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Largo Winch

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Tout ce qui a été posté par Largo Winch

  1. Mais le souci est qu'ils ne sont jamais nommés "au hasard". On nomme toujours à la tête d'un ministère ou d'une administration l'un de ces trois profils : un technocrate, un bureaucrate ou un théâtrocrate. Le technocrate est à l'expertise scientifique ce que le bureaucrate est à la gestion et au management. L'un et l'autre ne captent rien à la complexité sociale : ils sont incapables de comprendre les phénomènes d'auto-organisation ou d'ordre spontané. Ils envisagent tous les phénomènes à travers un prisme mécaniste et déterministe : il suffit de trouver "scientifiquement" le déterminant du phénomène (approche technocratique) que l'on peut ensuite actionner réglementairement pour solutionner le problème (approche bureaucratique). L'un étant complémentaire de l'autre, ils sont copains comme cochons. Les rapports du GIEC en sont la plus belle illustration, avec le rapport "scientifique et technique" qui apporte du grain à moudre au second rapport "à l'intention des décideurs". Le troisième, le théâtrocratre, c'est le zigoto de l'histoire : il ne comprend rien à rien. Il n'a ni qualification scientifique pour prétendre être technocrate, ni connaissances réglementaires pour prétendre être bureaucrate. Il est là pour faire illusion, occuper le terrain, faire de la communication, voire assurer le spectacle. Mais il n'en est pas moins influent car son talent est de marquer les esprits. Il agace un peu le technocrate et le bureaucrate, car il leur vole un peu la vedette, mais ils le tolèrent : c'est "l'idiot utile". Exemples concernant le réchauffement climatique : Jancovici est le technocrate, Corinne Lepage est la bureaucrate, Camille Etienne est la théâtrocrate. Exemples concernant les derniers Premiers ministre : Elisabeth Borne est la technocrate, Jean Castex est le bureaucrate, Gabriel Attal est le théâtrocrate.
  2. Il se trouve que ma discipline est certainement pionnière en "ludification de la pédagogie" (comme on dit maintenant) dans l'enseignement supérieur. Ca fait plus de 30 ans que j'enseigne et j'ai toujours pratiqué les "serious games", et ça existait déjà quand j'étais étudiant. Dans "serious game", les deux termes sont importants : "serious" : la finalité est de travailler, pas de faire les clowns pour se distraire... "game" : ce qui est intéressant là-dedans c'est la mécanique du jeu, source d'apprentissage expérientiel Le "jeu pédagogique", c'est le contraire de se distraire en faisant les clowns. Là, on est dans la "barnumisation" de la pédagogie : c'est de la distraction qui a le défaut de détourner les élèves/étudiants de leurs objectifs d'apprentissage...
  3. Je suis tombé sur ce graphique intéressant qui permet de comparer la performance en matière d'insertion profressionnelle des différents masters selon les disciplines. Malheureusement il date un peu, il a 10 ans. Mais je serais étonné que ça ait beaucoup évolué depuis.
  4. Comme souvent, c'est chez Pujadas qu'on entend un autre son de cloche.
  5. Je crois que je ne suis plus fait pour ce monde.
  6. La dérive bureaucratique est la principale pathologie des grosses organisations. C'est vrai dans le privé comme dans le public. Mais, il y a une grosse différence entre ces deux types de bureaucratie, que perçoivent bien les libéraux : c'est l'absence de sanction du marché pour les administrations publiques. Les hauts fonctionnaires n'ont pas de thermomètre : ils ne voient pas que leur organisation est malade... et ils ne sont pas prêts de se rendre compte qu'ils sont le virus.
  7. Cet article est très drôle. D'abord, qui, en dehors des politiques, des hauts fonctionnaires et des journalistes bobos, croient encore que ScPo "forment l'élité de la république" ? Franchement... Nos élus et nos hauts fonctionnaires viennent principalement de cette école (et de l'ENA)... avec le succès que l'on sait sur les comptes de la Nation et des administrations publiques, le fonctionnement des bureaucraties et les performances du secteur public. On n'apprend strictement rien d'utile dans cette école, c'est-à-dire de monnayable sur le marché du travail. Sauf, comme c'est indiqué dans l'article, dans les parcours finance ou droit public (et encore, ce dernier parcours intéresse -- à tort -- les administrations publiques qui croient toujours bêtement qu'il faut être expert en droit public pour gérer correctement une bureaucratie...). Ce qui est drôle, c'est que je me souviens que c'est déjà ce qu'on disait quand j'étais étudiant, il y a une bonne trentaine d'années. Déjà à l'époque, celui qui voulait avoir un vrai métier utile, c'est-à-dire dans les entreprises, s'orientait dans les écoles d'ingénieur ou de commerce. Le ScPo moyen n'a strictement aucune connaissance en organisation, en gestion comptable ou budgétaire, en gestion financière, en marketing, en logistique, en GRH, en gestion de projet, en conduite de changement, etc., mais il est recruté prioritairement pour diriger les grosses organisations bureaucratiques publiques. Si vous vous demandiez pourquoi tous les comptes de la nation sont dans le rouge, vous avez la réponse. Quelle était la seule vraie qualité de cette école ? Son concours d'entrée. C'est-à-dire qu'elle sélectionnait des gens brillants. Mais ensuite la formation ScPo n'apportait strictement rien d'utile (monnayable sur le marché) à ces gens. D'ailleurs, comme on le voit dans l'article, ces gens s'orientent ensuite sur des emplois qui nécessitent du bon sens, mais aucunes véritables compétences techniques : communication institutionnelle, attachés parlementaires, etc. Bien évidemment qu'un diplômé issu d'une école de commerce modeste de province sera nettement plus employable dans une entreprise qu'un ScPo. Au moins, lui, il a des compétences techniques à faire valoir sur le marché. Aujourd'hui, ScPo a perdu son seul atout : la qualité de sa sélection à l'entrée. Ce n'est donc pas étonnant que l'école soit boudée par les recruteurs.
  8. Et c'est aussi ce que les Français ont envie d'entendre.
  9. Mais personne n'a dit ça. Le sujet a juste été évoqué pour se moquer de Sarkozy : ici. C'est pourtant ce qui a été fait par le passé. Quand j'était gamin, je n'avais pas classe le mercredi toute la journée, mais classe le samedi matin. Quel intérêt ? Aucun, ces changements sont des lubies de politiciens... (Perso, ça m'a tout de même permis d'avoir une bonne éducation musicale : mes parents m'avaient inscrit en école de musique, 3h chaque mercredi.)
  10. Mouais, il y a la déontologie aussi. Je doute (enfin j'espère) qu'un hôpital privé envoie paître un patient à l'article de la mort. Pour de la bobologie, oui.
  11. Personne n'a dit qu'il fallait ajouter des heures. Mais oui, l'important est plutôt de savoir ce qu'on en fait. Alors, qualité ou quantité ? Je dirais : "exigence". Et ce n'est pas contradictoire avec la notion de quantité. Bien au contraire. Apprendre à lire, écrire et compter, ça nécessite de s'exercer et de répéter, c'est-à-dire de faire, de faire à nouveau et de faire encore... Opposer qualité et quantité est àmha la principale cause du problème de l'école d'aujourd'hui. À mon époque, pour maitriser l'écrit, on bouffait du Bled et du Bescherelle en forte quantité. Et le samedi matin, justement, était consacré aux épreuves : dictée, exercices de conjugaison et de grammaire, exercices de calcul et problème à résoudre, et enfin questions de géographie/histoire. Oui, tous les samedis matins. Quel musicien sérieux imagine maitriser son instrument sans s'entrainer des heures et des heures ? Aucun. Quel sportif compétitif imagine exceller dans son sport sans s'entrainer des heures et des heures ? Aucun. L'EN a réussi à faire passer aux gamins l'idée qu'ils pouvaient être au niveau sans jamais s'entrainer, sans jamais être mis à l'épreuve.
  12. C'était à une autre époque. Quand on sortait du primaire en sachant lire, écrire et compter. C'est dire si c'est ancien.
  13. Je reviens à la vidéo de Sarkozy dans laquelle il fustige les enseignants qui ne travaillent pas le week-end. Quel président a supprimé la classe du samedi matin en primaire ?
  14. Je serais le premier à apprécier que l'université soit privatisée : je serais nettement mieux payé qu'actuellement... pour certainement faire beaucoup moins d'heures de cours. Ca n'arrivera jamais en France. Ce qui est dingue car il n'est pas nécessaire d'être dans un pays libéral ; il y a des universités privées dans beaucoup de pays occidentaux socio-démocrates...
  15. Le souci n'est pas dans la définition de la charge de travail mais dans l'absence de véritable management. Un service d'une douzaine/quinzaine d'heures devant étudiants pour des classes post-bac, ça me semble plutôt juste, et ça correspond facilement au final à une charge de travail d'environ 35-40h par semaine. Le souci est que la gestion bureaucratique du personnel fait que les branleurs (ceux qui ne font pas le travail pour lequel ils sont payés) ne sont jamais contrôlés, ni sanctionnés.
  16. Les gauchistes se foutaient de la gueule des candidats neuneus du RN pendant la dernière campagne électorale. Il y a pourtant de sacrés spécimens chez LFI...
  17. Et en effet, je découvre que l'Insee a fait une bonne infographie sur le sujet :
  18. C'est évident. C'est la méthode sarkozyste qu'il a appliquée durant son mandat, et apparemment dans la vidéo postée plus haut il en est fier. Sa grande réforme c'était le non remplacement de fonctionnaires qui partent à la retraite, sans aucune réallocation des ressources humaines au sein des services : bref une mesure débile en raisonnant uniquement à partir de chiffres dans un tableau excel, sans imaginer les conséquences organisationnelles. Tout politique qui dit vouloir réduire le nombre de fonctionnaires sans prévoir en même temps des réformes profondes de l'organisation bureaucratique est un charlatan. Il est également fier d'avoir réduit le nombre de fonctionnaires de l'Etat. Mais cela s'est fait en transferant des compétences aux collectivités locales, qui ont vu leurs effectifs exploser. Au total (Etat+collectivités locales) : davantage de fonctionnaires en France. Bravo champion ! C'est aussi ce couillon qui a renforcé la bureaucratisation de l'hôpital public en créant les ARS. Barnier a repris ses idées lumineuses puisqu'il a dit qu'il préférait réduire le nombre d'enseignants pour ne surtout pas réduire le nombre d'administratifs de l'EN.
  19. Oui, on l'a déjà signalé plus haut. Mais si on rapporte le volume d'heures/semaine de tous les élèves au volume d'heures/semaine de tous les enseignants de l'EN et que l'on compare aux effectifs moyens par classe annoncés par le ministère, ça ne colle pas...
  20. Outre les éléments donnés par Jean_Karim, me sont revenues en tête d'autres explications possibles : les bacs pro : il y a plus d'une centaine de spécialités différentes ; les élèves se retrouvent dans des classes à très petit effectif le nombre d'heures de cours/semaine pour les lycéens est de 28h, 32h pour les BTS et CPGE le système de pondération d'heure : 1h faite par un enseignant en classe de BTS lui est comptée 1,25 : donc un agrégé qui doit statutairement 15h/semaine, s'il donne tous ses cours en BTS, il a terminé son service quand il a fait 12h les différentes heures pondérées : 1,1 pour l'enseignement en Première/Terminale, 1,25 en BTS, 1,5 en CPGE
  21. Mouais ça me paraît bizarre. Je n'y crois pas à une telle proportion. Même si les différentes stats annoncées par le ministère ne collent pas entre elles. Il doit y avoir une explication qui nous échappe.
  22. Un élève du secondaire a 26h de cours par semaine. Un prof agrégé fait 15h de cours par semaine. Un certifié 18h/semaine.
  23. Un enseignant sur 2 ne serait pas devant des élèves ? Ce chiffre sort d'une source officielle ou vous fabulez ?
  24. Je n'ai pas compris. C'est quoi ce truc, "la base", que LFI lance... ?
  25. Non, c'est un post assez mauvais. Et j'ai d'ailleurs failli répondre à cette publication de Parti Mileiste (que je suis sur Twitter et qui fait souvent par ailleurs des posts intéressants). Il mélange tout. Sait-il que les Lettres ne font pas partie des sciences sociales ? Sait-il que l'économie ou ma discipline (gestion/management) font partie des sciences sociales ? Visiblement non. Si je reprends ses arguments par rapport à ma discipline (gestion-management) : c'est 1 étudiant sur 10 en France, hein. C'est pas anecdotique. "Des capacités juste au-dessus de la moyenne car aucune sélectivité" : bah non pas de bol, c'est au contraire l'une des rares disciplines dont l'accès aux formations est systématiquement sélectif. "5 ans d'endoctrinement simili-marxiste" : à aucun moment Marx ou les délire cocos ne sont évoqués dans les cursus de gestion/management. "- Aucune qualification monnayable chère sur le marché du travail - Des salaires qui sont et resteront souvent autour ou sous le salaire médian" : c'est faux, les gens qui sortent d'écoles de management ou d'IAE ont des salaires très confortables. Ceux qui sortent d'IUT de gestion (GEA, TC) sont parmi les salaires les plus élevés des bac+3. "Ayant pour seul espoir de promotion sociale de devenir un super apparitchik dans une administration." : parmi les diplômés gestion/management, très rares sont ceux qui deviennent fonctionnaires. Et d'ailleurs il se plante, l'administration publique recrute surtout des gens qui viennent des formations juridiques (facs de Droit et d'AES) pour les postes d'encadrement intermédiaire et de l'ENA pour les cadres sups (et donc très accessoirement des gens de socio, lettres...) Et si on s'intéresse aux disciplines socio et psycho, ce serait bien qu'on cesse les caricatures débiles. Oui, il y a des charlots dans ces disciplines. Mais il y a aussi des scientifiques rigoureux et de qualité (pour ce que je connais, je pense notamment à ceux qui travaillent dans les domaines de la sociologie des organisations ou de la psychologie sociale). A vrai dire, et ça surprendra peut-être ceux qui savent ici que ma formation initiale est économique, j'ai plutôt tendance à penser qu'il y a beaucoup plus de charlots en économie qu'en socio ou psycho. Parce que franchement, parmi les enseignants-chercheurs en éco, en dehors de ceux qui font de l'économie financière, la plupart ne comprennent rien au fonctionnement et à la gestion des entreprises.
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