PABerryer Posté 18 mai Signaler Posté 18 mai Je viens de terminer une biographie en près de 800 pages de Beria. La thèse de l'auteur est que Béria n'était pas communiste, mais d'abord un opportuniste et un patriote géorgien. Petit à petit déçu par le régime soviétique une fois appelé à Moscou, il finit par mettre en place une politique personnelle visant à protéger la Géorgie et préparer son indépendance. A la chute de Staline, disposant d'un vrai programme de gouvernement, il tente de l'imposer mais pêche par imprudence, finit par indisposer le reste du Politburo, composé de communistes plus sincères, qui fini par se coaliser contre lui et le faire chuter. 800 pages c'est un peu long mais permet d'être détaillé même si l'auteur survole quelque peu les crimes auxquels Beria a participé. Toutefois, le livre est très intéressant car il donne à voir l'envers du décors et le mode de fonctionnement cauchemardesque de l'URSS de ce temps là. A priori, si Beria avait "tenu" quelques semaines de plus, il est probable que l'URSS se soit effondré avant 1960 avec tout ce que cela implique pour l'Europe et le reste du monde. https://www.amazon.fr/BERIA-JANUS-KREMLIN-THOM-FRANCOISE-ebook/dp/B0CTTS1MZC
Pelerin Dumont Posté 25 mai Signaler Posté 25 mai Par ailleurs j'ai eu l'occasion de lire l'éloge de l'oisiveté de Herman Hesse durant mon trajet d'avion, une collection d'essais ou plutôt de pensées de celui ci prises au cours de sa vie. Je conseille particulièrement les premières sur sa conception de l'art, l'esthétisme et sa critique du tourisme moderne, et sa défense du snobisme/recherche de l'authenticité (dis comme cela on dirait un bobo citadin). Il est d'avis de délaisser les saisons et attractions touristiques, mais d'aller me plus possible dans le quotidien des locaux, s'insérer dans leurs interactions, essayer de comprendre le mode de fonctionnement, les coutumes et processus de pensée/fonctionnement locaux. Pourquoi les lois ou habitudes sont ainsi dans tel lieu et contraires ailleurs. Délaisser les hôtels, cars, tours touristiques etc et aller dans les ruelles, échoppes, lieux de vie communs, parler aux gens de leurs vécus, C'est vraiment basique et élémentaire mais j'ai beaucoup apprécié cette prise de recul. De même lors qu'il critique la société industrielle moderne (à tort selon moi) mais qu'il vante une prise de recul du quotidien stressant et productif, perdre son temps à contempler les nuages, ma beauté de la nature, fumer ou flâner sur une terrasse en contemplant les azalées, les frênes ou autres plantes. Citation Nous ne voulons pas être privés de la vision d'un pan de ciel bleu, d'un mur de jardin sous les branchages verts, d'un cheval robuste, d'un beau chien, d'un groupe d'enfants, d'un beau visage de femme. Quiconque a fait le premier pas peut apercevoir sur sa route des choses délicieuses sans perdre une minute de son temps ... Lorsqu'on apprend à voir on redecouvre la gaîté, l'amour et la poésie Ne pas chercher à être dans la recherche perpétuelle d'optimisation et d'occupation du temps (que ce soit pour le travail, les mondanités, recherche à étoffer sa vie sociale pour dire qu'on fait quelque chose et ne pas perdre son temps libre). Encore une fois, c'est une prise de conscience assez simple mais qu'il est bon de relire de temps à autre. Bon il y a aussi un passage où il semble récuser toute morale qui emprisonné les âmes et empêcherait de s'épanouit en tant qu'indique libre : Citation On retrouve dans cette attitude le sens de toute morale : ce qui a été reconnu comme étant néfaste ne doit pas remonter à la conscience ! Cependant rien n'est en soi néfaste ou utile, tout est bon ou tout est indifferent. Les choses que chaque individu cache au fond de son âme lui sont bénéfiques, font partie de lui même, mais n'ont pas le droit d'apparaître au grand jour. La morale pretend en effet que si elles se manifestaient elles engendreraient un malheur. Mais cela peut tout aussi bien avoir pour conséquence un bonheur ! Voilà pourquoi tout doit parvenir à la conscience, voilà pourquoi l'homme qui se soumet à une morale s'appauvrit Bon ça fait un peu hippie new age, mais ce passage rappelle fortement l'égoïsme de Stirner dans l'unique et sa propriété, avec son concept de fantômes, spuken, abstractions sacrées créés de toutes pièces par les hommes et auxquelles ils s'asservissent pour leur plus grand malheur. Il y a aussi tout un développement sur l'importance de l'oisiveté en art et l'éloge de la sieste comme moteur de développement du goût artistique. 1
Mégille Posté 27 mai Signaler Posté 27 mai Le 18/05/2026 à 16:12, Carl Barks a dit : Je n'ai pas lu le Manuscrit trouvé à Saragosse mais j'en ai vu une excellente adaptation par le Polonais Wojciech Has. Je crois qu'elle est très fidèle au roman, donc ce n'est peut-être pas le moment de te la conseiller, mais d'ici à quelques mois, quand le souvenir en sera un peu flou... Quelle liste avais-tu donnée ? Je suis curieux, j'aime beaucoup le Calvino aussi. Je ne me souviens plus très bien, mais je sais que j'avais mis Borges en tête de liste, et la "Maison des feuilles" quelque part... Je suis curieux à propos de l'adaptation. Je la chercherai dès que j'en aurai fini avec le livre.
Pelerin Dumont Posté 29 mai Signaler Posté 29 mai Le 27/05/2026 à 18:24, Mégille a dit : Je ne me souviens plus très bien, mais je sais que j'avais mis Borges en tête de liste, et la "Maison des feuilles" quelque part... Je suis curieux à propos de l'adaptation. Je la chercherai dès que j'en aurai fini avec le livre. Tu as eu de la chance moi ça fait des mois que j'essaie de faire cracher à des IA génératives des utopies semblables à Ernst Junger ou des romans de capes et d'épées similaires à Cyrano de Bergerac mais ses conseils ne sont pas très avisés
Carl Barks Posté 29 mai Signaler Posté 29 mai Le 27/05/2026 à 18:24, Mégille a dit : Je ne me souviens plus très bien, mais je sais que j'avais mis Borges en tête de liste, et la "Maison des feuilles" quelque part... Tu connais Milorad Pavic ? Avec des goûts comme ça, ça devrait te plaire.
Mégille Posté 29 mai Signaler Posté 29 mai Il y a 8 heures, Pelerin Dumont a dit : Tu as eu de la chance moi ça fait des mois que j'essaie de faire cracher à des IA génératives des utopies semblables à Ernst Junger ou des romans de capes et d'épées similaires à Cyrano de Bergerac mais ses conseils ne sont pas très avisés Ah tiens, Junger était dans mon prompt aussi, je crois. Il y a 8 heures, Carl Barks a dit : Tu connais Milorad Pavic ? Avec des goûts comme ça, ça devrait te plaire. Connais pas, j'ajoute à ma liste de lecture, merci ! Edit : ah si, j'ai déjà eu son "dictionnaire khazar" entre les mains, je m'étais déjà dit que je creuserai l'affaire. Oh, et il y avait aussi Kundera dans ma liste.
Pelerin Dumont Posté 11 juin Signaler Posté 11 juin Je me suis infligé la lecture des Nuits Fauves par curiosité morbide et voir par moi même si c'était aussi mauvais qu'on le disait et en effet le style atroce sert bien le fond nihiliste du propos, on ne peut même pas qualifier l'ouvrage de décadent car le personnage principal ne met aucun raffinement ni goût dans ses perversions. Ce n'est même pas mediocre en fait, on cherche en vain une élévation, prise de conscience ou instant poétique... même la fin où il se balade dans les rues de Lisbonne pour retrouver goût à la vie est raté. Sinon je recommande toujours autant Tanizaki, il arrive même à nous interesser à un triangle amoureux entre un homme, sa femme, sa maîtresse et son chat, c'est fort. En plus il ne s'épanche pas tellement sur ses penchants sexuels dans cette intrigue. J'ai parcouru le livre du fils de Todd sur l'impérialisme français au xix, la thèse principale est potentiellement valable (software power et influence diffuse plus efficace que le hard power pour projeter son pouvoir) mais il se perd dans l'accumulation de citations et de faits un peu rébarbatif, grossit trop le trait (pour le lui le liberalisme elastique inclut Talleyrand, Leroy Baulieu, Thiers, Michel Chevalier, Say bon OK et d'autres républicains randoms), et sons style est soporifique (+ son plan et choix des chapitres est assez inepte)
Carl Barks Posté 12 juin Signaler Posté 12 juin Il y a 10 heures, Pelerin Dumont a dit : Sinon je recommande toujours autant Tanizaki, il arrive même à nous interesser à un triangle amoureux entre un homme, sa femme, sa maîtresse et son chat, c'est fort. En plus il ne s'épanche pas tellement sur ses penchants sexuels dans cette intrigue. J'adore Tanizaki, mais je n'arrive même pas à situer celui là au vu du résumé. Son grand roman écrit pendant la Seconde Guerre Mondiale, Quatre Soeurs/Bruine de neige (les traductions diffèrent, j'ai l'impression que celle en pléiade est nettement meilleure que celle en poche gallimard), est vraiment cool et d'ailleurs complètement dénué de ses obsessions érotiques.
Pelerin Dumont Posté 12 juin Signaler Posté 12 juin Il y a 6 heures, Carl Barks a dit : J'adore Tanizaki, mais je n'arrive même pas à situer celui là au vu du résumé. Son grand roman écrit pendant la Seconde Guerre Mondiale, Quatre Soeurs/Bruine de neige (les traductions diffèrent, j'ai l'impression que celle en pléiade est nettement meilleure que celle en poche gallimard), est vraiment cool et d'ailleurs complètement dénué de ses obsessions érotiques. Oui d'ailleurs c'est pour ça que quatre sœurs est son roman le plus conventionnel/moins piquant à mon avis, donc celle qui me plaît le moins, meme si cela reste un roman alibi bien pratique pour présenter Tanizaki a des non initiés. La traduction du titre est horrible, on perd l'association à Yuki ko, la troisième sœur (même si je ne comprends pas pourquoi ce serait la personnage principale, OK les négociation de so miai/mariage sont le fil rouge de l'intrigue mais satchiko et taeko sont bien plus affirmées et marquantes). En tout cas je préfère quand il laisse libre cours à ses pensées les plus dérangées comme dans la clef ou le tatouage. Sinon je parlais du chat, son maître et ses 2 maitresses, le ton est plus comique, pas vraiment de drame ou d'action intense ici.
Carl Barks Posté 16 juin Signaler Posté 16 juin Le 12/06/2026 à 18:13, Pelerin Dumont a dit : Oui d'ailleurs c'est pour ça que quatre sœurs est son roman le plus conventionnel/moins piquant à mon avis, donc celle qui me plaît le moins, meme si cela reste un roman alibi bien pratique pour présenter Tanizaki a des non initiés. La traduction du titre est horrible, on perd l'association à Yuki ko, la troisième sœur (même si je ne comprends pas pourquoi ce serait la personnage principale, OK les négociation de so miai/mariage sont le fil rouge de l'intrigue mais satchiko et taeko sont bien plus affirmées et marquantes). En tout cas je préfère quand il laisse libre cours à ses pensées les plus dérangées comme dans la clef ou le tatouage. Sinon je parlais du chat, son maître et ses 2 maitresses, le ton est plus comique, pas vraiment de drame ou d'action intense ici. Ah oui, je ne l'ai pas lu ! Moi, c'est l'inverse, je trouve qu'on réduit trop Tanizaki à sa veine érotique, alors qu'il y a plein d'autres pans intéressants dans son oeuvre Je ne suis pas méga passionné par le Tatouage, par exemple, on sent l'oeuvre de jeunesse. Par contre, dans le genre, j'aime beaucoup La Clef, à l'autre bout de sa carrière, le dispositif avec les journaux intimes en miroir fonctionne vraiment bien. Sinon, il y a des Tanizaki mineurs mais très fun qui ont été traduits il y a quelques années, Noir Sur Blanc et Dans l'Oeil du Démon. Je soupçonne que ce soit des romans noirs qu'il ait surtout écrit pour remplir son compte en banque, mais ils sont vraiment cools. On dirait un peu du Edagawa Rampo.
Pelerin Dumont Posté 29 juin Signaler Posté 29 juin J'ai finit le manuscrit trouve à Séville recommande pat @Mégille, qui était effectivement une perle rare (meme si les orgies se concentrent surtout au début et un peu avant la fin). Le seul bémol à mon goût serait toutes les sous intrigues autour du juif errant et des rites cabalistes pas vraiment essentiel à l'intrigue, et le fait que les histoires finissent par touted se recouper seulement à la toute fin, ce qui fait accélérer inutilement le rythme dans les 100 dernières pages et donnent l'impression d'un rush à forceps, d'autant plus que la fin avait déjà été à moitié dévoilée au bout de seulement 300 pages... c'est quand même un comble de bâcler la fin quand ton bouquin fait plus de 600 pages. Je ne vais pas spolier la fin mais mon personnage principale est définitivement le chevalier de Tolède, suivi de très près par le chef bohémien et le duc de Velasquez (le jeune Alphonse von warden ne fait pas grand chose au final alors que c'est un peu le héros du roman) et c'est dommage de ne pas avoir insérer plus d'éléments historiques et de lutte de factions ou d'épisodes martiaux dans le cœur de l'intrigue (une référenc au grand siècle d'or, Rocroi ou Nordlingen, ou encore la révolte des gueux au pays bas où encore aux guerres de Louis XIV n'eut pas été de trop...) J'ai aussi note la mention d'un royaume des deux Sicile, terme anachronique qui n'est qu'apparu qu'au congrès de Vienne.
Pelerin Dumont Posté 29 juin Signaler Posté 29 juin Le 16/06/2026 à 10:22, Carl Barks a dit : Ah oui, je ne l'ai pas lu ! Moi, c'est l'inverse, je trouve qu'on réduit trop Tanizaki à sa veine érotique, alors qu'il y a plein d'autres pans intéressants dans son oeuvre Je ne suis pas méga passionné par le Tatouage, par exemple, on sent l'oeuvre de jeunesse. Par contre, dans le genre, j'aime beaucoup La Clef, à l'autre bout de sa carrière, le dispositif avec les journaux intimes en miroir fonctionne vraiment bien. Sinon, il y a des Tanizaki mineurs mais très fun qui ont été traduits il y a quelques années, Noir Sur Blanc et Dans l'Oeil du Démon. Je soupçonne que ce soit des romans noirs qu'il ait surtout écrit pour remplir son compte en banque, mais ils sont vraiment cools. On dirait un peu du Edagawa Rampo. La clef (kagi) est définitivement son meilleur roman, mais comment pourrais je le mentionner ou en faire l'éloge en société (surtout dans le contexte parisien) parce que dans mes faits ce n'est pas si éloigné dans l'esprit de l'affaire Pelicot non? (Bon avec quand même la différence majeure que cette fois ci l'épouse est semi consentante à l'insu de son plein gré, même si cette partie est volontairement laissé dans l'ambiguïté) ce qui pourrait froisser les sensibilités délicates des bonnes âmes.
Mégille Posté 30 juin Signaler Posté 30 juin Il y a 10 heures, Pelerin Dumont a dit : J'ai finit le manuscrit trouve à Séville recommande pat @Mégille, qui était effectivement une perle rare (meme si les orgies se concentrent surtout au début et un peu avant la fin). Le seul bémol à mon goût serait toutes les sous intrigues autour du juif errant et des rites cabalistes pas vraiment essentiel à l'intrigue, et le fait que les histoires finissent par touted se recouper seulement à la toute fin, ce qui fait accélérer inutilement le rythme dans les 100 dernières pages et donnent l'impression d'un rush à forceps, d'autant plus que la fin avait déjà été à moitié dévoilée au bout de seulement 300 pages... c'est quand même un comble de bâcler la fin quand ton bouquin fait plus de 600 pages. Je ne vais pas spolier la fin mais mon personnage principale est définitivement le chevalier de Tolède, suivi de très près par le chef bohémien et le duc de Velasquez (le jeune Alphonse von warden ne fait pas grand chose au final alors que c'est un peu le héros du roman) et c'est dommage de ne pas avoir insérer plus d'éléments historiques et de lutte de factions ou d'épisodes martiaux dans le cœur de l'intrigue (une référenc au grand siècle d'or, Rocroi ou Nordlingen, ou encore la révolte des gueux au pays bas où encore aux guerres de Louis XIV n'eut pas été de trop...) J'ai aussi note la mention d'un royaume des deux Sicile, terme anachronique qui n'est qu'apparu qu'au congrès de Vienne. J'ai eu beaucoup de mal à le finir, celui là. Les sous-intrigues m'intéressaient inégalement, et à 150~200 pages avant la fin, j'avais l'impression de regarder une de ces séries qui perd son propos initial en cours de route (pourtant, ce n'était pas un roman-feuilleton, je crois ?). La fin rattrape le tout, en effet, mais en donnant presque l'impression qu'il se presse de finir. Et je suis un peu perplexe concernant les intentions de l'auteur, qui veut montrer que les superstitions finissent par être démystifiées, et à la fois, tient à nous étaler en long et en large ses théories sur les mystères d'Egypte et ses connaissances ésotériques en tout genre. Je crois que le chef bohémien est le véritable personnage principal. Dommage, il m'amuse moins que von Warden. J'étais très content de ce que le livre promettait initialement d'être : une suite de blagues de belge et de plans à trois incestueux et peut-être nécrophiles. 1
Carl Barks Posté 1 juillet Signaler Posté 1 juillet Le 29/06/2026 à 23:01, Pelerin Dumont a dit : La clef (kagi) est définitivement son meilleur roman, mais comment pourrais je le mentionner ou en faire l'éloge en société (surtout dans le contexte parisien) parce que dans mes faits ce n'est pas si éloigné dans l'esprit de l'affaire Pelicot non? (Bon avec quand même la différence majeure que cette fois ci l'épouse est semi consentante à l'insu de son plein gré, même si cette partie est volontairement laissé dans l'ambiguïté) ce qui pourrait froisser les sensibilités délicates des bonnes âmes. Différence majeure, en effet... Tout ce qui pourrait apparaître comme apologie du non-consentement est retourné à la fin. Accessoirement, Pelicot a invité une cinquantaine de types à faire comme lui. Dans La Clef, on reste en famille.
Adrian Posté 29 juillet Signaler Posté 29 juillet Pas lu et je savais pas où le mettre mais j'apprends la sortie de : The Routledge Handbook of Classical Liberalism (Routledge International Handbooks) Citation The Routledge Handbook of Classical Liberalism provides a comprehensive analysis of classical liberal theory including a survey of the theory’s central ideas and arguments, and the application of these ideas to contemporary issues. Chapters providing theoretical analyses are interwoven with coverage of wide‑ranging, concrete applications such as public health and healthcare, technology, policing, taxation and wealth, constitutional structures, and more. Across these areas, this handbook demonstrates how classical liberalism provides a unified approach over a divergent set of problems, providing a statement of modern classical liberalism serving as a research tool for a wide variety of individuals across the ideological spectrum. Classical liberalism is a systematic effort to ensure that the existence of the state does not abridge the fundamental rights and liberties of individuals, especially including property and contract rights. It holds that laws must satisfy the criteria of the Rule of Law so that stable relations between the individual and the state may develop. The Routledge Handbook of Classical Liberalism is an authoritative and key reference text for students, academics, and researchers engaged in the study of political ideologies, political science, political economy, economics, law, social policy, and related fields. About the Author Richard A. Epstein is the inaugural Laurence A. Tisch Professor of Law at the NYU School of Law, where he serves as Director of the Classical Liberal Institute. He is also the James Parker Hall Distinguished Service Professor of Law Emeritus and a Senior Lecturer at the University of Chicago, USA. Mario J. Rizzo is Professor of Economics, Director of the Foundations of the Market Economy program in the Department of Economics, and co-Director of the Classical Liberal Institute at the NYU School of Law, USA. Liya Palagashvili is a Senior Research Fellow with the Mercatus Center at George Mason University and a Fellow with the Classical Liberal Institute at NYU Law, USA. Pour @F. mas peut-être.
F. mas Posté 29 juillet Signaler Posté 29 juillet 2 hours ago, Adrian said: Pour @F. mas peut-être. Ahah ! Merci, non seulement j'avais vu, mais je l'ai commencé 1
Pelerin Dumont Posté 21 août Signaler Posté 21 août Je lis the wings of the dove d'Henry James en ce moment, c'est ma foi très ennuyeux. Son style d'ecriture est prolixe à l'extreme. Il a tendance à répéter les mots ou tournures de phrase en rythme reserré pour marquer et surprendre le lecteur ou se rendre plus percutant mais il gagnerait à être plus concis et sobre à mon avis, parce qu'en l'état ça confiné à la graphomanie. C'est dommage car j'avais bien apprécié ses asperns papers mais là c'est limite imbuvable tellement il enchaîne les synonymes et expressions orales pour se forger artificiellement un style.
Carl Barks Posté 4 septembre Signaler Posté 4 septembre Le 21/08/2026 à 09:54, Pelerin Dumont a dit : Je lis the wings of the dove d'Henry James en ce moment, c'est ma foi très ennuyeux. Son style d'ecriture est prolixe à l'extreme. Il a tendance à répéter les mots ou tournures de phrase en rythme reserré pour marquer et surprendre le lecteur ou se rendre plus percutant mais il gagnerait à être plus concis et sobre à mon avis, parce qu'en l'état ça confiné à la graphomanie. C'est dommage car j'avais bien apprécié ses asperns papers mais là c'est limite imbuvable tellement il enchaîne les synonymes et expressions orales pour se forger artificiellement un style. J'ai lu récemment The Ambassadors et j'avoue que c'était une expérience assez éprouvante. Le James tardif est proche de l'illisibilité et on passe vraiment chaque paragraphe à se demander si on a réellement compris ce qui se passe et surtout ce qui se dit. Mais je ne trouve pas que ce soit une approche inintéressante ou inadéquate, le style colle à des personnages qui naviguent dans un monde flou où ils sont en permanence à risque d'avoir mal lu une situation sociale/psychologique. On est quasiment dans le fantastique alors qu'il n'y a pas forcément d'éléments surnaturels (même si ce n'est certainement pas un hasard qu'il ait écrit des ghost stories jusqu'au bout). J'aime bien le premier avis sur la page Goodreads https://www.goodreads.com/book/show/775366.The_Ambassadors Citation Every sentence is a maze it takes two readings to get out of. It’d be easy to certify this novel as insane, an over-elaborate joke whose wit is lost on virtually everyone except the author, but once I managed to enter into its spirit of wilful obfuscation I began admiring it more and more. Communication, after all, is one of the major stumbling blocks in our lives. There’s no way on earth I’d recommend The Ambassadors and yet ultimately I found it an enriching experience, especially in what it has to say about the nature of communication. Après, je ne me taperais pas ce genre de lecture tous les mois (ou même tous les ans). Il paraît que le sommet absolu de l'hermétisme, c'es The Golden Bowl, je crois que là, je vais passer mon tour. La période Aspern Papers/Turn of the screw est en effet bien plus accessible. Tu devrais quand même redonner une chance au James de la fin en lisant The Jolly Corner, ça n'est qu'une nouvelle - donc un moindre investissement - et c'est pour le coup explicitement fantastique, je trouve que ça fait mieux passer le style qui est par ailleurs très caractéristique de sa dernière période. 1
Pelerin Dumont Posté 5 septembre Signaler Posté 5 septembre Le 04/09/2026 à 10:43, Carl Barks a dit : J'ai lu récemment The Ambassadors et j'avoue que c'était une expérience assez éprouvante. Le James tardif est proche de l'illisibilité et on passe vraiment chaque paragraphe à se demander si on a réellement compris ce qui se passe et surtout ce qui se dit. Mais je ne trouve pas que ce soit une approche inintéressante ou inadéquate, le style colle à des personnages qui naviguent dans un monde flou où ils sont en permanence à risque d'avoir mal lu une situation sociale/psychologique. On est quasiment dans le fantastique alors qu'il n'y a pas forcément d'éléments surnaturels (même si ce n'est certainement pas un hasard qu'il ait écrit des ghost stories jusqu'au bout). J'aime bien le premier avis sur la page Goodreads https://www.goodreads.com/book/show/775366.The_Ambassadors Après, je ne me taperais pas ce genre de lecture tous les mois (ou même tous les ans). Il paraît que le sommet absolu de l'hermétisme, c'es The Golden Bowl, je crois que là, je vais passer mon tour. La période Aspern Papers/Turn of the screw est en effet bien plus accessible. Tu devrais quand même redonner une chance au James de la fin en lisant The Jolly Corner, ça n'est qu'une nouvelle - donc un moindre investissement - et c'est pour le coup explicitement fantastique, je trouve que ça fait mieux passer le style qui est par ailleurs très caractéristique de sa dernière période. Soit, je lui donnerais une autre chance mais dieu que sa lecture est pénible. J'ai un peu lâche wings of the dove pour lire Orlando de Virginia Woolf, c'est bien plus limpide même si la promesse de départ n'est pas du tout respectée. Au moins sa plume est capable de fulgurances, et même si ça tourne parfois en rond, le propos reste limpide et sa prose plaisante. Sinon je suis tombé sur cet article qui m'a profondément déprimé, pourquoi prendre Annie Ernaux comme le nouveau canon littéraire ? Le ton me semble bien trop laudatif non? Et pourquoi gloser en choeur dans les articles de France culture, telerama etc sur sa fameuse "plume chirurgicale" alors que son style est indigent (on utilisera l'euphemisme dépouillé ou simple), sa prose ennuyeuse au possible et les thèmes sur lesquelles elle brode péniblement son vocabulaire étriqué (oui même sans faire preuve de poésie on peut employer un lexique chatoyant) ne me semble plus tellement à l'ordre du jour. Citation Etre ou ne pas être Annie Ernaux. Ou, au contraire, sans chercher à lui ressembler, scruter ses mots, et raconter son histoire en s’appuyant simplement sur la précision chirurgicale de son écriture ? Citation Mais au théâtre comme au cinéma, il n’est pas si facile de donner vie aux ressentis d’Annie Ernaux, 86 ans, Prix Nobel de littérature, autrice majeure des lettres françaises désormais étudiée dans les lycées. Car c’est souvent à travers la résonance d’un détail anodin que s’expriment la honte, la solitude et, surtout, la violence… La violencede subir les moqueries de ses camarades de la fac pour son accent provincial, d'attendre le rer A en panne pour faute de gréve generale, de devoir faire les courses chaque semaine pour nourrir ses deux fils et un mari chauve et bedonnant ou encore de regarder telefoot le dimanche matin sur son canapé avec son amant de trente ans son cadet, le beauf heteronormé une bière à la main après la partie de jambes en l'air dominicale (oui c'est vraiment un des passages de ses romans). Citation Deux de ses livres, L’Evénement (Gallimard, 2000) et, donc, Mémoire de fille (Gallimard, 2016) ont trouvé ces dernières années un écho particulier auprès d’une jeune génération de lectrices, sensible aux récits de cataclysmes intimes qui n’ont rien perdu de leur actualité. "Cataclysme intimes" cf ci dessus Pour l'actualité, encore une fois ce sont ceux de la génération des baby boomers qui ont connu mai 68 donc ça commence un brin à dater quand meme. https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/09/05/l-echo-des-mots-d-annie-ernaux-aupres-d-une-nouvelle-generation-de-femmes-elle-n-essaie-pas-de-rendre-poetique-elle-raconte-comme-elle-l-a-vecu-exactement-comme-on-aurait-pu-le-vivre-a-sa-place_6766135_4500055.html
Silence Posté 6 septembre Signaler Posté 6 septembre Je commence un classique de la fantasy, La Roue du Temps, mais c'est 12 000 pages... Si c'est merdique j'arrête, sauf si ça vaut le coup de s'accrocher. Si l'un de vous l'a lu, je suis preneur d'un retour. Les fans semblent avoir une relation de love/hate avec l'œuvre. Mais bon je parle de redditors et un des "points noirs" mentionnés ce sont les gender dynamics, alors qu'en fait là-dessus Jordan s'inspire du taoïsme.
Mégille Posté 7 septembre Signaler Posté 7 septembre J'avais beaucoup aimé adolescent, mais je m'en souviens assez peu. De mémoire, il y avait tout de même des longueurs et des arcs narratifs qui m'intéressaient moins, il faut s'accrocher un peu.
Silence Posté 7 septembre Signaler Posté 7 septembre Il y a 6 heures, Mégille a dit : J'avais beaucoup aimé adolescent, mais je m'en souviens assez peu. De mémoire, il y avait tout de même des longueurs et des arcs narratifs qui m'intéressaient moins, il faut s'accrocher un peu. Oui il y a apparemment ce que les lecteurs appellent le slog, soit 4 tomes de 800 pages où il ne se passe rien... Et autre problème : Jordan est mort à l'époque du 11e volume. C'est Brandon Sanderson, qui a franchement mauvaise presse, qui a écrit les 3 derniers tomes. Et pourtant, nombreux sont les lecteurs à affirmer que ça vaut le coup. Je suis à la moitié du tome 1 et pour l'instant j'accroche bien.
L.F. Posté 7 septembre Signaler Posté 7 septembre Il y a 4 heures, Silence a dit : Oui il y a apparemment ce que les lecteurs appellent le slog, soit 4 tomes de 800 pages où il ne se passe rien... Et autre problème : Jordan est mort à l'époque du 11e volume. C'est Brandon Sanderson, qui a franchement mauvaise presse, qui a écrit les 3 derniers tomes. Et pourtant, nombreux sont les lecteurs à affirmer que ça vaut le coup. Je suis à la moitié du tome 1 et pour l'instant j'accroche bien. Je viens de les finir. De manière télégraphique : - Jordan lance énormément d'arcs narratifs pendant 6 ou 7 tomes, jusqu'à ce qu'il y ait des centaines de personnages nommés et plus ou moins suivis au-delà des quelques principaux, répartis sur de multiples théâtres d'opération. Forcément, ça crée des longueurs et des frustrations car il n'hésite pas à laisser des personnages principaux de côté pendant un tome complet - il y a effectivement un creux d'intensité entre les tomes 8 et 10, mais à partir du 11 on ne lâche plus les bouquins (comme pour les premiers) - Jordan écrit superbement sur la chose militaire, en parlant de stratégie, de tactique, de psychologie, de logistique. Si on aime c'est top. - Jordan se perd parfois dans des descriptions interminables des paysages, des objets, des villages. Ditto. Mais bon parfois c'est long... - Jordan est plus irrégulier sur la psychologie des jeunes personnages, notamment féminins. Il y en a qui sont de sacrées têtes à claque et il faut s'accrocher pendant certains passages. Sanderson est bien meilleur sur le sujet et sauve plus d'un personnage en rendant compréhensibles leurs motivations et leur psychologie en général. - une des grandes forces du bouquin, par comparaison à Tolkien (que j'adore) ou Grrrrr Martin (no comment), c'est l'équilibre entre les personnages masculins et féminins, qui se nourrit de la dissymétrie entre les deux sexes à la source du livre. - confier à Sanderson l'écriture de la fin était une excellente décision de la part de la veuve de Jordan. Presque tout ce qu'il fait est top. Il ne trahit rien de Jordan, améliore certains personnages, respecte le rythme donné par Jordan dans le tome 11... quant à sa supposée mauvaise presse, ça m'étonne beaucoup. Il y a eu une polémique montée en mayonnaise car dans Wind and Truth, il y a, god forbid !, un couple de personnages gays (sur plusieurs dizaines de personnages principaux), dont l'arc est d'ailleurs bien construit (d'autant que les Archives de Roshar ont notamment pour objet l'étude des questions de santé mentale et des vulnérabilités psychologiques). Bref à mon avis, Sanderson a intelligemment donné un token tout en évitant de verser dans le wokisme. TL;DR ça vaut le coup même s'il y a des longueurs et des faiblesses. 1
Carl Barks Posté 8 septembre Signaler Posté 8 septembre Le 05/09/2026 à 23:15, Pelerin Dumont a dit : Sinon je suis tombé sur cet article qui m'a profondément déprimé, pourquoi prendre Annie Ernaux comme le nouveau canon littéraire ? Le ton me semble bien trop laudatif non? L'article n'a aucune valeur comme critique littéraire, mais il retranscrit assez bien ce qu'est devenue Annie Ernaux: une institution auprès d'un certain public (féminin, de gauche, avec un côté transmission générationnelle, pour caricaturer). Je ne saurais pas dire ce que valent ses livres, je n'en ai jamais lu. A priori, le combo écriture blanche + sociologie de l'intime ne me parle pas trop (par exemple, je n'ai jamais trouvé l'envie de lire Les Choses de Perec). Ca n'est même pas son gauchisme assumé qui me décourage, plutôt une démarche dont je soupçonne qu'elle ne me passionnerait pas. Je me souviens bien qu'à son prix Nobel, le côté politiquement clivant était ressorti, le grand truc à droite étant de s'indigner que le prix n'aille pas plutôt à Houellebecq. Ni l'un ni l'autre ne me semble en fait très intéressant... 1
Silence Posté 9 septembre Signaler Posté 9 septembre Le 07/09/2026 à 19:28, L.F. a dit : Je viens de les finir. Marrant ! Le 07/09/2026 à 19:28, L.F. a dit : De manière télégraphique : - Jordan lance énormément d'arcs narratifs pendant 6 ou 7 tomes, jusqu'à ce qu'il y ait des centaines de personnages nommés et plus ou moins suivis au-delà des quelques principaux, répartis sur de multiples théâtres d'opération. Forcément, ça crée des longueurs et des frustrations car il n'hésite pas à laisser des personnages principaux de côté pendant un tome complet - il y a effectivement un creux d'intensité entre les tomes 8 et 10, mais à partir du 11 on ne lâche plus les bouquins (comme pour les premiers) - Jordan écrit superbement sur la chose militaire, en parlant de stratégie, de tactique, de psychologie, de logistique. Si on aime c'est top. - Jordan se perd parfois dans des descriptions interminables des paysages, des objets, des villages. Ditto. Mais bon parfois c'est long... - Jordan est plus irrégulier sur la psychologie des jeunes personnages, notamment féminins. Il y en a qui sont de sacrées têtes à claque et il faut s'accrocher pendant certains passages. Sanderson est bien meilleur sur le sujet et sauve plus d'un personnage en rendant compréhensibles leurs motivations et leur psychologie en général. - une des grandes forces du bouquin, par comparaison à Tolkien (que j'adore) ou Grrrrr Martin (no comment), c'est l'équilibre entre les personnages masculins et féminins, qui se nourrit de la dissymétrie entre les deux sexes à la source du livre. - confier à Sanderson l'écriture de la fin était une excellente décision de la part de la veuve de Jordan. Presque tout ce qu'il fait est top. Il ne trahit rien de Jordan, améliore certains personnages, respecte le rythme donné par Jordan dans le tome 11... quant à sa supposée mauvaise presse, ça m'étonne beaucoup. Il y a eu une polémique montée en mayonnaise car dans Wind and Truth, il y a, god forbid !, un couple de personnages gays (sur plusieurs dizaines de personnages principaux), dont l'arc est d'ailleurs bien construit (d'autant que les Archives de Roshar ont notamment pour objet l'étude des questions de santé mentale et des vulnérabilités psychologiques). Bref à mon avis, Sanderson a intelligemment donné un token tout en évitant de verser dans le wokisme. TL;DR ça vaut le coup même s'il y a des longueurs et des faiblesses. OK j'ai pas spécialement de commentaire à faire, à part que d'une ton post c'est un véritable effort-post, merci à toi, et de deux je suis maintenant un true believer, je vais poursuivre avec enthousiasme. C'est plaisant de pouvoir se téléporter tous les soirs dans un autre monde pendant 2 mois (je pense, 2 ou max 3 mois, les bouquins immersifs je les dévore). 1
PABerryer Posté Dimanche at 20:20 Signaler Posté Dimanche at 20:20 J'ai lu cette semaine Le génocide voilé de Tidiane N'Diaye à propos de la traite arabo musulmane. Points positifs, cela permet de mettre en lumière ce sujet assez peu traité de nos jours, son ampleur, sa durée et sa violence. Vu les résultats, parler de génocide en la matière n'est pas exagéré. I L'auteur rapporte que l'on estime que pour un esclave venu, entre trois et quatre sont morts, soit lors de la capture (qui implique la destruction des villages et l'élimination des invendables), lors de la route (à travers les désert, il fut un temps où les ossements servaient de borne routière) et, pour les hommes, ceux mourant du fait de la castration. Pour se rendre compte, il y aurait environ 70 millions de descendants d’esclaves aux Amériques, quasiment aucun dans le monde arabe. Il permet aussi de mettre l'accent sur l'Afrique de l'Est, qui est très souvent ignorée au profit des zones concernées par la traite Atlantique à l'Ouest. Il dénonce également : 1) le fait que c'est très peu étudié, 2) l'alliance de faite imposée entre les victimes et les bourreaux contre l'occident colonisateur. Enfin, il montre comment d'une part le Coran a été utilisé pour justifier esclavage et la traite, ce qui a sans doute participé au fait que le monde arabo-musulman n'a pu produire un discours abolitionniste comme en occident. Autre point, il apporte des éléments sur la mise en place d'un discours racialiste justifiant l'asservissement des noirs (ce qui détruit l'argument que le racisme serait une invention occidentale comme le rapporte une certaine gauche). Points négatifs, c'est d'abord une "enquête historique", ce qui fait que plusieurs fois l'on peut reprocher un manque de rigueur à l'auteur. Alors que l'on estime, en moyenne, les victimes entre 13 et 17 millions (mais avec potentiellement jusqu'à 21/25 millions), à un moment l'auteur évoque 1 millions de victimes par an. Autre point, il évoque les mécaniques d'asservissements en Afrique avant les attaques arabes avec un regard manifestement irénique où l'asservi finit pratiquement toujours à s'intégrer à sa nouvelle communauté. Cela me faisait penser à une certaines évocation du Sud avant la guerre de session. Cela fait moins de 300 pages donc c'est rapidement lu. l'amateur d'histoire que je suis reste sur sa fin, je serai preneur de références pour creuser le sujet. Point d'uchronie personnelle : que serait devenu l'Afrique si l'Islam n'avait pas existé, si elle n'avait été bouleversée (disparition de royaumes, déplacement de population, chefferie dont le rôle est de chasser des esclaves, etc...) par les attaques arabes ? En effet, s'il y avait déjà de l'importation d'esclaves dans l'Empire Romain, cela n'a jamais atteint les niveaux du monde arabo-musulman (en volume ou en méthode).
Mégille Posté Lundi at 16:48 Signaler Posté Lundi at 16:48 Il y a 20 heures, PABerryer a dit : Enfin, il montre comment d'une part le Coran a été utilisé pour justifier esclavage et la traite, ce qui a sans doute participé au fait que le monde arabo-musulman n'a pu produire un discours abolitionniste comme en occident. La Bible a aussi été utilisée pour ça (asservissement des enfants de Cham à ceux de ses frères, et Paul recommandant aux esclaves d'obéir à leur maître). Ce qui a manqué à l'islamosphère, c'est l'idée de droit naturel individuel. Le droit naturel était exploré par Averroès, mais le backlash sunnite l'a tué dans l'oeuf. Et la société n'était pas adéquate au développement de l'individualisme. Il y a 20 heures, PABerryer a dit : Autre point, il évoque les mécaniques d'asservissements en Afrique avant les attaques arabes avec un regard manifestement irénique où l'asservi finit pratiquement toujours à s'intégrer à sa nouvelle communauté. Ca ressemble assez, à ma connaissance, à l'esclavage en Amérique du nord précolombienne. Dans une société sans écriture, les descendants d'esclaves/prisonniers de guerre ne portent pas forcément un stigmate indélébile. Par contre, en Afrique de l'Ouest, il me semble qu'il y a un système de caste, ou les familles serviles le restent héréditairement. Je n'ai pas connaissance que ce soit dû à l'islam. Il y a 20 heures, PABerryer a dit : que serait devenu l'Afrique si l'Islam n'avait pas existé, si elle n'avait été bouleversée (disparition de royaumes, déplacement de population, chefferie dont le rôle est de chasser des esclaves, etc...) par les attaques arabes ? En effet, s'il y avait déjà de l'importation d'esclaves dans l'Empire Romain, cela n'a jamais atteint les niveaux du monde arabo-musulman (en volume ou en méthode). Les principaux changements : pas de cauris (introduit depuis l'espace indien par les esclavagistes), et donc, peut-être une économie de marché moins développée. Pas d'unification linguistique de la côte swahili. Pas de royaumes féodaux dans la régions des grands lacs, potentiellement pas les conditions pour le génocide tutsi. Difficile d'imaginer l'histoire du Sahel, ça demande de pousser l'uchronie trop loin. Pas d'offre déjà développée d'esclavagisme de masse quand les européens entrent dans le jeu depuis l'Atlantique... mais ça ne veut pas dire qu'il ne se serait pas développé face à la demande européenne. Je ne pense pas que ça aurait significativement aidé le développement de l'Afrique, qui a un paquet d'autres fardeaux.
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