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Johnathan R. Razorback

Yabon Nonosse
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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Si l'anarchie se définit comme le rejet de toute autorité (et pas uniquement de l'autorité politique), je vois mal comment elle n'entraînerait pas l'anomie, vu que les auto-contraintes, la discipline nécessaire à la vie sociale, ne pas pas reposer purement et simplement sur la rationalité discursive (vu que les gens ne sont pas d'accord sur leurs valeurs, en général. Ou alors il faut être dans une très petit communauté unie par des croyances fortes, et idéalement indiscutables, par exemple religieuses. Or les anarchistes rejettent souvent la religion... Et même dans ce cas là, il reste les gamins et les malades mentaux, par nature peu ou pas accessible à la persuasion. Par conséquent l'autorité est un phénomène social qu'il est chimérique de vouloir supprimer: parce que c'est impossible et parce que c'est nuisible d'essayer de faire des choses impossibles). Après, la plupart des anarchistes réels n'iraient pas jusqu'au point décrit précédemment (encore que ça fonctionne pour Stirner !). Un Proudhon, par exemple, trouve parfaitement sacrée l'autorité du mari sur la femme et les gamins ; il admet l'autorité des travailleurs les plus compétents sur le reste de l'atelier, etc. Je pense donc que la majorité des anarchistes admettraient des formes d'autorité (ils contesteraient le mot, mais la chose est manifeste dans leurs descriptions de société future). Plus généralement, les anarchistes qui ont sérieusement essayé de penser leur idéal ont des difficultés par trop évidentes à évacuer toute forme de violence organisée du groupe sur d'éventuelles déviances individuelles, donc ils se trouvent contraints de ré-introduire l'autorité politique -la Loi- censément liquidée (cf: http://web.archive.org/web/20041112002333/http://www.refractions.plusloin.org/textes/refractions6/ideal_libertaire.htm ). La nature (humaine), c'est plus fort que toi.
  2. @Tipiak: Rien que ce passage là est saisissant: "L’obligation morale d’honorer ceux qui nous aident est tellement exigeante qu’elle a donné lieu à une très curieuse occultation d’un des textes les plus célèbres de notre spiritualité. Il faut aimer notre prochain, enseigne-t-il ; mais qui est notre prochain ? Cette question n’est posée qu’une seule fois dans les Évangiles, et Jésus y répond avec une histoire, celle d’un voyageur détroussé et abandonné à moitié mort au bord du chemin. Passe un prêtre, qui ne s’arrête pas pour secourir le blessé. Un deuxième voyageur l’ignore de même. Mais le troisième passant recueille le blessé, panse ses plaies, l’installe à l’auberge, et paie les frais de son rétablissement. Et Jésus demande – écoutez bien – « Qui est le prochain de celui qui est tombé aux mains des brigands ? ». Dans l’assistance, on Lui répond : « Celui qui l’a secouru ». Et Jésus confirme : « Tu as bien répondu ».30 Notre prochain que nous devons aimer n’est pas le pauvre, mais le riche secourable. Voilà 2000 ans que les prêcheurs et les cagots déforment ce texte. Ils veulent nous convaincre que notre prochain est l’être humain dans la misère. Ce qui est absurde, révoltant. Pourquoi aimerais-je quelqu’un parce qu’il est dans la misère ? La misère est à combattre. Rien de ce qu’elle touche ne doit devenir aimable à nos yeux. En revanche, si quelqu’un a pris la peine de se pencher sur moi, s’il m’a soigné et payé mes dettes, ne mérite-t-il pas, lui, tout riche qu’il est, d’être aimé ? Nous rangeons l’altruisme parmi les valeurs chrétiennes, alors que le Christ lui-même nous en détourne. L’altruisme est cette doctrine perverse, qui nous enseigne qu’une action n’a aucune valeur morale si nous y trouvons de l’intérêt ou du plaisir. Voilà posé le comble de l’égocentrisme. Car agir ainsi serait viser la perfection morale du sujet, dans le plus profond mépris de sa relation avec autrui. Je m’imagine grabataire à l’hôpital, ou en prison. Un visiteur est à mon côté. Il me dit : « Je suis altruiste. Je viens te voir pour accomplir mon devoir moral, mais je n’éprouve aucun plaisir ni aucun intérêt en ta compagnie* ». Rien ne pourrait m’insulter plus douloureusement. Même grabataire, à l’article de la mort, je veux encore commercer d’égal à égal avec autrui. Quoi de plus revigorant que d’entendre dire « c’est formidable ce que ces gens nous apportent » par des visiteurs de prison, des accompagnateurs de mourants, et toutes ces personnes magnifiques qui s’occupent des déshérités. Ils vivent des vrais échanges humains et capitalistes, où chacun s’enrichit dans la relation." (* ça ressemble fichtrement à du kantisme, tu ne crois pas @Mégille ? )
  3. Un mal pour celui qui a un choix politique à faire sur la prohibition ou la non-prohibition. (C'est bien lui qu'on essaye de convaincre). Bien sûr, je présume que tous les intérêts sont harmoniques. Mais ça ne change pas grand-chose au débat. Si l'immigration est vraiment un mal pour tel électeur, et un bien pour tel immigré, je ne vois pas comment le convaincre de sacrifier son bien pour autrui. Ce ne serait même pas moral du reste. « Si l’homme d’après sa nature, est forcé de désirer son bien-être, il est forcé d’en aimer les moyens; il serait inutile et peut-être injuste de demander à un homme d’être vertueux s’il ne peut l’être sans se rendre malheureux. » -Paul Henri Thiry, baron d'Holbach, Système de la nature ou des lois du monde physique et du monde moral, 1770, "Les classiques des sciences sociales", p.116.
  4. De la valeur économique.
  5. La cuillère Les frites n'existent pas. C'est une invention des bourgeois pour t'exploiter. La réalité n'est pas connaissable objectivement. On se croirait dans un roman de Rand, ou dans ses descriptions des campus US des sixties...
  6. "Ms Gutierrez said knowledge is "relational" and must be treated as such, saying: "Things cannot be known objectively; they must be known subjectively." " C'est très mal ce que tu fais @Extremo, tu es train de me donner des envies de dictature libérale pour purger l'université. Bon, je me détend avec l'idée claire que dans un monde libre, cette personne serait au chômage. Ceux qui croient dans la dignité des sciences doivent en tirer les conséquences en matière de privatisation de l'éducation...
  7. => https://www.google.com/search?q=let+the+relativism&client=firefox-b&tbm=isch&source=lnms&sa=X&ved=0ahUKEwj4y6ml4t3aAhVC1RQKHRFtAPIQ_AUICygC&biw=1366&bih=620&dpr=1#imgrc=0eBXpb_J5ofeCM:
  8. Et en général ce sont les mêmes (je me souviens d'un dialogue dans Alternatives économiques), qui trouvent que la psychanalyse est une activité sérieuse et honorable...
  9. Ce ne serait rationnel que si cette estimation était elle-même vraie (sinon c'est juste une opinion -plus sophistiquée qu'un rejet émotif basé uniquement sur la considération des inconvénients, mais une opinion quand même). Autrement dit: il est rationnel d'être contre l'immigration si l'immigration est un mal. Mais c'est justement tout le fond du débat, et on ne le tranche pas uniquement en montrant que le phénomène produit X nombre d'inconvénients.
  10. Je vois qu'un commentateur prend la tonalité des réactions avec humour: "Le parcours des commentaires de ce genre d’articles (immigration, GPA,…) m’incite à penser que CP a réussi à élargir son public : il est désormais lu, aussi, par des non-libéraux. Felicitations !"
  11. Je pense que ça signifie que: 1): Les personnes les plus portées à faire du bien à leur prochain sont empathiques et sensibles, donc plus vulnérables à la culpabilisation que la moyenne. Elles constituent donc une cible facile pour les emmerdeurs, et ils le sentent. 2): Lesdits emmerdeurs ont décidément beaucoup trop de temps libre à gaspiller sur Internet.
  12. 1): "Les orientations du régime d'accumulation néolibéral, notamment dans la pratique du rapport salarial, viennent perturber l'idée simple qu'on se fait spontanément de la domination, cela précisément parce que l'entreprise néolibérale se targue désormais de fonctionner au "consentement". Et de triompher: comment peut-on persister à dire de salariés consentants qu'ils sont dominés ?" (p.17) "La vérité du "consentement" n'est pas de l'ordre de la liberté mais de l'ordre des passions: c'est la joie qui fait dire oui." (p.17) "Le point de vue extérieur, qui ne perd pas de vue le rapport objectif d'exploitation, se trouve alors déstabilisé d'être confronté à la joie de ceux qu'il tient objectivement pour des exploités, et pour peu qu'il reste pris dans le subjectivisme spontané qui informe notre vision immédiate de nous-mêmes et du monde, il ne parvient à se tirer de cette dissonance que par les fausses solutions verbales de la "servitude volontaire", sorte de concentré de toutes les apories subjectivistes du libre arbitre, révélées par les situations de domination "heureuse"." (p.18) D'où la justification par Lordon de sa propre démarche: "[Une science sociale spinoziste] détruit le socle métaphysique de la pensée libérale." (p.21) -Frédéric Lordon, La Société des affects. Pour un structuralisme des passions, Éditions du Seuil, coll. L'ordre philosophique, 2013, 284 pages. 2): Moui, je doute. Le libéralisme c'est plus que l'anti-hégélianisme hein
  13. En parlant de ça, ton avatar a le désagréable effet de me rappeler l'existence de ladite créature. Tu ne voudrais pas en changer ? ^^
  14. Ah, mea culpa alors Mais cet article est stimulant au possible. Il y a tout un argumentaire libéral à développer autour de la supériorité de la charité privée sur les "aides" publiques.
  15. Il y a quand même une partie de la droite qui a vaguement comprise les données du problème, vu qu'elle rejette l'immigration tout en s'inquiétant de la démographie et appelle des politiques natalistes. C'est le nec plus ultra du nationalisme liberticide, mais au moins il y a une certaine logique. Et ça plait aux cathos tradis. Je pense que tu trouverais aussi des gens qui accepteraient sans états d'âme une chute de leur pouvoir d'achat si c'est le prix à payer pour virer les étrangers. Mais on ne les trouveraient sans doute pas dans les classes populaires. Ce qui prouve une fois de plus que les électeurs n'ont guère le sens de leurs véritables intérêts.
  16. Comme je l'ai dis, le féminisme se définit comme la valorisation de la femme, -et le concept ne contient en lui-même aucune limite qu'il l'empêcherait d'enfler jusqu'au matriarcat.
  17. Je remercie @ttoinou pour ce site où j'ai trouvé ce très bon (quoique un peu trop long) texte: http://www.ecoleliberte.fr/ressource/cmichelgensriches/ "Donner est l’acte capitaliste ultime. L’homme généreux affirme son droit de propriété absolu sur ses biens. Face à la société, ce droit le rend libre de faire ce qui lui plait de son temps, de son argent et de sa personne. Face à sa richesse, ses dons justement témoignent qu’il est plus grand qu’elle, il est libre par rapport à elle. Dans toute société, il existe trois façons de faire circuler les biens : par le vol, par l’échange, et par le don. La société capitaliste est tout simplement celle qui interdit le vol, même d’Etat, pour laisser toute leur place à l’échange et aux dons."
  18. Lordon écrit explicitement ça dans La Société des affects. Le libéralisme est faux parce qu'il repose sur le libre-arbitre qui est faux. Dieux que c'est bête. Spinoza doit se retourner dans sa tombe quand il voit qu'on veut essayer de le rendre compatible avec le marxisme, alors qu'il est un précurseur du libéralisme (de l'Etat neutre, dit Aron).
  19. Fabry plus "ethniciste" que Zemmour... : http://www.historionomie.com/archives/2018/09/29/36744733.html
  20. Au pire tant pis si l’appellation est superflue, ça peut toujours servir à infiltrer des mouvements sociaux récupérer des gens. "Le vrai féminisme c'est le libéralisme".
  21. C'est gentil ^^ Honnêtement, j'aurais le savoir-faire technique pour me lancer sur Youtube, je pense que ce serait déjà fait Et moins pour la gloire de -soyons fous- quelques centaines de vues sur des matières ardues, que pour la satisfaction morale de réfuter quelques bêtises populaires. (En attendant, j'ai un blog : http://oratio-obscura.blogspot.com/ ).
  22. Je vais continuer à mettre mes "saletés", parce que je crois que c'est important: http://descartes.over-blog.fr/2018/10/la-des-assimilation-posthume-de-charles-aznavour.html
  23. Faut pas pousser la différenciation des parties de la philosophie trop loin non plus hein (cf ma signature). Cela dit, s'agissant du problème du libre-arbitre en particulier, les implications politiques ne m'apparaissent pas évidentes. A moins qu'on tire du déterminisme une conclusion contre toute responsabilité personnelle (ce que fait Nietzsche), mais même si c'était logique (et je ne le pense pas), je crois que le commun des mortels préféreraient des croyances fausses à même de permettre la vie sociale que des vérités anarchisantes.
  24. Oh, je parle un peu de lui dans cet article : https://www.contrepoints.org/2016/03/13/242583-qui-est-ayn-rand-2#fn-242583-4 Mais ces histoires de "psychologie objectiviste" me semblent, euh, douteuses...
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