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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Tout à fait, je chipotais juste sur le contenu de ce que recoupe actuellement la: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fenêtre_d'Overton
  2. Je ne suis pas tout à fait d'accord: les politiciens de tout bords ne manquent pas une occasion de dire qu'ils agissent afin de "pérenniser le modèle social français" que le monde entier nous envie auquel les électeurs Français sont "très attachés" (c'est probablement vrai, au besoin on l'affirmera en brandissant des sondages). Même Fillon s'est senti obligé de justifier son crypto-libéralisme ninja en disant que si on n'applique pas son programme "le modèle social français ne pourra pas perdurer". Aucune remise en question sérieuse de l’État-providence n'est à l'ordre du jour.
  3. Elle est plus souvent conservatrice, parfois révolutionnaire (fascisme), parfois aussi moderniste (regarde VGE. Et certains aspects du gaullisme).
  4. Si Bourdieu et Passeron sont bien les inventeurs du concept, ça fait en effet des décennies, depuis 1970 voire depuis 1964 (Les Héritiers : les étudiants et la culture). « Toute action pédagogique est objectivement une violence symbolique, en tant qu’imposition, par un pouvoir arbitraire, d’un arbitraire culturel. » -Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, La reproduction : Éléments d’une théorie du système d’enseignement, Les Éditions de Minuit, coll. « Le sens commun »,‎ 1970, 284 p, p.18. « S’il est bon de rappeler que les dominés contribuent toujours à leur propre domination, il faut rappeler aussitôt que les dispositions qui les inclinent à cette complicité sont aussi l’effet, incorporé, de la domination. Au même titre, soit dit en passant, que celles qui font que, selon le mot de Marx, « les dominants sont dominés par leur domination ». La violence symbolique est cette forme particulière de contrainte qui ne peut s’exercer qu’avec la complicité active –ce qui ne veut dire conscience et volontaire- de ceux qui la subissent et qui ne sont déterminées que dans la mesure où ils se privent d’une liberté fondée sur la prise de conscience. » -Pierre Bourdieu, La noblesse d’état. Grandes écoles et esprit de corps, Les Éditions de Minuit, coll. Le sens commun, 1989, 569 pages, p.12. Je n'ai pas encore assez lu Bourdieu pour décider si ce concept en particulier est bullshit ou pas. Ce qui est sûr, c'est que se demander si la violence est réductible à la violence physique est légitime (les humiliations, les insultes, les incitations au suicide, les appels au meurtre, sont-ils des actes violents ?). De même que se demander si la violence est toujours injuste ou non (ou, si la notion de violence renvoie par définition à l'injustice, quels usages de la force physique ne devraient pas être qualifiés de violence, et pourquoi ?), et donc s'il est pertinent de "lutter contre toutes les violences" (à supposer qu'une société sans violences sans possible, ce que Nietzsche conteste de manière intéressante). Et les réponses ne sont pas si évidentes que ça.
  5. Si c'était le cas il n'y aurait pas d'interprétations extensives ou divergentes. Il y a autant d'emplois hétérogènes du mot qu'il y en a pour le mot liberté. A partir de là, soit ces notions ne veulent rien dire, soit certains des sens sont corrects et d'autres non. Autant dire qu'on ne risque pas de le savoir (et encore moins de l'expliquer) "intuitivement"... J'ai lu ce billet il y a quelque jours, beaucoup de bêtises mais le début donne quelques pistes intéressantes pour essayer d'éclaircir cette notion de violence: http://derrickjensenfr.blogspot.fr/2011/02/violence-un-mot-plusieurs-applications.html Edit: grillé par @Flashy.
  6. 1: C'est ce que je disais précédemment, c'est un truc de la bourgeoisie progressiste. Il y a cent ans cette bourgeoisie était nationale-républicaine (tendance Ferry / Gambetta) pour essayer d'intégrer les classes populaires sans aller plus loin dans le welfarism. Aujourd'hui elle ne se sent pas menacée et elle peut se livrer à ses petits jeux de langages inoffensifs, avec la satisfaction d'être l'avant-garde du progrès chantant. Elle n'est certainement pas en train de vouloir renverser le capitalisme (1: parce que ça minerait sa propre position économique ; 2: parce que la rhétorique révolutionnaire passe moins dans leurs milieux), et donc elle n'est pas marxiste. 2: Justement, je crois que c'est une notion très confuse et qu'une réflexion philosophique sur la question ne serait pas du luxe.
  7. Tout à fait, notons d'ailleurs que Guilluy avait commencé à populariser cette analyse pour le cas français dès 2010: "De l'exode rural consécutif à la révolution industrielle à l'exode urbain d'aujourd'hui, le statut spatial des couches populaires apparaît comme une métaphore géographique de la place qu'elles occupent désormais dans l'espace politique et culturel. "Centrale" hier, celle-ci est désormais "périphérique". Du cœur de la ville industrielle aux périphéries périurbaines et rurales des métropoles mondialisées, les couches populaires apparaissent comme les grandes perdantes de la lutte des places. La majorité des ouvriers, des employés ainsi que des ménages modestes vivent désormais sur des territoires périurbains, industriels et ruraux, à l'écart des lieux de pouvoirs économiques et culturels. C'est bien dans cette "France périphérique" qu'émerge la nouvelle sociologie de la France populaire, une sociologie qui se différencie de plus en plus de celle des grandes villes et qui trace de nouvelles lignes de fractures politiques." -Christophe Guilluy, Fractures françaises, Flammarion, champ.essais, 2013 (2010 pour la première édition). Comme quoi la géographie sociale, fût-elle marxisante, n'est pas forcément in-intéressante, @NoName.
  8. 1: On ne peut pas généraliser, mais c'est une tendance interne tout à fait réelle et, comme je le mentionnais, de plus en plus visible et agressive. 2: Tu vas devoir nous en dire plus sur les circonstances où tu as rencontré cette personne
  9. Allons, tu sais bien que les toilettes publiques actuelles sont transphobes et sans doute bientôt robosphobes. Il faut lutter contre les infrastructures qui invisibilisent les minorités opprimées. Toutes les "différences" doivent être reconnues comme disait l'autre, parce que révolutionnaires par nature.
  10. Avec la montée (ou du moins la visibilité médiatique accrue) de l'islam radical, ce marché est sans doute trop concurrentiel. Ou en tout cas ça ne fonctionne pas avec le logiciel actuel des féministes: les hommes sont coupables, donc c'est à eux de modifier leurs comportements. Si ce n'est pas possible, la ségrégation spatiale en fonction du sexe en viendra à être prôné par les plus extrémistes (ce ne sera jamais qu'une application à grande échelle du principe soixante-huitard selon lesquelles les femmes doivent se réunir entre elles pour discuter librement de leurs problèmes...).
  11. A entendre certains, ce n'était pas si terrible que ça...
  12. Je veux dire par-là que les féministes de ce type ne se réclament généralement pas des valeurs religieuses (le puritanisme est historiquement une tendance du calvinisme britannique), alors que, comme le note Descartes, elles reproduisent des stéréotypes victoriens et même plus archaïque que ça (la faible femme ayant besoin d'être protégée, l'homme-prédateur nécessitant une surveillance continue, pratiques de confessions publiques, etc.).
  13. Je vais être sobre alors "Du fait du clivage maladif que la démence nationaliste à instaurer entre les peuples de l'Europe, du fait également des politiques à la vue basse et à la main leste qui, grâce à elle, occupent aujourd'hui le haut du pavé et ne soupçonnent pas le moins du monde à quel point la politique de désunion qu'ils pratiquent ne peut être, de toute nécessité, qu'une politique d'entracte, -du fait de toutes ces choses et de bien d'autres, aujourd'hui tout à fait inexprimables, on néglige ou réinterprète de manière arbitraire et mensongère les signes les moins équivoques à travers lesquels s'exprime le fait que l'Europe veut devenir une. Pour ce qui est de tous les hommes plus profonds et plus amples de ce siècle, la véritable orientation générale du travail mystérieux de leur âme consista à préparer la voie à cette synthèse nouvelle et à faire advenir par anticipation, à titre expérimental, l'Européen de l'avenir: c'est seulement dans leurs aspects superficiels, ou à leurs heures de plus grande faiblesse, par exemple avec l'âge, qu'ils appartinrent aux "patries", -ils ne firent que se reposer d'eux-mêmes en devenant "patriotes". Je songe à des hommes comme Napoléon, Goethe, Beethoven, Stendhal, Heinrich Heine, Schopenhauer: que l'on ne m'en veuille pas de ranger également parmi eux Richard Wagner." -Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal, traduction Patrick Wotling, Paris, GF Flammarion, 2000 (1886 pour la première édition allemande), 385 pages, p.240, §256. C'est pas forcément essentiel mais c'est cohérent avec le reste de la pensée de Nietzsche. Lutte contre l’affadissement égalitaire, donc lutte contre l'Etat-Nation égalitaire révolutionnaire comme contre la mobilisation nationaliste Bismarckienne, donc éloge du modèle des cités-états ou du saint-empire germanique... et possibilité de recréer une union politique non-homogénéisante à l'échelle du continent.
  14. Reportage sur France 2 sur les mobilisations en cours contre le harcèlement sexuel (noble combat mais qui comme n'importe quel autre est sujet à dérives): On interroge un homme et la journaliste lui demande "vous-êtes déjà demandé si vous regardiez trop les femmes ? ", le type répond oui. On peut acter que le puritanisme inconscient du féminisme de troisième vague a remporté sa première victoire médiatique. On a réussi à montrer à la télé un pauvre type innocent s'accusant "d'avoir déjà commis le péché d'adultère dans son cœur", comme dirait quelqu'un...
  15. Vous reprendrez bien un peu d'apologie du Welfare State dans un texte (obligatoire dans mon cours de culture économique) qui est censé n'avoir aucun rapport ? : « [L'idéologie du laissez faire d'Adam Smith contient] une part de vérité, une part de mauvaise foi, mais aussi d'illusion. Peut-on oublier combien de fois le marché a été tourné ou faussé, le prix arbitrairement fixé par les monopoles de fait ou de droit ? Et surtout, en admettant les vertus concurrentielles du marché ("le premier ordinateur mis au service des hommes"), il importe de signaler au moins que le marché, entre production et consommation, n'est qu'une liaison imparfaite, ne serait-ce que dans la mesure où elle reste partielle. Soulignons ce dernier mot: partielle. En fait, je crois aux vertus et à l'importance d'une économie de marché, mais je ne crois pas à son règne exclusif. [...] Si, depuis plus d'une cinquantaine d'années, les économistes, instruits par l'expérience, ne défendent plus les vertus automatiques du laissez faire, le mythe ne s'est pas encore effacé dans l'opinion publique et les discussions politiques d'aujourd'hui. » -Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme, Flammarion, coll. Champ.Histoire, 2008 (1985 pour la première édition), 122 pages, p.48-49.
  16. Certains l'ont nié ("Nietzsche est avant tout un artiste", etc.), mais il y a bel et bien une philosophie politique chez Nietzsche et une ébauche de projet politique. "Nietzsche récusera l’uniformisation et le nivellement décadent mis en œuvre par l’institution étatique. Selon lui, l’Etat moderne, en tant que concept unitaire et absolu, détruit toute tentative de dépassement de soi. Il est une entité sociale et objective qui écrase l’individualité du sujet libre et pensant et mène à l’uniformisation de la pensée, laquelle devient commune, unique, irréfutable. Nietzsche annonce, ainsi, avec clairvoyance les totalitarismes athées du XXème siècle qui procéderont à la négation pure et simple de l’individu. D’après lui, l’Etat universel est, donc, l’accomplissement de la transposition au domaine rationnel du corpus mythique apollinien, il s’y substitue pour devenir le nouveau Dieu lumineux et purificateur. Mais l’idée d’Etat chez Nietzsche n’est pas tout entière, ici, puisqu’elle recouvre outre ce sens apollinien, un sens plus positif." "L’avènement du rationalisme imputé par Nietzsche à Socrate aurait ainsi provoqué la mort de l’Etat intemporel et artistique dont les fondations reposaient sur le socle de la pensée mythique issue de l’art tragique grec." "Par-delà le bien et le mal appelle de son vœu « la Grande politique » en proposant une Europe unifiée* contre les Etats-Nation." "Pour Nietzsche, la fin de l’Etat moderne n’est plus l’exaltation et la création artistiques comme dans l’Etat primitif ou celui de la Renaissance, mais la domination du plus faible. Celle-ci est d’autant mieux acceptée par les dominés qu’elle est intériorisée, indolore et inconsciente." "Seuls les petits Etats peuvent être considérés comme correspondant au paradigme nietzschéen puisqu’ils favorisent les guerres de territoire." "La Florence de Laurent de Médicis et de Machiavel demeure le modèle implicite de l’Etat dressé dans Humain trop humain, sans pour autant que le modèle précédent, celui de l’Etat grec né de la conquête barbare et centré sur une caste de guerrier, soit abandonné." -Pascal Morvan, Nietzsche et l'État. *L'européisme façon "Nouvelle droite" se réclame de cet aspect du projet politique de Nietzsche, en faisant du reste l'impasse sur le fait que Nietzsche exalte la bigarrure (cf: http://hydre-les-cahiers.blogspot.fr/2016/04/jugement-sur-nietzsche.html ), le savant mélange des peuples et des races, et non la phobie du métissage niveleur cher aux ethno-"différentialistes"...
  17. 1): Source ? ça marquerait une évolution du discours de Soral alors. 2): Soral est passé du PCF au FN. Me semble pas non plus que Rougeyron ait été chez Chevènement (ce qui est vrai de Philippot, lequel ne soutient pas Mélenchon, qui l'a du reste traité de fasciste*), il était à Debout la France. *Preuve que le clivage gauche/droite prime encore nettement pour Mélenchon sur le clivage souverainistes / les autres.
  18. C'est pour ça que j'ai agrandi la notion à "appel public en faveur du candidat / parti". En deçà de ça soutien est beaucoup trop fort, on peut au plus parler de sympathie relative.
  19. Et pourtant l'anti-bolchevisme a été un continuum de mon parcours politique. C'est quand même terriblement ironique que l'un -voire le- commentateur politique à mes yeux actuellement le meilleur se définisse lui-même comme un "stalinien de cœur"...
  20. Si si, mea culpa, mon cerveau a bugué, erreur d'attribution ("insère le pseudo du mec qui se balade avec un avatar d'objet random sur fond blanc" ).
  21. La vache de soutiens, ils sont trois et aucun n'a appelé publiquement à voter Mélenchon (ou pour la France insoumise aux législatives). Soral en particulier a toujours voué JLM aux gémonies car: 1): il est franç-mac et ex-trotskyste, donc mondialiste-traître ... ; 2): il n'accepte pas le discours d'un Soral pour lequel les salariés et les petits-patrons ont les mêmes intérêts de classe et doivent s'unir nettoyer la France de la Grande Banque détenue par la finance anglo-saxonne judéo-mondialiste. L'opposition entre leurs lignes était particulièrement nette durant l'épisode des Bonnets rouges. E&R ne reprend sans critique les propos de Mélenchon que lorsqu'il défend le Venezuela / Cuba (conformément au tiers-mondisme soralien) ou attaque d'autres personnalités politiques françaises (genre Valls).
  22. Pour moi l'amélioration du score de Mélenchon entre 2012 et 2017 c'est: 1): la conséquence de la non-présence d'un candidat EELV et le choix de Mélenchon d'accentuer sa rhétorique anti-"productiviste" ("100% d'énergies renouvelables", etc.). #stratégie-du-quinoa 2): la dévoration d'une partie de l'électorat PS traditionnel, du fait de la nullité électorale et du charisme d'abris-bus éteint* de son candidat (+ le dégoût du bilan de Hollande qui n'a pas fait du vrai socialisme). Il faudrait regarder les résultats électoraux par circonscription mais pour moi JLM a réuni des voix de gauche, et non commencer à créer une coalition électorale incluant des électeurs habituellement de droite. *Pour reprendre un bon mot de @h16
  23. Il y a une différence entre dire que ce sont des comportements normaux et dire qu'il faut se demander s'il tombe sous le coup de la loi ou non (première partie du billet). Et DSK n'a pas été déclaré coupable de viol, semble-t-il.
  24. Il y a de ça. Du moins à la fin des fins, parce que si on s'intéresse à la démarche philosophique de Nietzsche, sa critique de la culture, on voit qu'il passe son temps à s'interroger sur le caractère vitalisant et décadent, fort ou faible de tel ou tel élément / culture, etc., sur qu'est-ce que ça fait de croire telle ou telle chose et d'où vient cette croyance ou cette façon d'être. Et ses jugements sont loin d'être toujours arrêtés ou univoques. Par exemple la notion de décadence n'a pas forcément un sens péjoratif chez Nietzsche, contrairement à ce qu'une lecture rapide donne à croire. Je suis rarement d'accord avec ses conclusions, en particulier en philosophie politique, mais sa manière de penser est tout à fait originale et digne d'intérêt. Et c'est bien sûr un styliste incomparable. Et oui, Nietzsche est très difficilement classable. Il représente une droite romantique, c'est tout ce qu'on peut dire (et ce en dépit des attaques répétés de Nietzsche contre le romantisme). Et Löwy, qui écrit des choses remarquables sur le romantisme, à tort de dire de Nietzsche est un romantique résigné, c'est beaucoup plus ambivalent que ça. "Le destin de l'humanité tient à la réussite de son plus haut modèle. - J'ai depuis mon plus jeune âge réfléchi aux conditions d'existence du sage ; et je ne tairai pas ma joyeuse conviction qu'il est aujourd'hui en Europe de nouveau possible -peut-être seulement pour une brève période." (Été-automne 1884. 26 [75], p.192) -Friedrich Nietzsche, Œuvres philosophiques complètes, X, Fragments posthumes. Printemps-automne 1884, Gallimard, NRF, 1982, 386 pages.
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