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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Grandiloquent si tu veux ; en attendant, tous les discours culpabilisateurs (distincts de la critique), depuis la repentance coloniale jusqu'aux années mal éclairées et aux auteurs qu'il faudrait ne pas lire / censurer / brûler, etc., tous le discours sur la culpabilité de l'Occident, sur l' "inconscient raciste" des Français, etc., c'est un héritage du tiers-mondisme des années 60. D'où mon "pas trop mal vu". Mais bon, ce ne sera pas la première fois que la nuance t'échappe.
  2. J'ai terminé l'Éthique à Nicomaque. J'aurais quelques considérations à faire dessus dans le fil sur l'éthique, dans quelques temps. Mais j'aurais tendance à dire qu'une conception perfectionniste de la morale, indépendamment de sa validité intrinsèque, ne semble pas un bon appui pour le libéralisme. Est-ce un hasard si Aristote conclut en attaquant le système éducatif de libre-marché en vigueur dans la plupart des cités grecques ? (on peut bien sûr excuser l'antilibéralisme d'Aristote en soutenant qu'il n'y a pas de solution de continuité entre sa morale et sa doctrine politique. Mais ça n'est pas génial comme défense ): "Mais il n'y a que dans la Cité de Lacédémone ou peu s'en faut que le législateur semble s'être préoccupé de la manière d'élever les enfants et de règler leurs conduites. Dans la grande majorité des Cités, en revanche, ce genre de choses ne fait l'objet d'aucune préoccupation et chaque particulier y vit comme il le souhaite. [...] Le mieux est que voit le jour une préoccupation commune de l'éducation. [...] Quand les préoccupations sont communes [...] elles s'exercent évidemment par le moyen de lois. [...] On peut penser qu'on tient un compte plus exact des particularités lorsque l'instruction est privée, car chacun peut mieux avoir le traitement adéquat. [...] Néanmoins [...] c'est par le moyen de lois que nous pouvons devenir bons." -Aristote, Éthique à Nicomaque, Livre X, traduction Richard Bodéüs, GF Flammarion, 2004, 560 pages, p.543-545.
  3. Une mission pour notre portraitiste politique de talent, @Nathalie MP !
  4. J'ai lu (un peu) Mackie, je ne le classerais pas dans les post-modernes. D'abord parce que le scepticisme moral ne vient pas "après" la modernité, il existe déjà dans l'Antiquité. Ensuite parce que Mackie est capable de s'exprimer clairement (style analytique si vous voulez, quoi que personne ne sache définir en quoi cette philosophie consiste). On reconnaît le post-modernisme a ceci: -Politiquement: un désenchantement / abandon du marxisme (mais rarement de l'anticapitalisme), qui tonne un ton pessimiste (d'où la critique du progrès / de son idéologie, qui peut mener à des formes d'écologisme et/ou de romantisme). -Intellectuellement: le post-moderne se veut "après" les grands récits, mais il a lui aussi un récit ou du moins un tronc commun avec ses pairs, à savoir précisément l'affirmation de la fin / faillite de la modernité et de ses concepts (s'agissant du rapport à la vérité, le post-moderne ne voulant pas revenir à des conceptions antiques ou imprégnés de théologie, il peut facilement insinuer que la vérité n'existe pas / plus. Je mets le charabia de Baudrillard là-dedans). Par ex chez Foucault: "pour Foucault, c'est justement de ces notions classiques (totalité, continuité, causalité) que l'analyse "généalogique" ou "archéologique" doit se déprendre." (Roger Chartier, Les origines culturelles de la Révolution française, 2000). Voir aussi la critique de la notion d'identité, qui débouche volontiers sur un constructivisme / anti-essentialisme radical, parfois adossé à un imperium linguistique ("le réel n'est qu'une construction discursive", etc. Allusion récurrente aux jeux de langage wittgensteinniens). -Stylistiquement: c'est difficile de donner une caractérisation objective mais le style post-moderne me semble avoir pour traits saillants l’obscurité, le jargon, le manque de rigueur (absence de définition), des jugements péremptoires sans argumentations, des tournures alambiquées qui rendent difficile de déterminer si l'auteur croit à ce qu'il dit ou non, le goût des métaphores / jeux de mots / provocations, l'usage de citations / mentions d'auteurs / d’œuvres sans utilité manifeste pour la progression du raisonnement (name-dropping) ou de manière allusive / cryptique -parfois accompagné de grandiloquence verbale au regard des résultats de la recherche (je pense à Agamben par exemple) ; inversement, pas de recours aux textes critiqués, empêchant de confronter directement ce qui est dit d'un auteur par rapport à ce qu'il a écrit.
  5. Il ne s'ensuit pas que le rôle de tel Etat soit d'aller (essayer) de faire régner la justice à l'étranger / dans le monde entier. A la fois pour des raisons utilitaires (ça ne réussit pas souvent, pour en dire le moins) et principiels (les guerres non-défensives sont contraire à la souveraineté nationale et par suite au droit international ; les objectifs "humanitaires" peuvent être étendus de façon exponentielle et font donc peser une pression fiscale démesurée sur les citoyens, sans défendre en rien leurs droits naturels).
  6. Avant de discourir sur les inégalités, faudrait déjà distinguer monnaie et richesse. Des zéros dans un ordinateur ne sont pas de la richesse. Edit: grillé par @Tramp, ça m'apprendra à répondre avant de tout lire.
  7. Des fois, on ne peut pas sauver les gens. C'est tragique mais c'est comme ça. Et quand on essaye, c'est pire. Du moins de l'extérieur. Les processus endogènes fonctionnent à l'évidence moins mal. Mais bon, si le laisser-faire était intuitif, ça se saurait. Le mal qu'on voit rend aveugle à celui qu'on ne voit pas. « Ici-bas, il y a des gens qui sont prêts à suivre n'importe quel dragon, à vénérer n'importe quel dieu, à ignorer n'importe quelle iniquité. Non pas la vrai haute créativité dans le mal des grands tyrans, mais une sorte de noirceur de l'âme produite en masse. Le pêché, vous pourriez dire, sans la moindre trace d'originalité. Ils acceptent le mal non pas parce qu'ils disent "oui", mais parce qu'ils ne disent pas "non". Je suis désolé si cela vous offense, mais les gens comme vous ont vraiment besoin de nous. Oh, oui. Nous sommes les seuls qui savent comment faire marcher les choses. Voyez-vous, la seule chose que les "bons" savent faire, c'est de renverser les méchants. Et vous le faites fort bien, je vous l'accorde. Mais l'ennui, c'est que c'est la seule chose à laquelle vous soyez bons. Un jour on sonne les cloches et on renverse le méchant tyran, et le jour suivant tout le monde se plaint que depuis que le tyran a été renversé, personne ne sort plus les poubelles. Parce que les méchants savent comment planifier. Cela fait partie de la spécification, si vous voulez. Les bons, semble-t-il, n'y arrivent pas. » -Le tyran d'Ankh-Morpork, Lord Vetinari, au redresseur de torts, in Terry Pratchett, A la Garde !, 1990.
  8. Tu peux toujours faire voter des sanctions économiques à l'ONU mais comme disait @Tramp à propos de la Corée du Nord, c'est contre-productif. La route vers l'enfer et les bonnes intentions, toussa.
  9. Si c'était vrai il n'aurait pas quitter le FN suite à un désaccord sur la ligne du parti. Se condamnant par-là même à une existence politique folklorique sans plus aucune chance d'accéder au pouvoir.
  10. Yep. Je lirais la Théorie de la justice un de ces jours par acquis de conscience (je lis beaucoup trop de choses par acquis de conscience ), mais la masse de discussions qu'elle soulève me semble effarante compte tenu de toutes les bonnes objections qu'on peut trouver. De mon côté je fais de tout petit pas. Il y a dénommé Tom Clark qui pense que soutenir un conséquentialisme est logiquement nécessaire si l'on soutient le naturalisme moral en méta-éthique (ce qui me rassurerait sur la cohérence de mes positions): "On a naturalistic understanding of ourselves that discounts supernatural foundations for morality, it’s the beneficial consequences of a moral system that ultimately ratify it in the eyes of its subscribers." (http://www.naturalism.org/philosophy/morality/naturalism-and-normativity ). Bon après il ne donne pas de preuve et je ne vois pas vraiment d'où viendrait la nécessité. Je soumets la question à l'attention du public. Il semble aussi, comme tu le disais @Lancelot, que réduire les propriétés morales à des propriétés naturelles face bien de la recherche morale une science (https://www.philosophybasics.com/branch_ethical_naturalism.html ) -Holbach parlait déjà en 1773 de la morale comme une "science des mœurs"-, ce qui m'interroge toujours sur le statut de la normativité dans une telle activité. Après on peut résoudre radicalement la question en envoyant balader Weber et en disant que la science ne peut pas être exempte de jugements de valeur, comme le fait par exemple Lordon Leo Strauss. Sinon j'ai trouvé cet article qui parle du rôle de la science pour l'avancement de l'éthique normative, mais c'est hyper coriace à lire... : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3068523/
  11. On va retomber sur le problème de définir ce qui est extrême. Fin bon, de fait, le parcours politique de Philippot ne marque pas le passage d'un "extrême" à l'autre suivant le fer à cheval d'Armin Mohler. Et d'ailleurs le FN n'est pas ce qu'il y a de plus à droite en France.
  12. @F. mas Disons qu'il y a bien des manières de s'opposer au pouvoir et/ou de critiquer le développement de l'Etat ; le libéralisme n'en est qu'une parmi d'autres. Untel peut bien avoir dit des choses qu'un libéral ne renierait pas, être libéral doit nécessairement être davantage que soutenir une juxtaposition de prescriptions. Le fait que les libéraux ne soient pas d'accord entre eux sur les fondements de leur position rend le problème plus ardu, néanmoins cette diversité semble bien déboucher sur une même manière de penser la liberté. Elle implique notoirement une dimension égalitaire, les utilitaristes et les jusnaturalistes seraient d'accords pour dire que personne ne devrait être plus libre que quelqu'un d'autre. Or ni Hume ni Montesquieu ne défendent l'égalité juridique. Par exemple. Je ne suis pas sûr non plus que l'un ou l'autre admette quelque chose comme un droit de résistance à l'oppression. Montesquieu semble à certains égards plus proche des conceptions féodales, anti-absolutistes, de la monarchie, que du libéralisme. Hume est conservateur en ce sens qu'il s'oppose par exemple au contractualisme de Locke, lequel et quels que soient ses défauts a une dimension égalitaire. Il est aussi mieux disposé envers l'absolutisme français que le whig moyen (dixit l'introduction de ses Essais moraux, politiques et littéraires, et autres essais parus aux PUF -si je ne m'abuse).
  13. L'article est assez convainquant je trouve. On pourrait aussi arguer que Montesquieu est l'auteur préféré d'Arendt...
  14. This and this and this.
  15. Moi vers 12 ans je lisais en boucle Christian Jacq, mais je pense que les effets secondaires rendent le processus peu recommandable Bobby Pendragon c'est cool (mais faut aimer les retournements de situation et les grands complots de masse qui font des nœuds au cerveau ). Artemis Fowl sinon. C'est plein d'humour. Percy Jackson aussi (pas le film qui est une insulte encore plus grande que celui sur Eragon) ; Même si c'est mieux d'avoir des bases en mythologie grecque pour apprécier tout le sel de la chose.
  16. Je pense pourtant que c'est à lui que devait penser @Lancelot quand il s'étonnait de mon étonnement s'agissant de la survie de ce concept dans les théories politiques contemporaines. Je cite le texte que j'évoque: "Comment Rawls va-t-il s’y prendre pour produire cet accord raisonnable sur les règles de justice ? Dans le choix de sa méthode réside l’apport majeur du philosophe américain. En un sens, Rawls va radicaliser, c’est-à-dire conduire jusqu’aux racines, l’attitude d’ « un spectateur désintéressé et bienveillant » que revendiquait Mill dans l’extrait précédent, puisque cette méthode permet un jugement « rigoureusement impartial » . Il imagine une situation purement hypothétique, qu’il nomme la « position originelle », et qu’il choisit pour méthode afin de la placer au fondement de sa théorie de la justice. Dans cette situation, les êtres humains seraient placés derrière un « voile d’ignorance ». Ils ne connaitraient rien de leur identité, de leurs talents, de leur place sociale, de leurs goûts, et des fins de leur vie. Ils sauraient seulement que certains « biens premiers (primary goods) », qui sont la liberté, la richesse, le revenu et le respect de soi, sont nécessaires pour mener une vie bonne. Le savoir de ces biens premiers interdit aux êtres humains d’agir de façon uniquement partiale et de ne favoriser que leur propre situation particulière. Rawls suppose ensuite qu’on demande aux partenaires en « position originelle » de choisir les principes de justice à partir desquels ils seront gouvernés quand ils retourneront dans le monde social réel. On voit que l’hypothèse de la « position originelle » est une nouvelle conception de l’état de nature qui précéderait l’état civil ou social, tel que l’ont élaboré les philosophes du « Contrat », de Hobbes à Rousseau en passant par Locke. On voit surtout que l’abstraction, qui consiste à faire le plus possible abstraction de l’expérience, particulièrement historique, et donc à simplifier notre pensée, est nécessaire pour arriver à une pensée impartiale. La différence entre ces philosophes et Rawls est que ce dernier ne s’appuie pas sur le contrat pour légitimer l’autorité politique ou celle de la loi, mais pour déduire les principes de la justice sociale." -Jean-Michel Pouzin, « L’idée de justice selon Jaurès et d’équité selon le philosophe contemporain John rawls », dans le cadre de la semaine Jaurès, du lundi 25 au vendredi 29 janvier 2016, Jeudi 28 janvier 2016 à 18h 30 au Centre culturel Didier Bienaimé, 12 pages, p.6. Les kantiens sont vraiment des tordus.
  17. Tu as des critères trop larges. Chevènement ce n'est jamais qu'un dissident de la gauche du PS, pas un trotskyste (alors que Méluche réunit ces deux propriétés. Et encore, qualifier Mélenchon d'extrême est des plus facétieux quand on admet des comparaisons historiques).
  18. Je comprends mieux les taux de suicide de ces pays
  19. Je suis d'accord ; mais on ne peut pas non plus exclure le rôle du virage liberal (terrain déjà bien occupé par le PS) dans le déclin du PC. Quand tout ce que tu as à vendre c'est l'ignominie de la condamnation de Jacqueline Sauvage (cf la ligne de la revue Regards), c'est que tu es passé du côté petit-bourgeois de la Force.
  20. "Le jeune homme s'était tu, puis, après réflexion: "Vous savez, monsieur Rearden, il n'y a pas de valeur absolue. Il ne faut pas être trop à cheval sur les principes, il faut un peu de souplesse, tenir compte des réalités du moment, agir en fonction des opportunités. -Allez-y, mon vieux. Essayez donc de fondre une tonne d'acier sans principes, en fonction des opportunités." -Ayn Rand, La Grève, Paris, Les Belles Lettres, 2013 (1957 pour la première édition états-unienne), 1168 pages, p.369.
  21. C'est le même hater qui m'a downvote avec @Noob, @Nigel et @Fagotto ?
  22. 1): c'est juste un radical-socialiste, qui comme à la grande époque fait de la chasse d'une certaine communauté religieuse sa seule politique. 2): Un homme qui aime tellement son pays qu'il songe à le débarrasser de sa présence. Tant de patriotisme me laisse pantois.
  23. "On reconnaît ici la critique hayekienne du positivisme juridique : si la loi crée la société, elle n’est précédée par rien, elle définit seule ce qui est juste et rien ne peut s’opposer à elle. Si la propriété est conventionnelle, elle ne saurait être un frein au pouvoir." -Valentin Vincent, « Sur les fondements du libéralisme. Évolutionnisme et droit naturel chez Bastiat et Hayek », Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, 2003/1 (N° 17), p. 49-71. Savoir si la propriété précède la loi ou le contraire a autant de sens (c'est-à-dire aussi peu) que de savoir si l'économie est première ou non par rapport à la politique. En réalité toutes ces choses existent à tous les moments. Si on veut s'acharner à nier cette simultanéité, on est obligé d'inventer quelque chose comme un état de nature et on attaque alors la légitimité de l'Etat sur la base d'une fiction (contractualisme lockéen), qui prête aisément le flanc à la critique -pour ne pas dire au ridicule (homme non social, abstraction irréaliste, etc.).
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