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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. J'avais dit globalement... Ce n'est certes pas idéal mais, qu'est-ce qui est le plus démocratique: modifier la constitution avec un autre article que celui prévu pour la révision mais in fine en laissant le choix au peuple par référendum, ou bien faire approuver dans les règles par les parlementaires en 2007 un traité reconduisant des principes rejetés par un référendum deux ans avant ? Après je l'ai dis, je suis républicain, il faut des règles et des médiations institutionnelles pour réduire les risques inhérents au régime démocratique. Mais ce n'est pas parce que certains ont une conception plus schmitienne* de la démocratie qu'ils ne sont pas démocrates... * j'emploie l'adjectif à dessein car René Capitant était un lecteur de Schmitt.
  2. Lequel était un démocrate qui a sauvé la République d'une armée en voie de préparation d'un coup d'Etat militaire, hein (cf: la rébellion des forces déployées en Corse). De Gaulle a globalement respecté les procédures démocratiques (vote des pleins pouvoirs, approbation de la nouvelle constitution puis de l'Indépendance algérienne par référendum).
  3. Marion ne sera jamais candidate avant d'avoir pris les raines du parti. Donc on se tapera encore un tour de MLP (et peut-être même de Jean-Luc !!) le prochain coup. La France est un pays bloqué. En général c'est dans ces moments là que ça finit en révolution (ou en massacre inutile, selon comment les choses tournent).
  4. Encore un effort camarade :
  5. L'article du jour de @F. mas m'inspire pas mal de réflexions sur (entre autres) l'articulation de la morale et de la politique que je n'ai hélas pas le temps de mettre par écrit. Mais en remontant les chaînes de présuppositions je me dis qu'on ne peut pas éclaircir le sujet sans une réflexion préalable sur la relation du bien privé et du bien public, sujet tout à fait sous-travaillé (ou alors je n'ai pas eu le bonheur de tomber sur les bons textes). L'appellation même de bien public est soumise à variation significative: on parle de bien commun, d’intérêt général... Je préfères toutefois la première appellation qui n'a ni connotations théologiques ou rousseauistes, ni niveau d'application distinct. Par bien public j'entends le bien de la Cité ou de la communauté politique. Mais ça pose tout de suite de le problème de savoir s'il existe un pareil bien distinct (et distinct jusqu'à quel point ?) du bien des individus qui composent ladite cité. J'ai essayé d'imaginer la gamme des positions théoriques possible sur la question, en allant des plus "privatistes" (désolé pour le néologisme barbare) jusqu'aux plus "publicistes": Niveau 1: Le bien public n'est qu'un aspect du bien privé ; à proprement parler, il n'existe pas. Il n'y a que des biens privés, parler de bien public ne renvoie à rien sinon à la somme des biens individuels. Il me semble que cette position pourrait être attribué à Mandeville. Certes, le sous titre de La Fable des abeilles indique que les vices privés font le bien public. Mais il semble que ce bien ne soit que purement nominal, en réalité, la libération des vices favorisent le bonheur des individus particuliers et rien de plus. Il vaudrait alors mieux dire que les vices servent l'intérêt individuel. Mais ce ne serait alors plus des vices, le vice étant par définition un comportement qui me nuit à moi-même. Bref. Une variante serait proche de la position de Thrasymaque: le bien public n'est qu'un nom qui masque la poursuite de son égoïsme par l'élite au pouvoir. Niveau 2: Il existe des biens privés et un bien public, mais le bien public n'est un bien qu'en tant qu'il permet la réalisation des biens individuels. Le bien du tout est subordonné au bien des parties. C'est la position que je pense défendre et elle doit être sous-jacente à un certain nombre de classiques libéraux de philosophie politique. Niveau 3: Le(s) bien(s) privé(s) et le bien public existent mais n'ont aucun relation de surbordination au point de vue moral. Variante: ils existent tous les deux mais ont une importance morale égale. Niveau 4: Le(s) bien(s) privé(s) et le bien public existent mais le bien public prédomine sur le(s) bien(s) privé(s), car le tout est moralement supérieur aux parties qui le composent. C'est en gros la position d'Aristote et de Thomas d'Aquin. Probablement aussi de Rousseau et d'Arendt. Niveau 5: Le bien privé n'est qu'une illusion, seul le bien public existe. L'individu n'existe qu'au profit de la collectivité à laquelle il doit tout. Position holiste forte qu'on trouve dans la rhétorique totalitaire, mais aussi dans les doctrines de la Raison d'Etat et dans le conservatisme contre-révolutionnaire: « Maistre a à peu près la même attitude en considérant l'homme comme le rouage d'une machine [...] Si la société est tout, la loi est un absolu. Maistre n'hésite d'ailleurs pas à défendre l'indéfendable. La loi a toujours raison: si la loi punit de mort le vol d'un domestique, "il est coupable suivant la loi ; il est jugé suivant la loi ; il est envoyé à la mort selon la loi ; on ne lui fait aucun tort". La loi est absolutisée. Qu'elle puisse être bonne ou mauvaise n'intéresse pas Maistre. Aucun critère du bien ou du mal ne peut venir modifier la perception que l'on en a ou l'obéissance qu'on lui doit. Les réactionnaires se comportent bel et bien comme des modernes. Maurras ni aucun membre de l'Action française ne s'en est offusqué, ni même ne l'a relevé. » -François Huguenin, L'Action française. Une histoire intellectuelle, Perrin, coll. Tempus, 2011 (1998 pour la première édition), 686 pages, p.102.
  6. ça paraît le plus probable vu la nullité des oppositions. Mais le quinquennat n'est pas terminé.
  7. Il y a côté lourd et surchargé dans pas mal de ses œuvres, quand même. Plus les problèmes d'éclairage. Résultat, son Jupiter et Sémélé est laid. Par contre ça c'est raisonnablement joli: Hésiode et la Muse, 1891:
  8. Bouarf. Mettons alors que la ligne de fracture soit entre le réalisme classique et les autres.
  9. Là on a un vrai début de quelque chose, mais la netteté reste à désirer. Je confesse mes péchés, j'ai même commis ce billet dessus. Mais bon, si ça se trouve, mes intuitions philosophiques en esthétique sont erronées, et c'est le subjectivisme esthétique qui est vrai. Auquel cas il est absurde de se disputer là-dessus. Faisons donc comme si c'était le cas, ça m'évitera de commenter les machins sataniques que poste @Ultimex. Ah, très bien ça. Quelque uns de mes préférés: Phare napolitain, 1842 Peter I at the Red Hill, 1846 Battle of Chesma (25/26.06.1770), 1848: Stormy sea at night, 1849
  10. Celui-là je l'ai en reproduction dans ma chambre (on me l'a offert pour mon avant-dernier anniversaire), et les couleurs sont bien plus nettes et plus belles qu'au Vatican
  11. Au début j'avais titré de la peinture occidentale figurative. Puis je me suis dit: ils te connaissent trop bien, il est inévitable qu'ils viennent t'infliger des abominations impressionnistes / post-impressionnistes / expressionnistes / cubistes / art abstrait et autres abominations modernistes décadentes du 20ème siècle qui n'auraient jamais dû exister. (Mais c'était encore sous-estimer la perversité de certains: cette toile de Turner est dégueulasse, mon pauvre ami ! En plus on dirait qu'il y a un espèce d'oiseau à barbe au fond du brouillard en bas. WTF sérieux). Je me suis donc dit qu'à tout prendre, et dans un élan d' inclusivité résignation ouverture proprement héroïque, je pouvais encore choisir un titre un peu cohérent avec le trollage à venir. L'important ce n'est ce que le destin te fait, c'est que tu décides de faire avec ce que le destin te fait.
  12. Souvent le péquin moyen ne répond pas que c'est un mode de production / système économique, mais plutôt un état d'esprit (la faute à Weber ?), et il va utiliser "capitaliste" comme synonyme de cupide / avide...
  13. J'ai vu ça hier dans Scènes et doctrines du nationalisme, de Barrès. Faut faire des livres plus haut et large. Perso je suis un fanatique des notes de bas de page, c'est dur que je n'y consacre pas au moins 1/3 de la page. On me dit que c'est pas bien dans un travail universitaire dont je suis emm****.
  14. Ah oui, ça c'est particulièrement insupportable, surtout quand tu t'intéresses à la philosophie antique. Je crois que dans la thèse de Matheron sur Spinoza il y a aussi beaucoup de citations en latin non traduites... Même pour une langage étrangère vivante (hors anglais) c'est bien relou. En philo ils adorent te laisser des termes allemands non traduits, et parfois le passage entier vise à discuter du sens desdits termes o_o Arendt fait ça aussi régulièrement, mais on va dire qu'elle a l'excuse de dater un peu. Enfin ça et d'autres trucs, faut pas se plaindre que la philosophie ne soit pas grand public..
  15. Je ne sais pas comment tu fais pour extraire un sens de ce charabia. L'abstract est juste imbitable. Et pourtant j'ai de l'entraînement avec le théoricisme bulshit.
  16. Yep. Vive les romans !
  17. Moui enfin, combinée avec la thèse de la concentration industrielle capitalistique "inévitable" (le marché conduit à sa propre suppression monopolistique*), la collectivisation des "grands" moyens de production finit par concerner une bonne partie de l'économie. Sans parler des manuscrits de 1844 qui définissent la propriété privée en tant que telle comme une aliénation. Les bolcheviks faisaient du Marx pré- "coupure épistémologique" sans le savoir. * De manière amusante, l'ordo-libéralisme allemand (qui n'est pas sans influence sur le droit de la concurrence de l'UE) partage cette même prémisse.
  18. "Les personnes interrogées en France se soucient plus, à l'échelle de leur pays, du pouvoir d'achat (36%) et du chômage (27%) que de l'immigration." C'est ce que j'ai toujours dis. Tu endigues le chômage de masse, PAF le RN retourne à ses 5% de frustrés irrécupérables d'où il n'aurait jamais dû sortir. Les immigrés servent de boucs-émissaires à une frange de la population qui ne s'en sort pas économiquement, qui a l'impression que demain ça sera pire et que les responsables politiques s'en contrefichent. Rien de nouveau sous le soleil, on voit les mêmes tendances dans pleins de pays et d'époques différentes (la France des années 30, le mouvement Poujade lors de la modernisation accélérée des Trente glorieuses, etc.). (d'ailleurs @Rincevent: j'ai lu ce bouquin sur le Chinese Exclusion Act. Hé bien l'auteur considère que c'est avant tout une instrumentalisation politique démagogique par les élus nationaux d'une situation de crise due au contexte économique -pour résumer à la hache).
  19. Des kibboutz et de la religion d'Etat...
  20. Que voilà une idée originale. On pourrait même appeler ça le despotisme éclairé, pour vraiment marquer le coup.
  21. Pléonasme. La popularité du platonisme me surprendra toujours. Pourquoi ne pas passer directement au paganisme égyptien, au lieu de préférer la copie à l'original ? En plus ils ont un dieu-chat, niveau classe ça se pose là.
  22. La peur de l'indépendance recoupe plus ou moins la réponse 1. Une société libre est une société anti-collectiviste, c'est-à-dire une société où nul ne peut être sacrifié aux besoins (réels ou imaginaires) des autres. Or, si les autres n'ont aucun droit sur ma richesse ou à ma puissance de travail, ils ne m'en doivent pas davantage. Je ne peux donc compter que sur moi-même (et la rigueur sur la charité d'autrui si jamais je suis incapable de satisfaire mes besoins, incapable physiquement ou incapable parce qu'il n'y a aucune demande pour ce que je met sur le marché). Or beaucoup de gens ont visiblement peur de vivre uniquement par leurs propres efforts. Et ça n'inclut pas uniquement les vrais parasites sociaux (genre pseudo-philosophes universitaires) qui sentent obscurément au fond d'eux-mêmes qu'ils n'ont aucun envie voire aptitude à vivre en faisant l'effort d'échanger un travail demandé contre celui qu'ils demandent des autres. Il y a certainement beaucoup de gens qui pourraient, consciemment, se laisser convaincre par l'argumentaire libéral en faveur de l'indépendance et de la libre-concurrence, mais qui sont effrayés par l'idée que, même compétents et volontaires pour travailler, l'économie semble inapte à leur garantir du travail (n'oublions pas que le chômage de masse dure depuis des décennies en France). C'est pour ça qu'à mon avis, le facteur le plus important n'est pas à chercher du côté des frustrations mesquines ou d'idées un tant soit peu compliqué comme l'ascétisme, la dénonciation l' "exploitation", ou l'objection environnementale (dont les classes populaires et moyennes-inférieures se moquent globalement pas mal), mais dans la peur* de manquer de tout si on leur coupe les aides sociales / services publiques demain. C'est pour ça que je pense que la réforme du marché de l'emploi (libéralisation des professions réglementées inclue) est la priorité des priorités si un gouvernement libéral se constitue un jour en France. Une fois qu'une bonne partie des chômeurs aura de nouveau un boulot, ça réduira son goût pour la dépendance étatique et pour le soutien aux partis étatistes, et d'autres libéralisations pourront être mises en place (les fonctionnaires accepteront par exemple plus facilement des plans de transition vers des hôpitaux ou des écoles privés s'ils voient que le chômage est faible depuis un moment, que s'ils ont l'impression qu'ils risquent de finir au chômage s'ils ne sabotent pas rapidement ces dangereuses innovations. Idem pour l'agriculture: on ne peut pas couper les subventions faramineuses du jour au lendemain et mettre de facto des exploitations en faillite s'il n'y a pas d'abord des opportunités d'emplois existantes pour que les gens aient des chances honnêtes de se reconvertir -fût-ce en déménageant, etc.). * Le sentiment humain le plus puissant, comme dirait Hobbes
  23. Aaaah mes yeux, ça brûuuuule... « Valéry Giscard d’Estaing, chef de file des libéraux pendant plus de deux décennies, est lié par sa famille aux grandes affaires, aux affaires colonies par son père ou au groupe Schneider par sa femme. Parmi les grands libéraux des années Giscard, plusieurs sont issus des conseils d’administration, tel Michel d’Ornano, lié aux parfums Orlane, Jean-Pierre Fourcade, énarque et inspecteur des finances, président de la Société d’épargne immobilière, Jean François-Poncet, PDG des établissements Carnaud et Forges de Basse-Indre qui appartiennent au groupe de Wendel, et plusieurs autres, très nombreux dans le gouvernement Barre de 1976. » -Jean Garrigues, « Les libéraux français et la défense de l’autonomie patronale de 1870 à nos jours », Mélanges de l'école française de Rome, Année 2002, 114-2, pp. 731-743, p.735. Garrigues n'en est plus à une bêtise près, d'ailleurs dans le même article il dit que Paul Reynaud est un libéral. Pour le fun j'ai fais mes petites recherches et oh, que vois-je: « Devant le risque que les entreprises ne répercutent de manière trop sensible la hausse du coût du travail sur leurs prix de vente, le Front populaire avait adopté le 19 août 1936 une loi « tendant à réprimer la hausse injustifiée des prix » et instauré des comités de surveillance des prix chargés de veiller à son application. La portée de cette loi restait néanmoins assez limitée puisqu’elle ne concernait que les « denrées, objets et marchandises de première nécessité ». Surtout, elle ne s’accompagnait d’aucun véritable système de contrôle permettant de veiller à sa bonne application, les comités de surveillance des prix institués n’ayant que des moyens très limités (ils étaient composés de bénévoles, des fonctionnaires retraités, commissionnés par le préfet, dont le rôle se limitait à une simple constatation, sans pouvoir de sanction). À partir du 1er juillet 1937, le contrôle devenait plus rigoureux puisque les prix ne faisaient plus seulement l’objet d’une surveillance, mais étaient bloqués au niveau qu’ils avaient atteint à la date du 28 juin précédent. Après un assouplissement au cours de l’année 1938, le blocage des prix redevenait la règle avec un décret du 9 septembre 1939 lors du déclenchement de la guerre face à l’Allemagne. La mobilisation et le conflit créant nécessairement des tendances inflationnistes, notamment pour les produits alimentaires et les biens de consommation, le gouvernement Daladier, puis celui de Reynaud, décidaient d’adopter préventivement un système de blocage destiné à maintenir les prix à un niveau raisonnable afin d’éviter le phénomène de « vie chère » qui avait caractérisé le premier conflit mondial, provoquant une importante contestation sociale. Toute la législation des prix restait cependant quelque peu théorique, en l’absence d’une véritable institution de contrôle chargée de veiller à sa bonne application. Pour y remédier, Paul Reynaud, qui succède à Daladier le 22 mars 1940, souhaita créer un service spécialisé, avec des agents formés et compétents. Un décret du 20 mai 1940 institua ainsi un service de contrôle spécialisé, « chargé de veiller pour la durée des hostilités à l’application des dispositions relatives à la surveillance des prix, à la réglementation ou à la restriction de la consommation, à la déclaration et à la surveillance des stocks en matière de produits ». » -Fabrice Grenard, « L'administration du contrôle économique en France, 1940-1950 », Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2010/2 (n° 57-2), p. 132-158. DOI : 10.3917/rhmc.572.0132. URL : https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2010-2-page-132.htm Un type de droite factuellement plus efficacement étatiste que le Front populaire est donc "libéral"...
  24. Exact. Mais bon, il ne suffit d'être contre le christianisme / le kantisme / l'utilitarisme / le socialisme. Encore faut-il l'être pour de bonnes raisons. Et les raisons de Nietzsche ne sont pas convaincantes. Après ça reste un bon philosophe (c'est-à-dire quelqu'un qui se pose sérieusement des questions fondamentales et qui est capable de se remettre en question et d'abandonner complètement d'anciennes idées pour de nouvelles) et surtout un styliste absolument sublime. Edit: je t'ai grillé @Rincevent
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