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F. mas

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Tout ce qui a été posté par F. mas

  1. J'aime beaucoup Philippe Raynaud (qui était dans mon jury de thèse), mais je ne suis pas convaincu. Elle n'était certes pas communiste, mais après tout les considérations sur Little Rock (encore un texte excellent!) ont été rédigées pour la Partisan Review (qui a ma connaissance est le seul groupe politique qu'elle a fréquenté après guerre...) : sa position très sympathique (quasi antifédéraliste) ne différait pas vraiment de certaines positions en vogue à la gauche de la gauche à l'époque (par exemple voir les écrits de C Beard sur le fondement économique de la république fédérale)... On retrouve d'ailleurs ce positionnement "gauchiste" dans son Eichman à Jérusalem (non seulement critique du technicisme bureaucratique, de la division moderne du travail, mais aussi de la critique qu'elle adresse aux élites juives... critique qui lui a valu pas mal de problèmes). Elle a une vraie sympathie pour le système constitutionnel us (mais là encore, c'est le cas d'une grande partie des progressistes de l'époque : cf Louis Hartz), mais comme l'a remarqué certains observateurs, si elle estime que la révolution française a échoué, son personnage favori de l'épisode révolutionnaire français reste Robespierre, qui n'est pas vraiment l'image même du libéralisme politique. Plus généralement, son heideggérianisme diffus ne la portait pas vraiment à un amour immodéré pour le monde moderne. Ce que je dis ne retire rien de ses analyses vraiment passionnantes.
  2. Oh, il y a beaucoup de libéraux qui ne font pas d'économie politique et Mises, malgré toutes ses qualités indéniables, ne résume pas à lui seul le libéralisme politique. Malgré leur méchanceté, les Rawls, Dworkin et consorts font partie de la famille, un peu à l'image de ces oncles honteux qu'on cache pendant les réunion entre parents. Si le sujet ne te parle pas trop, je t'invite lire ce qu'en dit Lucien Jaume dans La liberté et la loi. Les origines philosophiques du libéralisme. Je reconnais que ce n'est pas la sensibilité libérale la plus enthousiasmante, mais la thèse me paraît étayée : si le libéralisme prétend établir le règne de la loi, alors la problématique principale (qui traverse toute ses sensibilités) repose sur l'allégeance (rationnelle) au droit (d'où un "tournant kantien" qui fait de l'individu un être qui accepte de s'y soumettre. Sinon sur Arendt, je renverserais la question : qu'est-ce qui te fait penser qu'elle est libérale ? J'aime beaucoup Arendt, et je relis son essai sur la révolution ou sa vie de l'esprit avec bonheur, mais... Il y a quelque chose qui te fait penser qu'elle est libérale (pas au sens de prog hein) ?
  3. Pour Kant, ça se discute, pour Hegel, eh bien disons qu'il a des élèves libéraux. Mais Pinker, Ridley, Friedman fils ? Sinon, Arendt n'est pas vraiment libérale, hein
  4. Hegel n'était pas le seul à chercher derrière la contingence un sens, voire un progrès dans l'Histoire de l'Humanité. Mais attention l'histoire universelle de l'Humanité n'est pas celle de l'univers, qu'on pense à l'Histoire universelle du point de vue cosmopolitique de Kant ou des écrits de Condorcet sur les progrès de l'esprit humain. Existerait-il un ressort qui nous propulserait vers plus de rationalité et donc vers les institutions libérales qui en seraient le reflet ? Il me semble que bien des libéraux partagent cette idée, que ce ressort soit l'évolution ou l'intérêt par exemple.
  5. Dans la veine fun, ces 5 services digitales qui rendent le monde plus libre sans passer par la case élections, par Jeff Tucker : https://fee.org/articles/five-digital-services-that-are-freeing-the-world-and-why/
  6. Des fans de The Walking Dead ? Un article rigolo dans Reason http://reason.com/archives/2016/04/01/anarchy-state-and-zombie-dystopia
  7. F. mas

    Top ringardos

    Yes !
  8. Les réponses à un entretien avec Andrew Hussey. Les entretiens, c'est toujours un peu risqué. https://en.wikipedia.org/wiki/Andrew_Hussey et merci H16
  9. Quelqu'un pour me traduire ça, histoire de gagner du temps ? Merci ! 1. For good or bad, history never goes away. One of the key issues facing France in particular right now, but also all European nations, is precisely re-establishing a new Relationship with former colonial powers. In the present wave of terrorist violence there are of course wider geo-political issues at stake - the rise of Islamic State and the chaos in the Middle East. But noe of this explains the specific nature of terrorism in Europe, from Madrid in 2004 to Brussels last week. It is as if the geo-political issues are all played at a local level, where they take on a local meaning. So you have problems related to the banlieue, racism, social exclusion and so on; but these are all issues to do with reform and devopment. The vicious and murderous violence we have seen recently belongs rather to Dostoyesky. As such it is linked to psycho-analsysis as much as to social problems. And all of this has to do in my view with the traumas, on both sides - coloniers and colonised - of colonial history. 2. I think that this is true, although it is difficult if not impossible to disentangle the two. Islamism has become a vehicle for carrying hatred and giving it a definite political shape. I am however old enough to remember in France when this was not the case - the 'beur' generation of the 1980s was essentially Left Wing and wanted and hoped for change. Islamism has locked on to this like a virus on a host body, corrodong and poisoning it. That is the truly toxic mix. 3. This has to happen. This is not just a security but a long-term political problem. My view is that integration has to happen - but that this is generational and may well take a long time. But it has to happen. The alternative - a war without end - is impossible to contemplate.
  10. F. mas

    Gaspard Koenig

    C'est en débattant qu' on apprend à débattre, quitte à se prendre des baffes. Si je suis réservé sur ce que dit gk, je le trouve plutôt courageux d'accepter de discuter avec ces deux individus.
  11. F. mas

    Tatouages

  12. En fait c'est un truc que tout le monde faisait dans le monde d'avant. L'extD et l'extG sont, entre autres, des conservatoires des pratiques anciennes de la politique.
  13. C'est d'extrême droite ou d'extrême gauche ?
  14. Tu aurais une source ? (un lien)
  15. Si vous aviez 3 questions à poser à un spécialiste du renseignement militaire sur ce qui vient de se passer, que lui demanderiez-vous ?
  16. Intermède musical
  17. Bon courage, ce n'est jamais très simple. Mets-toi au golf ou au kick boxing.
  18. Je ne pensais pas forcément aux fréquentants de ce forum (même si, bien évidemment, on pourrait en retrouver un paquet ), mais par exemple à Michel Leter, pour qui j'ai beaucoup d'estime (il faut vraiment lire son Capital) : à ses yeux, Tocqueville n'est qu'une variété d'orléaniste bien trop tempéré au regard de l'école de Paris (il faut dire que Tocqueville à la dent dure contre la "secte"... et il m'est d'avis qu'ici, c'est ML qui se trompe, enfin c'est une autre histoire). Même son de cloche dans le dernier essai de G Koenig (oui, je l'ai lu), qui en fait un "libéral conservateur", une sorte de précurseur de cette droite pro-business tendance medef. C'est un peu dommage de réduire cet auteur à ça.
  19. Vous êtes en forme en ce moment ! C'est très bon tout ça !
  20. Merci à tous, c'est génial !
  21. F. mas

    Gaspard Koenig

    Les circonstances historiques n'étaient pas les mêmes : pour bon nombre de libéraux, comme pour les révolutionnaires en général, le passage de l'Ancien régime et de sa mentalité "holiste" à la société libérale supposait l'individualisation politique : la destruction des corps intermédiaires, le refoulement de l'Eglise hors de la politique et de l'éducation, l'interdiction des congrégations, etc. On ne reprochait pas à l'Eglise de ne pas instruire, mais au contraire de monopoliser l'éducation (et par le biais de l'éducation, de perpétuer la mentalité d'Ancien régime). On peut quand même noter au passage que Tocqueville, tout en se situant au sein du libéralisme, critiquait très durement ce caractère physiocratique qu'il prêtait d'ailleurs à la révolution française : comme Royer-Collard, il estimait possible de dissocier libéralisme et révolution, et reprochait ardemment aux physiocrates d'emprunter au despotisme politique pour réformer, préparant ainsi la société au socialisme. L'anti-étatisme systématique chez les libéraux est plus récent (on pourrait d'ailleurs se demander quand on passe de la défense du gouvernement représentatif à la critique de la puissance publique... je dirais un peu après la 2GM) : Il faut garder à l'esprit que le libéralisme est un mouvement historique, et que ce que nous en connaissons aujourd'hui est aussi une synthèse de ce qu'il a produit sur plusieurs siècles.
  22. F. mas

    Gaspard Koenig

    L'expression est de Pierre Rosanvallon, et désigne ces libéraux "physiocratiques" qui alliaient libéralisme et "centralisme" en matière d'éducation, c'est à dire la nécessité d'étendre l'éducation en France pour combattre l'héritage de l'Ancien régime. C'est par exemple la position de Condorcet.
  23. En tout cas, merci pour ces retours, c'est toujours très intéressant !
  24. Oui, c'est le livre de Craiutu dont je parlais. Et qui est très intéressant.
  25. En fait, il serait assez intéressant de décrire les positions des doctrinaires, ces libéraux "centristes" méconnus (et que certains ne considèrent d'ailleurs pas comme des vrais libéraux !)
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