Aller au contenu

Johnathan R. Razorback

Yabon Nonosse
  • Compteur de contenus

    11 906
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    46

Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Salut et bienvenue Ragnar Je pense que tu confonds religion et cléricalisme. En effet, lorsqu'une religion s'empare de l'appareil d'Etat ou influence ses décisions, cela provoque généralement le viol des droits d'autres individus, via des privilèges payés par l'impôt notamment. Et c'est le cas y compris dans notre République censément laïque. Sinon, comment as-tu découvert Ayn Rand ?
  2. Les lois du IIIème Reich devaient donc être respectables, vu le degré d'adhésion des allemands au régime. Hop, un point Godwin pour moi.
  3. Tu peux parfaitement vivre sans lave-linge ou vêtements, ça n'est pas un besoin. L'être humain n'a guère de besoins sinon l'air et la nourriture. Bien sûr ce n'est pas suffisant pour avoir une vie satisfaisante, c'est d'ailleurs pour cela que la perspective aristotélicienne et marxiste de fonder l'économie sur le besoin mène à la catastrophe.
  4. Il ne me semble pas avoir dit ça, mais si la question implicite est "trouves-tu qu'il serait préférable que l'extrême-gauche s'intéresse à Marx plutôt qu'à la french theory (en gros)", je dirais que ça me semblerait moins indigent intellectuellement (sur certains points), et plus dangereux politiquement. Marx avance une justification à son anticapitalisme (théorie de l'exploitation, toussa), qu'il prétend fondée sur une analyse économique. C'est censée expliquer la réalité (la crise, etc.). Les autres gugus n'apportent pas de motif plausible, ils sont dans le pur conformisme, la posture, l'antagonisme "existentiel" (cf l'avant dernier billet de Lordon ou le socialisme mystique du Comité invisible). Je trouve donc ça terriblement moins rationnel (et donc moins pardonnable). La modernité a produit aussi bien le libéralisme que le marxisme, mais le postmodernisme se pose en rupture avec tout cela. Pourquoi à tout prix ? Je suis plus intéressé à déterminer ce que Marx peut avoir de pertinent dans la mesure où j'ai adhéré à sa doctrine pendant un moment, mais ça n'a rien de désespéré. Si ça ne débouche sur rien, ce n'est pas dramatique, j'aurai juste perdu mon temps.
  5. C'est une variante de la croyance anticapitaliste selon laquelle la société de consommation n'existe qu'à cause de la publicité qui manipulent les désirs des masses (on en parle ici: https://www.liberaux.org/index.php/topic/53386-les-recettes-pompettes-hygiénisme-vodka/page-3#entry1391116). Pour que le peuple soit posé comme naturellement bon et hostile au "système", il faut poser en dehors de lui les causes de sa passivité. Les anticapitalistes de droite et gauche vont alors penser les masses comme endormies par les média et la publicité. Dans l'approche marxiste, la théorie est censée venir désaliéner les exploités en éveillant leur conscience de classe. Dans le fascisme, le peuple est perçu comme incapable de s'autogouverner, une élite est nécessaire pour stimuler le peuple à porter au pouvoir un leader qui par ses qualités surhumaines sera insensible à la corruption de l'Argent.
  6. Tu parles de l'efficacité de la propagande d'Etat, G. Marx parlait de la croyance, très répandue chez les anticapitalistes, selon laquelle les gens consomment des choses dont ils n'ont pas besoin parce qu'ils sont sous l'emprise de la publicité. Ce n'est pas exactement la même chose.
  7. Oui. Le contraire suppose qu'il n'y a pas d'unité du genre humain.
  8. Le mot important de la phrase est "intrinsèquement" (inherently). Ce qui revient à dire que respecter la loi n'est honorable que lorsque la loi est elle-même morale, que l'honorabilité ou la respectabilité ne correspondent pas à simple obéissance bornée à la loi.
  9. On recycle surtout des débris du passé. Signe supplémentaire de l'absence complète de créativité du mouvement. Le projet de Constitution populaire a déjà été lancé par Étienne Chouard en 2005, on peut pas dire que ce soit très innovant non plus. Et admettons qu'ils parviennent à s'entendre sur un quelconque texte constitutionnel, comment le rendre applicable sans un parti pour soumettre à la Nation cette proposition, hum ? Visiblement, cela ne les intéresse pas. Peut-être ont-ils des attentes messianiques du grand soir, auquel cas ils vont être déçus. "Le peuple n'est pas porté à s'engager dans une rébellion pour l'éclat théâtral de la chose." -William Hazlitt.
  10. Anti-intellectualisme est trop fort ; parlons plutôt d'anti-rationalisme. Il y a l'idée que le savoir n'est plus nécessaire pour se débarrasser de l'idéologie. Il n'est plus une pré-condition de la radicalité politique, ou un facteur décisif pour faire la Révolution (laquelle n'est plus toujours une perspective revendiquée). C'est le contraire du communisme orthodoxe ("pas d'action révolutionnaire sans théorie révolutionnaire" disait Lénine) et plus généralement du marxisme, qui est un rationalisme (ou plutôt un scientisme). Philosophiquement, ça passe en général par un rejet de Hegel (chez Deleuze et Althusser tout particulièrement), ce qui entraîne donc un rapport problématique à Marx (dont Foucault est probablement le plus éloigné). Il y a effectivement une affinité de cette mouvance avec l'anarchisme ou plus généralement les groupes "gauchistes". Pour ce qui est du rapport au libéralisme, hé bien, dans la mesure où il admet l'Etat, et où, suivant Mises, il est un rationalisme, il n'y a pas vraiment de points communs (n'en déplaise aux pourfendeurs des "libéraux-libertaires"). A la limite, il y a de commun une certaine valorisation de l'individu (ou plutôt, de la subjectivité) mais c'est terriblement lâche comme attache, et d'ailleurs ça vaut surtout pour Deleuze / Foucault et pas vraiment pour les autres.
  11. Il faut évaluer le marxisme (comme n'importe quoi d'autre) à l'aune de ce qui a existé avant, pendant et ensuite. Par exemple, trouve-t-on un équivalent du concept de mode de production dans l'économie politique classique ? Si non, alors on peut dire que Marx a produit au moins un concept utile. Et ainsi de suite. On peut parfaitement faire des emprunts limités chez des penseurs très différents et de qualité inégale, du moment que cela se justifie.
  12. Il n'est ni l'un ni l'autre, mais malgré ses envolées lyriques sur Roosevelt, il se situe plutôt dans une perspective anticapitaliste (donc marxienne) que régulationniste. Le salariat comme domination, ce n'est pas très keynésiano-compatible... « Les keynésiens ne se sont jamais préoccupés de transformer l’ordre des choses. » -Frédéric Lordon, aux rencontres Déconnomiques d'Aix en Provence, août 2011. Par ailleurs, Lordon ne cite pas Debord (à l'inverse d'Agamben par exemple). Dans une conférence, il explique que son cadre théorique spinoziste exclu la notion d'aliénation, fondamentale chez ce dernier (re-conceptualisé en spectacle). A mon avis, on a encore affaire ici à une lointaine conséquence de Mai 68 sur l'intelligentsia anticapitaliste, à savoir l'anti-intellectualisme (ou l'anti-théoricisme). S'il y a aliénation, il y a donc un sujet en surplomb (le Parti, l'intellectuel engagé à la Sartre, etc) qui dit à autrui qu'il est aliéné. Donc il y a une forme d'inégalité fondamentale liée à un savoir, et une possibilité de domination des sachants sur les non-sachants, que vont rejetter un paquet d'ex ou post-marxistes (Rancière, Foucault, Deleuze, Castoriadis, le dernier Althusser, Negri / Hardt, Philippe Coutant, sans doute aussi E. P. Thompson, etc.), en développant une forme d'anti-intellectualisme, avec comme corollaire la créativité rebelle intrinsèque de la Multitude, des "Sans-parts", etc.
  13. Je ne peux pas répondre à ta question parce qu'elle est binaire et n'invite pas à la nuance. Est-ce que tout est faux dans le marxisme ou chez Deleuze / Lordon ou whatever ? Sans doute que non. J'applique la méthode d'Aristote, qui consiste à se demander ce qui a pu être pensé dans le passé. Et une fois admis qu'il n'y a pas grand-chose à sauver là-dedans, est-ce impardonnable d'y adhérer, d'y avoir un jour adhéré ? J'éviterai d'être si définitif. En tout cas, pas plus (et même moins) que de "croire" au lepénisme, aux ovnis ou au millénium... Du reste j'aime beaucoup l'histoire des idées indépendamment du degré de pertinence des doctrines en elle-même. Je trouve ça utile, éclairant et même sain, intellectuellement parlant. On comprend mieux sa thèse en se confrontation à la thèse inverse.
  14. J'ai déjà évoqué le fait que chez Lordon et dans la théorie de la régulation en général, la valeur est appréhendée comme désir, d'une façon extrêmement proche du marginalisme. Il est fort possible que ce déplacement, très surprenant chez des auteurs d'extrême-gauche (anticapitalistes), trouve son origine dans la philosophie de Deleuze, lui aussi grand lecteur de Spinoza: (le passage suivant intéressera aussi les liborgiens qui ont a juste titre fait remarquer que les activistes de "Nuit debout" n'ont pas de doctrine, ignorent le marxisme, sont inefficaces, etc.) « S’il n’existe pas de contradictions, pas de luttes de classes porteuses de la perspective d’une autre formation économique et sociale, on ne peut qu’en rester encore et toujours aux flux, et à la seule alternative de les bloquer artificiellement ou de les libérer toujours davantage. La notion de déterritorialisation risque alors de se révéler, in fine et sur le terrain économique, synonyme de dérégulation et déréglementation, dont les effets n’ont rien d’émancipateur. Et pourtant, c’est ici même que ressurgit le terme de révolution, de façon stupéfiante une fois encore, mais tempéré par des points d’interrogation, qui le transforme surtout en doute radical : « Mais quelle voie révolutionnaire, y en a-t-il une ? – se retirer du marché mondial, comme Samir Amin le conseille aux pays du tiers-monde, dans un curieux renouvellement de la “solution économique” fasciste ? Ou bien aller en sens contraire ? C’est-à-dire aller encore plus loin dans le mouvement du marché, du décodage et de la déterritorialisation ? Car peut-être les flux ne sont pas encore assez déterritorialisés, pas assez décodés, du point de vue d’une théorie et d’une pratique des flux à haute teneur schizophrénique. Non pas se retirer du procès, mais aller plus loin, “accélérer le procès”, comme disait Nietzsche : en vérité, dans cette matière, nous n’avons encore rien vu » [Gilles Deleuze & Felix Guattari, L’Anti-Œdipe, p. 285] La prophétie finale, même parée de l’autorité censément hérétique de Nietzsche, a de quoi faire frémir ! Il est clair que ce n’est pas d’abord la pensée de Marx qui est mobilisé ici, et qu’on retrouve une ontologie du devenir bien plutôt référée à Nietzsche, référence par ailleurs plus précisément et continûment travaillée par Deleuze qui lui consacre un livre entier de commentaire savant. Mais surtout, à lire ces lignes, il est permis de se demander si la libération des flux ne rencontre pas, avant tout, les thématiques libérales les plus radicales et les plus anarchisantes, celles d’un Hayek notamment, et sans que Deleuze n’en dise quoi que ce soit de façon explicite, même s’il s’appuie expressément par endroits sur la théorie marginaliste des néo-classiques (sans s’interroger sur sa compatibilité avec les thèses marxiennes). » -Isabelle Garo, Deleuze, Marx et la Révolution : ce que rester marxiste veut dire.
  15. C'est juste une formule. Les gens qui vont rejoindre le mouvement de Macron l'auraient fait même si il avait défini "En Marche" comme un mouvement de droite (ou de gauche). Ils ont une adhésion à sa personnalité et à une attitude réformiste mal définie, plus qu'une volonté ferme de "dépasser les clivages" (ce qui serait plutôt une idéologie gaulliste ou démocrate-chrétienne à la Bayrou). Et je ne vois aucun avenir électoral à ce type de mouvement. Au mieux il pourrait disputer au PLD les 2/3 % d'électeurs déjà libéraux, mais je ne le vois pas du tout se structurer pour s'étendre et conquérir un plus vaste électorat. En revanche, il pourrait se fondre dans une majorité de centre-droit en 2017, ou dans un courant de centre-gauche si le PS explose à ce moment-là.
  16. Et après il traite le FN de "parti de la guerre civile"...
  17. Il n'est pas hostile à l'immigration: http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/09/07/25002-20150907ARTFIG00063-macron-l-arrivee-de-refugies-est-une-opportunite-economique.php C'est déjà ça.
  18. C'est un accessoire pour attirer les libéraux complexés et demi-libéraux du pays. Et qui excitera les gauchistes débiles sur le thème "vouloir dépasser droite et gauche, c'est être d'extrême-droite"...
  19. 1: Ignorance, tragédie des bonnes intentions, adhésion à des idées irréalistes (la déception mène à la colère et au côté Obscur). 2: Risque de manipulation / récupération par des groupuscules anarcho-trotskystes en manquent de piétaille pour la Révolution prolétarienne des émeutes de rues avec en marge de la récupération individuelle du pillage de magasins.
  20. Toutes les tenues sont acceptables, dès lors qu'il ne s'agit pas du voile, instrument évident d'oppression des femmes (mais on n'est pas islamophobe en disant, attention hein). En revanche, l'usage de cet instrument d'émancipation qu'est le bikini à des fins de profit mercantile est une aliénation capitaliste insupportable.
  21. On a plutôt affaire au sophisme de la masse de travail fixe: il existe une quantité finie de travail / d'emplois, elle est inférieur aux besoins de la population, il faut donc considérer le travail comme une ressource à rationner pour satisfaire tous le monde. Travaillons peu mais tous, en somme.
  22. La revendication d'abaissement de la durée légale du travail revient souvent. Auriez-vous un article / vidéo / autre expliquant pourquoi c'est une imbécilité ? Je ne trouve rien sur wikiberal.
  23. Mais aucun texte contemporain de l'exécution de Robespierre. Difficile de savoir si ce on-dit à un fondement historique.
  24. Moment de rire et de détente => http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-le-petit-journal/pid6515-le-petit-journal.html?vid=1380990
  25. Source ?
×
×
  • Créer...