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Johnathan R. Razorback

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Messages postés par Johnathan R. Razorback

  1. Il y a 1 heure, ttoinou a dit :

    @frigo Tu as lu le Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations du pote de Debord ?

    http://arikel.free.fr/aides/vaneigem/

     

    En dehors de quelques bons mots ou d'une ou deux observations intéressantes sur les guérillas, ça n'apporte pas grand-chose à la littérature situationniste.

     

    Debord, même s'il a passé beaucoup de temps à dire le contraire, était le théoricien et l'architecte de ce courant. Le Rapport sur la construction des situations de 1957 fixe la plupart des idées des situs, qui n'évolueront que peu ensuite, sinon dans le sens d'une politisation toujours plus accentuée.

     

    Pas encore lu le bouquin de Mauss.

  2. il y a 3 minutes, RayRhacer a dit :

    Oui, selon lui c'est la forme même du système scolaire qui encourage des élites antilibérales. En effet, le bon élève c'est celui qui répond aux conditions imposées par l'institution et le professeur et non pas celui qui répond aux attentes des autres - comme le fait un entrepreneur sur le marché. Les intellectuels sont donc habitués à un système hiérarchique qui rétribue chacun selon une norme imposée et non les préférences de chacun.

     

    Vu que c'est comme ça que fonctionne l'éducation depuis la nuit des temps (et que je ne vois pas d'alternative désirable), et compte tenu du fait que le degré d'antilibéralisme des sociétés varie au cours du temps, je suis fort sceptique sur la pertinence de cette explication.

  3. il y a 36 minutes, Wayto a dit :

    Ce que dit Nozick non ? 

     

    Je pensais plutôt à R. Boudon. Pas lu Nozick.

     

    Au fond ça me semble une idée de bon sens dès lors qu'on y réfléchit. Le marché peut financer bien des bêtises, mais financerait-il réellement des gugus comme celui cité par @RayRhacer ? Peut-être que oui, mais pas dans les proportions actuelles.

  4. il y a 5 minutes, Waren a dit :

     La religion est avant tout une affaire [...] complètement [...] irrationnelle.

     

    Corrigé.

     

    En l’occurrence le problème n'est pas qu'il soit croyant, mais l'incompatibilité entre son statut et l'expression de ses convictions. Problème surdéterminé par l'étatisation de différents secteurs.

     

    On peut aussi raisonnablement penser que si tous le personnel se retourne contre lui, il existe des raisons qui nous échappent.

  5. il y a 5 minutes, jubal a dit :

    Oui alors non ça marche pas du tout. Ça me semble au contraire créer plein de tensions et de conflits inutiles, qui n'existent pas la ou il n'y a pas ces règles étranges.

     

    La quasi-totalité des "conflits" (en fait, des procès) et des polémiques en la matière relèvent des institutions éducatives, ce qui rejoint ma remarque précédente sur le périmètre de l'Etat.

  6. il y a 11 minutes, jubal a dit :

    Oui mais pourquoi c'est un problème de montrer sa religion ? En quoi ça implique de pas être neutre ?

     

    C'est un principe du droit public français. L'autorité de l'Etat repose sur sa capacité à représenter l'intérêt général, légitimité qui pourrait être mise en cause si les administrés avaient le sentiment d'être soumis aux verdicts d'une faction politique ou religieuse plutôt que d'individus "neutres". En termes wébériens, l’État se dote par là d'une légitimité légale-rationnelle.

     

    Il y a certainement un présupposé psychologique derrière ce principe, mais l'idée que ça limite les conflits et augmente la confiance dans les institutions me semble vraisemblable.

    • Yea 1
  7. Encore un problème qui n'existerait pas avec des hôpitaux privés en concurrence...

     

    Les appartenances religieuses et politiques des fonctionnaires ne doivent en effet pas être manifestées dans l'exercice de leurs fonctions, afin d'assurer les citoyens de l'impartialité de l'Etat. Le problème est que l'Etat -et donc la neutralité du fonctionnariat- s'étend continuellement dans ce pays...

    • Yea 3
  8. Il y a 1 heure, L'affreux a dit :

    Qu'entends-tu par "amour" ? C'est un grand chapeau qui recouvre aussi la jalousie.

     

    Du moins chez les Jedis.

     

    En parlant d'amour et de Jedi, il y a un paradoxe amusant là-dessus:

     

    Étrangement, l'amour était sans doute le sentiment que les Jedi et les Sith évitaient le plus. Les Jedi préféraient élargir leur amour à tous, en étant bienfaisants, en se sacrifiant pour son prochain, en préservant chaque forme de vie plutôt que de le focaliser pour une seule personne. Pour les Sith, c'était la peur inverse : ils estimaient qu'en cédant à l'amour, ils permettraient à d'autres sentiments de s'engager dans la brèche et d'affaiblir peu à peu leur puissance en les éloignant du Côté Obscur.



      Ainsi, ironiquement, les Jedi pensaient que l'amour faisait passer un Jedi du Côté Lumineux au Côté Obscur tandis que les Sith croyaient l'inverse. L'exemple le plus évocateur reste le parcours tumultueux d'Anakin Skywalker, qui céda au Côté Obscur par l'amour qu'il portait à sa bien-aimée, mais revint finalement vers le Côté Lumineux par l'amour qu'il vouait à ses enfants.

    http://www.starwars-holonet.com/encyclopedie/force-2.html

  9. il y a 5 minutes, RayRhacer a dit :

    C'est fatal, le type lui-même ne comprend pas ce qu'il écrit.

     

    Il se comprend assez pour dire que l'économie n'est pas une science exacte, d'ailleurs on ne peut pas séparer faits et valeurs... C'est bien pratique, ça lui permet d'auto-justifier son militantisme gauchiste. Il se comprend assez pour s'en prendre aux "libéraux".

     

    On en revient toujours au même problème: L'antilibéralisme des neuf dixième des intellectuels s'explique principalement par leur terreur intime d'être un jour prochain mis sur le marché et soumis à ses verdicts.

    • Yea 2
    • Ancap 1
  10. il y a 22 minutes, RayRhacer a dit :

    (Je ne suis pas responsable des maladies contractées lors de la lecture de l'article :D)

     

    Le type n'est même pas capable d'écrire en français correct: "voie de la massification de l’ouvrier spécialisé pour installer la soumission réelle", kézako ?

     

    Putain de nihiliste: "Les théories sont des croyances, ayant faussement conscience, chacune à sa manière, de détenir la vérité scientifique quant à la pérennité ou aux limites de l’ordre économique établi, pris comme objet d’analyse."

  11. il y a 38 minutes, RayRhacer a dit :

    tu as les critiques hétérodoxes qui critiquent purement et simplement la répartition faite par le marché et qui prêche le socialisme

     

    D'autres pointent les externalités négatives, notamment dans le domaine environnemental, et en tire des argumentations pro-régulations. Il me semble que cette tendance-là est beaucoup plus commune que le militantisme socialiste ; en tout cas je lui vois plus d'avenir (le fait qu'un Mélenchon ait continuellement accru, entre 2012 et aujourd'hui, l'importance de l' "écologisme" dans sa rhétorique me confirme dans cette idée).

  12. Je lis mon cours en ligne d'économie, ça parle du problème de la coordination des préférences individuelles. Il me semble que presque tous les arguments pour ou contre le libéralisme gravitent autour de ce problème.

     

    Citation

    "La question principale qui se pose aux économistes est celle de la coordination. Elle se pose d'ailleurs d'autant plus qu'ils adoptent une démarche individualiste : si les individus prennent leurs décisions séparément les uns des autres et ne se préoccupent que de leur intérêt personnel, qu'est-ce qui garantit que ces décisions s'harmoniseront ? A priori rien : on peut même plutôt craindre le contraire, avec pour conséquence du chômage, des pénuries, des crises, etc., tous ces maux qui apparaissent comme la conséquence de défauts de coordination. Afin de les éviter, ne serait-il pas préférable de planifier l'activité économique, comme le pensait Marx ? Non, répondent les économistes du courant dominant, qui sont généralement favorables au libéralisme économique : sous certaines hypothèses, qu'il importera de préciser, le marché est la solution la plus efficace à tous les problèmes de coordination. Mankiw l'exprime de manière un peu plus mesurée dans son sixième principe :


    Les marchés sont une façon efficace d'organiser l'activité économique.

    C'est déjà ce qu'essayait de montrer Adam Smith dans La Richesse des Nations, avec des réserves toutefois, relativement importantes. L'échange permet aux individus de se spécialiser. Or, ils ont intérêt à se spécialiser car cela les rend plus efficaces, mais la division du travail qui en résulte les rend aussi plus dépendants les uns des autres : le boulanger dépend du boucher, qui dépend du cordonnier, etc. La dépendance n'est pas un problème en soi : dans la famille, les jeunes enfants dépendent de leurs parents, mais ces derniers se soucient, en général, de subvenir à leurs besoins. Elle devient en revanche un problème quand la division du travail s'étend à l'échelle régionale, nationale, puis internationale. Quand bien même nous le voudrions, remarque Smith, nous n'aurions pas le temps de nouer avec toutes les personnes dont nous dépendons, les relations amicales qui nous assureraient de leur bienveillance, et, par conséquent, de leur secours en cas de besoin ! Il vaut donc mieux, pour les amener à nous rendre service, en appeler à leur intérêt bien compris, donc avoir quelque chose à leur offrir en échange de ce que nous leur demandons. Smith pense que la société peut reposer sur l'échange de biens et de services entre individus, rendus dépendants par la division du travail, ce qui revient à dire qu'elle peut reposer sur le marché, qui est le lieu où s'effectuent tous ces échanges. Cette thèse n'est justifiée que si l'on parvient à démontrer que les mécanismes du marché - ce que Smith appelait la main invisible - garantissent l'harmonisation des choix individuels. C'est ce qu'essaieront de faire nombre de ses successeurs.

    De nos jours, une grande majorité d'économistes admettent que le marché est très souvent la moins mauvaise des solutions aux problèmes économiques. Pour le montrer il faut d'abord se convaincre que le fonctionnement du marché conduit, non pas au chaos, mais tend vers un équilibre, c'est-à-dire une situation dans laquelle personne n'est incité à modifier son choix. Ensuite, il faut s'assurer que cet équilibre est stable et efficace, soit qu'il n'existe pas d'autre situation dans laquelle la satisfaction d'un individu pourrait être améliorée sans pénaliser la satisfaction d'un autre. Cela n'exclut pas l'existence de défaillances (en anglais, market failures), donc l'échec de la main invisible, comme le montrent par exemple les embouteillages. Dans ce cas, l'intervention de l'Etat peut venir suppléer le marché pour aider les individus à se coordonner."

     

  13. il y a 22 minutes, Cthulhu a dit :

    Sa position sur la propriété intellectuelle. J'ai dans l'impression (je peux me tromper) que la position libertarienne moderne est "no IP" dans la lignée de Stephen Kinsella (que je n'ai pas lu). Il y a quoi à lire sur le sujet ? (historiquement et plus moderne).

     

    La propriété intellectuelle a été défendue par des philosophes non-libéraux comme Kant, Hegel ou l'anarchiste-individualiste Lysander Spooner. Du côté de ses défenseurs libéraux, on trouve Locke ou Ayn Rand.

    Voir par exemple: Adam Mossoff, Why Intellectual Property Rights? A Lockean Justification: http://www.libertylawsite.org/liberty-forum/why-intellectual-property-rights-a-lockean-justification/

     

    Du côté des opposants, outre Kinsella (How Intellectual Property Hampers the Free Market, The Freeman, June, Vol 61, n°5, 2011),  il y a une bonne critique de Tom G. Palmer (Are Patents and Copyrights morally justified?: The Philosophy of Property Rights and Ideal Objects): http://tomgpalmer.com/wp-content/uploads/papers/palmer-morallyjustified-harvard-v13n3.pdf

     

    (Il existe aussi une critique marxiste de la propriété intellectuelle, mais ce n'est pas passionnant ;) ).

  14. il y a une heure, Noob a dit :

    Moui, disons que pour le coup je préférerais une référence à la mode @Johnathan R. Razorback

     

    "Je suis pour ma part en tant que socialiste contre l'allongement de la vie. (...) L'euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figures. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c'est la liberté et la liberté fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société. Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui permettront d'éliminer la vie lorsqu'elle sera trop insupportable ou économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique courante. Je pense donc que l'euthanasie, qu’elle soit une valeur de liberté ou une marchandise, sera une des règles de la société future."

    -Jacques Attali, L'Avenir de la Vie, Michel Salomon, éd. Robert Laffont, 1981, p. 274.

     

    Quel paresseux tu fais, c'était juste ici ;) : https://fr.wikiquote.org/wiki/Jacques_Attali

     

    "Le pouvoir, c'est de disposer du temps des autres." -Attribué à Attali.

  15. il y a 2 minutes, kaleidoskop a dit :

    C'est supposer que les 85% du lectorat du " Figaro "  favorables à un flicage des chômeurs fait une distinction entre le chômeur lambda honnête qui cherche du boulot, et les faux chômeurs qui fraudent, en profitant des failles du système, et que l'on trouve, principalement, parmi les "racailles" issues de l'immigration ?

     

    Je n'ai pas compris ta question.

     

    (Immigration et traitement social du chômage étaient traités séparément dans mon message).

  16. il y a 42 minutes, kaleidoskop a dit :

    Êtes-vous surpris qu'un sondage du "Figaro" donne 85% de  favorables au flicage des chômeurs ?

     

    On parle d'un lectorat qui a voté Sarkozy il y a 10 ans, donc non. Le droiteux moyen est homme d'impuissance, il vote Sarkozy pour que le pouvoir tape symboliquement sur les "racailles" et mette en cause l'immigration, mais dans le discours, pas dans les faits (« Au vu des chiffres d'entrée sur le territoire, Sarkozy aura été le président le plus "immigrationniste". » -Christophe Guilluy, Le crépuscule de la France d'en haut, Flammarion, coll. Champs.actuel, 2017 (2014 pour la première édition), 250 pages, p.59).

     

    Symétriquement, il n'aime pas les "assistés" qui lui volent son argent (pour "profiter de la vie" ose dire Wauquiez), mais ça ne va pas se traduire par une critique radicale du welfarism, plutôt par l'envie que l'Etat contrôle encore plus ces "fainéants".

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