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F. mas

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Tout ce qui a été posté par F. mas

  1. Oui à tout, exception faite de ce petit passage : Premièrement, les "races" ne renvoient aux caractéristiques physiques qu'à la marge (c'est avant tout une histoire de gènes, et les classifications en fonction de l'aspect extérieur sont essentiellement conventionnelles et très très sujettes à caution. ex : c'est quoi quand on creuse un peu la catégorie hispanics ? Et même black aux USA, si on suit la règle one drop rule ? Une goutte de sang noir fait de toi un noir ?) une expérience régulièrement faite en evopsy et d'observer le comportement deux deux jumeaux dans deux familles différentes et de rendre compte des constantes et des variations. En gros, pour que ton expérience de pensée puisse être testée (et contestée), il faudrait imaginer que toi et ta soeur jumelle soyez élevées dans une famille de pygmées et une famille européenne pour observer l'effet de deux cultures différentes sur deux sujets au patrimoine génétique identique. Sinon, sans chercher à être désagréable, Michel Drac, ce n'est pas un soralien barjo (pléonasme) ?
  2. Quelques petites précisions : premièrement, si les avancées de la science permettent désormais de cerner avec plus de précision ce que l'on peut entendre par race (notamment via la génétique des populations), cela ne permet pas d'en déduire une position politique et morale forte (et univoque), surtout pas touchant aux individus pris comme individus. Comme le rappelle Pinker, le racisme le plus ordinaire consiste à ramener les caractéristiques d'un individu à ceux de son groupe ethnique. En gros c'est faire des généralités là où cela ne doit pas être. Si pour Pinker, l'égale dignité reconnue aux individus est avant tout une exigence morale (qui se traduit en droit et en politique par l'isonomie et l'égalité de marché), j'ajoute qu'en plus, c'est la manière la plus raisonnable de traiter les talents et les compétences : traiter en gros ce qui doit être traité en détail est un problème commun à tous les collectivismes et les protectionnismes. Enfin il a été question d'ethno-différencialisme, qui est une forme particulièrement subtile de racisme : alors que le racisme le plus traditionnel hiérarchise les races pour mettre au sommet de la toise un groupe ethnique particulier, l'ethnodifférencialisme essentialise les différences jusqu'à consacrer les cultures et les préjugés comme inhérents au groupe ethnique essentialisé. Taguieff avait d'ailleurs remarqué que ce type de racisme était apparu aussi au sein de certaines organisations anti-racistes (par rejet du premier). J'ajouterais qu'il est aussi très en vogue à la gauche de la gauche, au sein d'un certain milieu associatif identitaire qui considère tout métissage ou assimilation comme une trahison.
  3. @Ray : j'ai noté en lisant wikipedia que l'auteur dont tu parles a été critiqué par K Pomeranz, qui est l'auteur d'un livre essentiel, très discuté parmi les historiens et les économistes, qui soutient justement qu'avant le 17e siècle il n'y a justement pas de différence essentielle entre par exemple le système économique asiatique (chinois) et celui européen. La grande divergence entre Europe Occidentale et le reste du monde n'interviendrait qu'avec la première révolution industrielle (début 18e). A noter que G Clark par exemple, que je citais plus haut, est sur la même longueur d'onde.
  4. Il y a vraiment des gens qui se réclament sérieusement de Gobineau ? Je veux dire aujourd'hui en 2017? @Ray : je ne connais pas. Je suis pour ma part influencé par Oakeshott et aussi (certains vont me trouver monomaniaque mais tant pis) par D McCloskey qui a écrit une trilogie sur les origines de la révolution industrielle dans la valorisation langagière des vertus et de l'activité de la bourgeoisie au 18e siècle. Pour elle, c'est ça le différentiel avec le reste du monde (et le monde d'avant).
  5. C'est une autre question, et je ne crois pas avoir une opinion représentative ici. Je suis un lecteur de Smith, Oakeshott et Rorty : le libéralisme est quelque chose de contingent, historiquement situé mais dont les enseignements sont tout à fait transposables à une partie non négligeable de l'Humanité. Ça tombe bien, ce n'est pas ce que j'ai dit non plus^^
  6. Si d'un état de fait on pouvait déduire mécaniquement une proposition éthique (et politique), le monde serait d'une extrême simplicité. Force est de constater que ce n'est pas le cas, et que les différents auteurs cités n'aboutissent pas du tout aux mêmes conclusions.
  7. Je me permets de reposter le débat qu'il y avait eu sur le sujet dans les colonnes de The American Conservative, débat initié par une critique de la position forte en termes de génétique etc (justement de la corrélation faite entre génétique, culture et développement) posée par R Unz (qui est ma position d'ailleurs). http://www.theamericanconservative.com/2012/10/10/raceiq-the-entire-series-and-debate/
  8. Je me suis un peu intéressé à ces questions après avoir lu le livre de Pinker, et un autre de Eysenck sur l'inégalité de l'homme (plus ancien et plus controversé, et que j'ai perdu dans un déménagement) : ce qui touche à la nature humaine (en particulier la paléoantropologie, plus que la génétique) m'intéresse (en amateur bien évidemment), et je pense qu'il est difficile de se coltiner sérieusement les problèmes contemporains en éthique, philosophie et science politique avec les outils obsolètes hérités d'une certaine tradition des sciences sociales et de la philosophie (ceux justement dont parle The Blank Slate). Je ne connais pas bien les thèses les plus controversées des tenants du racial realism (Rushton, Lynn). Il me semble toutefois que l'une des raisons du tollé soulevé par The Curve Bell est justement d'avoir fait état des travaux de Lynn (qui sont connus, en particulier, pour avoir mesurer les populations en fonction de leur QI). Ni Murray ni Herrnstein ne sont marqués à l'extrême droite : l'un est plutôt libertarien, l'autre néoconservateur. Lynn par contre est beaucoup plus militant. C'est d'ailleurs là un problème intéressant à soulevé par ces différents jugements portés sur la nature de l'homme : comment cela se traduit dans le domaine éthique et politique ? En plus du livre de Pinker, j'ai eu l'occasion de lire le livre de Nicolas Wade qui a fait parler de lui A troublesome inheritance, et plus récemment encore The 10000 Year Explosion: How Civilization Accelerated Human Evolution (après avoir lu une critique sur le site du minarchiste). J'ai essayé de retrouver une très bonne critique (très négative) en français du livre de Wade, mais je n'arrive plus à me souvenir sur quel blog la choper. Si a priori il n'y pas beaucoup de rapport entre Pinker, Wade et les deux auteurs de The 10000..., j'en vois au moins un, ils critiquent la thèse de Gould et de Lewontin sur le caractère bénin des différences interraciales. En particulier en s'appuyant sur les découvertes en génétique de ces 15 dernières années en génétique (notamment via la génétique des populations), ils acceptent la possibilité de l'existence et de spécificités liées aux races humaines (Wade en compte 5). Je ne m'aventurerai pas trop dans l'argumentaire de Wade en particulier, qui montre que les races sont avant tout des "clusters of variation" et qu'il est désormais possible d'isoler au sein de l'adn ce qui maintenant se superpose à ce qu'on appelle race en anthropologie génétique. Je ne suis pas compétent pour en juger mais si je le croise avec ce qu'en dit Pinker, qui n'est pas spécialement controversé sur la question (et qui est tout aussi critique de L et G), alors ça paraît juste. Ce type de réflexion a des incidences aussi en économie (enfin en histoire de l'économie) : un historien contemporain (particulièrement reconnu) comme Gregory Clark a pu ainsi soutenir que la non mobilité au sein des élites dans les sociétés ne s'expliquaient pas seulement par l'héritage matériel, mais aussi génétique (dans son livre The son also rises). Bien entendu, la thèse est controversée et son livre précédent, qui apporte des infos intéressantes, a par exemple été très critiqué par D McCloskey. Bien entendu, le problème, comme je l'évoquais plus haut, est de savoir ce que l'on peut déduire politiquement et moralement de tout ça.
  9. L'ouvrage collectif dirigé par David Gordon sur la sécession est très intéressant.
  10. Un article un peu long, mais argumenté et qui fera sans doute débat (mais en forme de mise au point) : l'ethno-nationalisme antilibéral de D Trump http://reason.com/blog/2017/02/17/trumps-anti-libertarian-ethno-nationalis
  11. C'était sur un truc old fashioned, un média papier ! L'article s'intitule "Micro-Etats, micro-puissances?", il est signé Didier Giorgini, dans la revue Conflits de ce mois-ci.
  12. Je vois qu'on s'est un poil éloigné du sujet par ici. Sur le débat sécession, fédération, Etat unitaire, il est nécessaire de se poser la question de la nature du Pouvoir pour choisir entre les options qui s'offrent à nous : le pouvoir est-il divisible ? Peut-il être contenu par des lois ou des règlements ? Quel est son rapport avec l'effectivité de l'ordre social, politique et juridique en place ? En termes peut être moins abstraits : la fédération se pense sans les concepts de la théorie de l'Etat (en particulier la souveraineté). Est-ce pour autant que les problématiques de puissance disparaissent ? Sinon, à quels endroits elles peuvent réapparaître ? J'ai lu hier un excellent article sur les micro-états du point de vue géopolitique dans lequel on détaillait les différentes manières de limiter sa dépendance : que ça soit l'intégration régionale, l'exploitation d'une rente particulière ou bien entendu la libéralisation des échanges. Dans tous les cas, l'auteur expliquait que le maintien de ces micros états dépendait essentiellement de la bienveillance des plus gros Etats d'à côté qui y trouvent leur compte (ce qui est possible, mais invérifiable au fond). Pour lui, le débat sur le pouvoir ou la souveraineté n'avait donc pas disparu, mais s'était tout simplement déplacé à l'extérieur des frontières desdits micro-états. Personnellement, je pense que la compétition pour le pouvoir (et sa tendance à se cristalliser en souveraineté) tend à défaire et à se jouer des lois et des constitutions, et qu'en conséquent, le fédéralisme passe essentiellement par la constitution de contre pouvoirs réels (régions, grand marché, familles, etc.).
  13. En règle générale, on a du mal à articuler théorie et pratique, philosophie et politique (enfin on a du mal à penser la politique tout court). J'imagine que ça vient de l'extrême apriorisme de certains de nos auteurs de référence, mais je n'ai pas suffisamment creuser le sujet pour donner une réponse raisonnée.
  14. Il s'agit pourtant d'une récupération sans inventaire : triple H écarte les définitions les plus courantes du conservatisme pour nous proposer la sienne propre, qui est, en gros, la croyance en un ordre naturel. C'est d'ailleurs pour cette raison que je parle d'une forme particulière de conservatisme réactionnaire et féodale qui, quand on y réfléchit sérieusement, n'a aucun équivalent réellement existant.
  15. Il faut distinguer entre ce que dit Hoppe sur le fond et sa stratégie politique particulière visant à confondre libertarianisme et conservatisme (enfin, extrême droite me semble plus adapté comme expression). L'argumentation philosophique de triple H est très intéressante (trouver un fondement dans le langage dont la négation serait une contradiction performative), et avant de l'agonir d'insultes, il serait intéressant d'en avoir une réfutation en bon et du forme. Il me semble toutefois que ça soit plus facile à dire qu'à faire. Sa stratégie politique visant à confondre libertarianisme et une sorte de conservatisme réactionnaire et aux résonances féodales par contre est plus facile à critiquer. Non seulement elle ne séduit principalement que les ennemis du libéralisme, elle réussit le tour de force de le cantonner parmi les intouchables de la politique, les personnes les moins écoutées et les moins respectées au sein du débat public : pour qui souhaite une plus grande diffusion des idées et des bienfaits de la théorie économique autrichienne comme de la philosophie politique qui en découle, je trouve ça assez mauvais. Remarque complémentaire : je trouve que triple H a sans doute l'esprit plus philosophique que Rothbard, mais est un piètre stratège (et stratégiste). Inversement, Rothbard est intelligent et cohérent, mais n'est pas philosophe. Par contre ses réflexions en tant que stratégiste sont vraiment intéressantes je trouve.
  16. La confusion avec des mecs comme Spencer est encore plus grande qu'en France : là on mélange des trucs qui obviously n'ont pas grand chose à voir. Je suis allé voir le site de Spencer. Il se réclame de Sam Francis et d'Alexandre Douguine (merci les mélanges). Ce dernier en particulier a mis un point d'honneur à conchier le libéralisme le capitalisme et tout ce qui s'apparente à la culture occidentale. Il faut que ce petit monde apprenne à lire (je ne suis même pas sûr que ce Spencer connaisse vraiment les théories eurasiennes de ce monsieur).
  17. F. mas

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