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Atika

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Tout ce qui a été posté par Atika

  1. En effet, il n'y a pas de paradoxe si l'objet du chantage concerne quelque chose que tu ne peux pas garder pour toi. Mais ça ne veut pas dire que le chantage dans ces cas là devrait être illégal. Les opposants à la légalisation du chantage doivent aussi nous expliquer pourquoi ils ne sont pas pour l'interdiction de la menace d'un acte légal sans conditions ( = menace fermée). C'est à dire : " Je vais révéler ton secret ". Le dilemme est le suivant : quel est le pire ? Une information fermée ( simple menace) ou une information ouverte ( chantage) ? Les uns considèrent que la menace forte est celle du chantage car un levier est utilisé pour imposer quelque chose ( et que la menace simple est faible) tandis que les autres considèrent que la menace forte est celle de la menace simple car inconditionnelle là où le chantage ( = menace faible) offre une porte de sortie. Si l'autorisation d'un acte mais l'interdiction de la menace de celui-ci est inconcevable, ça marche aussi dans l'autre sens. J'irai même plus loin, dans certains cas je pense que les libéraux devraient prôner la légalisation de l'extorsion. Si l'une des composantes devrait être légal ( par exemple discriminer à l'embauche en utilisant les critères que l'on veut) alors ce qui est considéré comme une extorsion aujourd'hui devrait aussi être légal. Exemple : Couche avec moi sinon je ne t'embauche pas parce que tu es noir. La position prohibitionniste qui veut maintenir le statut-quo et qui ne soutient ni l'interdiction du commérage ni l'interdiction de la menace de celui-ci est incapable de résoudre le paradoxe de l'interdiction du chantage. Le puzzle est tout simplement impossible Résumons une partie des arguments des prohibitionnistes (ou semi-prohibitionnistes) et leurs contre-arguments J'utiliserai les arguments de Block, Kinsella, Hoppe et Christopher ( j'vais pas les citer à chaque fois) à travers la partie dédiée dans Défendre les indéfendables, Blackmail extortion and exchange, The Second Paradox, Legalize Blackmail et Exchange : Meta-Blackmail notamment. -Chez les non-utilitaristes ( sur le terrain juridique, moral et déontologique) : Ceux qui essaient de résoudre le paradoxe en montrant le caractère illégitime d'une partie composante du chantage. Pour Feinberg, la justification de l'interdiction du chantage est en fonction de l'interdiction de l'acte que l'on menace de faire. Il conclut que pour les actes qu'il est menacé de faire, qui pourraient ou devraient être interdit, l'interdiction du chantage est légitime. Mais pour les cas où l'acte est la révélation d'une infidélité, le chantage devrait être permis. Gorr lui soutient l'interdiction en disant que l'une des composantes ne dépend pas de la volonté du maître-chanteur puisqu'il doit obligatoirement soit cacher l'information soit la révéler, bref il n'en est pas propriétaire. Or, il existe énormément de scénarios où ni l'un ni l'autre n'est obligatoire. Pour Katz, le maître-chanteur impose un choix à la " victime " qui de toute façon subira un acte immoral pour se faire de l'argent sans le consentement de la victime. Il compare donc le chantage à un vol et dit que le maître-chanteur ne doit pas être jugé pour ce qu'il a menacé de faire mais pour ce qu'il a fait tout court. Bon je crois qu'on a pas besoin d'aller très en profondeur là, mauvaise conception de la coercition, mauvaise comparaison et logique positiviste circulaire " le chantage est un crime parce que le chantage est un crime ") Ceux qui essaient de montrer que c'est la combinaison des composants qui rend le chantage illégitime. Pour Coase le chantage induit une relation de domination infinie. La loi doit clairement empêcher une telle subordination. Admettons, ça n'explique pas pourquoi un chantage non-répétitif devrait être interdit en première instance puisqu'il n'y a pas de subordination permanente. Un argument utilitariste ici est que si le chantage est légalisé alors la " victime " peut faire valoir son contrat. Pour Berman il y a un préjudice : " Blackmail is a conditional threat to perform a legal but harmful act under circumstances where the threat itself provides reason for making the acte [ of disclosure] criminal by suggesting that the actor would be inflicting harm knowingly and whitout good motives " C'était l'argument de Hank Rearden. Bon déjà on se demande pourquoi l'argent serait un mauvais mobile en soi. Le mobile du maître-chanteur peut également être multidimensionnel et il existe même des scénarios où c'est la compassion ( bon mobile pour Berman j'imagine) qui est mixée avec celui de l'argent. Ensuite et c'est toujours la même rengaine contre les défenseurs du statut-quo, ça nous explique pas pourquoi la commère elle n'infligerait pas un préjudice. Et enfin comme l'a dit Tramp il faut qu'il y ait une faute. Sinon un vendeur de chaussure qui réclame un prix exorbitant agresse financièrement le client. Berman répond que c'est différent parce que le client n'a aucun droit sur les chaussures. Mais tout comme la " victime " n'a aucun droit sur les cordes vocales du maître-chanteur. Lindgren quant à lui légitime l'interdiction du chantage parce que le maître-chanteur, par exemple dans le cas d'une infidélité, va utiliser l'intérêt de quelqu'un d'autre ( du cocu ou de la cocue) pour son propre intérêt. Alors premièrement il n'explique pas pourquoi l'usage tout court de ces intérêts sans menace devrait être illégal et deuxièmement cette critique n'adresse pas les chantage où il n'y a aucune autre partie prenante que la " victime " du chantage. Je résumerai les arguments du côté utilitaristes ( en économie) dans quelques jours, je préviens tout de suite, il sont pathétiques. Que ce soit l'argument de Nozick qui légitime l'interdiction parce que le chantage n'est pas productif ( il va falloir interdire beaucoup de choses mon Dieu) ; l'argument de Coase sur les coûts de transactions ; les classiques externalités et autre social wealth maximization ; les éternelles comparaison interpersonnelle d'utilité, les utilitaristes qui veulent interdire de céder à la demande des maître-chanteurs et par exemple interdire à des parents en détresse de payer une rançon à des kidnappeurs/extorqueurs. Ces méchants parents qui préfèrent la vie de leur enfant à de l'argent doivent être punis, ils ne voient que leur intérêts égoïstes alors qu'il serait bon pour la société que personne ne cède jamais pour dissuader dans le futur de tels demande. Et d'autres choses remplies d'humanisme. De toute façon les arguments utilitaristes pour de vrais libéraux n'ont aucune valeur. Selon moi ex ante même une transaction qui part d'une extorsion ( kidnapping) est bénéficiaire pour tout le monde ( évidemment ce serait mieux s'il n'y en avait pas). On doit évidemment pas en déduire qu'il faille légaliser ce type d'extorsion.
  2. Il l'est sur un terrain positiviste, pointer le paradoxe et la contradiction actuelle n'est qu'un des points de contestations des libertariens pro-chantage. Le problème pertinent c'est celui de la liberté d'expression, de la liberté d'association et accessoirement ( puisque c'est mal vu ici), l'axiome de non-agression. Que la liberté implique responsabilité ne veut pas dire que je dois être tenu pour responsable de la dévalorisation du patrimoine de mon voisin si j'expose mes goûts douteux sur ma propriété. Et je réitère, ça ne me dit toujours pas pourquoi la commère ne devrait pas, elle, réparation. Si vous dîtes qu'elle le doit, vous aurez au moins le réconfort d'être cohérent, à défaut de défendre la liberté.
  3. C'est l'argument de Gordon et d'autres, et c'est pas convaincant. Dans tout échange il y a chantage, donc vous dîtes que dans tout échange il y a une intention de porter préjudice à l'autre pour en tirer un bénéfice personnel. Vous utilisez le terme préjudice comme un mauvais commerçant l'utiliserait pour se plaindre de la concurrence. La supposée victime est sans échappatoire ? Elle est complètement libre de refuser cette offre louable. Si elle consent au chantage elle est bénéficiaire, au minimum ex ante, puisque tout échange est par nature bénéficiaire à ceux qui l'effectuent. Concernant le report temporel il n'est pas dit que la menace dure dans le temps. Il peut s'agir d'une demande one shot. Ce n'est un préjudice que si le maître-chanteur ne respecte pas le contrat. Admettons que la supposée victime subisse un préjudice personnel si elle voit son secret révélé. Pourquoi alors ne pas interdire le commérage ? Pourquoi la commère, elle, n'aurait pas fait subir à la victime un préjudice ? La seule différence est que le maître-chanteur a été le plus correct en lui donnant une porte de sortie et de l'information.
  4. Après le premier* et le deuxième** paradoxe que les opposants à la légalisation au chantage n'arrivent toujours pas à résoudre, se contorsionnant dans tous les sens, voici le trilemma : Blackmail remains one of the most difficult, and unsolved, puzzles in all of law. While nearly all endorse blackmail's criminalization, no one can explain why it should even be a crime. By introducing the novel concept of meta-blackmail, this Article explains why the puzzle of blackmail - it can be a crime to conditionally threaten to do what one has a right to do - cannot be resolved. While a conventional blackmail proposal backs a demand for money with the threat to disclose the recipient's embarrassing secret, a meta-blackmail proposal backs a demand for money with the threat to blackmail the recipient. Thus, conventional blackmail threatens a lawful act (e.g., disclosure of an embarrassing secret), but meta-blackmail threatens an unlawful act - blackmail itself. The comparative assessment of meta-blackmail and conventional blackmail reveals a trilemma: (i) since meta-blackmail threatens an unlawful act, meta-blackmail is a more serious level of criminality; (ii) since both meta-blackmail and conventional blackmail, in effect and function, demand money for nondisclosure of an embarrassing secret, they are equivalent; and (iii) since threatening blackmail should be less serious than actually committing blackmail, meta-blackmail is less serious. The trilemma, which is best resolved by decriminalizing blackmail, demonstrates that criminalizing blackmail violates a number of intuitions that are more compelling than the intuition that blackmail is properly criminalized. To preserve the more valued intuitions, blackmail should be decriminalized. https://poseidon01.ssrn.com/delivery.php?ID=640110006084087010101126082007024100116083053041025023023025105000020081077084097022097032122107040035018092066100016074109114111087030019015000125127070090095028091066045118102002081085078068091069082113016101030067017103023024027113109020120099087&EXT=pdf * Le chantage est illégal alors que composé de deux actes légaux. Ce qui est illogique même sur un terrain positiviste, puisque la menace d'un acte est interdite quand l'acte lui-même est légal. Il faut donc légaliser ou soutenir l'interdiction du commérage ( bonjour la liberté d'expression), sinon on n'est pas cohérent. **Certains théoriciens en Droit estiment que le si la proposition est initiée par la " victime " alors le chantage devrait être légal ( et seulement à cette condition). Proposition aussi stupide que la précédente, le corrupteur devient maître-chanteur ( si tu révèles mon secret je ne te donne pas d'argent). Donc c'est complètement contradictoire. On peut ajouter que si on est pour l'interdiction du chantage il faut être pour socialiste pour être cohérent. On ne peut pas soutenir l'économie de marché alors qu'il y a un chantage implicite réciproque dans tout échange marchand ( et non-marchand d'ailleurs). Et que si on est pour l'interdiction du chantage alors là encore il faut être cohérent et interdire le chantage où le service qui est demandé n'est pas l'argent mais autre chose. Exemple : votre copine qui vous dit que si vous ne l'aidez pas à faire le ménage plus souvent elle vous quitte ( c'est informationnel, si A donc B). Donc là on interdit toute liberté d'expression.
  5. Merci, ça fait des années que personne m'écoute ici quand je dis ça
  6. C'est un droitard protectionniste.
  7. Il est certes critique de cette tradition mais de là à dire qu'il rejette toute pertinence tu vas loin : "For most practical purposes" , "the simple form of the quantity theory" offers "a decidedly helpful guide et " It would be one of the worst things which could befall us if the general public should ever again cease to believe in the elementary propositions of the quantity "theory"
  8. Atika

    Fusillade à Strasbourg

    Certains ne se privent pas d'invoquer les Valeurs, la République et tout ça pour discuter du caractère français des terroristes français. ( Valls, Le Pen) Même chose chez les musulmans, un terroriste n'est pas un vrai musulman. Pareil chez les gilets jaunes, un casseur n'est pas un vrai gilet jaune etc Fatiguant ce no true scotsman fallacy
  9. http://www.slate.fr/story/171123/en-angleterre-des-humoristes-sommes-de-garantir-par-ecrit-quils-noffenseront-personne aïe
  10. L'erreur vient du fait de considérer Millière comme un libéral
  11. Atika

    Gilets jaunes

    Ce mouvement révèle vraiment la non-pensée franchouillarde, j'ai jamais entendu autant de conneries qu'en ce moment, même en périodes présidentielles. Mon Dieu
  12. Oui je connais très bien le coup du " ce n'est pas un bloc monolithique ". Certes, c'est évident puisque le féminisme est incomplet à la base et si honnête ne peut pas trancher des questions comme l'avortement, la prostitution etc Mais on s'attendait au minimum que le point commun à tous les féminismes était l'égalité.
  13. /Thread
  14. "2) les Alt-Libs véhiculent eux-mêmes des aberrations et des approximations scientifiques, inhérentes au fait d’extraire une étude de son contexte épistémologique d’énonciation pour l’analyser d’une manière politisée " Tiens ça me rappelle certaines personnes cette façon de faire. Magnifique inversion accusatoire
  15. Il pique les couleurs anarcaps cet abruti
  16. Pour ceux qui sont fous de pénal et qui veulent mettre de la circonstance aggravante à toutes les sauces, oui. Sinon rien ne dit qu'un agresseur sexuel n'agirait pas de la même manière avec les hommes s'il était homosexuel, le sexisme n'est pas caractérisé.
  17. Atika

    Gilets jaunes

    Et ça trampe..
  18. VTSP, Vidéo trop souvent postée
  19. Selon Block et Friedman, Hayek défendait déjà l'idée d'un salaire minimum dans La Route de la servitude. https://mises-media.s3.amazonaws.com/20_3_4.pdf?file=1&type=document Entre Block qui accable Hayek en disant que ce dernier ne soutenait pas certaines mesures interventionnistes par compromis mais bien par idéal (avec un peu de mauvaise foi, certes, mais convaincant), qui troll Milton à chaque fin de lettre avec une soit-disant " admiration", et Friedman qui lui monte à la rescousse d'Hayek, qui traite Block de fanatique tout en essayant de justifier sa negative income tax.. J'ai pas le niveau pour participer à la discussion donc tout ce que je peux faire c'est vous donner envie de lire ces échanges de lettres trollesques La discussion porte sur Hayek et un peu sur les méthodes de transition vers une société libérale. Friedman est coincé et fuit !
  20. Atika

    Gilets jaunes

    Ca fait quoi d'être entouré de fascistes dont certains avec des pancartes " men are trash " ?
  21. Bah disons que c'est la première fois que je vois ça, j'pensais que ces gens étaient sur la ligne hoppe " Libre échange et immigration limitée "
  22. Réglementer au nom de la vérité et de l'égalité.. les frissons dans le dos. Qu'est-ce qu'ils veulent de plus qu'actuellement..
  23. Jamais compris la popularité de ce type, il n'a jamais rien apporté. Sinon c'est toujours les misères de l'identity politics. Canlorbe était à Paris hier avec... Zemmour.
  24. L'inénarrable Canlorbe évidemment
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