Aller au contenu

a e s t h e t i c s


Messages recommandés

Posté

Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que le thread "ontologie, épistémologie, esthétique" est une horreur.

 

J'ouvre celui-ci parce que j'ai pour projet de m'intéresser à l'esthétique, sans pour l'instant avoir de vraies convictions sur le sujet. C'est un peu la même démarche que celle qui m'avait fait créer le thread sur l'éthique il y a quelques années.

 

Alors, chers amis liborgiens, quelle est votre opinion sur l'esthétique (d'un point de vue philosophique, historique, cognitif...) ? Qu'est-ce que l'art ? Qu'est-ce que le beau ? Quelles sont vos références ? Rand est-elle un bon écrivain ?

Posté

Ne pas parler de Bourdieu, ne pas parler de Bourdieu, ne pas parl... merde

  • Haha 1
Posté
Il y a 3 heures, Lancelot a dit :

1): Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que le thread "ontologie, épistémologie, esthétique" est une horreur.

 

2): Alors, chers amis liborgiens, quelle est votre opinion sur l'esthétique (d'un point de vue philosophique, historique, cognitif...) ? Qu'est-ce que l'art ? Qu'est-ce que le beau ? Quelles sont vos références ? Rand est-elle un bon écrivain ?

 

1): C'est toujours mieux que les fils d'une page qui n'intéressent personne et agonisent dans les bas-fonds du forum hein ^^

 

2): En méta-esthétique (de quelle nature sont les jugements esthétiques ? Y-a-t'il une objectivité du Beau) je n'ai pas vraiment d'avis tranché, mais Pouivet pose excellement les termes du débat: https://hydre-les-cahiers.blogspot.com/2017/06/subjectivisme-esthetique-versus.html#!

 

Pour moi une réalité est artistique dès lors que la finalité exclusive ou première qui a présidé a sa production est d'être un support de contemplation. Par conséquent un ballet peut être de l'art, mais ce n'est pas une œuvre d'art puisque ce n'est pas un objet. Inversement, la production industrielle en série de fourchettes n'est pas une activité artistique. 

 

Voilà pour l'être de l'art ; et pour son devoir-être, je soutiendrais que l'activité artistique a pour vocation de créer de la beauté. En ce sens l'art possède un but moral / est soumis à la morale, comme toute activité humaine -même s'il n'a pas nécessairement à avoir un rôle pédagogique ou édifiant en délivrant un contenu moral. 

 

En esthétique normative visant spécifiquement la peinture, je suis proche des thèses de l'ARC: Fred Ross, The Philosophy of ARC - Why Realism ?: https://www.artrenewal.org/Article/Title/the-philosophy-of-arc 

 

Quelques références intéressantes: 

-Victor Cousin, "Du beau et de l’art", Revue des Deux Mondes, période initiale, tome 11, 1845 (p. 773-811).

-Ayn Rand, « The Goal of my Writings », The Objectivist Newsletter, 1963, reproduit in The Romantic Manifesto.

-Simone Manon, "La finalité de l'art. Bergson", 17 mars 2009: https://www.philolog.fr/la-finalite-de-lart-bergson/ 
-Esther Rogan, « Rationalité tragique et politique aristotélicienne : Les conflictualités civiles (stáseis) chez Aristote, moment d'élaboration d'une rationalité tragique », in Rationalité tragique, S. Alexandre et O. Renaut (ed.), Zetesis - Actes des colloques de l'association [En ligne], n°1, 2010, URL: http://www.zetesis.fr/actes/spip.php?article13.
-Albert Mendiri, "Qu'est-ce qu'une œuvre d'art ?", 26/01/2013: http://cafenetphilosophie.centerblog.net/570-503-qu-est-ce-qu-une-oeuvre-art 
-Albert Mendiri, "Les finalités de l'art", 11/09/2015: http://cafenetphilosophie.centerblog.net/1550-1428-les-finalites-de-art 
-Laconique, "Cinéma contemporain et jouissance esthétique", Le goût des lettres, 30 janvier 2020: http://www.legoutdeslettres.com/2020/01/cinema-contemporain-et-jouissance.html
-Xix, Deux esthétiques révolutionnaires: https://hydre-les-cahiers.blogspot.com/2017/04/esthetique-revolutionnaire-et.html?q=esthétique

 

Posté

Moi j'ai toujours pas compris ce que c'était que l'esthétique et pourquoi c'était une branche de la philosophie et qu'est-ce qu'un philosophe pouvait raconter là dessus 

Posté
il y a 6 minutes, NoName a dit :

Moi j'ai toujours pas compris ce que c'était que l'esthétique

La réponse à "qu'est-ce que le beau" (et éventuellement, "pourquoi c'est beau ou non").

 

il y a 7 minutes, NoName a dit :

et pourquoi c'était une branche de la philosophie

Parce que tant qu'on ne sait pas classer un truc, c'est de la philosophie. Ça rejoindra peut-être un jour les sciences cognitives.

 

il y a 7 minutes, NoName a dit :

et qu'est-ce qu'un philosophe pouvait raconter là dessus 

Bah, plein de trucs.

Posté
Il y a 6 heures, NoName a dit :

Moi j'ai toujours pas compris ce que c'était que l'esthétique et pourquoi c'était une branche de la philosophie et qu'est-ce qu'un philosophe pouvait raconter là dessus 

 

Y a pas mal de réponses dans les liens / sources que j'ai posté hein ;)

 

L'une des raisons qui exclut l'esthétique des sciences est que l'esthétique, comme l'éthique, peut avoir une dimension normative ("l'art devrait viser ceci" ; "Ceci est beau et non cela", etc.). 

Posté

My 2 cents au lever:  le beau c'est quand on s'aperçoit qu'une transformation a un résultat supérieur à celui estimé à priori. Là ou ça tient un peu de la magie c'est que les gens sont capable de s’apercevoir de l'ajout dans la fonctionnalité sans pour autant comprendre le processus de création y amenant, certainement car le résultat leur était simplement inconnu jusqu'alors.

Du coup je pense qu'il y a une temporalité  et une primeur au beau, la première découverte est souvent plus belle que ses futures copies (car quand c'est beau, c'est reproduit), ou alors elles mêmes deviennent des transformations supérieures, ce qui les rend plus belle à leur tour.
Je pense aussi que plus la fonction est utilisée, plus elle passe d'une perception belle à simplement commune. D'ailleurs ça renforce la perception des premiers modèles, qui restent en l'état pendant que leur reproductions gagnent en subtilité ce qu'elles perdent en saveur.


Il y eu un moment ou l'esthétique Ikea était assez belle pour en faire des millions de livres à mettre dans les boite aux lettres, certainement parce car elle était aussi sobre que pratique, et il  y aura un moment ou elle le redeviendra, avec une petite transformation de l'époque en question. C'est comme ça que le steam punk est beau :D



 

Posté

Est-ce qu'il ne faudrait pas commencer par faire une distinction entre la notion de "beau" et celle d'"art" ?

 

Un objet considéré comme "beau" n'est pas forcément le produit d'une pratique artistique. Il y a un débat en philosophie sur la question de la beauté de la nature, mais dans le sens commun, la nature peut être belle. Ce qui est beau n'est donc même pas limité aux artefacts...

 

Historiquement, le concept d'art tel qu'on le comprend aujourd'hui est extrêmement tardif. Du moins dans la civilisation occidentale (je ne sais pas pour les autres). Jusqu'au Moyen Âge, la grammaire par exemple comptait dans les arts "libéraux". Autant dire qu'on ne donnait pas le même sens au mot. Il faut attendre la Renaissance en gros pour que l'artiste commence à se distinguer de l'artisan et encore un peu plus longtemps pour qu'émerge la notion de beaux-arts.

 

L'extension de la notion d'art dans la période moderne rend le travail de définition assez compliqué. Un artiste peut avoir comme objectif de produire un objet qui sera considéré comme "laid". Ou même simplement ordinaire. L'objet peut même ne pas être produit par l'artiste lui-même (le fameux ready-made) ou encore demeurer à l'état d'idée (l'art conceptuel). Devient art toute production, sensible ou même purement idéologique, désignée comme telle par un agent qui se définit comme artiste. Cela nécessite quand même une certaine complicité, pour ne pas dire indulgence, du milieu critique et consommateur d'art.

Posté
Il y a 3 heures, Cortalus a dit :

Est-ce qu'il ne faudrait pas commencer par faire une distinction entre la notion de "beau" et celle d'"art" ?

Cela va de soi. Une femme peut être belle sans être une oeuvre d'art (i.e. sans maquillage ni chirurgie). ;)

Posté
38 minutes ago, Vilfredo Pareto said:

Gaddam et Ogas

Je vois que la lecture de plage a été thought-provoking :lol:

Posté

@Vilfredo Pareto je n'ai pas vraiment de commentaire sur les développements évopsy parce qu'on tourne avec les mêmes références. En revanche il serait peut-être utile de distinguer entre des notions comme attirant (par exemple dans le sens sexuel), plaisant et beau (si on considère qu'une œuvre d'art peut être belle sans être particulièrement plaisante).

  • 6 months later...
Posté

Comme quoi le Beau est naturel, mais apprécier un art s'apprend.

  • 5 months later...
Posté

Pas mal du tout ! @Vilfredo Pareto

 

Je ne suis pas tout à fait d'accord sur ta définition initiale de l'art comme "élaboration de la matière" (et pas juste à cause du dualisme et de passivité attribuée à ladite matière). 

 

Je pense plutôt que l'art doit se définir comme l'ensemble des productions humaines qui jouent un rôle de supports de contemplation.

Par "production" (ou création, comme vous voulez), je n'entends pas seulement la production d'objets matériels, comme les tableaux. Les ballets, les symphonies, les pièces de théâtres sont aussi des œuvres d'art, bien qu'éphémère et sans ressemblances avec l'artisanat. 

Par ailleurs, la définition exclut que ce qui fait que quelque chose de l'art, ce soit l'intention qui préside à la création (l'intention que le ballet soit fait pour être regardé par exemple). Un objet créé initialement pour un but utilitaire peut devenir une œuvre d'art dès lors qu'on décide de l'ériger en support de contemplation. C'est la fonction que remplit une réalité donnée qui la rend artistique, et non l'intention qui préside à sa production. 

 

Ensuite tu as décris certains arts comme "ayant pour objet d'agréer". Moi je pense que toutes les arts ont vocation à agréer, ou plutôt à être beau (mais le beau s'accompagne de l'agréable, et peut-être même s'y réduit, je n'ai pas encore d'avis là-dessus). Mais dire cela n'est par définir l'art, c'est définir la norme de l'art, ou l'excellence de l'art, ce qui fait qu'une œuvre est réussie ou raté. 

  • 6 months later...
Posté

J'ai lu le WOT de @Vilfredo et d'autres trucs, j'organise mes idées, mais en attendant je voulais citer quelques papiers avec des aspects intéressants qui montrent comment les questions esthétiques sont abordées dans la recherche.
 

Quote

Jacobsen, T., & Höfel, L. E. A. (2002). Aesthetic judgments of novel graphic patterns: analyses of individual judgments. Perceptual and motor skills, 95(3), 755-766.

 

Aesthetic judgments were investigated using a combined nomothetic and idiographic approach. Participants judged novel graphic patterns with respect to their own personal definitions of “beauty” Judgment analysis was employed to derive individual case models of judgment strategies as well as a group model. As predicted, symmetry had the highest correlations with aesthetic judgments of beauty. Stimulus complexity was the second-highest correlate of a positive evaluation. Thus, there was agreement at the group level. The judgment analyses, however, indicated substantial individual differences. These included use of symmetry or complexity cues that were contrary to the main group use, e.g., a few participants considered nonsymmetric patterns more beautiful. These findings suggest that exclusive consideration of the group model would have leveled the individual differences and been misleading. The group model is significant; however, the individual judgment analyses represent individual patterns of judgment in a notedly more accurate way.

 

BXNMZmS.png

 

 

Résumé : les préférences esthétiques pour des formes simples sont assez générales avec par exemple un rôle important de la symétrie puis de la complexité, mais des différences entre individus existent.

 

Quote

Chetverikov, A., & Kristjánsson, Á. (2016). On the joys of perceiving: Affect as feedback for perceptual predictions. Acta Psychologica, 169, 1-10.

 

How we perceive, attend to, or remember the stimuli in our environment depends on our preferences for them. Here we argue that this dependence is reciprocal: pleasures and displeasures are heavily dependent on cognitive processing, namely, on our ability to predict the world correctly. We propose that prediction errors, inversely weighted with prior probabilities of predictions, yield subjective experiences of positive or negative affect. In this way, we link affect to predictions within a predictive coding framework. We discuss how three key factors – uncertainty, expectations, and conflict – influence prediction accuracy and show how they shape our affective response. We demonstrate that predictable stimuli are, in general, preferred to unpredictable ones, though too much predictability may decrease this liking effect. Furthermore, the account successfully overcomes the “dark-room” problem, explaining why we do not avoid stimulation to minimize prediction error. We further discuss the implications of our approach for art perception and the utility of affect as feedback for predictions within a prediction-testing architecture of cognition.

 

eid4maO.png

 

Résumé : approche predictive coding en esthétique. Les mêmes facteurs tels que l'ambigüité, les attentes ou les contradictions, influencent nos prédictions sur le monde et nos jugements esthétiques. En règle générale on préfère les stimuli plus prévisibles/plus faciles à percevoir, mais trop de facilité décroît cette préférence et on peut finir par préférer des stimuli plus complexes une fois qu'on les comprend mieux.
 

Quote

Erle, T. M., & Topolinski, S. (2018). Disillusionment: How expectations shape the enjoyment of early perceptual processes. Experimental Psychology, 65(6), 332.

 

Recent research has shown that perceptual processes carry intrinsic affect. But prior studies have only manipulated the occurrence of perceptual processes by presenting two different stimulus categories. The present studies go beyond this by manipulating perceptual expectations for identical stimuli. Seven experiments demonstrated that objectively identical stimuli become visually disappointing and are liked less when they violate the expectation that an intrinsically pleasant perceptual process will occur compared to when there is no perceptual expectation. These effects were specific to violations of perceptual expectations. By using between-subjects designs, participants' insight into the experimental manipulation was prevented. In combination with the use of identical stimuli across conditions, this provides the most stringent test of the idea that perception is intrinsically (un-)pleasant yet. The results are related to predictive coding frameworks and provide an explanation for why people sometimes enjoy additional perceptual effort.

 

Résumé : le même stimulus présenté dans des contextes différents peut être jugé comme ayant une valeur esthétique différente. Quand on s'attend à voir un stimulus plaisant et qu'on voit un stimulus neutre à la place, on est déçu et on le perçoit comme déplaisant à la place.

 

Quote

Flavell, J. C., Tipper, S. P., & Over, H. (2018). Preference for illusory contours: Beyond object symmetry, familiarity, and nameability. Emotion, 18(5), 736.

 
It has previously been reported that individuals prefer figures from which they can extract shapes via illusory contours (Kanisza figures) over figures in which this is not possible. However, based on the past research in this area, it is not possible to distinguish the influence of illusory contour perception from other factors such as the symmetry, familiarity, prototypicality, and nameability of the perceived shape. Here, we investigate the influence of illusory contours in the absence of these confounding variables by measuring participants’ aesthetic/liking ratings for symmetric Kanisza figures and for unfamiliar and asymmetric Kanisza figures. Results show that illusory contours do indeed influence preference above and beyond any effects of these other factors.
 
whc4Gy8.png

 

Résumé : c'est un exemple d'une série d'articles qui montrent que nous préférons les images avec des contours illusoires que celles sans ces contours ou celles avec des contours non illusoires. Ici on montre que ce n'est pas lié à la symmétrie ou au fait que la figure illusoire soit familière (comme un carré).

 

Quote

Flavell, J. C., Over, H., & Tipper, S. P. (2020). Competing for affection: Perceptual fluency and ambiguity solution. Journal of Experimental Psychology: Human Perception and Performance, 46(3), 231

 

Human perceptual processes are highly efficient and rapidly extract information to enable fast and accurate responses. The fluency of these processes is reinforcing, meaning that easy-to-perceive objects are liked more as a result of misattribution of the reinforcement affect to the object identity. However, some critical processes are disfluent, yet their completion can be reinforcing leading to object preference through a different route. One such example is identification of objects from camouflage. In a series of 5 experiments, we manipulated object contrast and camouflage to explore the relationship between object preference to perceptual fluency and ambiguity solution. We found that perceptual fluency dominated the process of preference assessment when objects are assessed for “liking”. That is, easier-to-perceive objects (high-contrast and noncamouflaged) were preferred over harder-to-perceive objects (low-contrast and camouflaged). However, when objects are assessed for “interest”, the disfluent yet reinforcing ambiguity solution process overrode the effect of perceptual fluency, resulting in preference for the harder-to-perceive camouflaged objects over the easier-to-perceive noncamouflaged objects. The results have implications for preference and choice in a wide range of contexts by demonstrating the competition between perceptual fluency and ambiguity solution on preference, and by highlighting the critical factor of the form of preference decision.

 

Résumé : il y a plusieurs dimensions à l'appréciation esthétique et différents stimuli vont être préférés selon laquelle de ces dimensions on interroge. Quand on compare des stimuli simples à percevoir (non camouflés) à des stimuli complexes (camouflés), les stimuli simples sont préférés quand on demande "est-ce que tu l'aimes ?" mais les stimuli complexes sont préférés quand on demande "est-que tu le trouves intéressant ?".

 

 

Quote

Sarasso, P., Ronga, I., Kobau, P., Bosso, T., Artusio, I., Ricci, R., & Neppi-Modona, M. (2020). Beauty in mind: Aesthetic appreciation correlates with perceptual facilitation and attentional amplification. Neuropsychologia, 136, 107282.

 

Neuroaesthetic research suggests that aesthetic appreciation results from the interaction between the object perceptual features and the perceiver's sensory processing dynamics. In the present study, we investigated the relationship between aesthetic appreciation and attentional modulation at a behavioural and psychophysiological level.

In a first experiment, fifty-eight healthy participants performed a visual search task with abstract stimuli containing more or less natural spatial frequencies and subsequently were asked to give an aesthetic evaluation of the images. The results evidenced that response times were faster for more appreciated stimuli.

In a second experiment, we recorded visual evoked potentials (VEPs) during exposure to the same stimuli. The results showed, only for more appreciated images, an enhancement in C1 and N1, P3 and N4 VEP components. Moreover, we found increased attention-related occipital alpha desynchronization for more appreciated images.

We interpret these data as indicative of the existence of a correlation between aesthetic appreciation and perceptual processing enhancement, both at a behavioural and at a neurophysiological level.

 

Résumé : préférence pour des stimuli dont les caractéristiques se rapprochent le plus de celles de scènes naturelles (et corrélats neuronaux).

 

Et une review :

 

Quote

 

Chamberlain, R. (2022). The interplay of objective and subjective factors in empirical aesthetics. In Human Perception of Visual Information (pp. 115-132). Springer, Cham.

 

The field of empirical aesthetics sets out to understand and predict our aesthetic preferences (Palmer et al., Annual Review of Psychology 64(1):77–107, 2013). Its history dates back to the birth of visual psychophysics and the work of Gustav Fechner (Vorschule der aesthetik (Vol. 1). Brietkopf & Härtel, 1876), while multiple models of aesthetic experience have been proposed in the intervening years (Chatterjee A, Vartanian O, Trends in Cognitive Sciences 18(7):370–375, 2014; Leder H et al., British Journal of Psychology 95(4):489–508, 2004; Pelowski M et al., Physics of Life Reviews 21:80–125, 2017). This chapter briefly sets out the history of empirical aesthetics, and the state of the research field at present. I outline recent work on inter-observer agreement in aesthetic preference, before presenting empirical work that argues the importance of first objective (characteristics of stimuli) and then subjective (characteristics of context) factors in shaping aesthetic preference. Considering the role of properties of the stimulus, I will review literature on the relationship between aesthetic preference and symmetry, shape, compositional structure, colour and complexity as well as considering the potential role of statistical properties of images. I will then review putative subjective predictors of aesthetic preference including the role of context, framing and the influence of information about the artist and the artistic process. Both subjective and objective approaches will be evaluated from an individual differences perspective, focusing on the mediating role of familiarity, expertise, culture, cognitive ability and personality. Finally, I will attempt to draw these approaches together with reference to aesthetic sensitivity: an individual observer’s propensity to have an aesthetic response to a particular objective image characteristic, and will explore some putative factors that may modulate and explain individual differences in aesthetic sensitivity.

 

  • Yea 1
Posté
il y a une heure, Lancelot a dit :

En règle générale on préfère les stimuli plus prévisibles/plus faciles à percevoir, mais trop de facilité décroît cette préférence et on peut finir par préférer des stimuli plus complexes une fois qu'on les comprend mieux.

Ça pourrait être un résumé en une phrase d'une vidéo de Scilabus tentant de répondre à "pourquoi la musique fait-elle bouger". Du coup, presque un quart d'heure d'économisé grâce à cette seule phrase. ;)

  • Yea 1
  • 1 month later...
Posté
Le 08/08/2021 à 11:28, Johnathan R. Razorback a dit :

Pas mal du tout ! @Vilfredo Pareto

 

Je ne suis pas tout à fait d'accord sur ta définition initiale de l'art comme "élaboration de la matière" (et pas juste à cause du dualisme et de passivité attribuée à ladite matière). 

 

Je pense plutôt que l'art doit se définir comme l'ensemble des productions humaines qui jouent un rôle de supports de contemplation.

Par "production" (ou création, comme vous voulez), je n'entends pas seulement la production d'objets matériels, comme les tableaux. Les ballets, les symphonies, les pièces de théâtres sont aussi des œuvres d'art, bien qu'éphémère et sans ressemblances avec l'artisanat. 

Par ailleurs, la définition exclut que ce qui fait que quelque chose de l'art, ce soit l'intention qui préside à la création (l'intention que le ballet soit fait pour être regardé par exemple). Un objet créé initialement pour un but utilitaire peut devenir une œuvre d'art dès lors qu'on décide de l'ériger en support de contemplation. C'est la fonction que remplit une réalité donnée qui la rend artistique, et non l'intention qui préside à sa production. 

 

Ensuite tu as décris certains arts comme "ayant pour objet d'agréer". Moi je pense que toutes les arts ont vocation à agréer, ou plutôt à être beau (mais le beau s'accompagne de l'agréable, et peut-être même s'y réduit, je n'ai pas encore d'avis là-dessus). Mais dire cela n'est par définir l'art, c'est définir la norme de l'art, ou l'excellence de l'art, ce qui fait qu'une œuvre est réussie ou raté. 

 

Je repends ce thread car j'ai récemment découvert Philosophie de l'art de Hippolyte Taine. On pense ce qu'on veut du bonhomme en politique, il s'y connaît en art (donc en esthétique sur le tas). Et ce qu'il dit est intéressant.

 

Je le résume ci-dessous

 

L'art, on pourrait penser que c'est une imitation réussie. Pourtant, les moulages ne donnent pas les meilleures statues, les photographies ne donnent pas les meilleurs tableaux (il écrit avant l'art "moderne"), les sténographies ne donnent pas les meilleures pièces de théâtre (ça, c'est très convaincant). Il y a donc autre chose que la pure imitation dans l'art. [Ca, on le savait déjà intuitivement].

 

Alors ce serait peut-être de conserver des "proportions", des rapports entre les choses. Eh ben non, toujours pas. Les statues de michel-Ange sont déformées avec des muscles terrifiants, des torsions, des vertèbres en trop, comme la Grand Odalisque. Pourtant, c'est beau. L'art modifie donc les rapports entre les choses (entre autres les proportions). Mais ça sert à quoi ?

 

L'art serait ce qui fait ressortir l'idée générale d'une "scène". Par exemple, quand je décris à l'écrit une scène, je m'intéresse non pas à tous les détails anatomiques de ceux qui parlent mais à l'impression générale qu'il s'en dégage, i.e aux éléments pertinents. Les éléments pertinents, c'est l'idée qui sous-tend la chose, son essence. Prenons un exemple, le lion. Le lion, c'et fondamentalement une machoire sur pattes, toute son anatomie concourt à cela. Donc, pour représenter une oeuvre d'art sur un lion, on représente sa machoire avec une impression de mouvement. [Le pire, c'est que j'ai regardé les représentations modernes de lions, sur des tatouages, sur des icones, sur des tableaux, tout, ça marche]. Il cite des exemples plus avancés de tableaux et explique en fonction de l'époque, et vraiment, c'est convaincant. Un peintre crée un archétye de son époque, même s'il n'a jamais rencontré qui que ce soit de tel. Il aura peut-être vu telle personne avec un tel corps, mais pas dans le même contexte, ou telle personne avec tel habit flamboyant mais sans le corps qui va dessous, et il va fusionner tout ça en l'archétype d'une époque (qu'il appelle le personnage-règne il me semble).

 

Par conséquent, l'art serait de modifier les rapports entre des choses pour faire ressortir une idée (et si l'oeuvre est réussie, l'idée qu'on fait ressortir est l'essence de ce qu'on représente). Pour la musique, c'est les rapports entre notes, i.e la succession des notes (la mélodie) et leur superposition (l'harmonie).

Et cette définition explique pourquoi l'être humain a toujours fait de l'art. Le monde est imparfait, on ne vit pas dans un monde d'essences et d'idées (le lion ne se réduit pas une machoire sur pattes). Donc, on se donne un ersatz de perfection par l'art.

 

____

 

Il continue en expliquant comment l'artiste est influencé par son époque. Par exemple, prenons la tristesse, une époque de mort, de peste, de pillages. Il aura beau être jovial  de nature, il subira les malheurs du temps comme les autres (1). Il sera influencé par ses "discussions" quotidiennes (par 'humeur de ceux qui l'entourent) qui sont sa source d'inspiration principale, ce qui amplifie le 1 (2). Il s'inspirera des "écoles" de son temps, des hommes exprimant la tristesse (3). Le goût du public sera dirigé vers des oeuvres tristes (on cherche ce qu'on ressent), qui fera oublier tout artiste trop joyeux et le découragera in fine de faire des oeuvres joyeuses (4). Bref, ses oeuvres exprimeront la tristesse d'une époque. On peut faire pareil avec la joie, et avec tout intermédiaire.

Bref, il conclue cette partie en disant que l'oeuvre d'art réussie n'est pas l'oeuvre d'un seul homme mais de toute une époque, de tout un peuple.

 

Ensuite, il illustre par deux études de cas, l'art italien de l'époque de Vinci et l'art hollandais de je ne sais plus quand. Et ça marche bien.

 

  • 2 weeks later...
Posté
On 8/7/2020 at 10:52 AM, Lancelot said:

J'ouvre celui-ci parce que j'ai pour projet de m'intéresser à l'esthétique, sans pour l'instant avoir de vraies convictions sur le sujet. C'est un peu la même démarche que celle qui m'avait fait créer le thread sur l'éthique il y a quelques années.

 

Alors, chers amis liborgiens, quelle est votre opinion sur l'esthétique (d'un point de vue philosophique, historique, cognitif...) ? Qu'est-ce que l'art ? Qu'est-ce que le beau ? Quelles sont vos références ? Rand est-elle un bon écrivain ?

 

Salut jeune entrepreneur Lancelot de 2020.

C'est loin d'être satisfaisant mais voilà le résultat de mes lectures et de mes réflexions jusqu'à maintenant puisque je suis arrivé à un truc qui me semble vaguement cohérent.
 

Spoiler

Pour moi nous sommes dans le domaine de l'esthétique dès qu'on parle de volonté, de pulsion, d'émotion, de motivation, bref de tout ce qui nous oriente et nous pousse dans une direction (littéralement ou figurativement). Quand on hésite entre plusieurs options des tas de considérations peuvent entrer en compte comme en prévoir les conséquences probables ou en discerner les enjeux moraux, mais l'esthétique est l'arbitre qui projette tout ça sur une même échelle de valence pour rendre possible un choix (c'est la différence entre d'une part les raisons qu'on invoque pour ce choix et d'autre part l'acte même de choisir). On peut avoir un aperçu d'un déficit de cette faculté en s'intéressant par exemple au syndrome de perte d'auto-activation psychique.

 

Pour expliquer les mécanismes qui nous poussent à attribuer une valeur esthétique à certains objets ou certaines situations, on doit commencer avec une approche évolutionniste. La valeur esthétique primordiale est la survie et les éléments de base de l'appréciation esthétique correspondent donc à une attirance pour la nourriture, les environnements pouvant servir d'abri, le sexe etc. J'ai des préférences perceptives innées (n’étant pas un blank slate à la naissance) pour certains goûts, certaines odeurs, certains sons, certains visages (les plus symétriques)... J'aime quand les choses sont prévisibles mais pas trop prévisibles, quand elles sont complexes mais que j'ai la clé pour les comprendre parce que j'aime explorer et résoudre des problèmes (ce qui résume beaucoup d’archétypes narratifs). La majorité de la recherche en psychologie de l'esthétique vise ce genre de phénomènes. On ne peut pas à ce stade forcément parler d'art parce qu'il s'agit juste de tendances chez l'observateur qui peuvent tout aussi bien s'appliquer à un coucher de soleil. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de complexité pour autant, on a vu par exemple une première tension entre l'attirance pour ce qui est agréable mais pas forcément intéressant et ce qui est intéressant mais pas forcément agréable.

 

 

Le processus créatif apparaît en s'appuyant sur ces tendances via le développement de produits culturels tels que la médecine, l'artisanat, l'agriculture, (l'art de) la guerre etc. pour manipuler l'environnement et le rendre plus satisfaisant. Émerge alors un nouveau type d'esthétique, le "bien fait" : un outil est bien fait quand il remplit bien sa fonction, quand il se manie sans peine. Un expert est capable d'obtenir le meilleur résultat possible étant donnée la situation. L'expertise dans la création, le langage, la connaissance sociale, la capacité à résoudre des problèmes peuvent être interprétés en termes de sélection sexuelle (on cherche un partenaire qui affiche de l'intelligence, du dévouement, de la sociabilité...), mais voir quelque chose de "bien huilé",  qui fonctionne sans qu'on ait besoin d'enlever ou d'ajouter quoi que ce soit et sans gaspiller de ressource, est esthétique en soi. À cette étape apparaît donc la distinction entre l'esthétique dans l’acte de créer ou d'utiliser quelque chose (performance) et l'esthétique dans cette chose elle-même (objet qui incarne une performance passée). C'est aussi là qu'apparaît l'idée d'un goût esthétique qui s'éduque pour comprendre pourquoi tel produit est meilleur que tel autre, la distinction entre les plaisirs vulgaires accessibles à tous et les plaisirs raffinés accessibles à l'élite, bref la naissance des béotiens, des snobs et des cuistres.

 

 

Là-dessus s'établit un troisième niveau avec la prise en compte de différences entre cultures et entre courants (i.e. différentes idées de ce qui constitue un bon objet ou une bonne performance). Il devient alors possible de se détacher de la dimension purement utilitaire pour des raisons esthétiques (ajouter des plumes ici ne sert à rien mais c'est joli). On entre sur un terrain glissant, parce qu'autant quand on est artisan on peut être jugé sur des critères assez objectifs (est-ce que les chaussures que je viens de fabriquer sont agréables à porter, résistantes... ?) autant quand on s'en éloigne on est forcé à avoir une méta réflexion sur exactement ce que ça veut dire d'être esthétique (mes chaussures sont-elles élégantes, à la mode... ?).  Il y a aussi la question de la légitimité de l'artiste. Un artisan peut légitimement se contenter d'avoir pour objectif de maîtriser les techniques ancestrales, éventuellement de les améliorer à la marge. On lui sera reconnaissant d'être un gardien de cette tradition. Pour l'artiste c'est plus compliqué, certes il s'inscrit dans un courant mais il doit aussi affirmer son individualité face à ce courant, parce qu'autrement il n'a rien à ajouter, ses œuvres n'ont pas de raison propre d'exister, quel intérêt ? L'artiste doit évoluer, se renouveler, déconstruire et reconceptualiser.

 

 

Tout ça nous amène à un second axe de pensée qui concerne les différentes catégories de critères permettant de juger de la valeur d'une production artistique.

 

La première de ces catégories regroupe les critères de qualité qu'il est possible de mesurer objectivement dans l'œuvre/la performance. Ces critères recouvrent d'abord toutes les considérations précédentes sur ce qui peut rendre des objets agréables aux yeux des humains, et dans ce cas des œuvres universellement attirantes. On peut penser à toutes les histoires sur le nombre d'or, aux règles de la perspective, aux harmonies en musique... À un autre niveau, on peut juger objectivement de l'insertion d'une œuvre dans un courant et ses codes (la structure classique des pièces de théâtre, l'architecture brutaliste...), ça rejoint ce qu'on a vu sur l'artisanat et l'expertise technique. Courants artistiques qu'on peut d'ailleurs considérer comme autant d'hypothèses sur ce qui détermine la qualité objective d'une œuvre dans l'absolu. Selon la logique de ces critères la production artistique doit avant tout prouver (à tous ou seulement à ceux qui possèdent les codes) la maîtrise de l'artiste sur son sujet. Dans le cadre d'une performance il peut par exemple faire des choses compliquées sans effort apparent, ce qui lui vaudra de l'admiration.

 

 

La seconde catégorie regroupe les critères qui reflètent la manière dont le public interagit avec l'artiste à travers l'œuvre, donc la dimension sociale. Imaginez un enfant qui offre un collier de nouilles à sa mère : selon des critères objectifs ce collier, en soi, c'est de la merde, pourtant la mère y accordera peut-être plus de valeur qu'à l'œuvre même meilleure d'un inconnu. D'un autre côté la plupart des gens considèreront qu'un musicien qui joue une partition apporte une valeur artistique tandis qu'un dispositif qui lit automatiquement la partition, fût-ce parfaitement, n'en apporte pas. Il est donc question en un mot de "l'âme" de l'œuvre qui dépend de ce qu'on peut percevoir de la passion de l'artiste, sa sincérité, son attention aux détails, son amour du public... Elle peut aussi intervenir quand l'œuvre touche à la nostalgie (donc des références communes entre l'artiste et le public) ou quand on entrevoit du potentiel qui permet d'excuser des imperfections. Selon la logique de ces critères la production artistique doit avant tout prouver le dévouement de l'artiste (et cette fois l'effort visible peut être considéré une chose positive), ce qui lui vaudra de la sympathie.

 

 

La troisième catégorie regroupe les critères qui concernent ce qui est communiqué par l'intermédiaire de l'œuvre. On revient à l'individualité de l'artiste : est-ce qu'il a un concept, quelque chose à dire ? Les œuvres narratives (littérature, théâtre, cinéma...) sont maîtresses de cette catégorie mais c'est une dimension présente dans toute œuvre qui a le potentiel de changer la perspective de son public. Un exemple serait un tableau d'op-art avec une illusion d'optique qui nous fait réaliser quelque chose sur la manière dont fonctionne notre vision, ou une caricature qui s'écarte du réalisme (critère objectif) pour transmettre un message. Dans tous les cas avoir un message avec de la valeur est un combat de l'individu contre ce qui est banal, convenu, et donc contre le simple suivisme d'un courant sans le renouveler, contre la soumission au public sans essayer de lui donner ce qu'il ne savait pas vouloir, contre soi-même également et la stagnation créative. Selon la logique de ces critères la production artistique doit avant tout prouver la pertinence d'une approche, ce qui lui vaudra de la fascination.

 

 

Toute production humaine a probablement une valeur esthétique discutable selon ces trois angles même si on peut imaginer des cas limites qui relèvent principalement d'une catégorie (un objet fabriqué à la chaîne par un robot pour la première, une actrice de porn protagoniste de télé-réalité pour la seconde, un article scientifique pour la troisième). Dans le cadre d'une production artistique il doit y avoir un arbitrage qui prend en compte les trois. Par exemple le punk prend le parti de mettre l'accent sur l'âme et le message plutôt que sur la technique. Les boys band de notre jeunesse comptaient plus sur la solidité de la production et le charisme des minauds que sur un quelconque message. Pour trouver des cas qui privilégient la technique et le message à l'âme il faut aller chercher des "artist's artists" d'avant-garde que les hipsters adorent mais qui font se gratter la tête au commun des mortels. Je pense que l'erreur de beaucoup de penseurs de l'esthétique est soit de vouloir réduire cette multi dimensionnalité à un seul type de critère, soit de dire que seul un type de critère représente la "vraie" esthétique contrairement au reste.

 

 

Je pourrais parler longuement du côté obscur de tout ça avec les enflures qui pensent s'offrir une âme en agitant obscènement les cadavres de vieilles franchises, ou qui ont tellement peu à dire que tout ce qu'ils proposent est de la soupe déconstruite au mixeur généreusement saupoudrée de propagande. Mais parlons plutôt de Rand. Elle est très forte pour créer des pages de satyre mordante, pour décrire les différentes manières dont s'exprime la petitesse morale, pour peindre des univers très particuliers et reconnaissables. Elle est plus faible pour tenir sur la longueur, pour avoir des héros qui ne soient pas (involontairement de sa part) des immenses têtes à claques, et surtout quand elle s'essaye à la romance. Pourtant elle s'obstine à pondre d'énormes pavés romantiques. Cette dévotion à sa vision envers et contre tout lui donne une aura et me fait comprendre un peu du magnétisme qui lui a permis d'attirer autant de fans aussi zélés. Si on considère son fond idéologique d'un point de vue purement théorique il ne casse pas trois pattes à un canard (à beaucoup d'égards l'idée qu'Atlas Shrugged existe est presque plus intéressante qu'Atlas Shrugged). En bref je trouve qu'elle est un bon auteur qui s'obstine héroïquement à écrire dans un format non optimal, et qui a des prétentions théoriques méritoires.

 

  • Yea 2
Posté

Ce que je trouve très bien dans ton modèle c'est que tu crées un continuum en replaçant l'art au milieu de toutes les autres activités créatives au sens large. Le côté artiste comme quasi surhomme élu des Muses m'a toujours gonflé.

Posté

Quelque part ça met aussi la pression : tout ce que je fais pourrait être jugé selon des critères esthétiques de la même manière que si j'étais un artiste, et serais-je satisfait du verdict ?

Posté

Même si ce n'est pas objectif ça ne me sauve pas de mon jugement sur moi-même. Mais en vrai je suis plutôt satisfait de ma vie à ce titre, hein, ça pourrait être mieux mais ça pourrait être bien pire.

 

5g1XTxw.jpeg

 

Je suis conscient que mon wot part dans trop de directions différentes pour déclencher des débats enflammés, surtout que ce forum n'est pas trop la bonne plate-forme pour ce sujet en particulier (contrairement disons à l'éthique), je voulais juste documenter mon évolution de 0 à "j'ai des opinions" sur l'esthétique. Ça me force à écrire plutôt que de ruminer sans rien produire de concret et si ça peut intéresser une personne ou deux tant mieux.

Posté

Alors après bien des mois à méditer là dessus il se trouve que j'ai également des opinions.

En quelques mots, l'esthétique est un raisonnement en termes de ce qui m'attire ou pas, de ce que je veux faire ou pas et pourquoi. L'éthique est un raisonnement en termes de ce qui est interdit, permis, suggéré ou obligatoire, de ce que dois faire ou pas et pourquoi. Il y a aussi la "physique" (pour garder un mot similaire) qui concerne ce qui est vrai, objectif, ce qu'il est possible de faire ou pas et pourquoi. Là où ça se complique c'est que je peux avoir des raisons éthiques à un jugement esthétique (ça me dégoûte parce que je trouve ça injuste), des raisons esthétiques à un jugement éthique (je dois faire plus d'efforts parce que je ne suis pas aussi bon que je voudrais) et toutes les combinaisons possibles. Bref il y a un problème de co-incidence qui fait que si je parle de juger ma vie, même selon des critères esthétiques, il y aura forcément un aspect éthique là-dedans.

Posté

Call me consistent mais c'est juste le critère déontique auquel j'étais arrivé dans le dernier épisode d'Éthique et tac :

 

  • 9 months later...
Posté

9d6c7d871ab2a15c7a5e1346a18dadad1e359fcb

 

L'ancien logo "d'Oxford University Press" (gauche) et le nouveau (droit).

 

Pourquoi changer?  C'est quoi le nouveau logo? 

 

Pour moi, il y a un évident appauvrissement esthétique/artistique dans le nouveau logo.

 

Roger Scruton parle sur le sujet (quand il parle sur l'architecture):

 

https://www.visiomundus.fr/2020/01/20/habiter-la-beaute/

 

 

Posté
9 hours ago, Hugh said:

9d6c7d871ab2a15c7a5e1346a18dadad1e359fcb

J'aime bien le nouveau logo (j'ai un faible pour l'op-art). J'ai quelques bouquins publiés par oup sous la main (achetés l'année dernière) et on y trouve uniquement la partie texte de l'ancien logo, pas l'image (ou alors c'est tellement discret que je n'ai pas trouvé).

Posté
il y a 19 minutes, Lancelot a dit :

on y trouve uniquement la partie texte de l'ancien logo

Le sérif, c'est le bien.

  • 1 year later...
Posté

"Si vous tuez un cafard, vous êtes un héros, et si vous tuez un papillon, vous êtes mauvais. La morale a des normes esthétiquesNietzsche

  • Yea 1
  • 1 year later...
Posté
Le 21/02/2022 à 17:56, Lancelot a dit :

Résumé : c'est un exemple d'une série d'articles qui montrent que nous préférons les images avec des contours illusoires que celles sans ces contours ou celles avec des contours non illusoires. Ici on montre que ce n'est pas lié à la symmétrie ou au fait que la figure illusoire soit familière (comme un carré).


Ca me fait penser à l'impressionnisme.

Posté

Je respecte beaucoup les impressionnistes pour leur démarche de recherche sur la perception.

  • Yea 1

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant
×
×
  • Créer...