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Johnathan R. Razorback

Yabon Nonosse
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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Bof. C'est peut-être (sûrement) une bonne chose pour la rentabilité financière de la structure et le service client, mais en terme de liberté, je soupçonne que la big picture est différente. Parce que si les gens se disent: "Macron a bradé un truc rentable à des copains qui avec se font plein de fric, le libéralisme c'est vraiment le règne de l'argent-roi, il faut que l'Etat reprenne la main", le gain de liberté à moyen terme risque fort d'être négatif. Encore une fois, les gens dont je parlais qui ragent sur la "privatisation" des autoroutes, ce sont des couples de classes moyennes dépolitisés, pas des militants communistes le couteau entre les dents. Dire que le crony est un pas dans le bon sens, c'est ignorer le risque du retour de bâton étatiste. Vous savez ce qui est arrivé en Russie avec la braderie des compagnies publiques au profit des oligarques ? Les gens ont appelé à cor et à cri un Etat fort pour servir l'intérêt général. Le résultat c'est 20 ans de poutinisme tranquille. Donc à défaut de s'opposer, le message libéral devrait être de souligner que seule des privatisations en bonne et due forme seraient avantageuses pour tous le monde (avec des enchères ouvertes au plus offrant).
  2. Billet de synthèse sur l'insoutenabilité financière de l'Etat-providence français, sur le pourquoi de cette insoutenabilité, et sur les conclusions qui s'imposent relativement à la médiocrité de nos gouvernements depuis 40 ans au moins: https://oratio-obscura.blogspot.com/2019/04/des-raisons-de-linsoutenable-quantite.html
  3. Je sais bien qu'il y a des contre-exemples et je ne dis pas que c'est une nécessité absolue mais... parti évoque partisan, évoque la dimension conflictuelle et existentielle de la politique... je me méfie des "grands rassemblements" unanimistes où les principes finissent par se dissoudre dans le pragmatisme électoral. Mettons que ce soit mon côté marxiste doctrinaire qui s'exprime Je note tout de même que les trois partis de gauche les plus importants du 20ème siècle (encore en activité de nos jours bien qu'insignifiants), le Parti radical, le Parti socialiste et le Parti communiste, s'appelaient tous partis. Ils ont eu une longévité exceptionnelle, n'ont (presque) jamais changé de noms*, et on peut vraiment dire qu'ils ont fait l'histoire de France. A l'inverse, qui se souvient des partis de droite (Alliance démocratique ou Fédération républicaine) ? Le RPF n'a jamais obtenu un seul ministre (à la différence des socialistes avant 1914), l'UMP est objectivement un échec vu qu'il n'a pas permis à la droite de gagner plus d'une législature ; quant aux républicains, l'avenir le dira mais ils semblent bien faibles et partis de bien bas. Et puis -je ne voudrais pas m'éviter d'être soupçonné d'auto-valorisation en tant qu'intellectuel-, toutes ces formations de droite semblent passablement peu consistante en matière idéologique. Pour moi ça forme un tout avec l’appellation partisane (et avec le fait d'avoir des militants, et d'être potentiellement un parti de masse) : on est le parti d'une idée ou d'une philosophie politique, alors qu'on est l' "Objectif France" de celui qui apporte les fonds, pour le moment où ça dure... Autre confirmation de mon raisonnement: comment s'est appelé le premier véritable parti de masses de droite en France (1 million d'adhérents environ) ? Le Parti social français. Et il avait un minimum de doctrine dont certains ont d'ailleurs profité ultérieurement. * Ils ont enlevé l'aspect international de la SFIO et de la SFIC, mais à l'échelle d'un seul siècle ça ne fait pas beaucoup de changements. Les partis de droite durent moins longtemps et changent de noms plus souvent. Il me semble que ça tient au fait qu'ils sont attachés à des personnalités ou à des conjonctures, ce qui les rend plus périssables. Comme dirait l'autre, on ne tue pas une idée.
  4. C'est une évolution possible -voire probable à moyen terme- mais je pense alors que le RN perdra des légèrement des voix car il se trouverait sur un créneau "poujadiste" quelque peu saturé vu que les LR sont encore (un peu) vivants.
  5. ça angoissait sans doute les intellectuels, parfois de manière qui a posteriori semble excessive. Mais est-ce que ça angoissait vraiment le citoyen lambda dans sa vie de tous les jours ? Le chômage, ne serait-ce que la peur de pouvoir s'y retrouver, est certainement une évolution qui pèse bien plus sur l'état d'esprit des gens. Je lisais un sondage de 2004 qui montrait que plus de 70% des interrogés avaient peur de finir SDF, ce qui est totalement irréaliste comme évolution, mais très révélateur sur la peur de l'avenir* des Français. * la peur de l'avenir n'est pas forcément incompatible avec un certain hédonisme (pour les classes sociales qui en ont les moyens). Il faudrait interroger la relation entre pessimisme et festivisme.
  6. Tu aurais pu prendre un modèle un peu plus sympa:
  7. C'est évident. Sauf que les générations présentes se comparent à leurs parents, pas à leurs grands-parents. Et elles extrapolent pour imaginer comment vivront leurs enfants.
  8. Il faudra voir comment évolue leur contenu (car on peut tout reprocher au PLD sur le plan stratégique et tactique, mais son programme était libéral), mais c'est pas très encourageant quand un parti politique ne s'appelle plus "parti" mais prend un nom moins explicite aux allures de think thank pro-business... Je ne connais pas les coulisses du PLD mais à mon avis ça traduit son affaiblissement et le besoin de fusionner avec une autre structure pour économiser des locaux / moyens, etc.
  9. 1): Quel est ton argument ? Tu soutiens que la préservation de soi est un comportement universel déterminé biologiquement, et que l'objectivisme serait faux parce qu'il prônerait un comportement que nous ne pouvons pas avoir / contraire à nos instincts ? 2): Bis repetita: dire que telle idée est aride n'est pas le commencement du début d'une preuve qu'elle est fausse. Tu fais comme si la légitimité du comportement collectiviste et du comportement religieux était évidente ; désolé mais non.
  10. Je relance ce fil car j'ai trouvé un article intéressant sur l'individualisme (qui certes ne traite pas du progressisme, mais consacre quelques remarques au communautarisme de type ethnique ; or les tendances communautaristes / multiculturalistes semblent une composante à part entière de l'idéologie progressiste, ou au minimum d'une certaine évolution de cette idéologie -ce n'était sans doute pas le cas sous la 3ème république ou durant la Progressive Era américaine): "Alain Touraine a déjà formulé l'hypothèse que la modernité dissout les anciens fondements de l'identité, qui étaient explicitement sociaux (le métier, la conviction religieuse, l'appartenance à une famille politique, l'appartenance de classe, voire l'appartenance régionale). Tous ces repères sont entrés en mouvement. Désormais la seule et unique base stable sur laquelle une identité puisse se fonder de façon durable est bien l'appartenance ethnique. Celle-là ne risque pas de changer ; autrement dit, non seulement je suis et resterai membre de la "communauté ethnique" qui est (devient) la mienne, mais -et c'est le plus important- les autres aussi ; je suis sûr que mes alliés, mes camarades seront les mêmes demain qu'aujourd'hui. C'est ainsi que l'universalisme de l'individualisme moderne peut -dans certaines conditions- se transformer en son contraire, c'est-à-dire le regroupement sur la base particulariste de l' "ethnie". On perçoit les dangers de cet état de choses si aucun lieu d'investissement psychique collectif ne vient transcender le mouvement aveugle, sourd et muet des marchés laissés à leur propre dynamique". Les étatistes de tendance jacobine / chevènementiste (genre Guilluy) déduisent de ces prémisses que seul un Etat-nation doublé d'un Etat-providence fort peut empêcher la société de se fragmenter en communautés ethniques rivales (voir le passage de l'article sur les lobbys)... Quant aux réactionnaires ou aux proudhoniens de droite façon de Benoist, ils concluent que l'égalisation des droits de la Révolution libérale française laisse l'individu diminue et crée une instabilité sociale qui rend indispensable l'Etat-providence (le libéralisme serait donc sa propre négation à moyen terme, parce que socialement insupportable. Ce qui n'est pas si loin de l'interprétation marxiste de la dynamique du capitalisme). Mais les deux formes d'antilibéralisme s'accordent* sur l'idée qu'il faut redonner à la société une cohérence que l'individualisme libéral a dissout: par en haut, par l'étatisme social pour ceux de gauche ; par en bas et par le séparatisme légal et culturel (ou ethnique, certains néo-droitiers "européens" se cachant moins qu'A de. Benoist) pour une certaine droite radicale (qui du coup voudrait trancher en faveur de l'autre terme de l'alternative ; le collectivisme à l'échelle communautaire, sans etat-nation et État-providence. J'ai déjà vu ce genre de point de vue exprimé sur Valeurs actuelles, avec l'idée qu'il faudrait laisser les musulmans être régis par leur propre droit). * ce faisant les choses ne sont pas très différentes que vers 1840, avec une gauche socialiste et une droite catholique légitimiste favorable à la restauration des corporations et au protectionnisme pour limiter le développement industriel et résoudre la question sociale.
  11. Idée à retenir pour l'entrée "évasion fiscale" J'annonce que je préempte la rédaction de l'entrée: "égalité des chances", ça me permettra de faire quelque chose de productif d'une lecture longue et pénible sur le sujet.
  12. ça confirme effectivement que les Français sont particulièrement pessimistes et/ou malheureux. Cela dit si on ne prend que le chômage comme critère (et ça revient régulièrement comme première préoccupation des Français dans divers sondages), c'est cohérent. La remarque de @L'affreux est aussi pertinente je pense. Dans une économie en croissance rapide, même si on part de très bas, c'est beaucoup plus facile de conclure que ses enfants vivront mieux. Rappelons aussi que les occidentaux se soucient beaucoup plus d'écologisme. Et que les variantes catastrophistes sont apparemment de plus en plus populaires. Difficile alors d'imaginer que ses enfants vivront mieux. Cela étant, ça ne semble pas une vraie cause car les travaux (passionnants) d'Hubert Billemont tendent à montrer que l'adhésion aux idées écologistes trahit la précarité sociale et/ou la frustration d'ascension sociale d'une fraction des classes cultivées moyennes-supérieures.
  13. Force est de constater qu'elles ne sont pas acceptées puisque, comme je disais, tous les gens que je connais considèrent qu'on leur a volé la vache à lait des autoroutes, que la "privatisation" n'a pas fait baisser les prix, etc.. Et certains politiques ont bien compris l'humeur de l'électorat puisque ça parlait de renationaliser les autoroutes pas plus tard que la semaine dernière, dans l'Émission politique, de la part de candidats aux élections européennes. Alors que lorsqu'il y a de la concurrence, ça passe manifestement mieux. Par exemple, maintenant qu'il y a les "cars Macron", je ne connais personne qui appelle à nationaliser le transport par cars (enfin sauf peut-être des syndicalistes de la SCNF, et encore).
  14. Encore une belle construction juridique que le monde entier nous envie. Mélanger le public et le privé pour une activité quelconque, ça craint et ça risque de tourner à corruption (au sens où des logiques par nature différentes se contrecarrent et donne un résultat inefficace car contre-nature). Et c'est particulièrement désastreux pour les entreprises industrielles ou commerciales, domaine où l'Etat met structurellement le bordel. Dernier exemple récent: la faillite d'Autolib'.
  15. C'est pas une preuve que plus de démocratie "directe" (tousse) serait forcément nuisible à la liberté. C'est symptomatique du fait que les Français, élus et citoyens compris, sont profondément étatistes. Mais ça on le savait déjà. Tous les gens que je connais veulent re-nationaliser les autoroutes. Impossible de leur faire entendre qu'elles ne sont pas vraiment privées d'ailleurs. C'est le problème de l'économie mixte: les vices flagrants du système sont attribués par les étatistes à la dimension privée des institutions (locations / entreprises / whatever), jamais au fait que les droits de propriété ne sont pas respectés à cause de la régulation étatique. Très rares sont de nos jours les communistes conscients de l'être, mais la majorité des gens va inconsciemment dans cette direction.
  16. Parler de démocratie directe est franchement discutable vu que c'est une proposition d'origine parlementaire. Et puis réunir 4.5 millions de signatures, je doute que ce soit si simple. Et puis tu râles à cause du contenu, mais c'est une bête procédure. Une opposition libérale pourrait aussi bien s'en servir pour essayer de faire avancer l'agenda libéral. Je ne vois pas où est le problème.
  17. Sans aller jusqu'à s'opposer, il faut faire preuve d'esprit de finesse comme dirait l'autre. Il a beaucoup de trucs en France qui sont présentés comme des privatisations et qui n'en sont pas. Il faudrait examiner de près les termes des appels d'offre et être les premiers à dénoncer le cronyisme gouvernemental lorsqu'il y en a. Le libéralisme a déjà une réputation exécrable alors si on veut faire émerger un parti un jour il ne faut pas qu'il se tape une étiquette d'affairisme puant style 3ème république...
  18. Si on veut être absolument rigoureux, il faut dire Dictionnaire des idées fausses les plus susceptibles d'engendrer des comportements et des lois liberticides. Mais c'est bien moins joli et concis. Sinon, on parle dans un autre fil de la loi alimentation, et je trouve une application de la soi-disant "agressivité commerciale" au niveau infra-national: on parle de "promotion agressive"...
  19. Après purgé le philosophe Denis Collin, la compagne de Lordon est à son tour purgée. La Révolution secte mange ses propres enfants.
  20. ça a l'inconvénient d'être plus long, et surtout, elles ne sont pas forcément "reçues". Il y a des gens qui absorbent plus ou moins sans examen des idées formulées par d'autres, mais il y a bien un individu ou un groupe qui au point de départ a fait apparaître telle idée dans un cadre théorique donné. Autant certaines idées peuvent avoir la spontanéité de l'ignorance (comme l'incompréhension du droit naturel -on m'a encore sorti récemment qu'il n'y a pas de droit naturel parce qu'il n'y a pas de droit chez les animaux...-), mais une idée comme celle de privilège blanc / masculin n'est manifestement pas spontanée (elles sont d'ailleurs d'autant plus historiquement situables qu'elles ne sont pas spontanées). De plus dire qu'une idée est une idée reçue sous-entend que celui qui a cette idée l'a accepté sans réfléchir ; or il se pourrait aussi bien qu'il y ait réfléchi et ne soit pas arrivé à la bonne conclusion. On ne peut pas le savoir (ou du moins on ne peut pas généraliser en avançant que l'idée n'a de popularité qu'en raison de la paresse intellectuelle de ses partisans).
  21. Qu'est-ce que ça veut dire ?
  22. 1): Si un acte est objectivement moral, ce n'est pas un sacrifice (en termes objectivistes), aussi extrêmes soient les dommages et les inconvénients pour moi. 2): Beaucoup de gens ici semblent penser que la survie de l'espèce ou de la collectivité politique serait des buts moraux premiers. Hélas les présupposés non démontrés ne font pas un argumentaire raisonnable.
  23. C'est marrant Bloy. D'ailleurs disant ça, je vois que certaines de mes préférences n'ont pas varié. Faudrait que je puisse lire un peu plus de Maistre et Péguy: « Les catholiques extrémistes sont les seuls qui me paraissent sympathiques, Léon Bloy notamment. » -Guy Debord, Lettre à Ricardo Paseyro, 12 avril 1994.
  24. J'ai l'impression qu'au lieu d'Etat / gouvernement, tu veux dire programme politique (parce que c'est s'occuper de ça, être purement dans le concret du politique. D'ailleurs on en parle ici). La théorie (philosophie politique) sur ce qu'est un Etat libéral est exposée dans les différents ouvrages de la tradition libérale. Chacun ici a ses préférences mais tu peux commencer par lire Le Libéralisme (1927), de Ludwig von Mises.
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