Je suis sur le point de terminer le dernier essai de Pierre Rosanvallon, Le bon gouvernement
http://www.lesinrocks.com/2015/08/25/actualite/politique/pierre-rosanvallon-quest-ce-quun-bon-gouvernant-11769237/
Comme d'habitude, la partie diagnostic est intéressante, les solutions proposées plutôt faibles. Le principal intérêt du livre me semble porter sur l'analyse de la place de l'exécutif dans les démocraties contemporaines, qui a en quelque sorte enterré les formes anciennes de constitutionnalismes. Le libéralisme classique est une nomocratie qui fait de la législation le premier des pouvoirs et de la loi une idole, sa disparition dans les années trente au profit d'un Etat qui se socialise ouvre l'âge d'or du règlement et de la politique publique. Ce phénomène s'observe avec force en France, en GB ou aux USA. Rosanvallon développe une présentation intéressante des pensées de Guizot et Necker, qu'il crédite d'avoir pensé avant tout le monde l'intégration de cet exécutif au gouvernement représentatif libéral.
Rosanvallon ne mentionne pas les travaux de H Mansfield, Jr sur le sujet, qui sont pourtant pionniers. Sans doute est-il trop à droite pour ce mandarin de la deuxième gauche qui cherche un peu à se gauchiser.
En parallèle, j'ai commencé l'Etat subsidiaire de Chantal Delsol, qui vient d'être réédité en poche. Je suis dans un chapitre sur la raison d'Etat qui m'agace un peu, puisque CD critique la raison d'Etat chez Machiavel, ce qui est embêtant quand on sait que l'auteur ne fait jamais usage de l'expression (il ne raisonne pas en termes d'Etat), qui apparaît postérieurement. Ceci mis à part, l'ambition de l'ensemble du livre est tout à fait louable.