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F. mas

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Tout ce qui a été posté par F. mas

  1. Rawls est plus clair dans "Libéralisme politique" que dans "Theorie de la justice". Dans les deux cas, il s'agit avant tout de reconstruire une théorie morale visant à bétonner nos soi disant intuitions morales démocratiques, à savoir les exigences de liberté et d'égalité. "Libéralisme politique" m'a paru moins pénible que TJ parce qu'un peu moins imprégné de kantisme orthodoxe, et plus centré sur la question du pluralisme raisonnable (le fait du pluralisme, le consensus par recoupement, et la nécessité de reconstruire une théorie de la justice qui ne repose pas sur une conception particulière du bien). De mémoire, il y a même un passage intéressant sur les federalist papers. Je n'ai lu de Dworkin que l'empire du droit : si je trouve intéressant certains développements sur le rôle du juge dans la cocréation du droit par son rôle d'interprétation, j'ai un peu tendance à rejoindre le jugement un peu lapidaire qu'en a Philippe Raynaud : c'est une paraphrase intéressante de la common law, mais on ne voit pas bien ce qu'il apporte en plus. J'avais essayé de lire son dernier essai, mais ça m'est tombé des mains.
  2. J'aime beaucoup cet auteur, qui a écrit un Petit éloge de l'anarchisme passionnant. Je me retrouve tout à fait dans son chapitre consacré à "l'éloge de la petite bourgeoisie", qui est à la fois le terreau social et politique du libéralisme égalitaire à la A Smith, du radicalisme plébéien des George Orwell ou conservatisme agrarien à la Belloch/Chesterton. A mettre entre toutes les mains.
  3. Non, au contraire, sa démonstration est more geometrico, c'est une expérience de pensée destinée à mettre en lumière les effets du marché politique démocratique. L'une des critiques qu'on peut éventuellement lui adresser est justement que les monarchies réellement existantes ne répondaient pas aux descriptions proposées et ne répondaient pas aux uniquement aux incitations liées à propriété privée (je n'ai pas son livre sous la main, je l'ai prêté et on ne me l'a toujours pas rendu). L'autre impératif, celui du refoulement de la violence et de la confiscation du pouvoir, n'est pas abordé (sans doute parce que ce n'est pas l'objet principal du livre), et c'est ça aussi qui permet de comprendre pourquoi les monarchies et les despotismes (pour aller vite) choisissent en général de privilégier des institutions extractives plutôt qu'inclusives, l'exploitation des individus plutôt que l'enrichissement de tous.
  4. Sinon, toujours parmi ces auteurs qui pensent un peu aoute of ze boxe, il y a Niall Ferguson : si sa thèse sur la naissance du capitalisme (the ascent of money) n'est pas très originale, son petit livre sur la dégénérescence des institutions (européennes) est très intéressant, tout comme son livre sur la civilisation (et les raisons données pour l'écart creusé entre l'occident et le reste du monde).
  5. Oui : j'avais déjà lu ces données quelque part. Je reformule l'exemple que je prenais parce qu'il peut prêter à confusion, les études sur les jumeaux (que j'ai du lire dans un livre de Pinker, je peux chercher pour retrouver, si ça intéresse) ne cherchent pas à appuyer la thèse de la différence de QI entre groupes raciaux, mais de l'hérédité de l'intelligence et de la relativité de l'environnement culturel sur celui-ci. J'aurais pu dire deux jumeaux, séparés à la naissance, et étudier dans deux milieux sociaux différents par exemple. Je pourrais essayer de retrouver l'expérience de psy (qui doit être dans un bouquin de Pinker). Maintenant, ceci posé, il existe des facteurs extérieurs à prendre en compte pour juger aussi des écarts (et de leur contingence) entre individus et populations (nutrition, traumatismes, etc), et tout ramener à la génétique tend effectivement à "réifier" des inégalités et les différences (différences et inégalités qui, notamment via le flynn effect, s'estompent très régulièrement).
  6. Oui à tout, exception faite de ce petit passage : Premièrement, les "races" ne renvoient aux caractéristiques physiques qu'à la marge (c'est avant tout une histoire de gènes, et les classifications en fonction de l'aspect extérieur sont essentiellement conventionnelles et très très sujettes à caution. ex : c'est quoi quand on creuse un peu la catégorie hispanics ? Et même black aux USA, si on suit la règle one drop rule ? Une goutte de sang noir fait de toi un noir ?) une expérience régulièrement faite en evopsy et d'observer le comportement deux deux jumeaux dans deux familles différentes et de rendre compte des constantes et des variations. En gros, pour que ton expérience de pensée puisse être testée (et contestée), il faudrait imaginer que toi et ta soeur jumelle soyez élevées dans une famille de pygmées et une famille européenne pour observer l'effet de deux cultures différentes sur deux sujets au patrimoine génétique identique. Sinon, sans chercher à être désagréable, Michel Drac, ce n'est pas un soralien barjo (pléonasme) ?
  7. Quelques petites précisions : premièrement, si les avancées de la science permettent désormais de cerner avec plus de précision ce que l'on peut entendre par race (notamment via la génétique des populations), cela ne permet pas d'en déduire une position politique et morale forte (et univoque), surtout pas touchant aux individus pris comme individus. Comme le rappelle Pinker, le racisme le plus ordinaire consiste à ramener les caractéristiques d'un individu à ceux de son groupe ethnique. En gros c'est faire des généralités là où cela ne doit pas être. Si pour Pinker, l'égale dignité reconnue aux individus est avant tout une exigence morale (qui se traduit en droit et en politique par l'isonomie et l'égalité de marché), j'ajoute qu'en plus, c'est la manière la plus raisonnable de traiter les talents et les compétences : traiter en gros ce qui doit être traité en détail est un problème commun à tous les collectivismes et les protectionnismes. Enfin il a été question d'ethno-différencialisme, qui est une forme particulièrement subtile de racisme : alors que le racisme le plus traditionnel hiérarchise les races pour mettre au sommet de la toise un groupe ethnique particulier, l'ethnodifférencialisme essentialise les différences jusqu'à consacrer les cultures et les préjugés comme inhérents au groupe ethnique essentialisé. Taguieff avait d'ailleurs remarqué que ce type de racisme était apparu aussi au sein de certaines organisations anti-racistes (par rejet du premier). J'ajouterais qu'il est aussi très en vogue à la gauche de la gauche, au sein d'un certain milieu associatif identitaire qui considère tout métissage ou assimilation comme une trahison.
  8. @Ray : j'ai noté en lisant wikipedia que l'auteur dont tu parles a été critiqué par K Pomeranz, qui est l'auteur d'un livre essentiel, très discuté parmi les historiens et les économistes, qui soutient justement qu'avant le 17e siècle il n'y a justement pas de différence essentielle entre par exemple le système économique asiatique (chinois) et celui européen. La grande divergence entre Europe Occidentale et le reste du monde n'interviendrait qu'avec la première révolution industrielle (début 18e). A noter que G Clark par exemple, que je citais plus haut, est sur la même longueur d'onde.
  9. Il y a vraiment des gens qui se réclament sérieusement de Gobineau ? Je veux dire aujourd'hui en 2017? @Ray : je ne connais pas. Je suis pour ma part influencé par Oakeshott et aussi (certains vont me trouver monomaniaque mais tant pis) par D McCloskey qui a écrit une trilogie sur les origines de la révolution industrielle dans la valorisation langagière des vertus et de l'activité de la bourgeoisie au 18e siècle. Pour elle, c'est ça le différentiel avec le reste du monde (et le monde d'avant).
  10. C'est une autre question, et je ne crois pas avoir une opinion représentative ici. Je suis un lecteur de Smith, Oakeshott et Rorty : le libéralisme est quelque chose de contingent, historiquement situé mais dont les enseignements sont tout à fait transposables à une partie non négligeable de l'Humanité. Ça tombe bien, ce n'est pas ce que j'ai dit non plus^^
  11. Si d'un état de fait on pouvait déduire mécaniquement une proposition éthique (et politique), le monde serait d'une extrême simplicité. Force est de constater que ce n'est pas le cas, et que les différents auteurs cités n'aboutissent pas du tout aux mêmes conclusions.
  12. Je me permets de reposter le débat qu'il y avait eu sur le sujet dans les colonnes de The American Conservative, débat initié par une critique de la position forte en termes de génétique etc (justement de la corrélation faite entre génétique, culture et développement) posée par R Unz (qui est ma position d'ailleurs). http://www.theamericanconservative.com/2012/10/10/raceiq-the-entire-series-and-debate/
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