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J'hésite à prendre Contre le droit au travail  de Tocqueville et L'individualisme économique et social d'Albert Schatz de la bibliothèque classique de la liberté , vous avez des avis? ils sont biens?

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Il y a 3 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Bah ce que je disais c’est que je suis d’accord que la théorie des jeux explique l’émergence du droit

Gadounet vient de faire une vidéo sur un sujet proche, pour ce que ça vaut.

 

 

(Pour une fois qu'il se fend d'une vidéo sérieuse ces temps-ci...)

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Il y a 12 heures, Pelerin Dumont a dit :

J'hésite à prendre Contre le droit au travail  de Tocqueville et L'individualisme économique et social d'Albert Schatz de la bibliothèque classique de la liberté , vous avez des avis? ils sont biens?

 

On peut les lire respectivement ici et

 

Le discours de Tocqueville est comme toujours bien écrit et utile pour comprendre son conservatisme face à une question pratique essentielle à l'époque. 

 

Le bouquin de Schatz est assez poussiéreux je trouve, et comporte même de petites inexactitudes sur Hume (ou Smith, je ne sais plus). Si l'histoire de l'individualisme vous intéresse je recommanderais plutôt L'individu et ses ennemis d'Alain Laurent. 

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il y a 5 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

On peut les lire respectivement ici et

 

Le discours de Tocqueville est comme toujours bien écrit et utile pour comprendre son conservatisme face à une question pratique essentielle à l'époque. 

 

Le bouquin de Schatz est assez poussiéreux je trouve, et comporte même de petites inexactitudes sur Hume (ou Smith, je ne sais plus). Si l'histoire de l'individualisme vous intéresse je recommanderais plutôt L'individu et ses ennemis d'Alain Laurent. 

Merci beaucoup pour ces renseignements, et disons que je recherche aussi ces bouquins pour compléter ma collection personnelle, mais je vais suivre ce conseil et préférer le livre d'Alain Laurent qui m'a l'air effectivement plus complet.

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Citation

If such authors indulge in writing what is in fact prosocialist homilectics, they are insincere. Their novels and plays are unveracious and therefore nothing but trash.

 

Le Mises polémique, c'est quand même un sacré changement de ton par rapport au Mises académique :lol:

  • 2 weeks later...
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https://www.facebook.com/ferghane.azihari/posts/2331594116975946:0

 

Ferghane Azihari sort un essai sur l'écologie le 7 octobre

 

Citation

Voici le seul ouvrage argumenté à défendre le point de vue de la philosophie "libérale' dans un climat intellectuel et social contemporain globalement défavorable, voire franchement hostile au progrès des sociétés industrielles avancées.

 

Ce livre, plaidoyer en faveur d'une civilisation industrielle, aujourd'hui accusée de tous les maux, part en croisade contre les prophètes verts qui, au moment du premier confinement, annonçaient la mort du " monde d'avant ". Apôtres d'un évangile, souvent radical, de la régression préindustrielle, de l'écologie profonde, de la décroissance, du refus de la mondialisation, de l'imposition de modèles tribaux – les groupes de prophètes verts (de Pierre Rabhi à Greta Thunberg, en passant par Nicolas Hulot) sont nombreux et fragmentés en une multitude de chapelles qui adhèrent toutes au credo d'un retour à la nature. Mais comment refuser aux pays émergents qui y aspirent légitimement, les bénéfices du progrès technique et industriel ? Comment par ailleurs comprendre que les mêmes défenseurs du climat, applaudissant à l'interdiction des terrasses chauffées et à la réduction de la vitesse automobile à 80 km/heure, fassent fermer la centrale atomique de Fessenheim, infiniment plus économique en rejets de CO2 que ces mesurettes. Qu'il s'agisse de la nouvelle religion de Gaïa, ou des chiffons rouges – surpopulation, surconsommation, réchauffement climatique – qu'agitent ces nouveaux idéologues, les attaques se concentrent sur les bienfaits de la modernité, assimilés à du confort bourgeois, mais plus encore sur la contestation du principe même de modernité. Cet essai, incisif et informé, s'appuyant sur les discours des nouveaux prophètes, sur l'analyse de leurs sources, mêlant sciences économiques et philosophie politique permet de cartographier ce nouveau parti des antimodernes qui gagne dans l'opinion, de comprendre les ressorts de cette nouvelle illusion, et de défaire les raisons de l'utopie régressive qu'elle promeut.

 

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Je relis Starship Troopers and je pense que ce livre de Heinlein contient plus de véritable réflexion sur le civisme et la citoyenneté que presque tout ce que j'ai pu lire d'autre réuni. Il y a un côté très République Romaine à SS. De très bonne réflexion sur la justice et les châtiments corporels aussi. Est-ce que LKY a lu Starship Troopers ? C'est à se demander. 

  • Yea 1
Posté
il y a 22 minutes, NoName a dit :

Je relis Starship Troopers and je pense que ce livre de Heinlein contient plus de véritable réflexion sur le civisme et la citoyenneté que presque tout ce que j'ai pu lire d'autre réuni.

J'en suis convaincu, et ce n'est pas loin non plus de ce que pense Ugo Bellagamba, qui lui a consacré un essai.

  • Yea 1
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Le 10/09/2021 à 14:24, Vilfredo Pareto a dit :

Qu'est-ce qu'il dit sur la punition corporelle?

 

 

Citation

"La police arrêtait souvent ces jeunes. Tous les jours. Est-ce qu’on les grondait ? Oui, et plutôt méchamment. On leur mettait le nez dans leur faute ? Rarement. Les organes d’information gardaient leurs noms secrets. La loi l’exigeait souvent pour les mineurs de dix-huit ans. Est-ce qu’on leur donnait la fessée ? Bien sûr que non ! Pour la plupart, dans leur plus jeune âge, leurs parents ne les avaient jamais corrigés. A l’époque, on croyait couramment que le fait de frapper un enfant, de le punir physiquement, pouvait causer des troubles psychiques permanents. [...]


— Le châtiment corporel était interdit dans les écoles. La flagellation n’était plus en vigueur que dans une toute petite province, le Delaware, et encore pour quelques rares délits. On la considérait comme « un châtiment cruel et inhabituel ». Je ne comprends pas ce genre de considération. Un juge peut toujours se montrer bienveillant mais sa sentence conduira toujours un criminel à souffrir, autrement il ne saurait être question de châtiment. Et la souffrance est, depuis des millions d’années d’évolution, le mécanisme qui protège notre survie en nous donnant l’alerte. Au nom de quoi la société rejetterait-elle un système aussi perfectionné ? [...] Quant à être inhabituelle. Une punition se doit de l’être, sinon elle est sans effet. Que se passerait-il si vous battiez votre chien toutes les heures ?
— Eh bien... il deviendrait peut-être fou...
— Certainement. Et il n’apprendrait rien. Dites-moi donc depuis combien de temps le directeur de cette école n’a pas donné le bâton à un élève ?
— Oh... peut-être deux ans. Ce garçon qui s’était battu avec...
— Peu importe. Cela fait longtemps. Ce qui signifie qu’une telle punition est si inhabituelle qu’elle en est exemplaire, qu’elle instruit. Mais les jeunes criminels de ce temps-là... On ne les frappait pas quand ils étaient bébés, et on ne les fouettait pas pour leurs crimes.

 

"Non, le processus était le suivant. Premier délit, un avertissement. On grondait, si vous voulez, sans même juger, souvent. Après quelques délits, l’emprisonnement, cette sentence pouvant être suspendue par une mise en liberté surveillée. Un jeune criminel pouvait être arrêté plusieurs fois avant d’être puni. Et dans ce cas, on l’enfermait en prison, simplement, avec d’autres jeunes criminels qui ne pouvaient que lui apporter d’autres idées criminelles. Il aurait pu continuer ainsi durant des années, tandis que ses crimes croissaient en nombre et en atrocité pour n’être punis que par la prison. Mais, tout à coup, légalement, le jour de son dix-huitième anniversaire, le cycle était interrompu. Le « jeune délinquant » devenu un criminel adulte pouvait en quelques semaines se retrouver dans une cellule de condamné à mort. Vous ! (A nouveau, il pointait son moignon sur moi). 

 

Supposez que vous vous soyez contenté de gronder votre chien, sans jamais le punir, supposons que vous l’ayez laissé faire ce qu’il voulait dans la maison, que vous l’ayez simplement enfermé de temps en temps dans une cabane pour le laisser revenir plus tard en l’avertissant de ne jamais recommencer. Jusqu’à ce que vous vous aperceviez qu’il est devenu un grand et vieux chien, toujours aussi sale. Qu’auriez-vous fait, alors ? Vous auriez pris un fusil pour l’abattre ? Qu’en pensez-vous ?
— Eh bien... c’est la façon la plus incroyable d’élever un chien dont j’aie jamais entendu parler !
— Tout à fait d’accord. Ou un enfant. Et qui est coupable ?
— Moi, je pense.
— Exact. Et j’en suis sûr."

 

[...] (beaucoup plus loin)

"Je vous ai dit que le terme de « délinquant juvénile » était contradictoire. « Délinquant » signifie « qui a failli à son devoir ». Mais « devoir » est une vertu adulte. C’est justement lorsque l’homme « juvénile » connaît le sens du devoir qu’il devient un homme « adulte ». Il ne peut pas y avoir de « délinquant juvénile ». Pour chaque criminel juvénile, il y avait toujours plus de délinquants adultes, des êtres parvenus à la maturité qui n’avaient jamais eu connaissance de leur devoir ou qui l’avaient renié."

 

 

Posté

Le point que je trouve le plus intéressant dans ce texte c'est qu'il  change le focus de la punition corporelle de la faillite de ceux qui en ont besoin vers ceux qui refusent de l'appliquer.

Posté
il y a 1 minute, Vilfredo Pareto a dit :

Après c'est sûr qu'il faudrait trouver des gens pour le faire. Les bourreaux étaient bourreaux de père en fils. L'idée de satisfaire les pulsions morbides des flics ou de leurs congénères n'est pas particulièrement agréable. Je sais bien que les vices privés font la vertu publique mais enfin tout de même je suis de ceux qui pensent qu'une bonne action se distingue par le motif de l'agent.

Je vois pas en quoi ça serait difficile de trouver des gens pour faire ça. L'administration pénitentiaire ou judiciaire pourrait s'en charger. 

 

A la limite on est maintenant en capacité technologique de gérer ça sans agent humain quasiment.

Posté
il y a 1 minute, Vilfredo Pareto a dit :

prendre son pied à tabasser un délinquant

Mais qui te dit qu'il y prendrait son pied ?

Posté

Non mais Vilfredo je comprends tout ce que tu dis mais 

1- je pense que tu as tort

2- je pense que c'est hors sujet 

Posté
il y a 12 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

Parce que voir quelqu'un prendre son pied à tabasser un délinquant n'est pas l'idée que je me fais de la justice?

Ce qui pose d'autres problèmes. Pour moi la punition n'a de sens que si elle est administrée par un autre être humain qui représente l'ordre social (pas forcément l'Etat, mais comme je ne suis pas anarchiste, l'Etat). Il y a aussi une part d'humiliation dans la punition, celle de souffrir devant ses semblables, la honte, qui n'existerait pas devant une simple machine. Inversement du coup, le délinquant peut, s'il est courageux, être incité à ne pas perdre la face et se montrer stoïque devant ses bourreaux. Devant une machine, qu'est-ce qu'il en a à foutre. Enfin, dans l'idée de la punition est aussi contenu le fait que c'est un semblable qui te l'inflige, te remet donc par-là dans le droit chemin. Et je n'ose pas imaginer les accidents si la machine continue alors qu'il y a un problème...

 

Je pense que ce genre de considérations philosophique c'est de la branlette intellectuelle qui a pas vraiment sa place face à la réalité extrêmement concrète d'un coup de canne à 180km/h dans le gras des reins, et que c'est certainement pas le gars qui va les recevoir qui risque de se poser ce genre de questions

Posté
il y a une heure, Vilfredo Pareto a dit :

Ah bah c'est sûr que si notre standard pour évaluer les peines c'est les questions que se posent les gens qu'on condamne on est mal barrés

Non je pense pas en fait. Mais vraiment pas. En fait je pense même que ça serait un énorme pas en avant si on commençait d'abord parce s'interroger sur le genre de questions que se posent les gars qui se retrouvent du mauvais côté du marteau judiciaire

Posté
Il y a 9 heures, Vilfredo Pareto a dit :

S’ils sont condamnés c’est qu’on ne peut pas se fier à leur sens moral

 

ça présuppose que la loi violée était juste et qu'il n'existe pas de circonstances où il soit moralement admissible de violer une loi juste. 

Posté
Il y a 12 heures, Vilfredo Pareto a dit :

S’ils sont condamnés c’est qu’on ne peut pas se fier à leur sens moral (impliqué dans un acte tel que l’évaluation de la légitimité ou de la proportionnalité d’une peine).

hautement débatable

 

Il y a 12 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Sinon ils n’auraient pas été condamnés.

idem

 

Il y a 12 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Et sinon on pourrait aussi bien les laisser régler ça entre eux, laisser les délinquants juger les délinquants. 

c'est pas du tout ce que j'ai dit et c'est absolument pas dans ce sens là que je disais qu'il faudrait justement penser au genre de question que les prisonniers se posent. Se poser la question de leurs arbitrages déjà ça serait pas mal. Celle

 

 

Ecoute, si tu veux faire de la philosophie de la justice grand bien t'en fasse mais pour moi c'est essentiellement des remarques hors sol et pas évaluables parce que sans aucune portée pratique. Alors je vais tenter de récapituler et de détailler tout l'argumentaire. Tas commencé sur "mais il va falloir trouver des gens pour appliquer les condamnations et ces gens sont peut-êtres méchants".  Au delà du fait que je vois pas en quoi c'est différent d'aujourd'hui,  les punitions corporelles judiciairement administrées sont justement bien plus courtes et faciles à contrôler et prêtent moins le flanc aux abus. La seule alternative réaliste c'est la prison où non seulement on voit pas en quoi les gardiens seraient moins sadiques, mais en plus le gars en question dispose de semaines, mois voire années de contrôle très poussé dans un environnement peu contrôlé pour en profiter. Alors je pense sérieusement que tes remarques sont vraiment pas pertinentes et reposent sur rien de concret. 

 

la suite c'est

Il y a 22 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Parce que voir quelqu'un prendre son pied à tabasser un délinquant n'est pas l'idée que je me fais de la justice?

sauf que c'est strictement orthogonal et que dans l'absolu on en a rien à foutre si ça n'est pas visible dans le comportement appliqué réel du gars. Je lis dans les pensées et je suppose que toi non plus. Et jusqu'à ce qu'Elon Musk concrétise preuve du contraire personne ne le peut. Ça n'est pas un argument valide pour s'y opposer parce que la réalité c'est que tant qu'extérieurement on observe aucune différence au niveau du comportement, ça n'a concrètement aucune importance. Et là encore, je rappelle que ça c'est juste l'argument hors sol parce que si c'est pas ça ta conception de la justice, c'est quoi alors ? Laisser des coupables repartir avec un avertissement voire une tape sur les doigts pour qu'ils recommencent ou priver des gosses de leur père, l'enfermer dans un environnement criminogène et insalubre pour le forcer à l'inactivité pendant des mois voire des années puis lui remettre une deuxième couche en le réintégrant à une société dont on l'a coupé ? C'est plus humain peut-être ? 

 

Il y a 22 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Ce qui pose d'autres problèmes. Pour moi la punition n'a de sens que si elle est administrée par un autre être humain qui représente l'ordre social (pas forcément l'Etat, mais comme je ne suis pas anarchiste, l'Etat).

Et c'est précisément l'une des choses que critique Heinlein dans l'extrait (ça apparait moins car j'ai fais quelques coupes dans les dialogues) où globalement il oppose les théories psychologiques alambiquées sur la nature humaine et la morale alors que de l'autre côté, on méprise le mécanisme de la souffrance physique qui est littéralement conçu expérimentalement par la biologie elle-même pour te prévenir de pas faire des trucs. Je me répète mais là encore, on oppose des intentions et des idées accrochées à aucune réalité concrète. Quelle différence que tu te fasses fouetter par M. le Juge ou par Turbowhip9000 la machine à cravache tant qu'il y a une décision de justice en bonne et due forme, un jugement équitable et un tampon officiel sur l'ordre d'execution de la sentence ? Est-ce que le criminel va plus changer son comportement s'il a droit à une leçon de morale avant ? 

 

 

Il y a 22 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Il y a aussi une part d'humiliation dans la punition, celle de souffrir devant ses semblables, la honte, qui n'existerait pas devant une simple machine. Inversement du coup, le délinquant peut, s'il est courageux, être incité à ne pas perdre la face et se montrer stoïque devant ses bourreaux.

spéculations gratuites, doublé du fait que si tu te manges une volée de canne version Singapour tu risques d'avoir d'autres priorités mentales que celles-là. D'autant plus que ça dépend vraiment des individus là.

 

Il y a 22 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Devant une machine, qu'est-ce qu'il en a à foutre. Enfin, dans l'idée de la punition est aussi contenu le fait que c'est un semblable qui te l'inflige, te remet donc par-là dans le droit chemin.

La punition est contenue dans le fait que tu vas probablement souffrir plus fort qu'à n'importe quel moment dans ta vie et passer les deux semaines qui suivent alité à douiller.  Pour le reste, encore une fois c'est de la spéculation. J'aurais même tendance à dire que les punitions dans la quasi totalité de ton existence ne te sont justement pas appliquées par tes semblables: de tes parents à l'école en passant par la justice.

 

Il y a 22 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Et je n'ose pas imaginer les accidents si la machine continue alors qu'il y a un problème...

Imagine les problèmes si tu pouvais te retrouver enfermé avec des gens qui essaient de t'enculer dans les douches. Enfin bon, toutes les machines dignes de ce nom même les plus rustiques (coucou les machines de la ferme) ont un gros bouton rouge killswitch et qu'évidemment, même si tu fais appliquer la sentence par un agent mécanique il y aura des agents pour surveiller l'application de la sentence. on est pas des barbares sans civilisation

 

Il y a 23 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Je faisais une supposition. Bien sûr que parmi les "bourreaux" il y aura des gens intègres qui veulent faire respecter l'ordre, mais de même que les pédophiles sont surreprésentés pour une raison évidente dans les métiers qui impliquent une proximité avec les enfants, de même je me demande ce qui peut bien pousser un mec à se former pour devenir "bourreau" (sans vouloir dramatiser le terme). D'ailleurs quand on lit les histoires de violences policières documentées sur le fil idoine, difficile de s'imaginer que les mecs n'aiment pas ça. Je pense surtout à cette affaire (j'y pense peut-être par association d'idées avec le "pied") mais il y en a plein. Je connais la rationalisation anarcap habituelle de comme ils seraient privés ils seraient gentils mais j'y crois pas trop non plus.

je comprends pas le rapport avec le sujet initial. Les châtiments corporels tels qui ont été appliqués en France au Moyen-Âge, ou même chez les barbares saoudiens, ce sont des décision de justices qui suivent un formalisme particulier et qui sont appliquées avec des procédures. On laisse pas des gars se balader pour mettre des coups de fouets aux gens dont la tronche leur reviens pas.

 

 

 

Vraiment je m'interroge en lisant ce que tu écris mais Vilfredo, tu as déjà pris un coup de ceinture ou de trique par tes parents ? Fais casser la gueule par un de tes camarades ? On dirait que tu traites le fait que les punitions corporelles sont physiquement douloureuses comme une sorte d'effet secondaire sans rapport ni effet sur la punition.

Posté

Je pense que si beaucoup de gens bien comme notre bon @Vilfredo Pareto ont des réactions tellement à fleur de peau face à la perspective de punitions violentes, c'est très précisément parce qu'ils ont intégré très tôt la leçon que la douleur est un bon guide et qu'il faut à tout prix s'en éloigner, quitte à employer ceinture, bretelles et parachutes pour en éviter la perspective même de très très loin. Du coup, ces réflexes bien ancrés à un niveau très bas bavent parfois un peu plus qu'ils ne devraient.

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Le 02/08/2021 à 11:08, Mégille a dit :

1): Je sors de Enquiry concerning political justice de William Godwin. De l'anarchisme 50 ans avant celui de Proudhon, en plus cohérent et systématique (enfin un vieux philosophe anar un peu rigoureux !), mais pas forcément plus réaliste. On y retrouve beaucoup d'éléments plaisants pour nous. Rejet total de la coercition, jusqu'au rejet de l'état. Défense de la propriété privée et rejet total de la propriété commune. 

 

2): Plus gênant pour nous, sa propriété privée n'est que provisoire, et ne vaut que tant qu'elle est directement utile à son propriétaire, elle doit (moralement, et va l'être, parce que les gens seront moralement supérieurs) être donnée lorsqu'elle est en surplus.

 

1): Pourtant je lis que Godwin défendrait une organisation (anarchiste/spontanée) social très égalitaire ?

 

"Pasteur et prédicateur d’une petite église dissidente, W. Godwin dénonce avec vigueur l’injustice et met en avant l’idéal de l’égalité :

« L’égalité des conditions ou, en d’autres termes, une égale admission de tous aux moyens de perfectionnement et de joie, c’est la loi que la voix de la justice impose rigoureusement à l’humanité. Tous les autres changements dans la société ne sont bons que s’ils sont des fragments de cet état idéal et des degrés pour y atteindre […]. L’égalité, pour laquelle nous plaidons, est une égalité qui se réalisera dans un état de grande perfection intellectuelle. Une révolution aussi heureuse ne peut se produire dans les affaires humaines que lorsque l’esprit public sera arrivé à un haut degré de lumière.

Et comment les hommes à ce haut degré de lumière ne reconnaîtraient-ils point eux-mêmes qu’une vie alternée d’agréables repos et de saine activité est infiniment supérieure à une vie de paresse abjecte ? Supérieure, non seulement en dignité, mais en joie. »"
-Michel Beaud, Le socialisme à l'épreuve de l'histoire (1800-1981), Seuil, 1982. 

 

2): Ce n'est pas antilibéral si c'est volontaire. 

Posté
Il y a 10 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

 

1): Pourtant je lis que Godwin défendrait une organisation (anarchiste/spontanée) social très égalitaire ?

 

"Pasteur et prédicateur d’une petite église dissidente, W. Godwin dénonce avec vigueur l’injustice et met en avant l’idéal de l’égalité :

« L’égalité des conditions ou, en d’autres termes, une égale admission de tous aux moyens de perfectionnement et de joie, c’est la loi que la voix de la justice impose rigoureusement à l’humanité. Tous les autres changements dans la société ne sont bons que s’ils sont des fragments de cet état idéal et des degrés pour y atteindre […]. L’égalité, pour laquelle nous plaidons, est une égalité qui se réalisera dans un état de grande perfection intellectuelle. Une révolution aussi heureuse ne peut se produire dans les affaires humaines que lorsque l’esprit public sera arrivé à un haut degré de lumière.

Et comment les hommes à ce haut degré de lumière ne reconnaîtraient-ils point eux-mêmes qu’une vie alternée d’agréables repos et de saine activité est infiniment supérieure à une vie de paresse abjecte ? Supérieure, non seulement en dignité, mais en joie. »"
-Michel Beaud, Le socialisme à l'épreuve de l'histoire (1800-1981), Seuil, 1982. 

 

2): Ce n'est pas antilibéral si c'est volontaire. 

 

Oui, mais son égalitarisme est supposé être atteint par le fait que chacun donne librement son surplus. Et l'essentiel de sa doctrine consiste justement en l'espoir d'une sorte d'élévation morale de l'homme, qui ne nous fera à la fois ne plus vouloir ni commander, ni obéir, ni garder plus que ce qui nous est nécessaire et qui pourrait être utile à d'autres. Et il n'y a pas vraiment de théorie déontologique des droits libéraux chez lui, qui permettrait d'imaginer tolérer un ou plusieurs libres accumulateurs de richesse dans son monde promis. Si beaucoup sont dans ce cas, ce que l'idéal n'est pas encore atteint. Et s'il y a quelques individus isolés qui conservent pour eux un peu plus qu'ils ne le devraient, la procédure sera la même que pour n'importe quel tort : ils seront "jugé" communautairement au sein de leur "parish" (association volontaire de petite taille, ne se réunissant qu'en cas de stricte nécessité, idéalement pas plus d'une ou deux fois pas an). Mais seuls des arguments rationnels leur seraient offert, et aucune contrainte ne serait exercée suite à ce jugement. Et si les arguments rationnels ne suffisent pas, encore une fois, c'est qu'il y a encore du progrès qui doit, et qui va, finir par être fait. On est dans du bon gros esprit des lumières, avec cet espoir que l'humanité peut finir par n'obéir à plus rien d'autre qu'un bon raisonnement.

 

Dans tous les cas, il est fermement opposé à la mise en commun de quoi que ce soit, tout doit rester aussi individuel que possible. D'ailleurs s'il s'oppose au marché, c'est pour la même raison qu'il s'oppose à la communauté et à l'état, et au mariage : il s'agit encore une fois d'une forme de coopération au sein de laquelle l'individu risque de ne plus penser par lui-même. Kropotkine a donc tout à fait tort d'essayer d'en faire en anarcho-communiste. C'est même, sur pas mal de point, le plus parfait anti-kropotkinien. 

  • Yea 1
Posté
Le 15/09/2021 à 11:11, Vilfredo Pareto a dit :

Je suis d’accord avec ça. Simplement parce que les punitions corporelles présentent des avantages pratiques par rapport à la prison ne veut pas dire qu’on doit s’abstenir de toute réserve à leur sujet.

 

Ça répond pas non plus à la question et de toute façon elle se posera peu importe le sujet. Who watches the Watchmen est un principe impossible à contrecarrer. Tu devras toujours faire face à ce problème. 

 

 

Le 15/09/2021 à 11:11, Vilfredo Pareto a dit :

Sur la question morale, c’est tout de meme une énorme rupture en philosophie entre ceux qui considèrent que la valeur est une caractéristique de l’acte et ceux qui pensent que c’est un attribut de l’agent. La critique qui consiste à dire : on peut pas sonder les reins et les cœurs donc on n’en sait rien, qui vient des positivistes (ce qui n’est pas observable n’existe pas), ne répond pas au problème de façon satisfaisante, car la morale est tout à fait observable pour l’agent. Ce qui concerne les rapports extérieurs entre les individus et qui norme leurs actions, Kant appelle ça le droit. J’ai déjà remarqué qu’il y avait une confusion parfois faite entre les deux. On peut se plier au droit avec de bons ou de mauvais motifs mais l’idée est qu’on ne peut pas agir moralement avec de mauvais motifs. Je pense que cette question est pertinente dans une discussion sur la punition pour distinguer, du point de vue de l’agent, la punition de l’acte violent qui est puni. 

 

Désolé je parle que le français. 

 

Le 15/09/2021 à 11:11, Vilfredo Pareto a dit :

Le problème se pose aussi dans les prisons à ceci près qu’on pourrait arguer que les punitions corporelles quadministrent les gardiens dans les prisons ne sont pas la peine.

Oui, et justement je considère ça bien pire:  aucun encadrement, aucune limite, aucune procédure, aucune légitimité.

 

Le 15/09/2021 à 11:11, Vilfredo Pareto a dit :

 

Qu’en pratique ça revienne au même, c’est certain, mais un défenseur des prisons pourrait répondre qu’en principe, on devrait plutôt sophistiquer les prisons pour s’assurer que n’y s’y déroulent pas des châtiments corporels officieux ou que les détenus sont violes par d’autres.

Ben tiens comme c'est pratique. En théorie le socialisme ça marche, vraiment dommage pour les millions de cadavre qui ont eu droit à la pratique au lieu de la théorie. Dans la prison idéale tout le monde sera bien traité dans des chambres propres, en attendant c'est pas de bol pour ceux qui dorment avec des cafards et se font enculer dans les douches. 

 

 

Le 15/09/2021 à 11:11, Vilfredo Pareto a dit :

Il y a une différence de principe et de légitimité entre ces deux types de violence

Oui

 

Le 15/09/2021 à 11:11, Vilfredo Pareto a dit :

de même qu’il y en a une entre la violence privée interindividuelle et la violence de l’état contre un individu.

Non

 

Le 15/09/2021 à 11:11, Vilfredo Pareto a dit :

Bien sûr que se faire casser la figure par un CRS ou par un délinquant ça revient au meme en pratique. Mais politiquement, moralement, ce n’est pas le meme acte. Si c’est une considération hors sol tant pis.

C'est pas que c'est hors sol c'est honnêtement je vois pas le rapport avec ton point. A la limite ça renforce le mien: on place la violence dans un cadre légitime et contrôle au lieu d'évacuer ça sous le tapis et de detourner la tête. 

 

 

Le 15/09/2021 à 11:11, Vilfredo Pareto a dit :

Par semblables je voulais dire: d’autres etres humains. Pas des pairs.

Alors sans ce cas là la remarque est hors jeu armes à feu ne tirent pas sur les gens, les voitures ne foncent pas sur les terrasses et les machines à fouets ne tabassent pas les prisonniers. Les hommes qui les manipulent le font. 

 

Le 15/09/2021 à 11:11, Vilfredo Pareto a dit :

Je suis d’accord avec le reste (surtout la fin) du message et merci pour la longue réponse. Sinon je me suis pas fait frapper mais j’ai connu le bullying habituel du collège mais je sais pas comment interpréter ça. Je veux bien admettre que je suis très sensible et que ça peut biaiser mon jugement en effet. 

 

C'est pas tant le ressenti que l'impression dans tes messages d'évacuer la réalité physique de la violence pour le remplacer par des considérations intellectuelles sur icelle. 

Posté
Il y a 3 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Et dans l’anarcapie idéale y aura pas d’abus similaires pour les punitions corporelles. On tourne en rond puisque tu refuses le pb avec des subterfuges (“ah je comprends pas le français,” “ah c’est comme le socialisme”), simplement parce que le type de problème moral est différent dans chaque cas.

 

Ben déjà ça me paraît une bonne chose de vouloir rester strictement confiné sur le sujet et d'autre part mon point est très clair : je ne veux pas de la punition corporelle comme une alternative théorique à un problème théorique, je veux la punition corporelle comme une alternative applicable et concrète aujourd'hui à un problème tout aussi concret aujourd'hui, de manière absolument pas hypothétique. 

J'ai déjà exposé les raisons pour lesquelles je suis favorable aux châtiments corporels et il n'y a pas de rapport avec une théorie de la justice ou de la morale, c'est intégralement une question de realite concrète de comment on punit la délinquance et quelles alternatives peuvent être mises en place tout de suite. 

 

BTW je ne rigolais pas avec mes réponses. Si tu sais l'écrire en basoche philosophique, tu sais l'écrire en français normal et c'est compréhensible, soit c'est pas le cas et c'est de l'enfumage. Mais complexifier le vocabulaire ne rendra pas ça plus intelligent. Quand à l'analogie avec le discours sur le socialisme, c'est 100% sérieux par e que c'est excrement le même raisonnement derrière. 

 

Il y a 3 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Ok mais tu parlais de “gérer ça sans agent humain quasiment.”

Ben oui et c'est le cas. Il y a pas beaucoup de fun à tirer de la violence physique pour un sadique si son boulot consiste à simplement appuyer sur un bouton face à une porte et à recevoir un feedback radio d'un autre gars dans une autre pièce qui dit "Premier coup parti" 

 

Il y a 3 heures, Vilfredo Pareto a dit :

En effet je ne peux pas écrire des messages violents, je ne peux qu’écrire des messages sur la violence. 
 

Sous prétexte que le monde est violent ou que les délinquants sont violents et qu’on peut trouver un sens moral ou religieux à ce que, effectivement, la vie soit violente et la souffrance impossible à éradiquer et même qu’il ne soit pas souhaitable de l’éradiquer (et je défends ces deux options), ça ne veut pas dire qu’il faille renchérir: le monde est violent, et c’est super. Ce renchérissement qui consiste à trouver le remède dans le mal est une consolation compréhensible mais elle n’est pas un argument.

Je vois pas le rapport avec ce que j'ai dit et si c'est ce que tu as compris alors t'as du lire de travers parce que jamais dit ça et je vois même pas comment tu passes de ce que j'ai écris à ça. 

 

Il y a 3 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Mais ca nous entraîne en dehors du débat sur la punition; j’ai l’impression qu’on parle plutôt de la valeur morale de la violence ou de la souffrance.

Toi peut être, moi non. 

 

 

J'ai l'impression d'assister à un grand moment de 

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Posté
Il y a 8 heures, Mégille a dit :

Et l'essentiel de sa doctrine consiste justement en l'espoir d'une sorte d'élévation morale de l'homme, qui ne nous fera à la fois ne plus vouloir ni commander, ni obéir.

 

ça me semble au cœur de l'anarchisme, y compris de l'anarcho-communisme. Lordon l'explique très bien: l'anarchiste ne veut pas contraindre, ne veut pas exercer une violence sur un autre membre de la communauté. On va donc postuler que ce n'est nécessaire que dans une organisation sociale défectueuse, qu'il n'y a de violence que parce qu'il y a d'abord un Etat et des rapports de domination qui ont dégradé l'Homme. Mais idéalement la bonne société est post-étatique et post-politique. Politiquement, l'anarchisme est un individualisme* foncier à mon avis. Seule l'organisation sociale de la vie entre individualistes diffère selon qu'on se rapproche du pôle anarcap ou anarcho-communiste. 

 

*Et c'est bien ce que je lui reproche désormais. 

Posté
il y a 43 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

 

ça me semble au cœur de l'anarchisme, y compris de l'anarcho-communisme. Lordon l'explique très bien: l'anarchiste ne veut pas contraindre, ne veut pas exercer une violence sur un autre membre de la communauté. On va donc postuler que ce n'est nécessaire que dans une organisation sociale défectueuse, qu'il n'y a de violence que parce qu'il y a d'abord un Etat et des rapports de domination qui ont dégradé l'Homme. Mais idéalement la bonne société est post-étatique et post-politique. Politiquement, l'anarchisme est un individualisme* foncier à mon avis. Seule l'organisation sociale de la vie entre individualistes diffère selon qu'on se rapproche du pôle anarcap ou anarcho-communiste. 

 

*Et c'est bien ce que je lui reproche désormais. 

 

Pas d'accord. Sur le fait que l'anarchisme refuse la violence, d'abord, ça concerne effectivement Godwin, Tolstoï, et parfois Proudhon (pas dans tous ses textes, mais il n'est pas évident qu'il soit anarchiste dans les textes où il l'accepte voire la prône). Par contre, tous les autres anarchistes ont une pensée de la nécessité de la violence, que ce soit par l'idée d'un libre-marché des services légitimement violent chez les ancap, ou dans l'appel à un déchaînement de violence révolutionnaire, ou insurrectionnelle, chez la majorité des ansoc (chez tous, en gros, sauf encore une fois Godwin, Proudhon et Tolstoï). Considérer qu'une Emma Goldman, qu'un Ravachol ou un Bonnot, ou encore qu'un Makhno sont de doux rêveurs incapables de faire face à la violence, c'est assez risible. Ceci dit, la plupart des ansoc s'attendent effectivement à ce qu'après leur grand soir, la violence soit quasi-éradiquée. Mais avant de les traiter de naïfs à ce sujet, il faut remarquer deux choses : la première, que la quantité de violence dans une société n'est pas une constante, et qu'il n'est donc pas incongru d'imaginer qu'il puisse y avoir beaucoup moins de violence sous certaines conditions. Et il n'est pas du tout évident, ni conceptuellement ni empiriquement, que la "verticalité" lordonienne soit la meilleure façon d'y parvenir. Deuxièmement, même s'ils en parlent peu, la plupart des ansoc sont tout à fait prêt à admettre qu'il puisse y avoir des violences occasionnelles dans leur monde post-révolutionnaire. Et contre ces violences-ci (ne serait-ce, à leurs yeux, qu'une accumulation de capital et l'emploi de travail salarié) il leur semble qu'il sera légitime d'exercer une violence défensive, du même genre que celle qui aurait été déployée lors de la révolution. Seulement, cette violence serait exercée par l'association volontaire des principaux concernés et de ceux souhaitant leur venir en aide, sans que personne ni ne soit contraint (autrement que par l'agresseur lui-même) à participer à l'effort de guerre, ni que personne ne se voit interdire d'y participer hors du cadre d'une organisation monopoliste. Dans tous les cas, il y a bien une certaine réflexion sur la violence et ses conditions de légitimité chez les anars.

 

Ensuite, que tous les anars soient individualistes... C'est ce que prétendent les synthèsistes (concrètement, les anarcho-communistes qui cherchent à ratisser large). J'ai tendance à ne pas être d'accord, dans la mesure où beaucoup se soucient beaucoup moins du risque de domination de l'individu par le groupe que du risque de domination du groupe par quelques individus. Je ne vise pas tous les ansoc par là, les mutuellistes et les anar individualistes non-capitalistes (Spooner ou Tucker aux USA, Han Ryner ou E Armand en France, etc) ne tombent pas forcément dans ce piège, mais je ne vois pas comment les anarcho-communistes et les anarcho-syndicalistes peuvent l'éviter. Ils peuvent prétendre que l'individu est libre de choisir sa commune, la distinguant ainsi d'un état, mais eux-mêmes considérant que la liberté de choisir son patron sous le capitalisme n'est pas une vraie liberté, ils devraient voir le problème.

 

edit : J'ajoute qu'il n'est pas évident du tout de juger non-politique (ce qui suffirait à discréditer la chose, par sa naïveté) les rapports de force dans un monde sans état. Les rapports de force internationaux, qui par définition ne sont pas subordonnés à une tierce autorité, me semble éminemment politique, au point qu'en comparaison, la politique intérieur d'un pays mériterait plutôt, tout au plus, les noms de "gestion" ou "d'administration".

Posté
Il y a 2 heures, Vilfredo Pareto a dit :

De fait il y en a un mais bon…
Si on a une conversation sur le châtiment sans intégrer une réflexion morale ça ne m’intéresse pas

Ben en tout cas moi ça ne m'intéresse pas. 

 

Il y a 2 heures, Vilfredo Pareto a dit :

C’est tout à fait français tu me fais penser à ces libertins qui croient que parce qu’ils ne comprennent pas un truc le truc est incompréhensible 

Non non, je dis juste que c'est de l'esbroufe et que je méprise ça. Je refuse catégoriquement de faire l'effort de lire si tu fais pas l'effort d'écrire dans un français simple et immédiatement accessible. C'est une heuristique revendiquée et assumée, les gens peuvent ne pas être d'accord, c'est pas grave j'oblige personne a me répondre ou à discuter avec moi. 

Posté
Il y a 5 heures, Mégille a dit :

Ceci dit, la plupart des ansoc s'attendent effectivement à ce qu'après leur grand soir, la violence soit quasi-éradiquée.

 

C'est ce que je voulais dire. Bien sûr que beaucoup d'anarchistes de gauche admettent la violence révolutionnaire. Mais comme chez Marx, comme l'histoire chez Hegel, ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Leur société idéale est post-politique (ou à la rigueur il resterait la nécessité de la violence externe si le reste du monde n'est pas devenu anarcom). 

 

Moi de ce que j'ai lu ça me semble tout à fait utopique ; après je ne maîtrise pas encore bien certains penseurs anarchistes importants, je n'ai pas tout lu, etc. 

 

Et oui bien sûr le niveau de violence d'une société n'est pas une constante immuable. 

Posté
Il y a 9 heures, Vilfredo Pareto a dit :

Remarque en passant: c’est pas sur ce critère là que Arendt renvoie dos à dos les “individualistes radicaux” et les marxistes? Parce que ce sont des ennemis de la chose politique?

 

Je n'ai rien lu de tel, mais ce serait tout à fait son genre (Arendt n'est pas libérale, et elle n'apprécie pas Marx en effet). Julien Freund aussi décrit l'individualisme libéral, le marxisme et l'anarchisme comme des négations de la politique (mais là c'est l'influence de Schmitt). 

 

J'ai aussi déjà lu des anarchistes écrivant que l'anarcho-communisme constitue l'aboutissement logique de la volonté libérale d'auto-organisation spontanée du corps social. 

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