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Largo Winch

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Tout ce qui a été posté par Largo Winch

  1. Avec ce tweet, il me semble que René Chiche n'est effectivement pas dans les clous du devoir de réserve : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F530 En gros, si au lieu de poster sur twitter "les députés qui voteront le #PasseVaccinal sont à mes yeux les dignes héritiers de ceux qui votèrent le statut des juifs. D'insignes lâches", il avait écrit quelque chose comme "les députés qui voteront le #PasseVaccinal souscrivent de mon point de vue à une vision autoritaire de la démocratie", il n'était pas attaquable.
  2. Il n'y a aucun problème de "légitimité", c'est même devenu parfaitement logique que tous ces bac+8 se développent compte tenu de la baisse de valeur intrinsèque du bac+5 (master et diplôme d'ingé). Il y a une quarantaine d'années, moins d'1/3 d'une classe d'âge obtenait le bac. Aujourd'hui, 1/3 d'une classe d'âge accède au niveau bac+3. On peut se bercer d'illusion et croire que la France est parvenue à fortement augmenter le niveau de qualification des jeunes. Ou alors on peut regarder les études de la DREES qui nous dit qu'aujourd'hui en France 7 emplois sur 10 sont en tension, alors qu'il y a toujours un taux de chômage élevé. On ne trouve plus sur le marché du travail de gens qui acceptent de faire serveur dans les cafés, on ne trouve plus d'analystes financiers, par exemple. Pour gonfler le nombre de bacheliers en France on a eu recours au bac pro. A sa création, le bac pro correspondait certainement à un vrai besoin : avec le recul du taylorisme, l'économie française avait besoin d'ouvriers et d'employés avec davantage de jugeotte, d'où l'idée de pousser les jeunes au-delà des CAP, BEP. Qui croit que le bac pro correspond au niveau du bac général ? Personne. Est-ce que ça rend le bac pro moins légitime que le bac général ? Certainement pas. D'ailleurs dans un post plus haut, je me désole qu'on fasse disparaitre les bac pro du domaine tertiaire. Quand j'étais jeune étudiant il y a une trentaine d'années, après un diplôme d'école de commerce (qui à l'époque était un bac+4), la pratique était de compléter sa formation avec un DESS : l'école de commerce donnait une formation généraliste solide, le DESS permettait de développer une réelle expertise dans un domaine précis. Aujourd'hui... c'est la merde. On envoie en master de gestion/management, des étudiants diplômés d'un premier cycle, dont le niveau a fortement baissé. Et en deux ans, on est censé les former solidement aux bases de la gestion tout en les spécialisant dans un domaine. C'est évidemment impossible. La réalité est qu'on perd sur les deux plans, on envoie sur le marché du travail des diplômés de master qui n'ont ni une bonne connaissance généraliste de la gestion, ni une réelle expertise dans un domaine précis. Alors, oui, c'est mécanique, on risque d'envoyer de plus en plus de gens en doctorat professionnalisé pour, en trois ans supplémentaires, tenter d'avoir des gens sensiblement du même niveau que les DESS d'il y a 20 ans. Revenons sur nos problèmes de tensions sur le marché du travail : On ne trouve plus sur le marché du travail de gens qui acceptent de faire serveur dans les cafés ? C'est logique puisque l'on donne à tout un tas de gens des licences alors qu'ils n'en ont pas vraiment le niveau ; on les a leurrés : ils refusent d'accomplir des boulots qu'ils estiment être en-dessous de leur niveau de qualification. On ne trouve plus d'analystes financiers ? C'est logique car les M2 n'ont plus la capacité de délivrer le niveau adéquat. Tout ça est le résultat d'une sacrée maladie de notre société : la diplômite, qui se caractérise par une inflation de diplômés et une dévaluation des diplômes. Et si on tente de faire un peu de prospective, il y a de quoi être inquiet : il y a de fortes chances qu'on connaisse de sacrés bouleversements avec le développement des IA : en tout cas dans les métiers du tertiaire, ça me semble évident. On risque d'avoir besoin soit de "petites mains" (coiffeurs, serveurs, manutentionnaires, etc.), soit de gens avec une expertise pointue et des capacités de prises de décision élevées. Pour l'heure, on se retrouve avec une cote mal taillée : l'EN et l'ESR forment surtout à des niveaux de qualification qui se trouvent entre les deux.
  3. Ah oui, voilà ! Il suffirait de mettre en place un "doctorat professionnel". D'ailleurs, ça existe déja dans ma discipline : le DBA. Dans le domaine de l'expertise-comptable, il y a aussi le DEC qui existe depuis belle lurette : ils m'ont toujours fait rire les experts-comptables qui se la pètent avec leur bac+8.
  4. Bien sûr, mais les phénomènes "générationnels" ne répondent pas à des "lois mathématiques". En bac+1, j'ai des étudiants nés en 2004-2005. Et il me semble que je n'ai déjà plus du tout les mêmes personnes devant moi qu'il y a 4 ou 5 ans en arrière. Plusieurs choses ont certainement joué pour accélerer le changement d'attitude, dont très certainement l'enfermement des gamins durant la crise Covid, le fait qu'on leur bourre le mou avec l'idée qu'ils risquent de vivre sur un planète invivable, ou la réforme du bac et la forte baisse de l'exigence.
  5. Et je crains qu'il va falloir s'y habituer. Je n'ai pas encore lu d'étude sur la génération alpha, mais, de ce que je vois ces deux ou trois dernières années, les profils d'étudiants sont très différents dans l'attitude : depuis que j'enseigne je n'avais jamais vu d'étudiants aussi hétéronomes. Pas dégoudis pour deux sous et très dociles (y compris les meilleurs étudiants qui ont un bon niveau de réflexion). Vous critiquez la génération Z ? Attendez de voir la génération alpha !
  6. C'est juste que le niveau master s'est effondré. Comme le reste. Il ne peut pas en être autrement puisque les niveaux du bac et du premier cycle universitaire se sont effondrés. Perso, je suis prêt à parier qu'un jour on va créer un bac+6.
  7. Non. Le travail de conseiller clientèle de banque est tellement standardisé qu'il correspond à un travail de CAP de Banque de dans le temps. Il faut juste savoir se servir d'un clavier pour rentrer les données clients dans l'ordi, et le logiciel fait le job. Je dirais même plus : ça demande nettement plus de compétences pour gérer à son compte une épicerie que d'être reponsable d'une agence bancaire.
  8. J'ai rien compris : ça sert à quoi les clous plantés dans les arbres... Sinon, ça a l'air de rameuter du monde, ces conneries.
  9. Une nouvelle "priorité" pour l'école primaire : on va désormais former les élèves au "savoir-faire du vélo". C'est "bon pour la nature et la santé" !
  10. Les lycéens stagiaires seront rémunérés : pas de souci, 🎶c'est l'Etat qui paye !🎵🎶
  11. Après avoir contribué à dégrader les lycées avec la réforme du bac de Blanquer, l'université avec la réforme des premiers cycles de Vidal, Macron envoie désormais Ndiaye s'attaquer au lycée professionnel. L'économie française est à dominante tertiaire... et le ministre de l'EN nous explique qu'il n'y a plus besoin de bac pro dans le domaine tertiaire... La raison est toute simple : les gens qui avaient le niveau BEPC il y a 20 ans ont désormais un BTS. Aujourd'hui en France pour tenir une caisse dans un commerce, il faut... un bac+2. Pour être guichetier de banque, dans le temps un CAP suffisait, aujourd'hui il faut faire des études supérieures. En IUT, on envoie des gens du niveau du bac pro d'il y a 20 ans, incapables de conceptualiser et de suivre correctement des études sup. Et ceux qui se retrouvent en master en IAE ou en Ecole de commerce étaient ceux qui avaient le BTS. Il ne faut plus chercher nulle part les gens du niveau DESS-DEA, ça n'existe plus. Par exemple, dans le top10 des métiers en tension en France aujourd'hui, il y a "analyste financier" : logique, vu que l'on nous envoie désormais en M2 des gens qui ont des difficultés avec la règle de trois, c'est impossible de former des gens au niveau. Si le niveau d'un employé tertiaire est désormais au minimum bac+2, je n'ose imaginer à quoi correspond aujourd'hui le niveau bachelier d'un ouvrier de l'industrie. Et bien sûr, le ministre nous annonce qu'à la place il va multiplier les bac pro qui permettront d'assurer la transition écologique... L'avenir de l'économie française est assuré...
  12. Je suis tombé un peu par hasard sur cet article d'Arrêt Sur Image qui m'a bien amusé : selon ce média gauchiste, LE libéral de plateau tv, c'est Olivier Babeau. Alors il est clair que l'auteur de l'article veut à tout prix le pourrir (c'est un libéral, tout de même !) : le problème c'est qu'il peine à trouver quelque chose contre lui, voire - horreur - les gens auprès de qui il a enquêté le trouvent même plutôt sympa. Par conséquent, il dresse un portrait en forçant les traits qui le rendront suspect auprès du lectorat gauchiste d'ASI : Babeau est issu d'une famille bourgeoise, il a osé écrire un "éloge des dividendes", son think tank qui se veut indépendant de l'argent public est financé par des donateurs privés, c'est-à-dire des grosses industries et des "lobbies patronaux", ce n'est pas un vrai économiste (bon ok, il a une agreg d'éco du secondaire, et un doctorat de sciences de gestion, mais c'est pas pareil...), etc. https://www.arretsurimages.net/articles/olivier-babeau-metre-etalon-du-liberal-televisuel
  13. Combien de fois on entend l'antienne "c'est important d'avoir un bon niveau de dépenses publiques, c'est ce qui nous permet d'avoir des profs, des policiers et des personnels soignants". Dans un bon article de CP d'hier, Bourdillon donne un chiffre à garder en tête pour fermer le claper de tous ceux qui nous chantent ces âneries :
  14. Ces tests-là de l'armée sont très utiles mais ne correspondent pas à ce dont on parle ici. Ces tests sont faits pour identifier les situations extrêmes d'analphabétisme et d'illettrisme. J'en avais présenté dans le fil sur l'école, mais j'ai la flemme de rechercher. Grosso modo, il y a une certaine stabilité dans le temps de ces phénomènes : de tête, il me semble qu'on a environ 20% de personnes en très grande difficulté de lecture (quasi-illettrés), 10% d'illettrés, 4% d'analphabètes. (et d'ailleurs, il est assez amusant de rapprocher ces pourcentages au pourcentage de bacheliers) Les études internationales de PISA ou PIRLS sont nettement plus intéressantes puisqu'elles permettent d'apporter de la nuance sur les 80% restants, les "lettrés", en identifiant des difficultés dans la maitrise de la langue qui nous intéresse ici, comme la syntaxe dont on parlait plus haut.
  15. Idem. Je trouve cette photo plutôt sympa. En revanche je trouve la seconde hideuse. Mais bon, Bisounours pose la bonne question : est-ce bien le lieu ? L'ultra-politisation de l'art me rebute.
  16. Mais ce n'était pas les deux seuls éléments mis en gras, petit coquin. Pour rappel :
  17. Autre exemple : les universités françaises financées par des fonds publics, ça fonctionne ! En effet, il y en a 75 en France qui délivrent des diplômes. C'est bien la preuve que ça fonctionne.
  18. Non non, je ne me dédis pas et je ne pointe pas d'autres problèmes. Un petit détail : dire qu'un projet "fonctionne" comme tu le rabâches depuis le début, ça ne veut strictement rien dire. Le succès d'un projet se mesure à l'aune de critères de performance : ce que j'ai tenté de te souffler dans les deux précédents messages et que tu appelles des "autres problèmes non évoqués jusque-là". De même quand on veut apprécier le succès d'une innovation. --- Exemple d'argumentation de Liber Pater : -- Cette photo illustre à merveille que l'investissement public "fonctionne" ! La preuve : les pales des éoliennes tournent ! -- Euh, attends, tu es sûr qu'il suffit de les regarder tourner pour considérer que ce projet de construction d'éoliennes est un succès ? -- Cherche pas à nous embrouiller avec d'autres problèmes. Ça fonctionne, je te dis !
  19. Oh, misère, sur libéraux.org, quelqu'un vient faire de la bonne grosse défense du management public, de l'Etat-stratège et de la planification économique, en balayant d'un revers de main toutes les aberrations classiques identifiées depuis belle lurette par les économistes libéraux : mal-investissements, mauvaise allocation des ressources, inefficience, impossibilité d'apprécier correctement la performance en raison des distorsions des marchés, voire absence de prix de marché, biais des survivants, improductivité du management public, etc. Franchement, je n'ai pas le courage de développer les arguments.
  20. Mégille, à deux doigts de réinventer la "rédaction"...
  21. En tout cas, ces échanges m'ont donné une idée : je vais proposer aux collègues de faire repasser à la rentrée universitaire prochaine le certif' aux étudiants qui entrent en bac+1. L'épreuve de 1930 me semble très bien : http://www.notre-ecole06.fr/certificatdetude1930.pdf
  22. Il est urgent de cesser d'être dans le déni. Depuis 25 ans, depuis qu'on le mesure de façon systématique (études PISA, PIRLS...), le niveau de maitrise de la langue (lecture, écriture, compréhension) est en baisse de façon continue chez les jeunes Français, et est très médiocre en comparaison de nombreux autres pays. Alors certes, c'est plus difficile d'être catégorique si on devait comparer les niveaux des générations alpha et boomer, car on manque de données d'évaluation fiables sur les anciennes générations. Néanmoins, j'ai en tête une expérience (donner une dictée de certificat d'études à des élèves d'entrée de collège génération Z, et comparer les résultats obtenus) qui avait montré là aussi une baisse du niveau. Et puis il faudrait cesser aussi la technique de l'homme de paille pour mieux s'enfermer dans le déni : personne ne dit que nos ainés étaient tous des cadors et ne commettaient jamais de fautes. Ce qui est dit c'est qu'il y a une baisse du niveau de maitrise de la langue (et ce n'est pas qu'une question de faute) : capacité à l'écrire correctement, capacité à la lire correctement, capacité à comprendre le sens d'un texte, capacité à choisir les mots adéquats pour exprimer le fond de sa pensée, capacité à construire les tournures grammaticales adéquates pour exprimer le fond de sa pensée, etc.
  23. J'ai mis en gras "public-privé" et "BPI" en lien avec programme d'investissement d'avenir (je le remets en gras pour que tu le vois bien). Tu me réponds : les travaux publics financés par des fonds publics, ça marche... super ! Ce n'est pas le sujet, ici. Nous sommes sur un fil nommé "Etat stratège". Tu crois que l'article que j'ai reproduit plus haut avait uniquement pour but de présenter un énième projet de travaux publics ? Encore une fois, ce n'est pas vraiment le sujet de ce fil. Mais même là-dessus, il y aurait beaucoup à dire : ça fonctionne peut-être en termes d'efficacité (en effet, le consortium a livré l'ouvrage public prévu), mais c'est souvent très discutable en termes d'efficience (a-t-on pris soin d'optimiser les fonds publics ?) et d'effectivité (le projet en lui-même est-il une allocation de fonds publics sur des choses utiles ?). Quant au biais des survivants, certes ça pouvait porter à confusion dans mon précédent message, mais il me semblait évident que je faisais référence aux projets publics d'innovation, en vue d'anticiper les évolutions à venir, dans une démarche de planification économique et écologique. (le sujet de ce fil, en somme...)
  24. ... vue par la France d'en haut « étatiste, bureaucratique et extrême-centriste ».
  25. Cela a tout à voir avec le fait de renoncer à enseigner correctement le français. C'était le sujet lancé par Mégille. Au lieu de simplifier le français, lui, il proposait une mesure nettement plus radicale : être beaucoup plus laxiste dans l'instruction du français, voire cesser de l'enseigner, puisque transmettre des règles de grammaire ou d'orthographe, ce serait placer les pauvres chérubins dans un état de soumission. Là dessus, je suis plutôt d'accord. Il n'y a pas que les méthodes pédagogiques ; c'est l'organisation et le fonctionnement global de l'EN qui sont en cause. S'il s'agit de causes communes à l'ensemble de l'occident, comment expliquer que les différents pays occidentaux obtiennent des évolutions de performances scolaires si contrastées, notamment dans la maitrise de la langue, comme l'attestent les études PISA ?
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