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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. On peut penser (mais ça va nous ramener une fois de plus au thin versus thick debate et aux présupposés philosophiques du libéralisme) qu'il y a des "schémas culturels" ou des idées qui sont un obstacle à la défense de la liberté. Et s'il peut y avoir de tels schèmes généraux (obstacle à la liberté pour tous), il peut aussi en exister qui nuisent, menacent, freinent la reconnaissance des droits naturels pour un groupe particulier. On peut par exemple raisonnablement penser qu'une société majoritairement raciste aura du mal à accorder l'égalité politico-médiatique à tous ses citoyens. Même probabilité pour un société profondément misogyne. Si un groupe est jugé biologiquement inférieur, ce sera difficile de lui reconnaître une égale liberté. A titre de rappel, aussi "tardivement" que 1879, un universitaire comme Gustave Le Bon pouvait écrire: « L'infériorité de l'intelligence de la femme est trop évidente pour être contestée. ». Dans le même siècle / pays on pourrait citer Proudhon, Renan, etc. Autrement dit, il peut y avoir de la place pour un féminisme libéral si on admet le raisonnement ci-dessus. Mais ça n'est qu'un cas particulier du problème "quels sont les conditions culturelles (philosophiques) de la liberté ?". Ou encore: "qui est l'homme des droits de l'Homme ?".
  2. Dieux du ciel... « Il se pourrait bien, que l’écologisme joue au XXIe siècle le rôle qu’a joué le socialisme au vingtième: un principe à partir duquel civiliser le capital, en lui rappelant qu’il ne saurait s’emparer de toute l’existence, et fournir seul la réponse aux grandes aspirations humaines. » -Mathieu Bock-Côté, Et si la modernité avait besoin de limites ?, http://www.journaldemontreal.com, 12 septembre 2015 : http://www.journaldemontreal.com/2015/09/12/et-si-la-modernite-avait-besoin-de-limites Pour rappel de la trajectoire, le même écrivait 7 ans avant ceci: http://www.revueargument.ca/article/2008-10-01/442-lecologisme-comme-religion-seculiere.html
  3. Sans avoir à l'évidence des atomes crochus avec Limite, cette tendance est loin d'être la plus étatiste à droite (ce que j'attribue au facteur chrétien et au facteur écologiste, les deux ayant une méfiance -tendancielle bien sûr- à l'égard du pouvoir et de la puissance). Après je sais très bien à quoi mène l'antilibéralisme "culturel" (dénonciations verbales de la modernité, du capitalisme, du salariat, du marché, de l'individualisme...).
  4. C'est bien le drame
  5. Oui, c'est très inquiétant. Il a bien deux trois gauchistes tendance nuit-debout qui ont défilé, mais ultra-minoritaires. Et en plus ils se sont fait insultés par la presse de droite (ah, le parti de l'ordre...). J'ai raté une occasion de faire une liste de noms d'ailleurs. Enfin journalisme as usual.
  6. On a déjà parlé dans le fil de : https://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Paglia ?
  7. D'ailleurs en parlant de Rand, le prochain qui trouve son style indigeste, je l'invite à se coltiner de la phénoménologie idéalisme allemand. Pour rire. "[Hegel:] A l'encontre de la connaissance qui maintient l'homme dans une quiétude passive, le Désir le rend in-quiet et le pousse à l'action. Étant née du Désir, l'action tend à le satisfaire, et elle ne peut le faire que par la "négation", la destruction ou tout au moins la transformation de l'objet désiré: pour satisfaire la faim, par exemple, il faut détruire ou, en tout cas, transformer la nourriture. Ainsi, toute action est "négatrice". Loin de laisser le donné tel qu'il est, l'action le détruit ; sinon dans son être, du moins dans sa forme donnée. [...] Mais l'action négatrice n'est pas purement destructrice. Car si l'action qui naît du Désir détruit, pour le satisfaire, une réalité objective, elle crée à sa place, dans et par cette destruction même, une réalité subjective. L'être qui mange, par exemple, crée et maintient sa propre réalité par la suppression de la réalité autre en réalité sienne, par l' "assimilation", l' "intériorisation" d'une réalité "étrangère", "extérieure". D'une manière générale, le Moi du Désir est un vide qui ne reçoit un contenu positif réel que par l'action négatrice qui satisfait le Désir en détruisant, transformant et "assimilant" le non-Moi désiré. Et le contenu positif du Moi, constitué par la négation, est une fonction du contenu positif du non-Moi nié." -Alexandre Kojève, Introduction à la lecture de Hegel. Leçons sur la Phénoménologie de l'esprit professées de 1933 à 1939 à l'École des Hautes Études, réunies et publiées par Raymond Queneau, Paris, Tel. Gallimard, 1947, 706 pages, p.14. Dieux, tout ça pour dire "pour créer il faut détruire, t'as vu ?" ! L'hégélianisme est un naufrage linguistique. Une conspiration contre la clarté. "Les hommes furent en tout temps disposés à mépriser le simple et le naturel pour courir après le merveilleux." -Holbach.
  8. Même si l'audience de G. K. (ou de n'importe quel autre libéral) n'est que de 1%* des Français, ça ne change rien aux critères pour déterminer s'il présente bien ou mal le libéralisme (sur le fond comme sur la forme), et pas suite quelle critique on peut lui faire. *Pourcentage attribué au pifomètre.
  9. ça va être dur de débattre du fond sans consensus méthodologique sur ce qu'on essaye de mesurer.
  10. "Il ne faut pas critiquer les partis du gouvernement, sinon ça ferait le jeu des extrêmes". Je connais cette théorie...
  11. Tu ne peux pas utiliser la "situation" de la métropole comme argument, parce qu'une discussion sur "quel président a été le plus liberticide ?" porte sur ce que ledit homme d'Etat a fait de liberticide, pas sur les lois existant avant lui qu'il n'a pas abrogé. Je ne veux pas non plus dire que ce qu'un homme politique n'a pas fait n'a pas une pertinence pour juger son action, mais ça rendre dans le débat plus général "quel est le bilan de X ?" ou "quel est le meilleur président ?". Après je ne suis pas forcément de l'avis de @Tramp, mais c'est surtout parce qu'il est à certains égards facile de juger l'action des hommes politiques dont on est contemporain que de ceux du passé -il faut des connaissances historiques un minimum sérieuse pour effectuer des comparaisons. Et les critiques que font @Tramp méritent d'être prises en compte.
  12. De Gaulle n'a exercé les pleins pouvoirs que très peu de temps, hein. Et on ne peut pas dire que ça ait nuit à la démocratie libérale. Si les putschistes avaient gagné, par contre...
  13. Ben oui, comparons nous à une colonie où ni le droit français métropolitain ni la démocratie n'ont jamais été réellement appliquées ; ça permettra de relativiser les dérives liberticides de ces derniers temps...
  14. Schiappa est ridicule ; quant au PCF, il est mort intellectuellement. Le cadavre est même en voie de pourrissement / phagocytage car selon ma source interne, le parti est obligé de recruter dans la gauche régressive / islamo-trotskyste / PYR pour continuer à faire fonctionner les orgas de jeunesse et d'autres activités.
  15. C'est impossible puisque c'est un choix politique d'organiser une cérémonie pour tel truc, et la politique est par essence conflictuelle. On ne trouvera pas de cause, si sacrée soit-elle, qui réunisse absolument tous les membres d'une communauté politique. Par exemple, en cherchant bien, on trouvera toujours des gens qui sont déçu de l'issu de la dernière guerre mondiale... La panthéonisation de Zola a été fortement contestée par les anti-dreyfusards. On pourrait multiplier les exemples. En revanche je suis d'accord pour dire que le gouvernement doit éviter de panthéoniser ou d'honorer des causes qui ne rencontreraient pas l'assentiment d'une large majorité de l'opinion, ou qui susciterait l'opposition claire d'une forte minorité. Dans la mesure du possible. Pour préserver la concorde publique.
  16. Avant ils votaient probablement Hollande / Valls.
  17. Marx, Tocqueville, Bainville, Norman Davies et quelques autres font remarquer que c'est "souvent" l'amélioration de la situation de certains groupes qui crée un contexte révolutionnaire. Ce qui est certes contre-intuitif. Orwell écrit quelque part que la pauvreté en soi ne pousse pas à la rébellion.
  18. L'Etat peut ou non s'associer à l'hommage aux victimes de ceux qui se sentent concernés. On peut faire des hommages aux victimes parce qu'elles sont innocentes et aimables. On n'a pas à célébrer les victimes (cf l'idée débile d'Hollande, je crois, d'offrir une médaille). On peut célébrer les personnalités méritantes, nos morts pour la patrie, etc.
  19. Oh que si. Sauf pour eux c'est neutre et modéré. Ce sont toujours les autres qui sont "idéologiques"...
  20. 1): Je dirais plutôt de la période 1895-1925. 2): Jamais supporté le mot et la chose. L'Etat a le droit d'organiser des hommages / célébrations mais ça présuppose que ce soit des choses respectables ou aimables. La notion de commémoration est absurde et mortificatrice. On n'a pas à "commémorer" Maurras ou Pétain, qui sont des traîtres et des ennemis de la République.
  21. Tu notes toi-même les divergences avec le léninisme (pas de doctrine claire, absence de la forme-parti, etc.). Quant à l'idée de renforcer le pouvoir du groupe, ce que j'appelle abolitionnisme de structures suivant Gio, comporte la définition de la liberté / du bien politique comme "davantage de pouvoir pour le groupe* opprimé" (ce qui a très court terme implique de retirer leurs droits aux "dominants"). C'est donc une notion plus précise me semble-t-il. *élément commun avec le communautarisme, qui en revanche n'implique ni l'idée que le groupe d'appartenance est nécessairement opprimé, ni celle qu'il faudrait ultimement le dissoudre avec le groupe oppresseur. Donc les points communs sont faibles. De plus le léninisme n'est qu'un marxisme parmi d'autre (certes mainstream), ce qui plaide encore contre l'expression de marxisme culturel. Bref.
  22. Oui, j'ai déjà assisté à un mariage chrétien. En l’occurrence ce que je conteste ce n'est pas l'éducation religieuse (je n'approuve pas non plus mais ce n'est pas le sujet) ; ce que je conteste c'est de décrire comme chrétiens* des enfants qui n'ont pas la maturité nécessaire pour juger et dont l'intérêt ne peut pas être aussi spontané que s'agissant d'adultes indépendants. Voir dans le fait qu'ils soient généralement jugés tels un élément suffisant est un sophisme ad populum. *Idem pour n'importe quelle autre doctrine religieuse, philosophique ou politique. Il n'y a pas d'enfants malebranchistes ou positivistes.
  23. C'est évident. Ce que je conteste c'est l'assignation identitaire: "si tu es chrétien, tu dois suivre le catéchisme". L'identité n'est pas une donnée, c'est un acquis. On ne peut être quelque chose qu'après le processus qui nous a rendu tel.
  24. Si on considère que la liberté, la compréhension, la sincérité et l'adéquation à un contenu de pensée ne sont pas nécessaires pour définir une appartenance authentique ou réelle, alors personne ne peut contester le libéralisme de Macron ou de H. de Lesquen. Le premier n'affirme-t-il pas que "le libéralisme est une valeur de la gauche" ? Le second n'appelle-t-il pas sa doctrine "national-libéralisme" ? Comme ce serait pointilleux et marginal d'exiger plus que des apparences !
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