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Johnathan R. Razorback

Yabon Nonosse
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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. 1): Pour Régis Debray (Mai 68, une contre-révolution réussie, 1978) et Michel Clouscard (Néo-fascisme et idéologie du désir, 1973) (les suivants étant des copieurs généralement encore plus nuls et malhonnêtes), les mutations que j'ai indiqués sont consécutives d'une transformation du capitalisme. Je considère pour ma part que ça tient à des choix politiques largement autonomes (n'en déplaise aux souverainistes de gauche, le capitalisme n'a absolument pas besoin de la construction européenne pour se développer -suffit de voir la Suisse) et au déclin du marxisme qui a laissé de l'espace à gauche pour des idéologies encore plus vides de sens. On ne peut pas dire que l'analyse soit identique. Du reste, tu l'imputes à qui tu veux, ça ne consiste de toute façon pas un contre-argument sur la vérité mon interprétation des événements. 2): Y a certainement plus qu'une, compte-tenu de la complexité inouïe de l'événement d'une part, et de l'hétérogénéité des critiques d'autres part. Personnellement je ne suis pas un "contempteur" de 68, ça ne veut pas dire grand-chose de rejeter 68 en bloc, c'est un événement beaucoup trop confus. Aron, dans La Révolution introuvable, en fait une critique globalement négative qui me paraît tout à fait intéressante.
  2. Je n'ai plus le temps d'éditer, sinon j'aurais ajouter cette observation de Julien Freund, à méditer: "Si l'on tient à établir un lien entre l'univers des discours et la manière dont les gens interprètent leur expérience, il y a selon moi quelque chose de plus frappant qui mériterait d'être creusé ; c'est cette occupation obsessionnelle de nos media par la seconde guerre mondiale ; plus exactement par le nazisme. Vous ne pouvez pas vous en souvenir, mais dans les années cinquante, soixante, Hitler était pratiquement oublié. Nous vivions dans l'euphorie de la reconstruction et, notre actualité politique, c'était quoi ? La guerre froide et les conflits coloniaux, c'est-à-dire des évènements concomitants. Les communistes célébraient pieusement le mensonge de leurs 75 000 fusillés et les anciens de la Résistance se retrouvaient rituellement devant les monuments aux morts. C'était tout. Ce passé, pourtant proche, était en cours de banalisation. Rien d'ailleurs que de très ordinaire dans cette lente érosion ; c'est un critère de vitalité. Aujourd'hui, en revanche, ce passé fait l'objet de constants rappels incantatoires. Hitler est partout, accommodé à toutes les sauces. C'est le nouveau croquemitaine d'une société qui retombe en enfance et se récite des contes effrayants avec spectres, fantômes et golem..."
  3. Donc je résume ma thèse pour @Fagotto 1968: Rupture du compromis gaullo-communiste (pas pour la partie économique, on sait comment le communisme a progressé depuis). Attaques de toutes les institutions étatiques (rejet de l'école "bourgeoise" ; "CRS = SS", etc). Déligitimation de la Nation et des forces politiques incarnant ou prétendant incarner la France glorieuse (De Gaulle et le "parti des 600 000 fusillés"). 1969-1981: Retour du projet de construction européenne (qui date des années 1920) ; fin des Trente Glorieuses, passage à une immigration familiale. Lent pourrissement qui prépare les processus ultérieurs. Élection de Foucault au Collège de France en 1970. 1981-1995: Fondation du Collège international de philosophie en 1983. Accélération du processus vers la supranationalité. Les opposants sont au mieux des crypto-lepénistes qui s'ignorent, au pire des nazis: « Un “non” au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir. » (Jacques Lesourne, Le Monde, 19.9.92) « Je suis persuadé que les jeunes nazillons qui se sont rendus odieux à Rostock votent “non” à Maastricht. » (Michel Rocard, Le Figaro, 17.9.92) 16 juillet 1995: le Discours de Jacques Chirac au Vélodrome d'Hiver. 2001 : "La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité.". Nous allons enfin pouvoir nous flageller plus vigoureusement. Merci à l'ex-indépendantiste Taubira de nous aider à faire notre devoir de mémoire . 2017: Macron, la France doit assumer son vichysme ; heureusement que nos élites sont là, on risquerait de l'oublier et de retomber dans les heures sombres sans l'auto-flagellation institutionnelle. Désormais, sur la base de la loi de 2001, des groupuscules militants hantent les média pour expliquer qu'il faut déboulonner les statuts des Colbert (ce salaud d'esclavagistes) et les noms des rues de Bordeaux (car certains armateurs impliqués dans la traite ont des rues à leurs noms). Le message qui ressort de ce que l'élite française dit de sa propre histoire c'est: "Bienvenue en France, nos ancêtres sont des salauds ! Comment ça vous ne voulez pas devenir comme nous ?". Dans le même temps, l'opposition, la réaction à ce discours de "déconstruction" est taxé de nationalisme, de chauvinisme, d'arrières-pensées malsaines, de non-progressisme, etc. Et après on se demande d'où vient "l'insécurité culturelle"... Au bout d'un moment, quand tu dis aux gens qui te résistent qu'ils sont lepénistes et chauvins, et bien ils finissent par s'identifier à l'assignation que tu leur jettes... Surtout quand aucun autre parti ne semble à même de contester la misopatrie dominante.
  4. Pour comprendre le malaise identitaire français, il faut comprendre la sortie du modèle assimilationniste républicain, au profit de ce que Guilluy appelle une "société américaine comme les autres". "L’assimilation est un processus social de convergence des comportements, auquel la mixité des mariages (et plus largement des unions) apporte une contribution décisive. C’est ainsi que des millions d’immigrés et d’enfants d’immigrés sont devenus des Français à part entière. Elle s’effectue dans un rapport inégalitaire entre la nation qui accueille et les nouveaux venus. C’est de ces derniers que sont attendus la plupart des efforts, sous la pression sociale exercée par la population environnante. Ce qui ne veut pas dire que cette dernière n’évolue pas. Si elle n’est pas disposée à se plier aux mœurs des nouveaux venus, elle se transforme pourtant elle aussi subrepticement, mais sans avoir l’impression que ses modes de vie ou ses pratiques culturelles sont profondément chamboulés, voire directement remis en cause." (p.6-7) "Le modèle d’assimilation nécessite, pour fonctionner, une certaine mixité ethnique des catégories populaires. La perspective de la mise en minorité des natifs au carré est profondément anxiogène et conduit plutôt à la séparation qu’à la mixité. Pour que l’assimilation fonctionne, les natifs au carré doivent aussi avoir le sentiment qu’ils exercent un ascendant culturel reconnu par l’ensemble du corps social, élites comprises qui sont celles qui distribuent les bons et les mauvais points. Or leur ascendant culturel est contesté, pratiquement, dans l’expérience quotidienne de la cohabitation, mais aussi théoriquement par ces élites pour qui toutes les cultures ont un même droit de cité. La séparation devient alors la conduite rationnelle des catégories populaires pour protéger leurs propres modes de vie." (p.302) -Michèle Tribalat, Assimilation - la fin du modèle français, Paris, Éditions du Toucan, 2013, 391 pages. La gauche "socialiste" (PS) a joué un rôle majeur dans ce changement idéologique, comme le pointe à juste titre H. Guaino: "La gauche de la repentance et de la guerre des mémoires, celle du communautarisme et du multiculturalisme, celle du retour des féodalités et des principautés, celle qui cède tout aux minorités agissantes, celle qui renie en même temps l’héritage de la Chrétienté et celui des Lumières, celle qui faisait la fête sur la place de la Bastille le soir du 6 mai 2012, la gauche nihiliste qui n’en a toujours pas fini avec Mai 68, qui n’en finit plus de combattre contre l’autorité et contre la Nation, cette gauche est devenue étrangère à sa propre histoire, cette gauche, les instituteurs socialistes de mon enfance qui m’ont tant appris, ne la reconnaîtraient pas." -Henri Guaino, Discours au Congrès fondateur du parti « Les Républicains », 30 mai 2015. Cette conversion s'est faite sous l'influence de la "philosophie" post-moderne qui exalte la "diversité" et les identités "fluides" comme le nec plus ultra de la subversion révolutionnaire (ce qui permet à une certaine intelligentsia de se croire très dangereuse tout en étant fondamentalement impolitique et complètement coupée des préoccupations du français lambda, pour ne rien dire sur sa proximité avec les masses laborieuses): « Du moment qu’on lutte contre l’exploitation, c’est le prolétariat qui non seulement mène la lutte, mais définit les cibles, les méthodes, les lieux et les instruments de luttes ; s’allier au prolétariat, c’est le rejoindre sur ses positions, sur son idéologie, c’est reprendre les motifs de son combat. C’est se fondre. Mais si c’est contre le pouvoir qu’on lutte, alors tous ceux sur qui s’exerce le pouvoir comme abus, tous ceux qui le reconnaissent comme intolérable peuvent engager la lutte là où ils se trouvent et à partir de leur activité (ou passivité) propre. En engageant cette lutte qui est la leur, dont ils connaissent parfaitement la cible et dont ils peuvent déterminer la méthode, ils entrent dans le processus révolutionnaire. Comme alliés bien sûr [sic] du prolétariat, puisque, si le pouvoir s’exerce comme il s’exerce, c’est bien pour maintenir l’exploitation capitaliste. Ils servent réellement la cause de la révolution prolétarienne en luttant précisément là où l’oppression s’exerce sur eux. Les femmes, les prisonniers, les soldats du contingent, les malades dans les hôpitaux, les homosexuels ont entamé en ce moment une lutte spécifique contre la forme particulière de pouvoir, de contrainte, de contrôle qui s’exerce sur eux. » -Michel Foucault, « Les intellectuels et le pouvoir », in Dits et écrits I, n°106, p.1183. « La lutte pour une subjectivité moderne passe par une résistance aux deux formes actuelles d'assujettissement, l'une qui consiste à nous individuer d'après les exigences du pouvoir, l'autre qui consiste à attacher chaque individu à une identité sue et connue, bien déterminée une fois pour toutes. La lutte pour la subjectivité se présente alors comme droit à la différence, et droit à la variation, à la métamorphose. » -Gilles Deleuze, Foucault, Les éditions de Minuit (coll. « Critique »), Paris, 1986, p.113. Lequel post-modernisme a été très bien reçu au PS. N'oublions pas le soutien de Foucault à Khomeini Michel Rocard. N'oublions pas comment la mitterrandie à fait la carrières de tous ces sophistes: « [Mitterand] a fondé le Collège International de Philosophie pour Derrida. […] La grâce présidentielle fit de lui le penseur officiel. » -Pierre Magnard, « Déconstruire la déconstruction », conférence au Cercle Aristote, 10 juillet 2017. Dans cette perspective, le sentiment d'attachement à son pays ou à n'importe quelle autre identité nettement définie est suspecté (euphémisme) d'être un signe de tendances réactionnaires bien rances gnagnagna. L'assimilation des étrangers est rejetée*. C'est l'idéologie dominante de la majeure partie de ce qu'on appelle gauche, pour ne pas dire un mouvement de fond qui coure du centre-droit jusqu'à une partie de la FI (à ne pas confondre avec les identitaires "de gauche", qui eux croit très fort à leur identité raciale, et rejette l'assimilation depuis une base intellectuelle différence, non pas post-moderne mais plutôt anti-moderne, pour ne pas dire archaïque). Voici par exemple le genre de propos que tient un professeur de philo que j'ai eu: "« France », pour moi ça n’a aucun intérêt, je n’ai pas besoin d’un mythe national, qu’est-ce que c’est que la France : une entité juridique, un état (…) je ne suis pas d’accord de défendre les valeurs d’un état français, il n’y a pas de culture française** (…) l’identification « France » doit être mise sur le même plan que « masculin, féminin, ou autre », sur le plan sexuel, que l’identification « noir, arabe, ou provençal ou etc. »..(…) l’identification ? Personne n’y adhère pleinement, et ceux qui y adhèrent ont un problème (…) ne cherchons pas à donner un concept à ce mot France." -Patrice Maniglier, aux Rencontres de Pétrarque, 13 juillet 2016. *On arrive de manière "amusante" au même résultat que dans une conception très à droite, ethniciste, de la Nation: un étranger ne peut pas devenir allemand, on devient allemand par le sang... **Je vous laisse imaginer les hurlements que cette magnifique gauche, ce phare du progrès humain, aurait poussé si un intellectuel de droite, si un Sarkozy, avait sorti qu'il n'existe pas de culture algérienne ou africaine...
  5. Tiens, tu tombes bien @Sanson, c'est ta signature et l'inénarrable Badiou que je voulais citer en disant que le "laisser faire" risquait d'être amalgamé au djihadisme. A vrai dire j'attends plus cette réduction facile de la part de la droite radicale. Culturellement parlant, Soumission de Houellebecq est dans cet esprit là.
  6. 1): je note que tu n'es pas sûr (sans prétention de ma part hein, je ne comprends pas grand chose à ces histoires de monnaie anyway. Mon libéralisme est aussi une modestie épistémologique: quand tu ne sais pas, tu ne fais pas ). 2): Vu qu'il n'a même pas écris ce "pourquoi pas ?" (lequel serait une prescription passablement faible), je réitère mon opinion que vous lui faites un procès d'intention.
  7. D'aucun dirons qu'entre l'isolement communautaire et les difficultés socio-économiques de certaines banlieues, on obtiendra une déculturation par rapport au reste de la société française et une masse de frustrations qui en feront un nid à futurs terroristes. Nos adversaires politiques ne manqueront pas de faire le raccourci en disant que "laisser faire" revient ici à ouvrir la voie aux attentats.
  8. Je n'irais pas jusque là. L'article mentionné indiquait que des gens se plaignaient de cette évolution, il est donc vraisemblable que les pouvoirs publics locaux agissent à la demande d'une partie des habitants. Lesquels n'ont pas forcément torts de se sentir exclus par la communautarisation des commerces. On ne peut même pas exclure a priori que ce soit le but visé par certains pour les pousser à quitter le quartier. Pour autant je suis comme toi, je ne vois pas de solution libérale. Les gens n'ont pas un "droit-à-ne-pas-se-sentir-exclus".
  9. C'est le constat que font des auteurs aussi différents que de Benoist, Michèle Tribalat ou C. Guilluy*. Et le constat est une chose, les conclusions politiques qu'on en tire une autre (n'est-ce-pas @Fagotto ). *Extraits:
  10. Tout à fait d'accord, que ce soit au niveau du discours culpabilisant que je pointais ou au niveau de ce que l'argumentaire classique des libéraux à l'égard de la droite à déjà dit (il est contradictoire de s'inquiéter de l'immigration sans faire la critique de l'Etat-providence, etc.).
  11. Il n'y a rien de prescriptif dans ce texte. Il se demande si la politique de la banque centrale japonaise "va déclencher une crise inflationniste au Japon" et répond "Pas sûr". Il n'a pas écris que les Français devraient racheter la dette française pour qu'un hypothétique Etat français ayant repris le contrôle de sa monnaie fasse de la dévaluation. Après je ne connais pas plus que ça les idées de Gave, hormis la conférence que j'ai posté de lui hier.
  12. Notons déjà que si la puissance publique ne s'occupait pas de location, cette affaire serait un simple contentieux juridique entre particuliers et n'occuperait vraisemblablement aucune place dans le débat publique. La médiatisation de ce genre d'histoire étant à la fois une cause et une conséquence de "l'insécurité culturelle" -qui ici mériterait d'être baptisée islamophobie*, au sens littéral de peur de l'islam. *Comme disait quelqu'un: "Phobie veut dire "peur" en grec, alors que le mot juste serait islamomisie de misos qui signfie "haine" en grec." Pour combattre une peur il faut en comprendre les causes et les neutraliser.
  13. Gave a tout de même raison de pointer que l'euro fonctionne comme une trappe à endettement pour l'Europe du sud, et retarde le moment où le moment où le statu quo ne sera plus une option. "[David Pujadas]: Sur le fond, imaginons qu'il y ait une sortie de l'euro ; la France emprunte, à peu près, 200 milliards par an, pour financer ses déficits, pour refinancer sa dette, et vous l'avez vu encore ces derniers temps, plusieurs fonds de pensions, plus grandes banques ne cachent pas qu'ils demanderaient une surprime, une prime de risque, pour nous prêter de l'argent. [...] C'est un fait, la dette, nous endetter*, coûtera beaucoup, beaucoup plus cher, Marine Le Pen. [Marine Le Pen]: Non, ce n'est pas vrai, Monsieur Pujadas. [...] Ce que veulent comme assurance ce qui nous prête, c'est que l'économie soit solide ; or aujourd'hui, l'économie est tout à fait défaillante, vous parlez des déficits... [David Pujadas, l'interrompant]: Oui, mais le parapluie allemand nous protège. [Marine Le Pen]: Je... Pardon ? [David Pujadas]: Nous permet d'emprunter à des taux très bas." -L'Entretien Politique: Marine Le Pen - France 2 - 28/03/2017. *there is no alternative comme dirait l'autre.
  14. Si tu écoutes la conférence de Branca tu verras qu'il ne procède justement pas à une réduction De Gaulle = anti-US (ce qui ne veut d'ailleurs rien dire, il y a plein de manières différentes et inconciliables d'être "anti-US"). Je ne pense pas avoir besoin de démontrer que De Gaulle a toujours combattu le principe de la supranationalité. Enfin, le fait que Pompidou ait "trahi" De Gaulle juste avant le référendum du 27 avril 1969 -Pompidou démissionne de son poste de Premier ministre le 10 juillet 1968- est également bien connu.
  15. Je note quelques questions auxquelles il me semble indispensable de répondre, au moins en partie, pour faire avancer notre réflexion collective sur ce sujet : [Approche descriptive] Qu’est-ce qu’une culture ? Qu’est-ce qu’une nation ? D’où provient cette « volonté de vivre ensemble » caractéristique selon Renan du fait national ? Qu’est-ce que le multiculturalisme ? Qu’est-ce que le communautarisme ? Quelle relation entre ces notions ? A quoi reconnaît-on une nation où la culture nationale intègre tous les individus et groupes, par rapport à un pays fragmenté, communautarisé et/ou en voie de dislocation (violente) ? Selon quels critères peut-on établir que telles populations d’un pays « vivent ensemble » ou au contraire vivent en communautés repliées sur elles-mêmes et purement juxtaposées les unes à côté des autres ? Suggestion de critères : taux de mariages inter-« groupes » (à définir), circulation inter-régionales / territoriales, degré de violences inter-« groupes », présence/absence de discriminations légale ou de barrières informelles (à préciser) à l’emploi public ou privés. [Approche normative] Les questions précédentes étant supposées résolues : est-ce un problème et en quoi ? Qu’est-ce qui ne va pas avec « l’insécurité culturelle » ? Et enfin : que peut-on y faire ? Quels sont les moyens efficaces de la cohésion nationale et/ou de la vigueur de sa culture ? Ces moyens sont-ils tous coercitifs et selon toute vraisemblance incompatibles avec les principes libéraux ? Si oui, le libéralisme mène-t-il, comme on le lui a continuellement reproché au cours de son histoire, à la désagrégation sociale (« Le libéralisme est la Mort des Nations » -Arthur Moeller van Den Bruck) ? Le souci même de cohésion nationale et/ou culturelle est-il sans rapport avec le libéralisme (question qui renvoie à celle de comment implanter une doctrine aussi universaliste que le libéralisme dans un hic et nunc donné) ? Comment les libéraux peuvent-ils s’insérer dans ce débat (à la fois en terme doctrinal et en terme tactique) ? Ou à l’inverse : s’agit-il d’un terrain miné qu’ils devraient fuir pour se concentrer sur leurs objectifs habituels ?
  16. Il a écrit ça ? Le seul passage qui s'en approche concerne spécifiquement le Japon, non ? ("Est-ce que cela va déclencher une crise inflationniste au Japon ? Pas sûr du tout puisque la vélocité de la monnaie « billets de banque » est très inférieure à la vélocité de la monnaie « crédit bancaire » ").
  17. 1: On a les choix tactiques qu'on peut. Rappelons que le PCF a tout fait pour que De Gaulle se maintiennent au pouvoir en 68 (cf ce que dit Aron dans La Révolution introuvable) et qu'il a appelé en sous-main à voté VGE en 1981. On pourrait remonter encore plus loin et évoquer le pacte germano-soviétique. Rien de cela n'indique une conversion idéologique droitiste des communistes. 2: C'est dans le sujet parce que c'est la fièvre déconstructiviste, l’anti-institutionnalisme de 68 et la critique des AIE ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Appareil_idéologique_d'État ) qui a engendré le rejet du discours "résistantialiste" ("la France a le visage de Jean Moulin") au profit d'une mythologie culpabilisatrice inverse ("Vichy c'était la France"), celle de l'idéologie de la repentance et de la concurrence victimaire entre minorités communautarisées. Renversement idéologique et symbolique incompréhensible si on le coupe de ses déterminations (géo)politiques (le retour du projet post-national de la construction européenne à partir de Pompidou). « Pompidou était un peu le candidat de substitution de la droite anti-gaulliste, pro-américaine. […] Le Figaro était pas du tout gaulliste, y avait pas de presse gaulliste. […] Pompidou est ce candidat-là [de l’anti-gaullisme], c’est d’ailleurs ce qui motive le ralliement de Valéry Giscard d’Estaing à Pompidou. » -Eric Branca, Quand l'Amérique voulait détruire de Gaulle, conférence au Cercle Aristote, 29 oct. 2017. « Le président Pompidou proposait que les Etats membres passassent un accord solennel afin "d'aller de manière irrévocable vers l'Union économique et monétaire à l'horizon 1980.". » (p.241) « Pompidou était particulièrement friand du terme d' "Union européenne". Quand on lui en demanda la signification, Pompidou rayonnant rétorqua: "Rien... et c'est ce qui en fait la beauté". » (p.268) -Christopher Booker & Richard North, La Grande Dissimulation, L'Artilleur, coll. "Interventions", 2016 (2003 pour la première édition anglaise), 832 pages.
  18. Ils ont quitté spatialement la "communauté" et laisser des éléments "allogènes" occuper l'espace jadis possédé par la "communauté", ce qui affaiblit la conscience de classe l'unité de la "communauté" et enfin et surtout, cela affaiblit le contrôle des leaders auto-proclamés de la "communauté" sur le soi-disant territoire de la "communauté" (puisque s'y installent des Français lambda qui ne demande qu'à êtres tranquilles, et qui ne se reconnaissent pas dans des "élites" nationalistes qui prétendent s'interposer comme interlocuteurs entre les Corses et l'Etat français, plutôt que d'être justes des élus de tous les Français, de quelque origine qu'ils soient, installés dans la circonscription, comme c'est le cas partout ailleurs). Y a pas à dire, le nationalisme est bête quel que soit le peuple réel ou potentiel considéré...
  19. Je n'ai cité qu'un blogueur, et il est marxiste-léniniste. Essaye encore. Et Todorov, critique du "devoir de mémoire", il est de droite peut-être ? (Je pourrais aussi mentionner certaines réflexions de Nietzsche, Ernest Renan, Freund, Pascal Bruckner sur le sujet, lesquels sont certainement de droite. A vrai dire je ne vois pas pourquoi ça devrait discréditer a priori les propos de quelqu'un).
  20. Ils ont de la propriété privée dans La Zone du Dehors. Même les Voltés.
  21. Si je trouve le temps je ferais un ou deux articles sur 68 pour le cinquantenaire de Mai prochain. Mais en gros il faut retenir: -rupture du compromis gaullo-communiste pour sa partie symbolique et géopolitique (la France grande puissance entre les Blocs), au profit de la construction européenne et de l'atlantisme à partir de Pompidou. Le changement politique passe par une guerre culturelle et une instrumentalisation politique de la mémoire pour culpabiliser les Français. C'est le 1er et principal facteur. « Le caractère a-nationaliste des mouvements de 1968 et pas seulement du Mai français, a été moins souvent relevé, et pourtant c’est un fait nouveau, qui en un sens retrouve l’internationalisme des origines du mouvement ouvrier après le long temps de conjonction avec l’idéologie nationale. […] La dénonciation s’adresse aux deux adversaires que sont le gaullisme et le nationalisme du parti communiste ; le mouvement de Mai n’est plus séduit par une certaine idée de la France et voit l’intérêt d’Etat sous l’argument de l’intérêt national. C’est là que passe l’effet générationnel. » -René Gallissot, Mai 68 : qu'est-ce qu'un mouvement social ? Au-delà du mouvement ouvrier, L'Homme et la société, Année 1990, Volume 98, Numéro 4, pp. 87-108, p.100-101. -ensuite, les groupuscules d'extrême-gauche et autres contestataires ayant échoué à mobiliser les classes populaires acquises au PCF et à la CGT, ils vont changer de clientèles. Essor des nouveaux mouvements sociaux (féministes, écologisme comme par hasard avec de fervents européistes dedans, etc). L'extrême-gauche va se poser en représentante symbolique des immigrés, mal contrôlés par la gauche communiste. Stratégie trotskyste qui deviendra le cœur de la future ligne Terra Nova du PS suite à la sainte alliance des gauchistes et du doloro-mitterrandisme et au tournant de 1983. Antiraciste d'Etat et multiculturalisme opposé à la "vieille France rance" qui refuse l'immigration comme chance pour la France. Stratégie Mitterrandienne de faire monter le FN pour gêner la droite, en faisant de la dénonciation de ce parti un puissant marqueur de gauche, une fois la voie française vers le socialisme abandonnée. En bout de course on obtient l'idéologie de la repentance pour légitimer le dépassement du cadre national. « Tout se passe comme si une génération de la gauche intellectuelle, celle qui a fait Mai 68, n’en finissait pas de faire payer au prolétariat sa dérobade d’alors. » -Hervé Algalarrondo, La gauche et la préférence immigrée, Plon, coll. Tribune libre, 2011. « En 1968, les ouvriers ont préféré faire confiance à leurs propres organisations, le PCF et la CGT, pour défendre leurs intérêts plutôt que de s’embarquer dans le bateau « révolutionnaire » piloté par les « classes moyennes » libérales-libertaires. Cela leur a valu d’être chassées du panthéon révolutionnaire du gauchisme, et remplacés par les nouveaux prototypes de l’opprimé – les femmes, les migrants, les SDF – idéologiquement plus faciles à utiliser. » -Le Blogueur « Descartes », 06/04/2016 (cf : http://descartes.over-blog.fr/2016/03/au-secours-je-ne-comprends-plus-rien.html#ob-comment-ob-comment-87774482 ).
  22. Et après on se demande pourquoi les indépendantistes de salon progressent...
  23. Ou à une observation empirique: http://hydre-les-cahiers.blogspot.fr/2015/04/lancienmaoiste-barroso-se-felicite-de.html?q=Empire
  24. "Il y a un fantôme qui hante l'histoire européenne, c'est l'Empire romain. [...] Le désir de recréer un Etat européen puissant, c'est la mort à chaque fois, c'est le sang, c'est les larmes."
  25. Le roman national façon 3ème République, qui a laissé de "bons" restes idéologiques, a toujours mis en avant Danton par rapport à d'autres figures révolutionnaires. Danton, l'homme de la défense nationale, "de l'audace encore de l'audace", etc. Le fait est que Danton piquait dans la caisse. On lui doit cette formule mémorable: "La Révolution doit enrichir les patriotes"... On peut reprocher beaucoup de choses à Robespierre, mais c'était un idéaliste, il n'a jamais cherché à profiter des événements pour faire fortune. Et c'était aussi l'un des rares à s'opposer à ce que la France déclare la guerre aux Prussiens. Le développement ultérieur de la RF et la Terreur elle-même n'aurait peut-être pas eu lieu si son opinion avait prévalu à ce moment là.
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