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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Définir "politique" Aron a pas mal écrit sur le problème de l'objectivité en sciences sociales, et fait traduire une partie de ce que Weber en disait. En gros l’objectivité totale est comme le dit @poney impossible, ne serait-ce parce que tes affinités politiques peuvent influencer, consciemment ou non, tes choix méthodologiques et partis pris théoriques (ou tout simplement limiter ce que tu trouves vraisemblables, dicibles, etc.). Mais il y a une différence entre souligner cette limite (et essayer de contrer ces effets pour viser une objectivité toujours plus grande), et nier que la science soit possible ou soutenir qu'il n'y a aucune différence entre elle et l'essai politique du premier journaleux ou militant venu. Par ailleurs les infractions non-subtiles à la scientificité sont faciles à observer dès qu'un auteur emploie des jugements de valeurs / moraux. Certains vont jusqu'à le revendiquer -je ne parle pas de Lordon qui verse dans la provocation en associant en loucédé la neutralité axiologique a une norme bourgeoise, mais par exemple un historien comme Ian Kershaw écrit qu'on ne peut pas écrire sur le nazisme sans exprimer une aversion morale -ce qui en dit à mon sens plus sur lui-même que sur ce que peut ou ne peut pas la science. Après je reconnais que c'est difficile de parler parler exemple d'histoire de l'art sans émettre ici ou là des appréciations esthétiques (fussent-elles dissimulées sous une supériorité "technique").
  2. Le fait que des scientifiques aient des engagements militants ne signifient pas que leurs œuvres soient militantes. Après je dis ça mais je suis le premier à pester contre la moindre entorse à la neutralité axiologique.
  3. La remarque de @Flashy était ironique, jeune padawan
  4. Sur France 2 on explique que certains agriculteurs français ne pourraient pas survivre économiquement à l'interdiction (vu que ça implique de changer de cultures et de racheter du matériel). Je bondis sur l'occasion de souligner ce point auprès de parents, lesquels sont d'ordinaire prompt à soutenir par principe les "petits agriculteurs opprimés par la grande distribution". Et là surprise, on passe du paradigme "socialiste" au paradigme écolo: "ah mais non, ce n'est pas grave s'ils disparaissent ceux-là, ce ne sont pas des agriculteurs intéressants" (traduire: bio et écolo-progressiste). Ravages du collectivisme.
  5. C'est pourtant une objection stupide: si les gens sont dans la précarité économique, ce n'est pas en leur coupant les vivres qu'on va améliorer leur situation, mais en s'attaquant aux causes qui ont produites cette misère. Hélas l'humanitarisme de gauche ne pense pas jusque-là. Ou pire, il a une solution égalitariste clé en main: subventionner les chômeurs obligatoires via l'argent des autres...
  6. Je ne dis pas que ça n’a aucune pertinence, mais ça me paraît moins fiable qu’un axe inégalité (raciale, juridique, politique, symbolique, économique) – égalité. Par exemple, il y a des droites en rupture avec la Tradition parce que révolutionnaires (fascisme) ou modernisatrices (ex : Pompidou / VGE). Inversement, avec l'écologisme, tu as de plus ou plus de courants socialistes critique du progrès.
  7. En restaurant une monarchie française ayant le catholicisme comme religion d'Etat ? J'ai comme un doute.
  8. Était. Après tu peux objecter à ma suggestion de définir l'axe droite-gauche en termes de tendances inégalitaires - égalitaires en soulignant qu'elle est totalement contredit par, notamment, la réalité des pays du socialisme réel. J'observe pourtant que les intéressés trouvent indispensables de prétendre que l'égalité est réalisée et que tout le monde est un bon camarade, alors que dans un totalitarisme d'extrême-droite, il y a correspondance entre la réalité fortement inégalitaire et le discours / idéologie qui accompagne cette réalité. ça me semble en tout cas une analyse d'essence plus fiable que Tradition vs Progrès.
  9. Je vois pas ce qu'il y a d'égalitaire, en quelque sens que ce soit, dans son combat politique.
  10. Vaut mieux s'exciter avant, l'Etat ayant une fâcheuse tendance à ne pas savoir supprimer les lois nuisibles une fois qu'elles sont votées (pire encore, elles peuvent obtenir avec le temps une légitimité traditionnelle au sens de Weber).
  11. Bon sang, j'avais raté ça, bien vu.
  12. L'autorité est par définition consensuelle, c'est ce qui la distingue conceptuellement du pouvoir. (au passage ça implique que la notion d'autorité parentale est inadéquate). La question de savoir si le pouvoir se résume à la possibilité d'employer la force physique est un autre problème.
  13. Ton message et celui de @Johnnieboy montrent que vous avez raté la nuance: il a écrit "presque plus proche". La notion de presque implique un écart faible mais réel. Si j'ai presque atteint mon but, je ne l'ai pas atteint. Dire que @Bézoukhov "défend l'indéfendable" est donc a côté de la plaque, et serait même encore un brin excessif s'il n'avait fait qu'écrire: "je me sens plus proche des imbéciles X que des imbéciles Y".
  14. On la classe souvent ainsi, et moi-même j'aurais été tenté de parler d'islamo-gauchisme avant de creuser un peu le truc. Dans les faits, même si elle prétend "parler à la gauche", je vois mal en quoi son discours discours ethno-religieux se différencie beaucoup de celui de la Nouvelle Droite par exemple. Ce sont justes d'autres identitaires racistes. Je vois pas pourquoi le fait qu'ils se disent opprimés les rendraient "de gauche": les nazis aussi se sentaient opprimés par la domination juive. D'ailleurs elle prétend dépasser le clivage gauche-droite, ce qui est généralement un marqueur de droite voire d'extrême-droite: "Nous nous passons des pensées politiques pré-existantes : idéologiquement, nous ne nous référons ni à Marx, ni aux Lumières [tu m'étonnes...], ni aux valeurs de la République. Nous avons voulu développer une pensée politique à partir de nous-mêmes, ancrée dans l’histoire des luttes de l’immigration, des luttes anticoloniales : pas dans le clivage historique gauche /droite." -Houria Bouteldja, "revendiquer un monde décolonial", http://www.vacarme.org, 26 avril 2015. Je suis pas sûr qu'islamo-gauchisme soit une catégorie analytiquement pertinente, ça ressemble plutôt à une insulte de droiteux pour mettre dans le même sac tous ses adversaires. Le gauchisme politique est un marxisme, donc incompatible avec une position religieuse ; le gauchisme culturel est très souvent "libertaire" ou laïc (voire laïciste), ce qui ne colle pas non plus.
  15. Décidément, les extrêmes finissent toujours par se rejoindre:
  16. C'est ce que je me dis tous les jours maintenant. Même en faisant politiquement du sur place, tu te droitise mécaniquement (ou du moins tu es perçu ainsi) lorsque l'opinion se décale vers la "gauche". Je commence à comprendre le sens de l'expression qui dit qu'en Révolution, les extrémistes d'un jour sont les modérés de demain
  17. Je me demande si l'anti-essentialisme radical des post-modernes va finir par entrer en contradiction avec les théorisations féministes chers à certains, ou bien si, comme je le disais à @Mégille, lesdites contradictions vont se maintenir sous forme d'une bouillie mentale plus dense:
  18. Dans un autre domaine, ils hésitent entre réchauffement climatique et changement climatique, histoire d'imputer plus facilement tout "phénomène environnemental problématique" à l'activité humaine (cette sale race).
  19. "Le politique doit toujours envisager le pire pour tenter de le prévenir." -Julien Freund.
  20. Quand les libéraux publiaient Marx et que des marxistes lisaient l'École Autrichienne... O tempora ! ô mores !
  21. Non, franchement ça va. Globalement j'ai eu des profs qui s'en tenaient à ce que Aron aurait appelé les standards de l'Université libérale. Par contre dès que tu regardes leurs publications, ouvrages ou pire tribunes / entretiens dans la presse... Tu peux avoir des surprises.
  22. (Tu disais dans un autre fil qu'écologistes et féministes raisonnaient comme des marxistes, du coup ce fil peut t'intéresser: ).
  23. Ironique pour des gens qui affirment se révolter contre l' "hétéro-normativité"
  24. Je n'aime pas Mélenchon mais faut quand même pas déconner, son projet constitutionnel c'est de ressusciter la quatrième république. Entre ça et la stratégie du quinoa pour conquérir les bobos, paye ton anti-parlementarisme révolutionnaire. Il n'est pas non plus nationaliste, son approche de l'euro et de l'UE est fuyante ("plan A, plan B"), histoire d'éviter de trancher entre l'approche "Europe sociale" chère aux classes moyennes de gauche et l'approche révolutionnaire/souverainiste (sortie de l'UE et voie française vers le communisme, ce qui était l'approche de Chevènement en 1983, que Mélenchon a rejeté car ça aurait impliqué de prendre ses distances avec son mentor Mitterrand). De surcroît le fascisme est réactionnaire, impérialiste et viriliste, rien à voir avec les idéaux de Mélenchon (qui est progressiste, jacobin-laïc, critique de l'interventionnisme militaire occidental et qui a toujours donné des gages aux collectifs féministes).
  25. Ce qui a changé c'est aussi et surtout: -le passage au capitalisme qui a crée les conditions infrastructurales d'un bouleversement des superstructures idéologiques fait entrer un nombre croissant de femmes dans le salariat, donc dans une autonomie financière qui s'est progressivement étendue à d'autres domaines. On peut ajouter le développement du secteur tertiaire où la relative supériorité physique masculine n'a professionnellement guère d'importance. -la sécularisation des sociétés européennes et le déclin de la morale chrétienne: http://hydre-les-cahiers.blogspot.fr/2017/06/la-femme-et-le-christianisme.html
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