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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Y a pas à dire, Hegel est passé à côté d'une carrière d'artiste: « La confiance dans les lois éternelles des dieux s’est tue, tout aussi bien que les oracles qui faisaient savoir le particulier. Les statues sont maintenant des cadavres dont a fui l’âme vivifiante, de même que l’hymne n’est plus qu’une suite de mots dont toute croyance s’est enfuie. Les tables des banquets des dieux sont vides de breuvages et de nourriture spirituelle et la conscience ne voit plus revenir, dans les fêtes et les jeux, la joyeuse unité de soi avec l’essence. Il manque aux forces des Muses la force de l’esprit, pour qui a surgi de l’écrasement des dieux et des hommes la certitude de soi-même. Ils sont donc désormais ce qu’ils sont pour nous, de beaux fruits arrachés de l’arbre, un destin amical nous en a fait l’offrande comme une jeune fille sait le faire de ces fruits ; il n’y a ni la vie effective de leur existence, ni l’arbre qui les a portés, ni la terre, ni les éléments qui ont constitué leur substance, ni le climat qui a défini leur déterminité, ni encore l’alternance des saisons qui dominaient le processus de leur devenir. – Ainsi donc, le destin ne nous donne pas en même temps que ces œuvres le monde de cet art, le printemps et l’été de la vie soucieuse des bonnes mœurs et de la coutume dans laquelle elles ont fleuri et mûri, mais uniquement le souvenir voilé de cette effectivité. C’est pourquoi ce que nous faisons en jouissant d’elles n’est pas une activité de service divin par laquelle adviendrait à notre conscience la vérité parfaite qui est la sienne et qui la comblerait, mais c’est une activité extérieure, celle qui, par exemple, essuie les gouttes de pluie ou la fine poussière déposées sur ces fruits, et qui à la place des éléments intérieurs de l’effectivité environnante, productrice et spiritualisante du souci des bonnes mœurs, dresse le vaste échafaudage des éléments morts de leur existence extérieure, du langage, de l’historique, etc., non pour y engager sa vie, mais uniquement pour se les représenter en soi-même. Mais de même que la jeune fille qui tend ces fruits cueillis est davantage que toute la nature de ceux-ci étalée dans leurs conditions et éléments, l’arbre, l’air, la lumière, etc., qui les offrait immédiatement, dès lors qu’elle rassemble tout cela de manière supérieure dans le rayon de son regard conscient de soi et du geste d’offrande, de même l’esprit du destin qui nous présente ces œuvres d’art est plus que la vie éthique et que l’effectivité de ce peuple, car il est le souvenir et l’intériorisation de l’esprit encore extériorisé en elles – il est l’esprit du destin tragique qui rassemble tous ces dieux individuels et ces attributs de la substance dans le Panthéon unique, dans l’esprit conscient de soi en tant qu’esprit. » -G.W.F Hegel, Phénoménologie de l’Esprit, Paris, Aubier, Bibliothèque philosophique, trad. J.P. Lefebvre (modifiée), 1991, pp. 489-490.
  2. Si "la" droite avait une doctrine économique, ça se saurait. "Les libéraux sont "ailleurs" et il est erroné de les situer à droite ou à gauche." -Pascal Salin, Libéralisme, éditions Odile Jacob, 2000, 506 pages, p.19.
  3. La vulgate bourdieusienne c'est des constats basiques qu'un militant marxiste de base pouvait faire avec un siècle d'avance (et dans une langue moins absconte). C'est dire si ça réinvente l'eau tiède. « Dans les sociétés humaines, les combattants pour la vie sont dans des conditions d’inégalité étrangères à leur nature, les uns reçoivent une instruction dont les autres sont privés, les uns profitent des capitaux dont les autres sont dépourvus. Dès lors, le résultat de la lutte n’indique pas celui qui est réellement le meilleur, mais celui qui est socialement le mieux armé. » -Gabriel Deville, Aperçu sur le socialisme scientifique, 1883. Sinon, comment as-tu découvert le libéralisme ?
  4. "L’article affirme à juste titre que le marxisme était une idéologie qui « consistait essentiellement à retirer aux gens leur pouvoir et leurs moyens d’actions individuels pour les confier à l’État ». Mais l’idéologie qui domine les « europeistes » actuels, les technocrates dits « sociaux-libéraux », quelle est-elle d’autre que celle-là, même si c’est par des moyens différents ? Le déplacement de Juncker devient beaucoup moins mystérieux dès qu’on le voit sous cet angle." (cf: https://www.contrepoints.org/2018/05/10/315778-quand-juncker-commemore-le-totalitarisme-marxiste )
  5. Hum, moi j'y suis encore, ou du moins ça devrait être le cas si les gauchistes (enseignants inclus) n'avaient pas pris le contrôle du secteur. Y a quand même de bons côtés. A la BU tu peux trouver des ouvrages libéraux, Locke, Holbach, le bouquin d'Alain Laurent sur Rand et même des choses plus exotiques.
  6. Tout à fait superflu d'expliquer, je présume, que la loi (ici sa transgression) est par définition politique, et que par suite la distinction du privé et du public renvoi moins à des lieux physiques qu'à des types de comportements, des finalités spécifiques, etc. Que la différence puisse être brouillé par une politisation croissance (maximale en contexte totalitaire) ne rend pas cela souhaitable. De surcroît il ne faut pas confondre morale privé et morale publique, comme dirait Machiavel.
  7. Ouai mais osef. Le privé n'est pas politique. De surcroît Marx n'essayait pas de gagner aux élections ou de prendre le pouvoir. "L'émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes", etc (pas la même approche politique que Lénine, c'est sûr).
  8. Tu serais surpris. D'ailleurs moi aussi je suis surpris: https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Moorcock#Michael_Moorcock_et_le_féminisme A une époque j'ai lu à peu près tous les écrits de Luxembourg. Sauf son bouquin sur L'Accumulation du capital où elle critique Marx ; totalement au-delà de mes compétences.
  9. Keynes est protectionniste et interventionniste, aucune incompatibilité là-dedans. Et certains de ses propos ne seraient pas reniés par les anti-capitalistes pur et dur: "The decadent international but individualistic capitalism, in the hands of which we found ourselves after the War, is not a success. It is not intelligent, it is not beautiful, it is not just, it is not virtuous - and it doesn't deliver the goods. In short, we dislike it and we are beginning to despise it." (National Self-Sufficiency , 1933).
  10. Keynes n'est pas marxiste (ni en politique, ni dans sa pensée théorique), il accepte la démocratie, etc. Par contre il me semble que le qualifier de "gauchiste" (liberal) et d'antilibéral n'est pas infidèle à la réalité: « [En 1920], après avoir étudié en détail la situation économique de l’URSS, et avoir rencontré et apprécié son ministre des Affaires étrangères, Tchitcherine, il écrit : Une extraordinaire expérience de socialisme est en cours. D’après moi, il pourrait y avoir des bases sociales sur lesquelles construire des ponts. On ne met pas des gants au moment des révolutions, particulièrement en Russie. Mais n’avoir que du dégoût ou de l’indignation morale, sans même la curiosité de vouloir découvrir les faits, n’est jamais la réaction approprié à un grand événement historique. […] En 1925, Keynes et Lydia Lopokova font leur voyage de noces en URSS, où la famille de Lydia habite Petrograd. Keynes est aussi invité à représenter l’université de Cambridge au bicentenaire de l’Académie des sciences de l’URSS. Il prononce à cette occassion un discours dans lequel il décrit les contours de son nouveau libéralisme et reconnaît comme un aspect très positif au bolchevisme le fait d’avoir aboli l’amour de l’argent comme moteur de l’action humaine : « Nous, en Occident, allons observer ce que vous faites avec sympathie, dans l’espoir que nous pouvons trouver quelque chose à apprendre de vous. ». » -Gilles Dostaler, Keynes et ses combats, Albin Michel, 2005. (et il n'est pas pro-marché. Il est devenu protectionniste vers 1930: "Le 7 mars 1931 paraissait un article qui a mis fin, pour plusieurs générations peut-être, à une période qu'Adam Smith avait ouverte en 1776. Keynes s'était toujours demandé s'il était vraiment un libéral. Mais il comptait dans l’état-major de ce parti maintenant sans troupes, parmi les adversaires les plus vigoureux des remèdes protectionnistes. […] En 1931, son prestige était suffisant pour faire pencher la balance. Et, pour beaucoup de libéraux, attachés au libre-échange comme au dernier symbole de leurs convictions, sa conversion dut être une véritable tragédie. » -Étienne Mantoux, “La «Théorie générale» de M. Keynes.”, Pari, Librairie Sirey, Revue d’économie politique, vol. 51, n° 6, novembre-décembre 1937, pp. 1559-1590.). Comme disait Mises, le vrai succès du socialisme se mesure à son influence sur ceux qui croient ne pas être socialiste
  11. Ne pas confondre politique et science. Ensuite, sur le terrain de la science, il n'y a pas que les courants théoriques "pro-marché" qui trouvent que Marx n'a rien compris à l'économie. « Mépris de Keynes pour le marxisme, doctrine qu’il jugeait « non seulement scientifiquement erronée, mais sans intérêt ni applications dans le monde moderne ». » -Jacques Lecaillon, Marx et Keynes devant la pensée économique contemporaine (1), Revue économique, Année 1950, 1-1 pp. 72-87, p.73.
  12. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait un apport positif de Marx en économie (en sociologie et en histoire, oui, un peu, surtout par rapport à la manière dont on pensait avant. Mais dès le début du 20ème siècle il me semble que les sciences sociales avaient intégré ce que la pensée matérialiste de Marx pouvait avoir d'utile*, sans valider pour autant son schématisme -détermination infra-structurel, sens de l'histoire, etc.). *Marx a un concept original des classes sociales, mais il n'invente ni le mot ni le concept. Pareil pour l'idée qu'il y a des "stades" historiques, elle existe déjà chez les Lumières écossaises du siècle précédent. J'ai pas encore assez étudié les historiens du 19ème pour mesurer si on peut vraiment parler d'un progrès scientifique avec le matérialisme historique. Il y a quand même de grosses erreurs / présupposés gratuits dedans (cf mon post en page précédente). **« Est-il utile de souligner que Durkheim comme Weber ont en grande partie pensé leurs œuvres pour faire pièce à Marx dans le champ du social ? » -Bruno Pequignot, A propos de quelques sociologues et de la sociologie, Linx, Année 1980, Volume 1, Numéro 1, pp. 107-126.
  13. Pour être tout à fait juste, avant 1878 et la rupture avec Wagner et les Wagnériens, on ne peut pas dire que Nietzsche se soit scandalisé de l'antisémitisme de Wagner. On trouve même des insinuations assez suspectes et pénibles et qui sonnent très volkïsh (que Nietzsche conspuera explicitement par la suite): "Conception du monde libérale et optimiste dont la doctrine remonte à la philosophie des Lumières et à la Révolution française, c’est-à-dire à une philosophie non métaphysique, purement plate et latine, absolument non germanique. Je ne peux pas m’empêcher de voir avant tout dans le mouvement actuellement dominant des nationalités et dans l’extension du suffrage universel qui l’accompagne, les effets de la peur de la guerre et, à l’arrière-plan de ces mouvements, d’apercevoir les vrais poltrons, les ermites de la finance, véritablement apatrides et cosmopolites, qui par manque d’instinct de l’Etat ont appris à faire de la politique l’instrument de la Bourse et à utiliser abusivement l’appareil étatique et la société comme moyens de s’enrichir. Contre cette déviation — redoutable de ce point de vue — de l’instinct d’Etat en instinct financier, il n’y a d’autre parade que la guerre et encore la guerre. Dans l’excitation guerrière, il apparaît à tout le moins évident que l’Etat n’est pas fondé sur la peur du démon de la guerre comme une institution qui protégerait les intérêts égoïstes des individus ; en revanche, dans l’amour du prince et de la patrie, l’Etat tire de lui-même un élan éthique qui révèle une destination bien plus élevée*." -Friedrich Nietzsche, L'état chez les Grecs, In Cinq préfaces à cinq livres qui n’ont pas été écrits, Opc, Ecrits posthumes, 1870-1873, tome 1**, nrf, Gallimard, 1975, Traduction de Michel Haar et Marc B. De Launay. *soit dit en passant, Hegel aurait pu écrire cette dernière phrase. C'est le reste de jacobinisme de Hegel: la guerre est régénératrice.
  14. Fabry pense que sans Marx, l'histoire aurait eu globalement le même cours: http://www.historionomie.com/archives/2018/05/06/36381922.html Ce qui est sûr c'est qui si Marx est probablement le plus remarquable penseur socialiste, au XIXème siècle il y en a des dizaines d'autres bien plus connus (en particulier Proudhon), avant la parution du tome 1 du Capital et jusqu'à sa mort pratiquement personne ne connaît Marx en Europe. Les premiers marxistes français (les guesdistes) ne représentent qu'une partie du socialisme français à la fin du 19ème. La social-démocratie européenne s'oriente globalement vers le réformisme démocratique, au grand dam des révolutionnaires comme les syndicalistes révolutionnaires. Dès les années 1890-1900 Jaurès en France, Bernstein en Allemagne, expliquent que Marx est dépassé, que le capitalisme ne va pas s'effondrer dans un futur prévisible. On parle de crise du marxisme dès les années 1900. S'il n'y avait pas eu la guerre de 14 et la révolution bolchevik, je force le trait mais je pense qu'on aurait oublié Marx depuis.
  15. On pourrait avoir le même débat nul pour Schopenhauer, et bizarrement ça n'intéresse pas grand-monde. Je suis tenté de penser que ceux que agitent le "pré-nazisme" de Nietzsche ont en fait une arrière-pensée hostile envers Nietzsche tout court (coucou René Girard). On dénonce à raison les éloges nietzschéens de la guerre, mais on trouve la même chose (en moins lyrique) chez Hegel. Est-ce que pour autant Hegel est "pré-totalitaire" (Karl Popper) ? Bien sûr que non, c'est idiot. Sinon Nietzsche a influencé tellement de trucs contradictoires qu'essayer de déterminer le sens de son œuvre par sa réception marche encore moins bien que d'habitude. Il a des "nietzschéens" fascistes, mais il y a des "nietzschéens" pas du tout fascistes (Camus), des résistants (Saint-Exupéry), des "nietzschéens" anarchistes (ex: Renzo Novatore), et même marxistes (les insensés o_o). Il y a même des libéraux qui lisent Nietzsche: http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/article-pourquoi-un-liberal-lit-il-nietzsche-romantisme-philosophie-critique-et-politique-100149601.html Symétriquement, l'autre escroquerie en bande organisée, c'est le nietzschéisme libertaire: « Troisième malchance de Nietzsche : avoir été récupéré par la gauche française ! (Rires.) Certains intellectuels progressistes ont en effet également aménagé un Nietzsche à la mesure de leurs fantasmes. Après l’épouvantable Nietzsche de droite, les philosophes français (Klossowski, Foucault, Deleuze, Derrida et d’autres) ont fabriqué un Nietzsche révolutionnaire de gauche complètement insensé. » -Clément Rosset, Entretien avec Aude Lancelin et Marie Lemonnier, L’Obs, 23 juillet 2015. Le jour où on comprendra que Nietzsche s'inscrit dans une droite antimoderne, "archaïque" (éloge de Frédéric de Hohenstaufen) et par-là opposée à un Etat "fort" centralisé (pas comme la Révolution conservatrice donc), on aura fait un grand pas. On peut reprocher plein de choses à de Benoist et la Nouvelle droite mais au moins ils n'ont pas une lecture fantasmagorique de Nietzsche.
  16. Voilà, par exemple. Et d'ailleurs dans la RC, que pensaient les "nietzschéens" Jünger ou Spengler ? Que le nazisme était un truc de prolétaires, un socialisme supplémentaire. Un mouvement très "matérialiste", très au ras des pâquerettes (social-darwinisme, racisme biologique, etc). Alors on objecte qu'il y a une récupération nazi de Nietzsche. A ce compte-là, les Grecs étaient-ils pré-nazi ? https://www.google.com/search?q=le+nazisme+et+l'antiquité&client=firefox-b&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjd7tndivjaAhXFWRQKHaCjCEUQ_AUICygC&biw=1366&bih=620#imgrc=fNdkVvzKTnCrOM:
  17. Oh non, pas encore ce débat pourri... Vu que ce sont les marxistes (Lukács, Domenico Losurdo) qui nous ont fait le coup du pré-nazisme de Nietzsche, je vais me limiter à citer des marxistes: "Le plus grand ennemi que la pensée des Lumières ait jamais connu est incontestablement Nietzsche. Sa figure formidable domine le tournant du XXème siècle. Pourtant, par son antinationalisme violent, par son anti-antisémitisme intense, par son cosmopolitisme sans faille, par son individualisme aristocratique, par sa francophilie, Nietzsche occupe une place à part." (Zeev Sternhell, Les anti-Lumières) « Si Nietzsche avait connu le nazisme, il l'aurait assurément détesté. » (Edith Fuchs, Entre Chiens et Loups. Dérives politiques dans la pensée allemande du XXème siècle). Voir aussi les lignes de conclusion d'Henri Guillemin, Regards sur Nietzsche, 1991. Que des auteurs éminemment critiques à l'endroit de Nietzsche (non sans raisons). J'ai encore d'autres pièces sous la main. Tiens, ce truc, là: « Nietzsche ne me mène pas loin et ne m'apporte pas grand-chose. Il est plus un artiste qu'un philosophe. Il ne possède pas cette clarté de cristal des raisonnements de Schopenhauer, cette limpidité d'intelligence. » -Adolf Hitler, cité dans Leni Riefensthal, Mémoires, traduction de l'allemand par Laurent Dispot, Paris, Grasset, 1987. Le seul philosophe dans la bibliothèque de tonton Adolf, c'était Fichte. Est-ce qu'on s'amuse à chercher le pré-nazisme de l'idéalisme allemand ? Bon.
  18. C'est un fake, pas vrai ? Personne ne peut être aussi caricatural, aussi involontairement parodique.
  19. Communiste même: http://hydre-les-cahiers.blogspot.fr/2016/11/christianisme-et-communisme.html?q=communisme Comme Platon
  20. Ceux qui essayent -les malheureux- de donner un contenu au mot de populisme expliquent souvent qu'il s'agit de monter les classes populaires contre les "élites" en prêtant aux premières un degré supérieur et inné de moralité, une "décence commune" comme dirait cette nullité qu'est Michéa. Idée qui est pourtant sans doute de tous les temps, et, dans les temps modernes, mieux nommée rousseauiste: "Suivant Robespierre et ses amis, les pauvres étant demeurés plus près de la nature, la vertu leur est plus facile qu'aux riches ; cette métaphysique singulière se retrouve encore souvent dans des livres contemporains." -Georges Sorel, La Décomposition du marxisme, 1re éd. Paris, Librairie de Pages libres, 1908.
  21. Je vais faire mon casse-pied mais "capitalisme" n'est pas un concept inventé par Marx (qui parle de capital ou de capitalistes) ; mais par : https://fr.wikipedia.org/wiki/Werner_Sombart Bon, vendre Margaret Thatcher ça va être dur hein Et je pense que tu te trompes, le ratio de femmes dans le mouvement socialiste / ouvrier / anarchiste est très bon, certainement supérieur au ratio de militantes / auteurs libérales. Et j'aimais bien lire Luxembourg quand j'étais marxiste libertaire.
  22. Non, même pas. Le marxisme (forme la plus rationaliste du socialisme), est mauvais, même lorsque anarcho-libertaire ou non-violent au niveau des méthodes. Il est mauvais parce que toutes les idées originales de Marx sont fausses (et les idées ont des conséquences, comme dirait l'autre). -la théorie de l'exploitation est fausse [critique autrichienne]. -L'idée du déterminisme économique en dernière instance ("matérialisme historique") est fausse [critique de Castoriadis, J. Freund, de François Athané* etc.]. De surcroît, combinée au rejet de la morale, elle pousse nombre d'esprit vers le relativisme moral [critique d'Émile Faquet, Henri de Man, parmi d'autres], donc potentiellement vers l'idée que la fin justifie les moyens. -l'idée que la classe qui contrôle les moyens de production contrôle la production culturelle est fausse (en tant que posée comme universelle. Localement ça peut marcher). -l'idée que la bourgeoisie est devenue une entrave aux forces productives est fausse. Pareil pour le soi-disant effondrement inéluctable du capitalisme. Pareil pour la théorie de la paupérisation absolue**. Pareil pour l'idée que le prolétariat devra par sa nature même se révolter [critique d'André Gorz] -l'idée que le socialisme sera un mode de production plus productif que le capitalisme est fausse (manque de bol, c'était un pré-requis à la thèse de Marx sur la disparition de l'Etat communiste-révolutionnaire ; cf critique de Robert Tremblay: http://hydra.forumactif.org/t2958-robert-tremblay-critique-de-la-theorie-marxiste-de-letat?highlight=Robert+Tremblay ). -toutes les descriptions de Marx sur ce que sera le communisme (abondance matérielle jusqu'à la disparition de la rareté, disparition de la division du travail jusqu'au plein épanouissement de toutes les facultés humaines, fin de l'Etat et du politique, disparition des nations dans une "communauté socialiste" mondiale) sont parfaitement utopiques et absurdes. En plus d'autres idées fausses non-spécialement marxistes (idéologie du progrès, etc.). * ** Critique jaurésienne de ce point
  23. Je ne compte plus le nombre de mini-articles "Pourquoi Marx est-il toujours pertinent ?" que j'ai lu. C'est toujours le même mantra d'idées de base. Jamais on ne va en tester la solidité ou la cohérence interne ; jamais on ne va essayer de les confronter à des problèmes actuels. Jamais on ne va s'interroger sur l'origine de maintes erreurs d'appréciations monumentales de Marx (du genre: "la révolution va éclater dans les pays industriels avancés de l'Europe de l'Ouest". Ou "les lois internes du capitalisme vont créer une masse impossible à intégrer de prolétaires miséreux"). On ferme les yeux sur tout au nom de l'idée fondamentale: "les riches le sont aux dépends des pauvres", idée qui prise isolément n'a rien de spécifiquement marxiste ou socialiste. A ce stade c'est un comportement sectaire. Si la prophétie apocalyptique n'était pas exacte, ce n'est pas la faute de la prophétie, c'est qu'on l'a mal interprété. Et d'ailleurs les pays socialistes n'étaient pas vraiment socialistes.
  24. Y a pas une FAQ sur Liborg ? On pourrait l'éplucher pour trouver matière à répondre aux objections habituelles.
  25. Moi j'ai un peu le même sentiment que @Mégille, manque d'esprit critique dû à un sujet trop ancien. Quand on me dit Chirac ça m'évoque de vagues souvenirs sympathiques de mon enfance, une sorte de vieux sage bienveillant et rieur:
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