-
Compteur de contenus
11 906 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
46
Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback
-
Présentation Cristaline
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Cristaline dans Forum des nouveaux
Oh, si, bien sûr. Mais chaque fois que je le fais en ces lieux, je m'attire des boules puantes... Soit disant que les personnages de Rand ne sont pas "réalistes" (je me demande bien pourquoi on ne dit jamais ça des personnages de Christian Jacq, qui sont autrement plus volontairement archétypaux, et très bons à leur manière). -
Le crédit social / dividende monétaire
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Jukebox dans Economie
Les liberals (ainsi que les anarchistes individualistes) se réclament comme les libéraux de l'individu, affirment mettre l'Etat à son service, se distinguent des communistes par cet individualisme, et se distinguent aussi des perfectionnistes de gauche en admettant que le pouvoir politique n'a pas à uniformiser les comportements (voire tiennent la diversité -des cultures et/ou des conceptions du bien- en soi pour une chose positive, ce qui me laisse pantois -mais ça c'est mon côté rationaliste: "La diversité des idées du Bien est un capital commun, une richesse pour tous, en ce qu'elle favorise la diversification des expressions des qualités humaines." -Alain Boyer, "Justice et égalité, in Denis Kambouchner (dir.), Notions de philosophie, III, Gallimard, coll Folio essais, 1995, 736 pages, pp.9-83, p.72). N'empêche que parler d'individualisme à leur sujet est abusif, puisqu'ils admettent que l'individu naît endetté vis-à-vis de la société, que le mérite n'a aucune valeur morale (Rawls), et que donc on peut piquer son pognon au citoyen pour réaliser des objectifs sociaux "pour le bien-être individuel" (et là ça devient rapidement dystopique). Chaque fois que vous entendez des liberals ou d'autres dirent "l'homme n'est pas un individu isolé, il y a une société, une culture, etc.", sachez bien qu'il y a un glissement normatif implicite dans leur pensée, que ça signifie pour eux que l'individu naît endetté vis-à-vis de la société (ce qui est contradictoire avec le concept de dette, qui présuppose un contrat, ce qui présuppose votre consentement), et que donc l'Etat (qui surgit ici dans la magnificence d'un non sequitur) est légitime pour venir vous dépouillez de ce qui vous appartient. -
Présentation Cristaline
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Cristaline dans Forum des nouveaux
Deux idéalistes autoritaires... C'est là où on voit que les différences importent ou non selon le point où on se place. -
Présentation Cristaline
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Cristaline dans Forum des nouveaux
1): Bienvenue ! 2): T'inquiètes pas, à 20 ans je devais encore être marxiste. Mais c'est une maladie qu'on sait mieux soigner de nos jours 3): ça c'est très difficile à déterminer au lycée, tous mes profs étaient keynésiens. 4): Bien, très bien ça... Pour moi c'est Le Socialisme de Mises qui m'a définitivement arraché au socialisme Bien bien, je ne vais plus être le seul à défendre Nietzsche. Au fait, pourquoi Kant ? ça fait un peu trop de philosophie allemande tout ça. Si tu aimes la philosophie je te conseilles La Vertu d'égoïsme de Ayn Rand, et le Système social d'Holbach. Et aussi tant qu'à faire aussi Capitalism de George Reisman (un disciple de Mises et d'Ayn Rand). -
Éthique et tac
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Lancelot dans Philosophie, éthique et histoire
1): Même si c'est le cas, je ne vois pas en quoi ce serait non-factuel. Les idées et les interprétations du monde sont des faits. Le fait que ces idées soient vraies est encore un autre fait ("il existe une relation d'adéquation entre telle idée et tel état du monde"). 2): Je pose ça comme premier dans la discussion parce qu'il est question de morale et que c'est plus élégant et plus ordonné de faire comme si le fondement de la morale était déjà connu. Mais si on veut rendre compte de la découverte de la nature humaine dans l'ordre où on l'a découvre réellement, il semble nécessaire que l'on fasse d'abord l'expérience qu'on peut être heureux, et qu'acquérir une idée aussi complexe (et démodé) que celle de finalité nécessaire de l'être ne vient qu'ensuite. Peut-être que je n'arrive pas à prouver qu'il existe une tendance interne de la nature humaine (et il est vrai que dans un cadre matérialiste, ce n'est pas forcément évident de poser qu'il y un être doté d'une tendance alors que le reste des choses physiques non-vivantes est seulement régi par la causalité). Peut-être bien que je me trompe et que ça n'existe pas (auquel cas je vois mal comment la nature humaine pourrait avoir un rôle normatif). Mais ce n'est pas une pétition de principe juste parce que je ne saurais pas fonder la moralité autrement (même si c'est le cas par ailleurs). 3): Moi si, mais il faut dire qu'en bon empiriste bas du front, je comprends mal ce que serait une connaissance a priori. Par exemple, Mises explique que toute la praxéologie est a priori. Sauf que si on ne savait pas déjà (confusément et en première personne, ou par observation) ce qu'est une action, toutes les propriétés de l'action qu'il expose nous seraient incompréhensibles. Pour moi c'est une analyse conceptuelle qui ne fait que clarifier ou accroître une connaissance d'origine empirique (mais y-a-t’il des connaissances autres ?). 4): Je veux bien que la manière dont on passe de la joie ou du plaisir au bonheur soit un peu mystérieuse, mais ce sont quand même des états différents. Et l'action ne peut pas être finalisée au plaisir parce que le plaisir n'est pas un état terminal "clos" sur lui-même, mais plutôt dynamique (d'où le risque d'une quête effrénée de plaisirs brefs, dénoncée par à peu près tous le monde). Après on pourrait dire comme Schopenhauer que toute la vie humaine n'est qu'une relance perpétuelle du désir entrecoupée de déceptions. Mais manifestement c'est faux puisque le bonheur existe, et que lui est un état autosuffisant et calme. Alors que ce n'est pas contradictoire d'avoir du plaisir et de la douleur en même temps. 5): Comparable, peut-être, mais mon "moi" futur est quand même beaucoup plus moi que ne l'est n'importe quelle autre personne... Mon intérêt pour lui n'est donc pas désintéressé. Et on peut renverser ton affirmation: c'est plutôt le souci de certains autres qui acquiert son importance par ressemblance (voire en raison de) mon souci de mon "moi futur". C'est par exemple parce que je ne voudrais pas plus tard être privé de l'amour des personnes qui m'aiment que je peux faire des concessions ou même ultimement me sacrifier (au sens non-objectiviste du terme) pour elles. Ce qui est tout à fait égoïste et rationnel. [soit dit en passant il y a une bonne scène dans le dernier Avengers qui montre assez bien ce que le sacrifice de sa vie peut avoir d'égoïste et de têtu]. -
Objectif France
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Sekonda dans Politique, droit et questions de société
Ce genre de choses n'arrivera pas si les anarcho-capitalistes extrémistes liborgiens font de l'entrisme dans le parti :) (no joke). -
Objectif France
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Sekonda dans Politique, droit et questions de société
Je trouve ce manifeste excellent, et bon signe, à deux points près. 1): "Une crise de civilisation est devant nous : l'Union Européenne pourrait disparaitre de l'histoire" => si seulement. Confondre l'Europe et sa civilisation avec ce petit machin technocratique d'à peine quelques décennies qu'est l'UE... 2): J'ai peur d'apprendre ce que signifie "la fermeté sur l'immigration"... Affaire à suivre, mais ça aurait pu être pire cette histoire de fusion. Je suis heureusement surpris et en politique française, c'est pas tous les jours ! -
Éthique et tac
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Lancelot dans Philosophie, éthique et histoire
C'est constater un fait (il y a des moyens qui marchent, et d'autres qui ne marchent pas). Au même titre que constater qu'un marteau est plus apte qu'une serviette pour planter des clous est un fait qui découle de façon immanente des propriétés de ces choses. C'est donc objectif et absolument pas relativiste. (J’appellerais bien mon eudémonisme l'objectivisme mais c'est déjà pris ). Je dirais pas non plus que la téléologie ne soit pas factuelle. C'est un fait que les gens veulent améliorer leur situation et agissent pour ça, et c'est un autre fait que passé un certain seuil de réussite ils se retrouvent tellement satisfaits qu'ils sont temporairement délivrés du désir d'agir (état qu'on peut appeler bonheur ou ataraxie ou plénitude). Tout ça est observable ou connaissable via l'expérience en première personne. -
Blogosphère politique
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Politique, droit et questions de société
Lu la préface de Pierre Manent au nouveau livre de Daniel Mahoney (ça pourra intéresser notamment @Rincevent et @PABerryer). Je suis d'accord qu'il a bien quelque chose comme un humanitarisme ou un cosmopolitisme qui vide le sentiment d'appartenance nationale de sa substance, le délégitime. Il est égotiste en ce sens qu'il coupe l'individu de toutes les valeurs héritées du passé (il est arbitraire parce qu'il ne le fait pas sur la base d'une critique raisonnée de ces valeurs -qui n'aboutirait vraisemblablement pas à un rejet intégral- , mais parce que celles des cultures étrangères sont arbitrairement posées comme "cool", "fascinantes", etc. C'est un exotisme d'ailleurs souvent superficiellement intéressé par la réalité desdites cultures, ou acritique vis-à-vis de leurs aspects négatifs). Il est aussi hédoniste en ce sens qu'il coupe l'individu de toutes les contraintes liées à l'appartenance nationale ("ringarde", "rance", etc.), du civisme, du sens de l'engagement. Il est enfin "présentiste" (et donc encore tendanciellement hédoniste), parce que si je n'ai pas le sentiment d'appartenir à quelque chose qui m'a précédé et me survivra, hé bien, à quoi bon l'effort, à quoi bon produire des œuvres, fonder une famille, me soucier de l'avenir en général ? Il semble donc raisonnable de dire que cet état d'esprit est nocif d'une part parce que le sentiment d'appartenance en soi est source de bienfaits moraux pour l'individu, d'autre part parce qu'au moins une partie des valeurs héritées du passé national peuvent raisonnablement être jugées bonnes, exemplaires, structurantes, etc. (Si j'étais conservateur / évolutionniste, je pourrais aussi dire que les valeurs héritées ont passé l'épreuve du temps et prouvées qu'elles étaient viables, ce qui n'est pas le cas d'un patchwork personnel évolutif empruntés à différentes cultures étrangères. Mais ce n'est pas le mode d'argumentation que je retiendrais). Là où je suis en désaccord avec Manent c'est lorsqu'il écrit: "En tant que citoyens, nous avons besoin de pouvoir exercer nos droits et remplir nos devoirs dans une association politique dont la légitimité ne saurait être remise en question au nom de « l’humanité », comme lorsque l’on prétend que le gouvernement légitime d’une nation n’a pas le droit de déterminer quelles personnes il acceptera à l’intérieur de ses frontières, puisque les migrants ne font qu’exercer leurs droits humains. Selon cette conception des choses, les droits humains l’emportent sur toutes les considérations de justice ou de prudence politique." Sans aller jusqu'à traiter Manent de nationaliste, les principes exposés dans ce passage relèvent bien d'une logique nationaliste (et la conclusion antilibérale ne peut pas surprendre). Parce qu'il veut énergiquement rejeter l'humanitarisme, Manent tombe dans l'excès contraire. En réalité, comme l'ont montré les analyses conceptuelles de Michel Lacroix, le patriotisme authentique est un juste milieu entre ces deux extrêmes. Il équilibre des attachements particularistes et universalistes. C'est au travers de mon pays unique et singulier que je peux promouvoir et réaliser des valeurs universellement valables. Humanitarisme et nationalisme sont deux mutilations inverses de cette visée légitime, deux formes de rapports pathologiques à la communauté nationale. Manent a tort d'écrire que l'on ne peut pas légitimement opposer au pouvoir politique et la collectivité nationale dont il émane un idéal d'humanité. S'il en était ainsi, si mon pays se mettait à violer sans vergogne les plus hautes valeurs morales (et leurs traductions politiques dans les droits de l'Homme), alors il ne serait plus ma patrie, l'endroit où j'ai choisi de vivre et pour lequel je pourrais accepter de mourir. Mon pays (a fortiori mon gouvernement) n'est pas mon pays right or wrong, quoiqu'il fasse, parce que l'appartenance nationale n'est pas un fait de nature inéluctable (c'est l'erreur de la conception traditionnelle allemande), mais comporte un élément volontariste (c'est précisément ce qui rend possible d'assimiler des étrangers, ce dont je doute que Manent se plaindrait). Mais s'il en est ainsi, c'est parce qu'il y a un accord tacite entre mon pays et moi. Je lui dois mon amour parce qu'il le mérite, je ne lui donne pas inconditionnellement. Sinon, le patriotisme serait en effet la folie déraisonnable qui voit l'humanitariste. Or, comme disait le général de Gaulle, la raison participe du patriotisme tout autant que le sentiment. C'est parce que le patriotisme bien compris inclut une composante universaliste qu'il n'y a rien d'illégitime ni d'antipatriotique à m'opposer à mon gouvernement ou à mes concitoyens s'ils abandonnent cet amour rationnel, qui les élèvent et les rends meilleurs qu'ils ne sont, au profit de l'attachement borné, exclusif et fanatique que constitue le nationalisme. Ce sont ceux qui idolâtrent la patrie en la changeant en un absolu incontestable qui, en fait, ne l'aiment pas réellement (exactement, ainsi que le remarque G. K. Chesterton, comme ce n'est pas aimer une personne individuelle que de lui donner toujours raison ou de commettre n'importe quel acte à son profit. Un amour n'est rationnel que s'il fait le bien de l'être aimé, et que celui-ci le mérite. Ce qui peut, parfois, impliquer de lui rappeler ce qu'il est et quels sont ses devoirs). Ce sont les nationalistes qui n'aiment pas leur pays, parce qu'ils l'aiment de travers. Parce qu'ils le défigurent. Et c'est ce que nous apprends l'affaire Dreyfus (« Vous insinuez que nous ne sommes pas patriotes: c’est nous qui le sommes, puisque nous voulons pas que la patrie soit déshonorée par une infamie ; et c’est vous qui ne l’êtes pas, puisque vous voulez que la patrie soit déshonorée par cette infamie. » -Charles Péguy, Le Progrès du Loiret, 20 octobre 1898, OPC, t.1, Paris, Gallimard, Pléiade, 1987, p. 119). Et c'est ce que nous apprend la résistance européenne au national-socialisme (lisez les Lettres à un ami allemand d'Albert Camus). Et c'est ce que nous apprennent les appelés réfractaires durant la Guerre d'Algérie. Et c'est encore ce que nous apprennent ceux qui refusent de laisser les nationalistes faire de la France un pays fermé et xénophobe. On ne peut pas opposer la patrie à l'humanité (comme le fait le nationaliste), ni abandonner la patrie pour l'humanité (comme le voudrait le "citoyen-du-monde"). "La patrie est l'initiation nécessaire à l'universelle patrie." (Jules Michelet, Le Peuple, 1846). -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Je pense de plus en plus que l'oubli ou la négation de la nature humaine à l’œuvre dans la philosophie moderne (particulièrement dans sa variante allemande) et le relativisme moral calamiteux qui en découle (violence incluse, Rothbard ayant raison de pointer qu'il est naïf de croire que le relativisme porte à la paix, il porte tout autant à la violence puisqu'il supprime la possibilité d'un accord et d'une obéissance rationnelle) trouve son origine dans la philosophie de Kant et avant lui de Rousseau. "Kant et après lui le jeune Fichte déplacent l'idée de nature humaine et pensent l'unité de l'humanité en termes de destination: les Droits de l'Homme ne sont pas des droits originaires. Il est cependant possible d'arguer que la rationalité et la liberté, la capacité d'arrachement aux déterminations naturelles, caractérisent bien une sorte paradoxale de nature, mais dont l'ouverture, la perfectibilité la distingue de toute essence immuable et implique la "discutabilité" des propositions éthiques et politiques. En tout état de cause, le recours à la Nature n'est guère satisfaisant, puisqu'il paraît possible de lui faire dire à peu près ce que l'on veut*, comme le montre l'exemple du séduisant Calliclès. Le fondement du Droit ne peut qu'être lui-même de l'ordre de la convention, du discutable, même s'il s'agit d'une norme supérieure (universalisable), en ce sens qu'elle permet de critiquer les lois positives." (Alain Boyer, "Justice et égalité, in Denis Kambouchner (dir.), Notions de philosophie, III, Gallimard, coll Folio essais, 1995, 736 pages, pp.9-83, p.30). * Vous aurez noté le côté sophistique de ce point. Comme disait Péguy: « S’il fallait renoncer à toutes les valeurs de l’homme et du monde à mesure que les politiciens s’en emparent et entreprennent de les exploiter, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus rien. » (Charles Péguy, « Note sur M. Descartes et la philosophie cartésienne », Cahiers de la Quinzaine, 1er août 1914, repris in Note conjointe, Gallimard, NRF, 1935, 319 pages, p.150). Le fait qu'on se soit effectivement servi de la référence à la nature pour justifier tout et n'importe quoi ne prouve pas que tout ces usages contradictoires étaient en fait justifiés. Comme Isaiah Berlin, comme tant de socdems, Boyer est lui même contraint de déduire de ses prémisses un démocratisme radical et nihiliste, érigeant le sophisme ad populum au rang de norme. Le bien, c'est ce sur quoi les gens se seront mis d'accord, peu importe le contenu: "Nous supposerons également comme peu contestables l'idée selon laquelle une situation dans laquelle tout le monde est plus satisfait que dans une autre est préférable à cette dernière (principe d'unanimité ou "de Pareto"). Si une situation A est plus inégalitaire que B, mais que tous les individus préfèrent pour ce qui les concerne A à B, alors A doit être "socialement" préférée à B." -Alain Boyer, "Justice et égalité, in Denis Kambouchner (dir.), Notions de philosophie, III, Gallimard, coll Folio essais, 1995, 736 pages, pp.9-83, p.51-52. Les théoriciens néo-kantiens de l'éthique de la discussion (abusivement qualifiés de libéraux dans ce qui suit, une fois de plus par confusion avec les liberals) en sont au même point, c'est-à-dire au raz-des-pâquerettes: "La philosophie politique moderne tente de parer aux dangers du principe occamien et spinoziste par la doctrine du droit divin des rois, c’est-à-dire du fondement a priori d’un pouvoir politique absolu, elle conçoit aussi de remédier à l’anarchie qui peut découler du conflit du droit naturel de chacun par le contrat originaire constitutif de la société politique, comme il apparaît encore. L’éthique de la discussion présente un analogon de cette position, tout en maintenant le principe occamien d’une volonté, c’est-à-dire d’une liberté absolue de toute finalité naturelle ou commune. La fonction de l’éthique, c’est-à-dire en définitive de l’Etat minimal du libéralisme, est en effet de chercher à réguler les tendances indéfiniment multiples de la société en assurant leur co-existence pacifique par une procédure de concertation permanente. La condition de cet ordre apparent, de cette « stabilité » de la société, selon l’expression de Rawls, n’est pas une éthique « métaphysique » appuyée sur quelques principes « extérieurs » au conflit des intérêts humains, telles, pour faire court, la finalité du bien ou du moins l’utilité individuelle ou collective, mais un débat démocratique susceptible d’amener à un consensus social sur les règles sociales nécessaires, dans l’ « espace public » de la « communication langagière », qui joue dans le domaine pratique le rôle des conditions transcendantales de l’analyse kantienne. Ce sont ces règles qui pourront être alors considérées comme « bonnes », au moins pour un temps, jusqu’à ce que de nouveaux conflits exigent de nouvelles règles." (André de Muralt, L’unité de la philosophie politique. De Scot, Occam et Suarez au libéralisme contemporain, Librairie philosophique Vrin, coll. Bibliothèque d’histoire de la philosophie, 2002, 198 pages). Vous remarquerez du reste que ces principes ont infusés la manière actuelle de gouverner en France. Quand le président dit: "Je crois au dialogue", ça signifie: "je ne sais pas comment argumenter pour légitimer mes décisions, alors on va créer un machin ad hoc pour faire discuter les citoyens ou des "experts indépendants", et ensuite ce sera du "ta gueule c'est démocratique" au menu". Brillant. -
Définir le principe de non-agression
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Mélenchon a dit que c'était le bien commun de l'humanité ou un truc chrétien rousseauiste du genre... Je ne vois pas pourquoi le proviso lockéen ne règlerait pas la question de la vie Lune, de l'univers, and everything else. -
Éthique et tac
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Lancelot dans Philosophie, éthique et histoire
Non. Et je ne vois pas comment la psychologie (ou toute autre science) pourrait nous faire sortir de la guerre wébérienne des dieux. On peut soutenir des valeurs contradictoires via de semblables mécanismes ou types psychologiques, mais ça ne résout rien sur la légitimité des raisons qui s'opposent. -
Éthique et tac
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Lancelot dans Philosophie, éthique et histoire
Il me semble pas que ça puisse être possible dans une perspective chrétienne, puisque l'ici-bas n'est ni la fin de tout ni même ce qui importe le plus. Par ailleurs (mais je lis peut-être superficiellement), tout un courant chrétien d'Augustin jusqu'à Pascal (ou jusqu'à Kant si on s'affranchit des schismes intérieurs au christianisme) semble penser que le bonheur est impossible ici bas. Un but impossible ne peut raisonnablement pas servir de justification ultime et encore moins de motivation à nos actions. Sinon j'ai lu l'Éthique à Nicomaque, il y a des passages auxquelles un eudémoniste ne retrancherait rien, d'autres qui semblent le contredire et qui ne sont pas clairs. Sinon faut pas non plus oublier le côte holistique des classiques. Peut-être que Platon voulait le bonheur de la cité dans son ensemble, mais selon comment on pense la relation du bien collectif et du bien individuel*, ça peut tout à fait contrevenir au bonheur de tel individu. * cf ceci, où je me pose pleins de questions: -
Éthique et tac
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Lancelot dans Philosophie, éthique et histoire
1): Bien vu, mais je n'ai pas non plus prétendu réfuter l'altruisme en général (même si j'ai dû dire plus haut dans le fil qu'il était arbitraire. La plupart des philosophies morales couronnées par la tradition sont arbitraires anyway. C'est pas étonnant que les gens se détournent sans état d'âme de l'étude de ces sujets). 2): En temps que bon gros empiriste de gauche bas du front, je vais soutenir qu'il n'existe rien de tel et que ceux qui prétendent entendre une "voix intérieure de la conscience" (les platoniciens de Cambridge et quelques autres depuis) ne font en fait que naturaliser des normes qui ont appris socialement. Or on ne peut suivre aveuglement les normes héritées, puisque nous savons qu'elles varient selon les lieux et les époques, et tenir que tous le monde a raison en faisant des choses qui se contredisent revient à sombrer dans le relativisme. 3): La formulation de la relation entre les 2 termes est légèrement différente (cf mes interventions précédentes dans le fil). Mais soit, pourquoi trouves-tu ça arbitraire ? Vois-tu un meilleur fondement à la morale ? 4): Ah, mais ce n'est pas exclusif Error is legion and the truth stands alone... -
Définir l'Etat (et autres notions politiques)
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Je me demande si on ne devrait pas rattacher Kelsen au niveau 1, en raison de sa conception de la démocratie parlementaire. -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Pourtant ça me serait bien utile d'avoir un terme sous la main pour souligner que je suis, sur un point fondamental, d'accord avec Platon ou Kant, tout en ayant plein d'autres divergences fondamentales par ailleurs... -
Éthique et tac
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Lancelot dans Philosophie, éthique et histoire
Bon ça fait un moment que j'avais envie d'écrire un peu contre l'altruisme (ce poison qui ravage nos sociétés via la culpabilisation et les concours de Virtue signalling, et in fine la social-démocratie). Pour ce faire je vais attaquer une thèse d'éthique normative qu'on pourrait appeler la conception non-instrumentale des vertus -ou encore, pour employer un barbarisme encore plus flagrant, le gratuitisme moral (à ne pas confondre avec la noblesse). Les gratuitistes pensent qu'il faut faire le bien pour lui-même, pour la pure beauté du geste en quelque sorte. L'expression stoïcienne suivant laquelle la vertu est sa propre récompense est emblématique de cette tendance. Pour eux, la morale enseigne à faire le bien, mais elle n'a pas de fondement ou de finalité extérieure à elle-même. Le perfectionnisme moral est une forme de gratuitisme. « Les hommes bons sont ceux qui sont disposés et capables de préférer l’intérêt commun à leur intérêt privé et aux objets de leurs passions, ou ceux qui, capables de discerner dans chaque situation quelle est l’action juste ou noble, accomplissent cette action parce qu’elle est noble et juste et pour aucune raison. » -Leo Strauss, Qu’est-ce que la philosophie ?, p.86. Le problème de cette position est évidemment qu'on ne voit pas du tout ce qui fonde la morale. On ne voit pas ce qui permettrait de prôner la morale à quelqu'un qui ne le serait pas déjà. Les gratuitistes comme Platon ou Aristote admettraient certes qu'être moral est nécessaire pour mener une vie heureuse, mais ils n'admettraient apparemment pas que ce soit pour être heureux (ou pour tout autre raison externe, comme vivre chez Ayn Rand) qu'il faille être moral. Au contraire, ils jugent que cette subordination dégrade la morale, la rend basse, intéressée, etc etc. Ils prennent la morale, qui est un moyen, pour une fin en elle-même. Cicéron a notamment polémiqué contre les épicuriens (qui eux défendent au contraire une subordination de la morale à la recherche du bonheur, une conception instrumentale des vertus). Faute de fondement, cette position gratuitiste est arbitraire (comme le kantisme donc) -et un peu absurde ("Il faut être moral parce que"). Elle n'explique pas pourquoi être moral serait souhaitable ou avantageux, elle ôte à la morale sa séduction rationnelle pour celui qui l'ignore initialement, elle lui ôte sa force motivationnelle pour celui qui la pratique. On peut certes continuer à agir moralement par habitude ou par conformisme social (ou parce qu'on sent quand même confusément, intuitivement, que ce serait cool d'être une bonne personne), mais ça n'est pas rationnel et on ne peut pas justifier pourquoi il faudrait être moral. Les gens qui adhèrent à une conception désintéressée de la morale sont en danger d'être manipulés ou exploités parce que leurs bons sentiments ne les tiennent pas eux-mêmes comme sujet éthique premier (voire tout court). Ils sont donc prédisposés à être culpabilisés, à accepter l'idée qu'ils n'en font jamais assez pour le bien d'autrui, etc. Pour peu que leurs autres croyances éthiques soient erronées, ils peuvent se sacrifier entièrement pour n'importe quoi. Évidemment, ceux susceptibles de les utiliser auront probablement des croyances morales très différentes... -
Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
Je pense qu'on peut être drôle et rigoureux sur le fond. Mais j'en demande beaucoup. -
Le féminisme
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Taranne dans Politique, droit et questions de société
Trop rapide et plutôt simpliste. -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
D'ailleurs j'aurais bien voulu demander à @Mégille s'il n'existe pas un nom pour qualifier la différence entre ceux qui pensent que la politique est subordonnée à la morale (les "classiques" depuis Platon jusqu'aux néo-thomistes, mais aussi des libéraux jusnaturalistes comme Holbach ou Ayn Rand, ou utilitaristes comme Bentham, ou bien encore des socialistes non-marxistes comme Kant Proudhon, Péguy, Jaurès, Henri de Man, les soréliens...), et ceux qui pensent que non, soit parce qu'il y a un conflit impossible à résoudre rationnellement entre les deux (Machiavel, Rousseau, Max Weber et Julien Freund), soit parce qu'il n'y a même pas de bien moral auquel subordonner le politique (Hobbes, Sade, Stirner, etc). Y a des pages fort intéressantes de Berlin là-dessus. « Je me rendis compte que toutes ces conceptions [réalistes-morales] partageaient un même idéal platonicien : en premier lieu, comme dans les sciences exactes, toutes les vraies questions devaient avoir une bonne réponse et une seule, tout le reste était nécessairement erroné ; en deuxième lieu, il devait exister une voie sûre menant à la découverte de ces vérités ; en troisième lieu, les bonnes réponses, une fois trouvées, devaient nécessairement être compatibles entre elles et former une totalité unique, car une vérité ne pouvait en contredire une autre –cela, nous le savions a priori. Cette espèce d’omniscience était la solution du puzzle cosmique. Quant à la morale, nous pourrions alors déterminer ce que devait être une vie parfaite en nous fondant sur une exacte intelligence des règles qui régissent l’univers. » (Isaiah Berlin, « La recherche de l’idéal », 1988, in Le bois tordu de l’humanité. Romantisme, nationalisme et totalitarisme, Albin Michel, coll. Idées, 1992 (1990 pour la première édition britannique), 258 pages, p.19) « A un certain stade de mes lectures, je rencontrai naturellement les œuvres majeures de Machiavel. Elles produisirent sur moi une impression profonde et durable, et m’ébranlèrent dans mes convictions. Je tirai d’elles non leurs enseignements les plus visibles […] mais autre chose. » (p.21) « [Machiavel] ne condamne pas les vertus chrétiennes : il signale simplement que les deux morales sont incompatibles, et il ne reconnaît pas de critère supérieur qui nous permette de trancher entre elles. La combinaison de la virtu et des valeurs chrétiennes constitue pour lui une impossibilité. Il vous laisse simplement devant le choix –lui sait où vont ses préférences. Ce fut pour moi la découverte –qui m’ébranla quelque peu- que toutes les valeurs suprêmes poursuivies par l’humanité aujourd’hui et par le passé n’étaient pas nécessairement compatibles les unes avec les autres. Cela sapa ma conviction antérieure, fondée sur la philosophia perennis, qu’il ne pouvait exister de conflit entre des fins authentiques, des bonnes réponses aux questions clés de la vie." (p.22) Bien entendu il n'admet pas de bien objectif parce qu'il n'admet pas l'idée qu'il existe une nature humaine: « L’hypothèse […] selon laquelle la nature humaine est fondamentalement [sic] identique en tout temps comme en tout lieu et obéit à des lois éternelles échappant à la maîtrise des hommes, est un postulat que seule une poignée de hardis penseurs ont osé mettre en doute. » -Isaiah Berlin, « Giambattista Vico et l’histoire culturelle », 1983, in Le bois tordu de l’humanité. Romantisme, nationalisme et totalitarisme, Albin Michel, coll. Idées, 1992 (1990 pour la première édition britannique), 258 pages, p.78. Le malheureux en est réduit au sophisme ad populum -comme le premier partisan de l'éthique de la discussion venu- comme outil de direction morale: « Il nous faut pas dramatiser l’incompatibilité des valeurs ; il existe de larges zones de consensus parmi les gens de diverses sociétés durant de longues périodes de temps quant au bien et au mal, au vrai et au faux. » -Isaiah Berlin, « La recherche de l’idéal », 1988, in Le bois tordu de l’humanité. Romantisme, nationalisme et totalitarisme, Albin Michel, coll. Idées, 1992 (1990 pour la première édition britannique), 258 pages, p.31. -
Chronologie du libéralisme en France
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
En l’occurrence c'est histoire de marquer l'existence d'un mouvement qui, à son début, avait un aspect anti-fiscal. C'est pas si souvent arrivé. D'ailleurs le sociologue Alexis Spire, qui a travaillé sur les révoltes fiscales, a été interrogé sur les GJ sur France culture. Il faudrait faire une étude sur les facteurs sociaux qui favorisent ou défavorisent le "consentement" à l'impôt. -
Chronologie du libéralisme en France
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Tu veux que j'ajoute une entrée sur le fait que Philippe a lu La Route de la Servitude (et que Chirac a filé la médaille de la ville de Paris à Hayek) ? -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
Bon, sans en être une partie au sens disciplinaire, mes activités sont tout de même subordonnées aux lois physiques... Pourquoi n'en serait-ils pas de même avec la morale (ce qui présuppose certes que la morale est objective) ? -
Mes lectures du moment
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Bastiat dans Lectures et culture
1): Disons que la plupart des soi-disant dilemmes moraux insolubles que j'ai pu croisé ne m'ont guère paru difficile à résoudre dans le cadre théorique que j'ai retenu, et donc a priori je suis optimiste sur le fait qu'il n'existe en fait pas de dilemmes insolubles ou de situations où toutes les parties auraient autant raison les unes que les autres (d'ailleurs je compte écrire un petit essai sur le cas paradigmatique de Créon et Antigone pour exposer cette idée). Mais je ne vois pas comment on pourrait établir définitivement et par avance qu'il en serait ainsi dans tous les cas conflictuelles imaginables. C'est plus une orientation de pensée qu'une position théorique en bonne et due forme. 2): Avec plaisir ;) -
Chronologie du libéralisme en France
Johnathan R. Razorback a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Philosophie, éthique et histoire
Nouvelle mise à jour:
