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Lancelot

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Tout ce qui a été posté par Lancelot

  1. Pas de soucis, ça fait plaisir de dégourdir un peu les neurones.
  2. On parlait d'anthropologie libérale, j'ai donné des conditions faisant qu'une anthropologie est plus ou moins compatible avec le libéralisme. Et je trouve ces conditions suffisamment larges pour qu'il soit quelque peu trompeur de parler d'anthropologie libérale comme si on avait une doctrine en bloc. Il n'est pas question de conditions dans ce que je dis et encore moins de fins à suivre. L'ordre spontané est harmonieux, c'est un fait. Si ce n'était pas le cas notre espèce se serait éteinte il y a bien longtemps. Notons que cette position est, tout comme moi, en opposition totale aux doctrines du contrat social. Que ça soit à poil dans la jungle ou aujourd'hui en France, avec ou sans notion de liberté et de propriété, les interactions humaines dans leur quasi-totalité sont spontanées et harmonieuses. Voilà pour l'anthropologie. Le libéralisme se situe à un autre niveau de réflexion qui est celui de la doctrine politique : comment faire pour régler les conflits qui restent ? Et il préconise dans une plus ou moins large mesure de laisser les gens se démerder parce qu'ils sont les mieux placés pour trouver une solution (par exemple l'émergence d'institutions telles que la propriété et le marché). C'est une question assez drôle parce qu'elle suppose que ces "trois piliers" sont une sorte d'innovation moderne. Or ils sont assez universels sous une forme ou une autre. Ça tombe bien, comme je le disais je ne suis pas un défenseur de la doctrine du contrat social. Ou de la destruction des corps intermédiaires. Ou de la régulation de l'économie. Je ne peux modestement défendre que mon point de vue. Il existe des libéraux qui se trompent, je suis d'autant plus prêt à l'admettre que je ne pense pas que ça me concerne. Sur la notion de conflit et son étude je renvoie pour ma part à Simmel et son bouquin nommé de manière fort à propos Le Conflit (qui, surprise, n'est pour une fois pas hors de prix). L'évolutionnisme défend que sur le long terme les meilleures solutions survivront (si on suppose une nature humaine plus ou moins constante comme attracteur). On ira plus vite en se demandant quel droit ne condamne pas les agressions.
  3. Si c'était un communiste je dirais pareil, faut pas le virer avant qu'il ait eu le temps de raconter des trucs rigolos et de s'énerver un peu. Là on perd énormément du potentiel de fun du troll.
  4. Je sais comment ça marche : je clique là-dessus une fois et j'ai mon youtube rempli de Méchencon jusqu'à ce que je rince mes cookies. Non merci.
  5. Mais enfin cessez d'être agressifs comme ça, quel que soit l'objectif visé c'est contre productif. @dalarac, je pense que la position la plus clivante sera celle-ci : Donc je mords à l'appât et je pose la question : pourquoi ?
  6. Je peux me tromper mais j'ai énormément de mal à voir en Mélenchon autre chose qu'une baudruche.
  7. Les vieux communistes sont en majorité au FN et de toute manière pas très nombreux. Les profs et les gens de gauche molle vont se répartir entre Hamon et Macron. Des étudiants crasseux fils de profs ou de CSP+, en tous cas pas des prolos. Je connais cet écosystème.
  8. Il en attire d'autres ? Il tape dans les hipsters nuideboutistes indignés et les bobos et pas grand monde d'autres.
  9. Je n'ai pas envie de lui donner une vue youtube, ça raconte quoi ?
  10. Il faut noter que ce n'est pas la position libérale, qui ne se soucie pas d'accueillir (avec tout ce que ça comporte d'organisation) et qui ne le fait pas pour des raisons humanitaires (mais parce que la circulation est normale et souhaitable).
  11. Oui, je n'ai sans doute pas assez marqué ce second point : une anthropologie contredit le libéralisme dans la mesure où elle est pessimiste sur la nature humaine ET optimiste sur la capacité de l'interventionnisme à la corriger.
  12. Déjà je ne suis pas certain qu'on soit d'accord sur ce qu'est une anthropologie, a fortiori une anthropologie libérale. Si je considère qu'une anthropologie (à distinguer de la science anthropologie) est une ensemble d'hypothèses sur la nature humaine, alors elle sera en contradiction avec le libéralisme dans la mesure où elle implique que l'interventionnisme est nécessaire dans des domaines où le libéralisme dit que ce n'est pas le cas. C'est en gros le cas de tous des discours qui alimentent la position morale "la nature humaine est mauvaise et nous devons intervenir pour la juguler ou l'améliorer", par exemple les malthusiens qui disent que si "on" ne fait rien la surpopulation entraînera une pénurie de ressource et notre extinction. De l'autre côté les anthropologies qui insistent sur l'ordre spontané harmonieux sont favorables au positionnement libéral. Ça n'implique pas forcément une perspective individualiste, par exemple l'évolutionnisme ne considère pas des individus mais des sociétés. On peut dire que le libéralisme favorise la résolution des conflits par la concurrence, les échanges et l'arbitrage plutôt que par la violence. À mon sens c'est le cas dans n'importe quel groupe social sain, et dans l'immense majorité des interactions humaines depuis l'aube de notre espèce. Donc ce n'est pas spécialement lié à l'état qui est une innovation récente. Je ne peux pas répondre à la place de Hayek mais par exemple le principe de non agression n'est pas un axiome au hasard sorti de l'imagination fiévreuse d'un philosophe dans sa grotte. C'est un des modestes aboutissements de millénaires de traditions juridiques (donc d'étude de la nature humaine).
  13. Le sens de ma question était que si, effectivement, il est bon de rappeler que le libéralisme se construit en parallèle de l'émergence de l'état-nation moderne, ça serait pécher par modernisme de partir du principe qu'il est lié pour toujours à ce système. En lisant "la société civile et l'État sont deux faces d'une même pièce, et que l'un ne peut exister sans l'autre", ce que je comprends réellement c'est "il ne peut pas exister de société sans structure". Une fois la perspective ainsi élargie on peut commencer à se poser de meilleures questions comme "quelles sont les différentes formes de structures ?" (comme toujours je cite Les Morphologies sociales de Baechler) et on retombe très rapidement dans une perspective évolutionniste hayekienne.
  14. Dans la seconde phrase est-ce qu'il est question de l'état... moderne ?
  15. Ben par exemple je vois Confessions of an English Opium-Eater qui est très bien, mais mon préféré de Quincey est On Murder Considered as one of the Fine Arts et tant qu'on est dans cette veine il y a aussi le fameux A Modest Proposal de Swift que je préfère de beaucoup à Guilliver's Travels. Pour en revenir aux confessions il faut bien entendu en lire la traduction/commentaire par Baudelaire dans Les Paradis artificiels, puis enchaîner par Le Spleen de Paris (dont l'extraordinaire Assommons les pauvres ! m'a complètement mis sur le cul quand à 16 ans je suis tombé dessus en feuilletant au hasard dans une bibliothèque). Ça fera sans doute une bonne transition pour lire plus de Nietzsche.
  16. Je suis en train de regarder le stream mensuel de TL;DR et il enchaîne sur cette perle que je mets en spoiler parce que c'est long et qu'il y a des scènes sexuelles (mais en aucun cas érotiques croyez-moi sur parole) dessinées :
  17. https://www.theguardian.com/world/2017/apr/02/use-gender-sensitive-language-lose-marks-hull-university-students-told
  18. Donc ce n'est pas le moment de donner les recommandations que m'évoquent les bouquins de la photo ?
  19. Du coup vu qu'on a un thread dédié je vais faire une tentative, mais malgré le nombre de pages plutôt modeste et la forme sans prétention c'est un bouquin très dense et qui touche à beaucoup de sujets donc difficile à résumer rapidement (surtout que ça fait un bail que je l'ai lu, à l'époque je ne lisais pas l'anglais et il n'était pas hors de prix). Donc Searle commence par une analyse sur le langage et fait une typologie des différentes sortes d'énoncés en fonction de la catégorie de faits auxquels ils font référence ("il y a de la neige au sommet de l'Everest", "j'ai mal", "l'eau bout à 100 degrés", "ce billet vaut 10 euros", "c'est une promesse" etc.). Ça l'amène à étudier ce qu'il appelle l'Arrière Plan, qui est plus ou moins un ensemble de dispositions mentales nécessaires pour que le langage puisse exister de cette manière. Cette étude lui permet de tirer des conséquences dans des domaines divers : il y a de très belles pages sur l'émergence spontanée ou pas des normes, sur les relations d'autorité et la politique, sur le fonctionnement cognitif... et bien sûr sur l'ontologie et l'épistémologie avec une défense du "réalisme externe" (une forme de réalisme ontologique minimal) et de la vérité-correspondance qui occupe les trois derniers chapitres.
  20. Je précise juste au cas où que le film est déjà sorti (et il est glorieux) :
  21. UNTZ UNTZ UNTZ UNTZ UNTZ
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