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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback
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La liberté : fin ou moyen ?
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Gio dans Philosophie, éthique et histoire
« Faire croire à la liberté métaphysique peut être un outil d’asservissement. En persuadant les individus qu’ils sont responsables de leurs comportements, qu’il ne tient qu’à eux de bien faire, et qu’ils ne doivent s’en prendre qu’à leur propre volonté lorsque la réussite n’est pas au rendez-vous, le discours de la liberté est très utile pour réprimer les peuples. […] Dans la mesure où ma volonté est toujours le produit de certains conditionnements, on ne peut pas parler sérieusement de liberté sans tenter de prendre la mesure de ces conditionnements, de leurs origines, de leurs orientations, de leurs visées et de leurs effets. […] Une première définition extérieure [et libérale] de la liberté demanderait (légitimement) si le comportement de l’agent est volontaire ou s’il relève d’une contrainte qui fait violence à sa volonté. Le spinoziste rajoute aussitôt une deuxième question qui porte sur l’utilité propre de ce comportement : est-il dans l’intérêt de l’agent de se comporter ainsi (volontairement ou non) ? Et si non, dans l’intérêt de qui agit-il ?[…] Tel est bien ce par quoi le spinozisme se distingue fondamentalement de tout libéralisme naïf : il n’accepte pas la définition hobbesienne de la liberté comme absence d’obstacle extérieur nous empêchant de « faire ce qu’on veut » sans ajouter aussitôt que cette liberté n’est qu’une forme de servitude tant que je ne veux pas ce qui est conforme à mon intérêt. […] La servitude la plus absolue et la plus irrémédiable n’est pas celle qui me force à obéir contre mon gré à un tyran, mais celle à laquelle me condamne ma propre définition du plaisir (voluptas) lorsqu’elle me conduit à être incapable de voir ou de faire ce qui m’est utile. On a ici affaire à une seconde définition de la servitude et de la liberté, qui n’est plus simplement extérieure (définie par l’absence d’obstacles externes à ce que je veux faire), mais qui permet d’instaurer une distance entre l’individu et ses volontés : certaines de ses volontés iront dans le sens de sa libération, tandis que d’autres contribueront à son asservissement. » -Yves Citton, L’envers de la liberté. L’invention d’un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières, éditions Amsterdam, 2006, p.275-280. (J'accorde que le fait ne pas désigner la coercition comme "servitude la plus absolue et la plus irrémédiable" est une tactique classique de marxistes. Néanmoins ça serait bien de pouvoir lire Spinoza sans lui prêter les intentions politiques de ses commentateurs socialistes modernes. Et de voir que les dernières lignes de cet extrait ne parle pas d'autre chose que de la "servitude volontaire" de La Boétie, à ceci près qu'elle n'est plus envisagée comme un consentement spontané à la domination mais comme l'effet de déterminations antérieures. Ce que les sciences sociales appelleraient l'intériorisation de la domination. On ne m'ôtera pas de l'esprit que c'est un outil d'analyse indispensable). -
Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
Avec Mai 68, l'intelligentsia socialiste des pays européens, en France en particulier, a découvert que la classe ouvrière suivait le PCF, et n'était pas disposée à faire une révolution du moment que les économies occidentales permettaient d'augmenter le pouvoir d'achat et d'échapper à la misère des générations antérieures. A partir de ce moment, il a fallu trouver des substituts à la "classe-messie" évoquée par György Lukács. Le foucaldo-deleuzisme a alors proposé la contestation des normes oppressives comme paradigme révolutionnaire et anticapitaliste. Ce n'était qu'une question de temps avant que le contenu positif du féminisme de l'époque soit retourné et ne devienne l'étrange promotion du bizarre et de l'absurde qui caractérise certaines postures intellectuels. "La lutte pour une subjectivité moderne passe par une résistance aux deux formes actuelles d'assujettissement, l'une qui consiste à nous individuer d'après les exigences du pouvoir, l'autre qui consiste à attacher chaque individu à une identité sue et connue, bien déterminée une fois pour toutes. La lutte pour la subjectivité se présente alors comme droit à la différence, et droit à la variation, à la métamorphose." -Gilles Deleuze, Foucault, Les éditions de Minuit (coll. « Critique »), Paris, 1986, p.113. Tu rajoutes à cette mutation l'écologisme et la fascination pour les peuples au niveau de développement proto-industriel et tu as 70% de l'idéologie de gauche actuelle. -
La drogue c'est mal. Le capitalisme c'est mal. Il faut donc lutter contre les drogues pour lutter contre le capitalisme (et inversement proportionnel ou égal). #Toutestlié
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Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
Je suis le seul à trouver ça raciste de mettre en avant que leur collectif de sauvetage du World est le fruit du "travail de filles majoritairement non blanches" ? -
Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Mathieu_D dans La Taverne
A force de sauts lacantiques et de stupéfiants, on doit pouvoir en trouver. -
La liberté : fin ou moyen ?
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Gio dans Philosophie, éthique et histoire
Oui, bien évidemment. Mais ça reste une hypothèse aussi absurde que si tu me demandais "dans l'hypothèse où le magma en fusion ne brûlerais pas, serais-tu partant pour te baigner dedans ?"... Dans la mesure où il faut être en vie pour être heureux, le fait que ce droit soit une condition du bonheur est self-evident. Et pour les autres droits, ça répond à la sérénité et l'absence de troubles qui fait partie de la définition. Tu ne seras peut-être pas heureux en étant un propriétaire libre, mais tu ne le serais jamais en étant un esclavage condamné à travailler sans bénéficier du fruit de tes efforts, exposé à chacun instant aux caprices de ton maître et susceptible d'être tué (si le stress et la rudesse de ta condition ne l'ont pas fait avant). Et mon point peut se targuer de cette vérité historique selon laquelle il y a parfois eu des révoltes d'esclaves, mais jamais de hordes de gens demandant d'eux-mêmes à être esclaves. Cela s'explique par le fait que si la social-démocratie grignote insidieusement la liberté, elle ne l'a pas encore détruite et que donc la possibilité du bonheur n'a pas entièrement disparue. Mais il ne faut pas non plus sous-estimer les dégâts produits, ce n'est certainement pas un hasard si les enquêtes comparatives montrent que les français sont parmi les peuples les plus pessimistes au monde... Bon courage pour le démontrer. -
La liberté : fin ou moyen ?
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Gio dans Philosophie, éthique et histoire
C'est impossible car, si le bonheur est la fin dernière de toute action, le fait de n'accomplir absolument aucune action ne signifie pas pour autant que tu vas être heureux (et que tu l'es déjà). Autrement dit on ne peut pas trouver le bonheur en faisant l'impasse sur l'action. -
La liberté : fin ou moyen ?
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Gio dans Philosophie, éthique et histoire
Certes, mais comme le souligne à juste titre Vincent Andrès, "le bonheur repose sur la réalité". Et la réalité, c'est qu'il n'y a pas de méthode coercitive qui garantisse le bonheur. N'y de méthode non coercitive d'ailleurs. Si tu sous-entendais le contraire, je crois que nous serions tous intéressés de connaître une telle méthode... -
La liberté : fin ou moyen ?
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Gio dans Philosophie, éthique et histoire
C'est pas terrible comme définition. Regarde plutôt ça: https://www.college-de-france.fr/media/pierre-bourdieu/UPL7071152316635745016_AN_91_bourdieu.pdf -
La liberté : fin ou moyen ?
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Gio dans Philosophie, éthique et histoire
Non. Et d’ailleurs Jefferson, entre autres, faisait bien la différence : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par leur Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. » (Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique, 1776) La liberté ne certifie pas d’obtenir le bonheur, elle crée le cadre dans lequel son obtention devient possible (cf la très lucide formule de Jerfferson, la liberté et la recherche du bonheur). Parce que ça ne fonctionne pas. Comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas en ces termes qu’il faut raisonner, parce que la liberté en tant que telle ne donne pas le bonheur. Il ne faut pas confondre plaisir et bonheur. Le plaisir est une sensation agréable. Le bonheur est quant à lui un état durable de sérénité. Le bonheur peut inclure le plaisir et les plaisirs, mais il ne s’y réduit pas. Inversement il y a des plaisirs nuisibles et autodestructeurs qui empêchent d’atteindre le bonheur, je t’invite à lire Épicure si ce sujet t’intéresse. Je doute également que le plaisir aussi bien que le bonheur soient réductibles à des réactions chimiques. Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est une observation empirique. Le bonheur est la fin dernière que vise tous les actes de tous les individus. "Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient. Ils tendent tous à ce but. Ce qui fait que les hommes vont à la guerre et que les autres n’y vont pas est ce même désir qui est dans tous les deux accompagné de différentes vues. La volonté ne fait jamais la moindre démarche que vers cet objet. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre." -Blaise Pascal, Pensées, 138, édition Michel Le Guern. Comme je l’ai dit plus haut, le bonheur est la fin dernière recherchée par toutes nos actions. Il y a sans doute bien des chemins pour arriver à ce but, mais la distinction vraiment pertinente est à faire entre les chemins qui y parviennent et ceux qui n’y parviennent pas. -
La liberté : fin ou moyen ?
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Gio dans Philosophie, éthique et histoire
La liberté est un moyen qui permet de poursuivre un bien plus élevé, le bonheur. Si ça n'était pas le cas, il serait irrationnel de la défendre. -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Girard#Le_m.C3.A9canisme_victimaire -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Se réclamer de l'utilitarisme n'est pas suffisant pour être utilitariste. Mais bon il y a déjà un topic dédié à ce débat. -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
Voilà. En fait c'est mon pseudo courant dans divers endroits mais je ne trouve plus le mot de passe qui va avec pour Hooper.fr. -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
Franchement non. A l'époque je n'étais pas du tout politisé, j'ai découvert Marx en première année de fac (après une rencontre enthousiaste avec Nietzsche cela dit), et alors je me suis jeté sur toute la littérature socialiste. Donc Rothbard ne fonctionne pas. Tu me diras, un mec qui veut autoriser le port d'armes et le commerce d'enfants... -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
Celle de Heller. Enfin bon, ce ne sera pas un compte-rendu hyper-pointu qui la comparerait par exemple à d'autres sources, c'est juste pour en donner les grandes lignes en français. Je proposerai mon billet à Contrepoints quand j'aurais fini. -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
Aucune idée, je n'utilise plus mon compte depuis une éternité. Et ça devait pas être un pseudo habituel vu qu'après quelques tentatives je ne trouve pas comment me connecter. Voilà ce qui arrive quand on prend pas en note ses pseudos. Edit: si, j'ai dû lire l'Éthique de la Liberté quelque temps après. Mais ça n'a pas fonctionné... -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
C'était dans les forums de Hooper.fr. Par contre je ne crois pas que ce que tu racontais à l'époque a eu un effet quelconque, sans vouloir t'offenser. -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
Je prend ça comme un compliment Mais avec le recul je pense que c'était inéluctable. J'ai un caractère trop curieux pour ne pas tomber un jour ou l'autre sur des auteurs libéraux. Je pense qu'une part énorme du sectarisme de la gauche vient du fait qu'elle évite le contact avec tout ce qui pourrait bouleverser ses certitudes. C'est un souci de la pureté idéologique quasi-religieux. Je précise aussi que je n'étais plus marxiste en m'inscrivant ici, j'étais déjà dans une processus de critique du marxisme depuis un point de vue socialiste (cf: http://hydra.forumactif.org/t499-apres-marx), et la découverte de Mises a radicalisé le processus d'une façon inattendue. Post-scriptum: Et je ne crois pas qu'on puisse me qualifier de fanboy de Miss Rand, comme on le verra dans un compte-rendu de sa biographie que je prépare... -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
Je ne me prononcerais pas sur le côté tête à claque mais à mon arrivée ici fin 2014, si j'en juge par mes notes dans mon journal intime, j'étais encore socialiste. Mais bon, ça n'a pas duré, Tramp et quelques autres ayant lavés mes illusions au sable aride de la réalité. Edit: grillé par Ultimex -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
On en a déjà discuté mais je ne suis pas d'accord: un vol reste un vol, quelque soit le contexte. En revanche je pourrais être d'accord pour considérer la famine comme circonstance atténuante une fois le vol jugé. -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
Si tu considères comme illégitime que certains humains revendiquent la propriété de certaines terres, pourquoi ton "comité de survie publique" serait-il légitime pour en détenir et les exploiter ? Il n'est pas composé d'humains ?! -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
Le déterminisme est une erreur intellectuelle socialiste ? Je te soupçonne d'utiliser le terme dans une acceptation toute particulière. -
Libéralisme & inégalités
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Loi dans Politique, droit et questions de société
Tu sembles oublier ou ignorer que ces lignes de code ne sont rien d'autre qu'une forme symbolique d'une richesse crée par l'effort humain. Repartir cette richesse ("réduire les inégalités"), en feignant de croire qu'elle n'a aucun créateur et aucun propriétaire légitime, revient à spoiler les individus du juste fruit de leur effort, ce qui les incitent à ne pas produire, puisque de toute façon ils verront le fruit de leurs efforts pillés au nom des "besoins" d'autrui. L'égalitarisme mène ainsi fatalement à une destruction de la morale, à la servitude et à la misère. -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Plus ou moins... "La notion d'habitus, telle qu'on la trouve chez Aristote ou chez Saint Thomas, ou au-delà, chez des gens aussi différents que Husserl ou Mauss ou Durkheim lui-même, etc, ou Weber, cette notion dit toujours quelque chose de très important et dit finalement que les sujets sociaux ne sont pas des [...] esprits instantanés. [...] Les sujets et les agents ont une histoire, sont le produit d'une histoire." -Pierre Bourdieu, Entretien avec Roger Chartier, 1988. Entretien IV: "Le concept de champ et d'habitus". Peut-être, mais ça n'est pas le concept de spectacle au sens de Debord, dont on parlait, et qui n'est pas ce que tu en disais, et tout particulièrement pas anti-collectiviste.
