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Vilfredo

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Tout ce qui a été posté par Vilfredo

  1. Non Ils auraient pu porter un scaphandrier Les plaidoiries que ce genre de lois va donner ça fait rêver
  2. Administration de quoi? On dirait de la propagande antivax. Je retourne écouter Laibach
  3. Vilfredo

    Supa Playlist!

  4. Non au sens d’apprendre à jouer du cornet à piston
  5. Le moment en or c’est quand même — c’est une question gentille — oui oui c’est une question gentille et je la prends pas comme telle
  6. TIL que Samuel Beckett avait assisté aux Tavistock Lectures de Jung Et TIL la vie de Allan Bloom, que je m'imaginais comme un vieillard classiciste ronchon mais qui ressemblait en fait plutôt à un personnage de Isherwood: Il avait enseigné à l'ENS après que Strauss l'avait envoyé à Paris (il rencontre au passage Aron et se lie d'amitié avec... Susan Sontag!), mais qu'il ne lui avait pas donné de fric. Que fait le jeune Bloom? Il force à moitié le Père Fortin à acheter les oeuvres complètes de Strauss (qu'en bon disciple il trimballait apparemment avec lui), introduisant ainsi Fortin à Strauss, qui sera une influence durable sur son oeuvre en théologie (Fortin rencontre Strauss grâce à Bloom ensuite). La page wiki de Bloom est vraiment touchante: Saul Bellow était un de ses amis proches (ce type a vraiment connu l'Amérique entière):
  7. Tu as raison parce que Searle cherche à montrer que le langage dans son ensemble est une construction sociale (comme la monnaie etc.), mais au-delà de sa démonstration, je pense qu'on est plus proche de la vérité en disant que le critère pour que quelque chose ait une signification (là je ne considère plus le langage comme phénomène social) est qu'on puisse en parler sans quiproquo plutôt que que cette chose dont on parle ait un référent "réel", précisément parce qu'une partie de ce qui est "réel" ne l'est que dans le sens dont parle Searle (épistémiquement objectif mais ontologiquement subjectif si je me souviens bien de sa terminologie; la douleur pourrait peut-être entrer là-dedans). Donc je suis d'accord, mais je crois qu'il faut ajouter que le langage fait un peu de castle-building aussi. On peut voir la perception comme un processus formé par le fait que je suis dans le monde ("monde" pas au sens d'espace, mais au sens de Lebenswelt, donc le monde partagé par les subjectivités). Je ne peux pas voir que l'autre est dans le même monde que moi dans ce sens-là parce que le fait qu'il soit dans le même monde que moi est déjà ce qui donne sa forme à ma perception. Je ne peux pas voir mon oeil, et même dans un miroir, je ne vois que le reflet de ce avec quoi je vois. Je ne vois jamais que l'effet, pas la cause, si on veut (Wittgenstein dirait ça, du moins dans On Certainty quand il dit qu'on peut douter qu'on a un cerveau). Pour illustrer ça, je peux penser à ce dessin de Wittgenstein, cette fois dans le Tractatus: La question est: quelles sont les marques disponibles pour le sujet de son inscription dans le monde? La réalité contient un point aveugle qui témoigne de mon inclusion dedans (comme le nerf optique dans l'oeil), mais que je ne peux évidemment pas voir. Je réponds à la suite dans la soirée il faut que je lise tes liens
  8. Ah c'est très bien Anscombe. Vilfredo's seal of approval
  9. C’est quoi? D’habitude on appelle juste ça du sarcasme
  10. C’est de l’histoire des idées mais l’article qui y est consacré dans ce volume (de référence dans la littérature humienne) est instructif https://www.amazon.com/David-Hume-Bicentenary-G-Morice/dp/0292715153
  11. Vous me faites penser à Hugh Laurie quand il tord des cuillères Après tout la cuillère est tordue à la fin non?
  12. Et je dis que ça n’est pas le résultat de chaque action individuelle: aucune n’a de pouvoir causal prise individuellement
  13. Bah chacun vote. Chaque vote est le résultat d'une personne qui se lève pour aller voter. Si plusieurs personnes font ça ça fait plusieurs votes. Je comprends pas la question.
  14. Tu parlais du "peu de droits des femmes dans nos sociétés" comme si c'était comparable à l'antiquité ou comme si c'était un fait que les femmes avaient "peu" de droits dans "nos" sociétés (?) donc c'était objectivement pas clair. Non j'ai regardé la société antique et j'ai vu qu'ils n'avaient pas le concept d'individu et pas de droit opposable à la loi, j'ai regardé le DN moderne et j'ai vu qu'il était basé sur ces deux concepts. Problème. Non, c'est un autre type d'esclavage. La traite négrière et l'esclavage romain c'est le jour et la nuit.
  15. Voter c'est laisser les autres décider à ta place: ce n'est pas ton vote qui produit le résultat, c'est le vote de tous les autres. S'il y a pas de responsabilité collective, il n'y a pas non plus de décision collective. Il n'y a aucun rapport de nécessité même vague entre l'action et le résultat. La même action peut produire très exactement deux résultats opposés en fonction de paramètres totalement indépendants de ma volonté. Si voter ce n'est pas laisser les autres décider à ma place, alors on peut aussi dire que je peux plier des cuillères avec mon esprit.
  16. Quelle langue splendide Je suis d'accord que comme ça c'est neutre. S'il avait ajouté ne serait-ce que trois petits points et un smiley là j'aurais commencé à penser que QC avait sa langue dans sa joue en écrivant ça.
  17. Hihi si je continue il va falloir resplitter dès la deuxième page
  18. Oui le français préfère un mensonge bien dit à une vérité mal formulée. Là on est dans la vérité mal formulée. C'est visible dans la réaction de Retailleau d'ailleurs: Le moment où il commence ses courbettes "j'ai voté le pass sanitaire et je voterai le pass vaccinal" mais quand même mettez-y les formes quoi
  19. Je crois pas que Popper emploie ce terme, mais Searle le fait. L'idée générale est qu'il n'y a pas de langage privé, que ce qui existe doit être tel qu'on puisse en parler (à d'autres gens). La perspective de Popper est plus riche cependant, parce qu'il fait du critère d'objectivité en science un critère général de rationalité et un mode de vie: dans Objective Knowledge, il lie fameusement la méthode scientifique des conjectures et des réfutations à non seulement le processus évolutif (laisser nos idées mourir à notre place), mais aussi la perception, qu'il comprend comme un processus constant de conjectures et de réfutations qui tend à l'équilibre, et qui prend racine dans notre besoin psychologique de repérer des régularités (magnifiquement décrit dans le premier chapitre). La phénoménologie takes it to the next level: elle factorise le fait que nous partageons un monde commun dans la perception de ce monde. Ça fait partie de ma perception de mon voisin de table en cours que son corps est dans le même monde (!= espace) que moi, ce n'est pas quelque chose que je peux percevoir. Ensuite, Husserl explique que autrui, le monde commun (Lebenswelt) est factorisé dans ma perception de tous les objets qui en font partie (les oeuvres d'art notamment, mais pas que; c'est pourquoi il parle d'"objets intentionnels"). Ce monde commun "décentre" la perspective de l'ego comme suit: (1) je suis dans mon corps au sens où j'ai une perspective sur le monde et une seule à la fois, mais (2) j'ai aussi un point de vue sur le monde, qui fait que je peux m'imaginer ce à quoi mon corps ressemble vu de là-bas. Cependant, du fait de (1), les intentions que je projette quand j'assiste au comportement d'autrui sont fortement colorées par mon expérience "privée", càd que je projette sur le corps de l'autre une structure intentionnelle que j'ai construite à partir de moi. (Ce n'est pas une idée qui devrait paraître bizarre au lecteur de L'Erreur de Descartes d'ailleurs.) Husserl semble maintenir l'idée que j'ai une "authoritative knowledge" sur mes propres états mentaux, je ne suis pas sûr de ça parce que j'en suis encore au stade de la découverte enchantée, mais ça serait potentiellement un point de rupture évident avec la psychanalyse. Ce qui est important, c'est que dans la projection imaginaire d'une perspective "là-bas" sur moi "ici", je prends conscience de moi comme juste un autre objet perceptible parmi d'autres, mais dans quoi? C'est un peu la question de Wittgenstein dans Le Cahier bleu: je vois un arbre au milieu de mon champ visuel, mais où vois-je mon champ visuel? Dans une conversation ou une relation intersubjective quelconque donc, le point de vue phénoménologique est que je perçois l'autre me percevant le percevant etc. sans qu'aucun des deux points de vue puisse être compris comme "le centre" comme quelque chose peut être au centre de mon champ visuel, c'est pourquoi j'ai parlé de décentrement. Du point de vue de chacun, l'expérience de la relation comprend l'idée d'un autre corps et d'une autre intention et ce de façon irréductible, corps auquel le fait que je n'aie pas d'accès direct n'est pas un obstacle, mais la condition de possibilité même d'une relation. Là je vois une seconde rupture avec la psychanalyse mais là encore, c'est peut-être du fait de ma connaissance encore fragmentaire de Husserl. Finalement, le fait que nous partagions un monde commun qui n'est pas nous, qui "résiste" est ce qui rend la communication possiblement ouverte au quiproquo mais possible, alors que si le monde était ma volonté, si tout ce qui est dans le monde était une création de mon esprit, la communication ne serait jamais possible. Je vois quelqu'un me parler, mais qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas une créature de mon esprit? Tu trouves que ça commence à ressembler à mon charabia sur Dieu de l'autre jour? C'est normal: Mais en résumé, de l'intersubjectivité comme critère d'objectivité du discours sur le monde, on passe à l'intersubjectivité comme modalité d'expérience du monde, mais l'un ne va pas sans l'autre, car dans les deux cas, c'est de l'intersubjectivité que procède la signification. J'aimerais faire mon M2 sur quelque chose un peu entre phéno et philo analytique donc je commence à lire Husserl et les autres. Je recommande les livres de David Bell pour une présentation no-bullshit, et ensuite la Krisis est son livre le plus facile d'accès (même si the real deal ce sont les Méditations cartésiennes; un gars adorable à l'ENS me les a mises dans les mains au début de l'année quand je travaillais sur Hume et j'ai découvert que Husserl considérait Hume comme un précurseur de la phénoménologie, donc connaissant bien Hume (et Descartes), I hit the ground running). Btw c'est souvent un bon réflexe, d'expérience, de se tourner vers les Anglais et les Américains, avec leur culture rationnelle et leur British common sense, pour des explications d'auteurs continentaux fameusement compliqués (oui, même Lacan). Dernière chose: je trouve peut-être la phénoménologie facile ou intuitive parce que l'idée de discuter avec quelqu'un, ou l'idée d'autrui en général, ne m'a jamais, mais jamais, paru évidente (dans le MBTI je réponds strongly agree à "I'm often unaware of my physical environment"). D'où aussi que je ris très facilement aux blagues basées sur le quiproquo ou l'absurde au milieu du normal (chiefly Ionesco et les Monty Python bien sûr).
  20. Parce qu'elle saoulait un peu non?
  21. https://fr.wikipedia.org/wiki/Intersubjectivité_(phénoménologie) J'ai l'impression qu'il y a de l'ironie mais non, pas compris
  22. Vilfredo

    Actualité Covid-19

    En essayant de retrouver l'émission, je retombe sur cette excellente vidéo d'il y a un an pile. Ça fait plaisir à entendre
  23. Vilfredo

    Actualité Covid-19

    Encore une vidéo où GK est excellent (“c’est pas la déclaration des droits et des devoirs de l’homme” headshot) et encore face à une institutrice insupportable (“vous confondez droits et devoirs… y a beaucoup de confusion”). J’aimerais vraiment voir le liborgien même le plus zen à sa place. L’autre mec est mignon mais en comparaison il est nul côté rhétorique
  24. Limite être libéral c'est être impoli
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