf: Hannah Arendt, Qu'est-ce que l'autorité ?, in La Crise de la Culture. Huit exercices de pensée politique, 1961, repris dans Hannah Arendt. L'Humaine Condition, Gallimard, coll. Quarto, 2012, 1050 pages, p.672-673) Il faut quand même dire que personne ici n'a nié la nécessité ou la pertinence de l'autorité ; la discussion portait sur la valeur d'une société sans Etat et ultimement sans politique. Le pouvoir politique n'est pas de l'autorité puisqu'il repose par définition sur la coercition. Ce qui ne veut pas dire que la détention du pouvoir ne puisse pas conférer une autorité à son détenteur, mais c'est un fait contingent. Freund insiste d'ailleurs sur le fait que l'obéissance politique n'implique aucunement que "ceux qui sont commandés" (comme dirait Aristote) estiment dans leur for intérieur que les décisions sont bonnes ou même que le régime est légitime. L'obéissance politique n'est pas nature qu'une obéissance externe, car la force n'est pas assez forte pour remporter l'adhésion. (Spinoza en tirait la conclusion que la liberté de conscience est un droit naturel, ce qui veut simplement dire que chez lui, puisque le pouvoir politique ne peut pas forcer les consciences, il est insensé de sa part de s'y efforcer en persécutant les opinions divergentes). -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Sans doute parce que la notion de contrat suppose le consentement. Si les autres créent un Etat et que je suis sous l'emprise de leurs décisions, je n'ai pas pour autant signer un contrat. Le contractualisme est une manière complètement erroné de comprendre les obligations à l’œuvre dans la société. Rappelons par exemple que pour Hobbes - Locke - Rousseau, on ne peut pas résilier le contrat social. L’appellation de contrat est donc complètement trompeuse. -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Le constructivisme est une politique (en un sens très général). L'existence du politique n'entraîne pas celle du constructivisme (c'est une condition nécessaire mais pas suffisante). Le fait que certains commandent n'entraîne par soi aucun contenu déterminé en vue duquel les autres sont commandés. C'est la raison pour laquelle la liberté n'est pas utopique. De manière analogique, l'économique (pour prendre une autre essence analysée par Freund dans un autre livre) -c'est-à-dire le fait que l'homme est par nature amené à s'organiser pour produire et échanger- ne prédétermine par le fait que telle économie historique soit capitaliste ou communiste. La seule chose certaine est que l'essence dure aussi longtemps que l'humain lui-même. -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Freund consacre de longues passages aux phénomènes de désobéissances. On peut bien sûr toujours désobéir, mais il s'ensuit des sanctions. Le phénomène brut fondamental, c'est que certains sont plus forts que d'autres ; l'inégalité, la hiérarchie, est un fait suffisant pour expliquer pourquoi toute société est politique. Ensuite le fait que certains soient crus plus forts (et obéit en quelque sorte à tort) ou qu'ils soient obéit pour d'autres raisons que l'instinct de conservation, ne fait que renforcer la relation du commandement et de l'obéissance, mais ce n'est pas le fondement ultime du phénomène, à mon avis. Ci-dessous quelques remarques utiles de Simonnot: -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
1): Ce que tu décris dans ce passage relève de la politique et non du politique ; ce n'est pas de ça dont je parle. 2): Là il faudrait que je cite des pages entières de J. Freund. Il définit le politique comme une essence, une dimension de la nature humaine. C'est l'activité qui a la société pour objet et lui donne la sécurité extérieure et l'ordre intérieur. [Il ne faut pas entendre activité au sens de quelque chose de choisi ou de volontaire, car le politique n'est pas contingent -à la différence de toute politique, régime ou institution politique particulière. C'est une activité au sens où un être sensible est "actif" en tant que sentant -mais il n'y a pas de choix là-dedans] « Toute essence, parce qu’elle n’est pas une entité abstraite, apparaît aux hommes d’une époque comme liée à une forme particulière, mais cette forme particulière ou la somme de toutes les formes possibles ne suffisent pas à la déterminer dans toute sa réalité. L’essence de l’économique par exemple ne se réduit pas à la libre entreprise ou au dirigisme. La disparition de la démocratie n’interrompt pas l’activité politique, pas plus que le déclin du romantisme n’a entraîné la suppression de l’activité artistique. Il est enfin d’autres concepts qui définissent nécessairement, invariablement et immuablement une essence au sens où leur dissolution entraînerait l’abolition de l’essence elle-même. […] Si nous supprimons par exemple la relation de commandement et d’obéissance, nous supprimons la politique. » (Julien Freund, L’Essence du politique, Dalloz, 2004 (1965 pour la première édition), 867 pages, p.84) Le politique a trois présupposés (conditions): la relation du commandement et de l'obéissance, de l'ami et de l'ennemi, du privé et du public. Il y a du politique parce que dans une société, certains commandent et d'autres obéissent (le chapitre sur ce présupposé différencie l'obéissance politique de formes non politiques d'obéissance, je n’approfondis pas). Freund écrit quelque part que les motifs à l'origine de cette relation (par exemple du côté de l'obéissance: peur, amour, cupidité, légitimités wébériennes, etc.) sont parfaitement secondaires par rapport à l'existence de cette relation elle-même. J'ajoute pour ma part que s'il est peut-être vrai que "Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir" (Contrat social), au point de départ au moins, la direction politique de la société est assurée par la "coalition des plus forts" (c'est le terme que Simonnot utilise pour définir l'Etat, il est en tout cas utile de le garder à l'esprit pour comprendre le motif psychologique principal qui explique le présupposé de base du politique). Et le fait même qu'il y ait inégalité dans l'aptitude à tuer découle du fait naturel que les hommes sont inégaux (ou que les individus sont différents, pour employer des termes moins désagréables). [Bref, pour comprendre pourquoi il y a du politique et par suite de l'étatique, il ne faut pas admettre le postulat égalitaire de l'anthropologie de Hobbes. De surcroît Hobbes est obligé de postuler une victoire de la raison pour expliquer la formation de la société, alors que l'approche non-contractualiste n'a pas besoin d'accorder une importance particulière à la rationalité. Ce n'est sans doute pas un hasard si Nietzsche rejetait la fiction contractualiste] 3): Je n'ai pas encore parler de l'objection qui consiste à dire que si on remplace l'Etat par des polices concurrentielles, elles n'auront ni les moyens ni même probablement intérêt (financièrement parlant) à se dresser contre une armée étrangère. On rejoint un peu les railleries de Machiavel contre le recours aux mercenaires. En bref, le territoire anarcho-capitaliste ne sera pas durablement défendable ; dans le meilleur des cas il sera dénué de souveraineté et deviendra un client d'un Etat puissant qui lui extorquera un tribut. -
Une droite sociale Monsieur ! La gauche n'a pas le monopole du coeur de vos sous. Je rappelle qu'ils se félicitaient de la mise en place du salaire minimum en 1950: http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/02/11/26010-20150211ARTFIG00069-la-creation-de-l-ancetre-du-smic-dans-les-archives-du-figaro.php
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Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
1): Les agents rationnels peut-être, mais il suffit que des agents non-rationnels mais suffisamment efficaces veuillent imposer leur domination pour qu'il y arrivent. A la limite, ils y arriveront d'autant plus facilement qu'ils ne se soucient pas de leur auto-conservation, à la différence de leurs sujets (cf la dialectique du maître et de l'esclave). Mon objection fondamentale à l'anarcho-capitalisme* est l'existence du politique, qui repose elle-même sur le fait que les hommes ne sont pas égaux en capacités, pas également aptes à s'entretuer ( @Tramp avait l'air de dire le contraire), ce qui conduit le groupe dominé à obéir en échange de sa survie. Donc: "Il est juste que ce qui est juste soit suivi ; il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi." (Pascal). *Mais la même objection vaut contre l'anarcho-communisme et le marxisme, ou tout autre utopisme qui considérait le politique comme agaçant mais contingent (telle la rareté dans le marxisme). 2): Autrement dit la persistance de la liberté dépendent du fait que ceux qui la veulent soient plus puissants que ceux qui ne la veulent pas ; ou encore que les plus puissants soient aussi des sages. On ne voit pas très bien pourquoi ces organisations de sécurité auraient à craindre les citoyens lambdas. Après tout, elles semblent plus aptes à tuer que ces derniers. N'est-ce-pas pour ça qu'ils sont prêts à payer pour être protéger ? Par conséquent, l'une de ses organisations peut peut-être redouter le reste du peuple pris ensemble, mais l'ensemble de ces organisations n'a probablement pas grand-chose à redouter du peuple, quand bien même une bonne partie serait armée et décidée à se défendre. Car la puissance d'une force armée ne dépend pas simplement de son matériel ou du nombre, mais aussi de sa cohésion interne, qui est par définition plus grande dans une organisation que dans une foule. Pour qu'une société anarcho-capitaliste perdure, il faut donc que l'équilibre des forces entre chaque organisation de sécurité soit maintenu. Si ce n'était pas le cas, l'une ou l'autre aurait avant longtemps les moyens de se constituer en monopole. Or le maintien de cet équilibre dépend en dernière analyse du bon plaisir (ou de la vertu) de la majorité des membres de ces organisations. Il leur faudrait accepter de ne pas se concurrencer réellement (au risque d'éliminer certains d'entre eux et de rompre l'équilibre en amorçant un processus de concentration), dans une société justement fondée sur la concurrence et la réussite. Ce qui semble en effet "idéal", pour ne pas dire irréaliste. De surcroît, une fois le processus de concentration enclenchée, le groupe ascendant à des chances croissantes de l'emporter sur ses adversaires (par exemple ceux qui voudraient revenir à une anarchie concurrentielle), à cause des économies d'échelle. Wikiberal affirme d'ailleurs que certains libéraux ont érigés ces dernières en argument "utilitariste" pour défendre l'Etat. Toujours est-il qu'il semble assez facile de sortir de l'état anarcho-capitaliste (si tant est qu'il puisse exister), alors que le processus inverse reste mystérieux. Ce qui colle avec les réalités empiriques. -
Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
A moins qu'il existe quelque chose comme une "taille critique" au-delà duquel un Etat devient dysfonctionnel et ne peut plus s'étendre, expliquant pourquoi l'humanité n'a jamais été unifié politiquement et ne le sera sans doute jamais. L'étude de la chute des empires pourrait apporter des précisions là-dessus. Note que je ne dis pas que l'Etat est nécessaire*. Seulement qu'il est moins mauvais, préférable à la lutte armée entre groupes tendant à constituer l'Etat. *Sauf à réduire l'Etat au politique, auquel cas je pense bien que le politique est nécessaire (inéluctable). -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Possible mais ça n'est pas du socialisme. -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Il prône l'association du capital et du travail moins l'Etat ; pas la socialisation des moyens de production. Il est anarcho-capitaliste. -
anarcapisme et développement
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Mégille dans Politique, droit et questions de société
1): Il y a une différence entre dire qu"aucune forme d'organisation ne peut tenir sans un minimum de vertu et de bonté", ce qui me semble valable, et le système que tu proposes, où la vertu est la seule véritable cause de la paix civile. Parce que là tes citoyens virtuels peuvent arbitrairement ne pas suivre les jugements juridiques, sans subir aucune contrainte externe. Tu prônes donc une société où les individus n'obéissent au fond qu'à eux-mêmes* (dans le meilleur des cas: à leur bonté innée), c'est-à-dire une société non-politique, anarchique. Ce qui est utopique. *directement. Pas indirectement selon la fiction du contractualisme de Rousseau. 2): Ce qui est quand même le plus probable, pour toutes sortes de raisons dont le "oh, truc d'intello !" n'est pas la moindre. Il n'y a même pas besoin que tous le monde ignore ces "sages" avis pour que ta société idéale soit livrée à l'anarchie ; il suffit que ce soit le cas de la majorité ou même d'une minorité décidée. Laquelle se constituera in fine en Etat. -
anarcapisme et développement
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Mégille dans Politique, droit et questions de société
1): Les notions de guerre (civile) et de paix (civile) sont corrélatives. Dire que la pluralité des communautés politiques est une "guerre civile prolongée" revient à dire que l'Etat mondial est la situation normale*. Or il est très improbable (euphémisme) qu'il soit seulement possible. *Ce qui est pousser le kantisme assez loin... 2): Tes juges ont-ils des forces armées pour faire respecter leurs décisions -le cas échéant réduire des groupes violents / partis révolutionnaire ? Si oui, ils exercent de facto les autres pouvoirs (au moins la fonction exécutive) et sont un Etat. Si non, ils seront balayés tôt ou tard. 3): Monstre ! 4): +1, ce serait cool. -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Oui alors pour le coup ça fait libéral-libertaire cette apologie de l'hédonisme (enfin Bellegarrigue est anarcap mais c'est l'idée). Je n'ai pas souvenir d'avoir lu ça dans le Manifeste de l'Anarchie, ça vient d'où ? -
anarcapisme et développement
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Mégille dans Politique, droit et questions de société
L'état de nature de Hobbes, entre autres pitreries, repose sur un postulat égalitaire invraisemblable ("tous les hommes sont également aptes à tuer leur semblable"). Alors que dans le monde réel, l'alternative n'est pas entre Etat ou guerre de tous contre tous, mais entre Etat et guerre entre bandes armées concurrentes (soit la féodalité).
