Coligny

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  1. Qui est Gio ?
  2. Et c'est précisément lorsqu'il comprend que tout n'est que médiocrité, et triste banalité, qu'il trouve la force d'écrire son roman à la fin de La Recherche. Il y a une dimension ascétique très prononcée (Proust était grand lecteur de Schopenhauer). Le parallèle que tu fais avec la Bovary est génial car La Recherche est un peu la résolution du paradoxe de Emma Bovary : elle aurait pu s'épargner un suicide si elle avait trouvé, à travers l'art, cette aptitude à sublimer ce quotidien médiocre, à "transformer la boue en or", à puiser dans le spleen une force créatrice. Les 7 tomes de la Recherche raconte le dynamisme de cette force ; elle puise sa source dans la négation du monde matériel et dans la recherche d'une forme d'éternité, d'un temps sublime et extensif. Le titre "A la Recherche du temps perdu", ne fait pas seulement référence au temps de son enfance que le narrateur essaie de retrouver (à travers ses souvenirs), mais à la recherche de l'idée même du "Temps", que les hommes ont perdue, en ne concevant le temps que comme le marquage d'un instant T et plus dans son idée englobante d'éternité, de ce "long" temps (l'incipit commence d'ailleurs par "Longtemps, je me suis couché de bonne heure", il faut entendre Long-temps et Bon-heur : c'est annonciateur du bonheur qu'obtiendra le narrateur en retrouvant ce temps long). Le final de La Recherche, qui aboutit à retrouver ce Temps, est la plus belle création humaine jamais conçue : "Si du moins il m’était laissé assez de temps pour accomplir mon œuvre, je ne manquerais pas de la marquer au sceau de ce Temps dont l’idée s’imposait à moi avec tant de force aujourd’hui, et j’y décrirais les hommes, cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux, comme occupant dans le Temps une place autrement considérable que celle si restreinte qui leur est réservée dans l’espace, une place, au contraire, prolongée sans mesure, puisqu’ils touchent simultanément, comme des géants, plongés dans les années, à des époques vécues par eux, si distantes — entre lesquelles tant de jours sont venus se placer — dans le Temps."
  3. Les romans de Flaubert sont plus sombres qu'ils en ont l'air : l'enfance désastreuse de la Rosanette dans l'Education sentimentale (viol infantile), la vie misérable de Charles Bovary, la pauvreté de sa fille à la fin réduite à rien, la description très fréquente de cadavres, de corps en putréfaction tout comme la charogne de Baudelaire. La figure de l'Aveugle dans Madame Bovary résume un peu tout le spectre de désoeuvrement qui plane sur les romans de Flaubert. Proust c'est plutôt dans la veine du libertinage et persiflage aristocratique, immémoriel donc...
  4. Pente glissante, cher ami, attention Proust c'est Flaubert puissance 1000. Les faits bruts tiennent sur un post it mais la pureté du style rend l'oeuvre éblouissante. Et là encore, les faits sont relativement inintéressants. Ps : Rousseau est un trop grand menteur pour qualifier son oeuvre d'autobiographie. Roman, donc!
  5. Tu me jugerais si je te disais que mon roman préféré est l'inintéressante vie de J-J Rousseau qu'il raconte à travers les 1000 pages de ses Confessions. Mais voilà, l'art est ici : dans l'inutile.
  6. Oui enfin, on parle de Madame Bovary quand même. "Elle resta perdue de stupeur et n'ayant plus conscience d'elle-même que par le battement de ses artères, qu'elle croyait entendre s'échapper comme une assourdissante musique qui emplissait la campagne. Le sol sous ses pieds était plus mou qu'une onde, et les sillons lui parurent d'immenses vagues brunes qui déferlaient. Tout ce qu'il y avait dans sa tête de réminiscences, d'idées, s'échappait à la fois, d'un seul bond, comme les mille pièces d'un feu d'artifice." Si cela est esthétiquement laid, je retourne marcher à quatre pattes et je ne lis plus aucun bouquin.
  7. L'art pour l'art ne diffère pas de la quête du Beau. C'est même son unique aboutissement. Flaubert a très bien théorisé cette notion. "Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air, un livre qui n’aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière ; plus l’expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c’est beau. Je crois que l’avenir de l’Art est dans ces voies. C’est pour cela qu’il n’y a ni beaux ni vilains sujets et qu’on pourrait presque établir comme axiome, en se posant au point de vue de l’Art pur, qu’il n’y en a aucun, le style étant à lui tout seul une manière absolue de voir les choses.". Résultat, il publie le plus beau roman de l'humanité, Madame Bovary, qui n'a aucune quelconque notion du juste, du bien, du mal, du moral.
  8. Je suis de mauvaise foi ; le Centre Pompidou est ma seconde maison.
  9. A côté d'une œuvre disons, du même Cy Twombly, un légat à l'égo tout à fait honnête, va t'expliquer dans un petit encadré que l’œuvre (ci dessous) représente l'écoulement menstruel et l'angoisse post-oedipienne de la castration féminine.
  10. Pardon: les livres que l'on achète à la sortie. A vrai dire, je ne lis jamais les cartels, ce style journalistique m'insupporte. Mais le livre sur Cy Twombly de l'exposition Pompidou, ce nouveau Raphaël, était ravissant de bêtise. Mais j'ai quand même un souvenir d'un certain cartel : aux expositions permanentes du Centre Pompidou, face à un écran de cinéma où un homme mange une cuisse de poulet sur un air d'opéra italien, un cartel t'explique les voies impénétrables de ce machin. Brillant.
  11. Le grand Jung a, au moins, daigné brisé ce lien (ce qui est tout à son honneur). Mais tu es trop sévère Johnathan : il y a de très bons peintres au XXIe siècle, même en ce temps de décadence généralisée où la beauté ne sauvera certainement plus le monde ; Franck Carron, Timothy Behrens, Abdallah Benanteur, Edgars Vinters...
  12. Je dirais : excès de rationalité. Il n'y a pas une étude sur la peinture contemporaine qui ne soit pollué par la psychanalyse. Du Centre Pompidou au Moma, les commentaires qui accompagnent les oeuvres (et qui les façonnent indirectement) sont de simples pastiches de Freud, Jung ou d'Abraham.
  13. Rien ne vaut un honnête club libertin !
  14. Je pense surtout que tu as une certaine arrogance intellectuelle, du moins c'est ce qui découle de tes messages. Tu penses pouvoir modéliser et systémiser chaque pans du réel et de là faire coller toutes tes politiques sur des modèles prédictifs relativement foireux. Quand je lis tes messages (et je me borne uniquement sur le champ lexical que tu emploies) on sent un excès de rationalisme (et de prétention, qui est lui est toujours corrélatif !) vraiment néfaste et qui, je pense, te fait passer à côté de l'essence même du libéralisme.
  15. Vraiment, ton premier message laissait penser que tu allais avoir l'aréopage à tes côtés, mais tu n'as que les rieurs. Tu viens également d'Assas donc ton premier message m'a enchanté mais après ce galimatias de bêtise où tous les poncifs du genre (j'attendais et avec raison, que tu parles, dans l'ordre, de l'immigration et du grand remplacement, ensuite des noirs/arabe et ensuite des viols) ressortent, je le suis beaucoup moins.