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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Vu que Macron et même Henry de Lesquen ont leur fil dédié, je me suis dis qu'on pouvait en faire un sur Mélenchon, d'autant qu'il est déjà en campagne pour la présidentielle (en route vers ses 5 %). Et donc Mélenchon s'est décidé à reprendre la rhétorique du FN, lequel à lui-même repris le discours anti-immigration du PCF des années 80: https://www.slate.fr/story/120961/melenchon-travailleurs-detaches Ce n'est pas très bisous ça.
  2. Les droitards, quelle plaie

    Prescrire de ne rien faire ou dire que les individus n'ont qu'à s'organiser pacifiquement entre eux est autant une prescription politique que de dire qu'il nous faut vite un grand ministère de machin. Le libéralisme a autant réponse à tout qu'une autre doctrine, et même plus que certaines ou que ceux qui pataugent politiquement sans doctrine (il laisse beaucoup moins de flou susceptible d'être "comblé pragmatiquement en fonction du contexte"). Caractériser le libéralisme par son dénuement c'est accepter implicitement le point de vue de ses adversaires.
  3. Les droitards, quelle plaie

    L'idée qu'une visée totalisante est totalitaire est une des plus grandes âneries intellectuelles que nous a légué la Guerre Froide. On peut penser que tout système est par nature incomplet et donc "faux", c'est ce qu'on pu penser des anti-hégéliens comme Nietzsche. Mais même si c'était vrai, être faux et être totalitaire sont deux choses bien différentes. Par ailleurs et j'ai déjà eu l'occasion de le dire, aucune pensée, aussi complète et systématique qu'elle se veuille (aristotélisme, thomisme, spinozisme, hégéliano-marxisme, que sais-je) n'est totalitaire. Seul le régime politique qui tenterait d'imposer cette pensée par un certain type de violence et de moyens (le totalitarisme, la violence d'un Etat totalitaire) peut être dit totalitaire. Phénomène purement moderne et fort circonscrit dans le temps et l'espace.
  4. Le féminimse

    Pourtant l'Académie n'est rien d'autre que cela: une autorité, pas un pouvoir (elle ne peut pas t'obliger à suivre ses recommandations). Soit une chose qui a de la valeur pour ceux qui décident qu'elle en a.
  5. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Je fais bien m'occuper de la scénarisation
  6. C'est métaphysiquement impossible ça
  7. Éthique et tac

    Le reste occupe pourtant une part immense de nos vies, en particulier pour les gens qui se sentent peu concernés par la politique. "Ne pas nuire" ne répond que partiellement (et d'une manière comme par hasard négative) à Que dois-je faire ? Et je ne parle pas d'une simple absence de réponse globale et profonde ("voilà le sens que tu dois donner à ta vie pour qu'elle soit riche et réussie"), mais de multiples déficits locaux, qui portent sur des dilemmes réels (et pas sur des dilemmes fictifs à base de tramways et de gens qu'on ne peut pas tous sauver): ça va de choses encore assez générales comme: le mensonge est-il toujours immoral, ou "envers qui dois-je tenir les promesses que je fais ?", jusqu'à "est-ce ma vie professionnelle ne prends pas trop de place par rapport à ma vie familiale ?" (le genre de questions qu'on adresserait de nos jours à un psy, mais qui pouvait relever dans l'antiquité du leader de secte philosophique et encore avant de l'oracle). Ogien lui-même dévoile que ce genre d'interrogations excède une éthique minimale (cf Philosopher ou faire l'amour). Il y a plein de branches de l'éthique qu'on imagine à peine ! : "L'éthique de la sexualité est [...] la réflexion critique sur le principe qui devrait nous permettre de distinguer les actes sexuels moralement licites de ceux qui ne le sont pas." -Norbert Campagna, L'éthique de la sexualité, La Musardine, coll. Attrape-corps, 2012 (2011 pour la première édition), 260 pages.
  8. Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2

    "La rigueur intellectuelle des savants ne doit rien à un amour natif et pur de la vérité, mais tout à la surveillance mutuelle des savants par les savants, qui ne louperont pas le déviant et, par là, incitent chacun à se tenir à carreau avec les règles de l'argumentation scientifique. La vertu scientifique n'est donc en rien une propriété individuelle mais un effet de champ infusé en chacun des individus. Comme l'expérience l'a suffisamment montré, il suffit de sortir un savant de son univers scientifique, et de le plonger dans un univers à contrôle intellectuel plus lâche, comme l'univers médiatique, pour le voir à brève échéance se mettre à tenir des discours d'une médiocrité qu'il n'aurait jamais osé exposer au regard de ses pairs. La vertu n'appartient donc pas aux individus, elle est l'effet social d'un certain agencement des structures et des institutions telles qu'elles configurent des intérêts affectifs au comportement vertueux." -Frédéric Lordon, La Société des affects. Pour un structuralisme des passions, Éditions du Seuil, coll. L'ordre philosophique, 2013, 284 pages, p.259-260. (Remarques fines qu'on pourra appliquer à Lordon lui-même)
  9. Les droitards, quelle plaie

    C'est soit l'un soit l'autre, et visiblement tu penses plutôt que c'est un point fort. Le libéralisme prétend beaucoup plus avoir réponse à tout que les opportunistes pour lesquels "il faut être pragmatique et s'adapter au contexte" ou les utopistes qui veulent faire table rase du passé sans avoir d'idées de quoi mettre à la place.
  10. Éthique et tac

    1): A moins que ce but ne soit nécessaire (fin ultime, non susceptible de choix. Telos). J'ai cité Aristote et un passage génial de Pascal dans les pages précédentes, je ne sais plus si j'ai cité Épicure: "Aussi le jeune homme doit-il, comme le vieillard, philosopher: de la sorte, le second, tout en vieillissant, rajeunira grâce aux biens du passé, parce qu'il leur vouera de la gratitude, et le premier sera dans le même temps jeune et fort avancé en âge, parce qu'il ne craindra pas l'avenir. Il faut donc faire de ce qui produit le bonheur l'objet de ses soins, tant il est vrai que, lorsqu'il est présent, nous avons tout et que, quand il est absent, nous faisons tout pour l'avoir." -Épicure, Lettre à Ménécée, in Daniel Delattre & Jackie Pigeaud (éds), Les Épicuriens, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 2010, 1481 pages, p.45. Notons d'ailleurs que Mises utilise consciemment des concepts épicuriens lorsqu'il analyse l'action comme "orientée en vue de produire un état de moindre insatisfaction", d'ataraxie comme résultat d'une suite d'action efficientes. Kant ne dit d'ailleurs pas autre chose (sauf que pour lui c'est un problème, car du coup l'action devient entachée de vils motifs empiriques et non guidé par le devoir pur): "Il y a cependant une fin que l'on peut supposer réelle chez tous les êtres raisonnables [...] un but qui n'est pas pour eux-mêmes une simple possibilité, mais dont on peut simplement admettre que tous se le proposent effectivement en vertu d'une nécessité naturelle et ce but est le bonheur." -Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs. 2): Personnellement je ne dis pas que l'homme doit chercher le bonheur, je dis que c'est ce qu'il fait et qu'il ne peut pas en être autrement. Sur la base de quoi j'affirme que la moralité n'est rien d'autre que l'ensemble des règles adéquates pour remplir cette finalité pré-existante. L'efficience par rapport à la recherche du bonheur (individuel) sera donc le critère pour discriminer entre les règles justes et injustes. Ce qu'on appelle un eudémonisme téléologique: https://www.britannica.com/topic/teleological-ethics (un sous-type de conséquentialisme, mais je n'en suis pas sûr). 3): Je propose comme définition par provision: Bonheur: "état intensément plaisant et exempt d'insatisfactions, tel que je puisse en souhaiter la prolongation indéfini, et dont la cessation ne tient pas à des causes internes à la production dudit état" (la deuxième partie de la définition vise à exclure des objections triviales du style: "le drogué est heureux durant son trip", etc.). Je pense qu'on pourrait encore améliorer cette définition. 4): Tout à fait. La métaphysique c'est dur et je n'aime pas vraiment l'épistémologie, mais il faut en faire quand même pour pouvoir passer à des questionnements plus pratiques et plus intéressants (du moins à mes yeux). Que puis-je savoir ? se répercute par exemple à l'évidence sur Que dois-je faire ?
  11. Éthique et tac

    J'aime bien Spinoza, maintenant je pense qu'il pousse l'anti-aristotélisme trop loin ; on peut être finaliste vis-à-vis de l'être humain et pas des autres êtres en ceci que celui-ci produit de l'action, et non ceux-là. Il ne faut pas juste regarder les causes motrices, même si c'est essentiel aussi. Du coup, ce problème des fondements moraux fragilise la philosophie politique libérale de Spinoza, à mon humble avis. On retrouve le même problème chez Nietzsche et ce syncrétisme invraisemblable du nietzschéisme de gauche: le bien c'est la maximisation de la puissance*. Sauf que non, à un moment il faut se poser la question de l'usage de la puissance, et ça suppose que le critère ne peut pas être la puissance elle-même. *Nietzsche est cependant beaucoup plus soucieux que ses partisans "libertaires" de donner une forme, une discipline, à la puissance accumulée.
  12. Éthique et tac

    1): Non, ça c'est du subjectivisme, ce qui est précisément ce que j'attaque (je t'invite à lire mes posts des pages précédentes). Je soutiens au contraire que ce qui est bon est objectif et indépendant de l'idée qu'on s'en fait. 2): Et non, car les conséquences négatives excèdent le seul risque d'être un jour découvert et puni. Il est donc irrationnel de voler même si je porte l'Anneau de Gygès (cf: https://fr.wikipedia.org/wiki/Anneau_de_Gygès ). Là encore voir les Maximes capitales et Sentences vaticanes. 3): ça, ce serait plutôt la position de @Neomatix, que j'appelle moralité inter-subjective. Je la trouve douteuse. Dans le meilleur des cas, on n'obtiendra qu'une éthique minimaliste, ce qui ne me satisfait pas. 4): Ben oui, quand même, on ne peut guère réduire le bien au désir immodéré, sauf à tomber dans le nihilisme.
  13. Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2

    Ah non, ça se défend. C'est un meilleur candidat que Hobbes en tout cas.
  14. Le droit de propriété à la francaise

    Je dubite grandement.
  15. Allemagne, Übermensch und Kartoffel

    Je parlerais du Parti Libéral-démocrate la prochaine fois qu'un guignol m'explique que l'ultralibéralisme dirige le monde. Faudrait m'expliquer comment on dirige le monde en faisant 10% aux élections. Bien sûr ça n'arrêtera pas les conspis mais on ne peut pas sauver tous le monde.
  16. Ces phrases qui vous ont fait littéralement hérisser le poil 2

    Il y a quelques temps j'ai parcouru l'anthologie Les Libéraux de Pierre Manent. C'est très bien fait, on apprend que Milton est le premier libéral de l'histoire, et il y a même un chapitre (hélas très court) sur Spinoza. Mais à un moment de son long et dense avant-propos, il dit un truc comme quoi les socialistes ont eu raison "de mettre en cause la prédominance du consommateur dans la représentation libérale de l'homme".
  17. Allemagne, Übermensch und Kartoffel

    Le FDP n'en veut pas donc a priori c'est bon. Ce qui est curieux car Wikipédia décrit le parti comme très européiste. Apparemment ce sont des ordolibéraux, et on sait ce que Mises pensait de l'ordo-libéralisme
  18. Allemagne, Übermensch und Kartoffel

    Sont-ils vraiment libéraux ?
  19. Le droit de propriété à la francaise

    Rappelons néanmoins qu'officiellement, une partie du territoire français peut accéder à l'indépendance après référendum local. Bon, c'est quand même mieux accepté pour la France ultramarine, c'est sûr.
  20. Présentation de Mégille

    ?
  21. Éthique et tac

    1): Je ne suis pas sûr que nos phénoménologues en soi aussi convaincus que nous, mais @Mégille les connaît sûrement mieux que moi (d'ailleurs de même que je suis curieux de voir comment on peut pencher vers le kantisme sans tentation hégélienne, je suis curieux de savoir comment on peut aimer Husserl et pas ce qui s'ensuit, par exemple Sartre ou Heidegger ou Michel Henry...). Je me suis plus penché sur les idéalistes antérieurs et en ce qui concerne Descartes, on ne retrouve la certitude de l'objectivité que par la médiation de Dieu, ce qui n'est pas concluant ...(un Dieu connu par l'idée innée de sa perfection, par-dessus le marché !). Quant à l'idéalisme de Berkeley, c'est encore pire... 2): on peut acquérir une connaissance de la manière dont, disons, un insecte, appréhende le monde, tout de même. Après ce n'est pas une vraie objection puisque, comme dirait l'autre, on ne saura jamais ce que ça fait d'être une chauve-souris.
  22. Légalisation du chantage

    Ah bon ? ça revient à fuir la justice alors...
  23. Présentation de Mégille

    Bien vu. Me semble que dans Les lois, Platon ce communiste interdit d'émigrer de la cité idéale...
  24. Présentation de Mégille

    Comme le libéralisme ne repose pas sur l'imposition du BIEN (une éthique maximaliste comme dirait Ogien) aux individus, il est taxé ad nauseaum de relativisme, de vacuité, d'in-substantialité, de "matérialisme" (au sens vulgaire d'existence humaine réduite au consumérisme, etc). Ce qui est totalement idiot car il admet la vertu, mais dans la vie individuelle, pas comme fondement du lien politique. On peut vivre politiquement même avec des gens qui ne sont pas conformes à notre idée du bien. Initialement le but était d'arrêter les guerres civiles entre catholiques et protestants ; au bout de quelques siècles les athées et autres hérétiques ou minorités ont pu acquérir les mêmes libertés politiques. Bien sûr le pluralisme des sociétés libérales demande de la tolérance, il faut accepter de croiser des êtres bizarres et irritants de temps à autres, notre post-modernité tend d'ailleurs à se peupler de foucaldo-deleuziens nouveautés tératologiques qui nous font parfois nous demander si les guerres civiles contre les hérétiques étaient si terribles que ça
  25. Éthique et tac

    Le libéralisme est une philosophie politique ; or c'est de philosophie morale que nous débattons ici -loué soit @Lancelot En revanche tu peux douter de mon kantisme, je confesse mon anti-kantisme scandaleux
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