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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Résumé du passage de MLP dans L'émission politique (citations authentiques): Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux européennes: "Vos amis étrangers sont des nationalistes ultralibéraux !" Marine Le Pen: "Non, l'ultralibéralisme c'est vous !"
  2. Critique intéressante adressée à Arendt: "Cette compréhension de l'effondrement intellectuel et spirituel est suivie, dans le texte du Dr Arendt, de cette phase: "C'est la nature humaine en tant que telle qui est en jeu ; et même s'il semble que ces expériences ne réussissent pas à changer l'homme, mais seulement à le détruire [...] on ne devrait jamais perdre de vue les nécessaires limites d'une expérience qui requiert un contrôle global des résultats concluants". Quand j'ai lu cette phrase, j'ai eu du mal à en croire mes yeux. La "nature" est un concept philosophique ; il désigne ce qui identifie une chose comme étant une chose de telle sorte et pas d'une autre. Une "nature" ne peut pas être changée ou transformée. Un "changement de nature" est une contradiction dans les termes: toucher à la "nature" d'une chose signifie détruire cette chose. Concevoir l'idée d'un "changement de la nature" de l'homme (ou de quoi que ce soit d'autre) est un symptôme de l'effondrement intellectuel de la civilisation occidentale. L'auteur adopte en réalité l'idéologie immanentiste. Elle conserve son "ouverture d'esprit" pour ce qui concerne les atrocités totalitaires. Elle considère la question d'un "changement de nature" comme un sujet qui ne saurait être tranché que par "expérimentation" ; et puisque "l'expérimentation" n'a pas pu encore bénéficier des opportunités offertes par un laboratoire global, la question doit demeurer pour l'instant en suspens. Bien entendu, ces phrases du Dr Arendt ne doivent pas être interprétée comme une concession au totalitarisme au sens le plus restreint, c'est-à-dire comme une concession aux atrocités nationales-socialistes et communistes. Bien au contraire, elles reflètent une attitude typiquement libéral, progressiste, pragmatique, envers les problèmes philosophiques. [...] Cette attitude revêt, en effet, une importance d'ordre général en ce qu'elle révèle combien les positions libérales et totalitaires partagent de points communs ; l'immanentisme essentiel qui les unit l'emporte sur les différences d'ethos qui les séparent. La véritable ligne de partage dans la crise contemporaine ne passe pas entre les libéraux et les totalitaires, mais entre les partisans d'une transcendance philosophique ou religieuse d'un côté, et les adeptes sectaires de l'immanentisme, libéraux ou totalitaires, de l'autre." -Eric Voegelin, "The Origins of Totalitarianism", Review of Politics, janvier 1953, in Hannah Arendt, Les Origines du Totalitarisme - Eichmann à Jérusalem, Gallimard, coll. Quarto, 2002, 1615 pages, pp.958-966, p.964-965. Cela étant Voegelin est doublement abusif: tous les libéraux (et sans doute même tous les liberals) ne s'appuient certes pas sur un antinaturalisme. D'autre part une philosophie reposant sur l'analyse de la nature humaine ne présuppose pas nécessairement une métaphysique idéaliste ou religieuse, comme le prouve le matérialisme épicurien ou le matérialisme moderne d'Holbach (le marxisme tomberait en revanche tout à fait sous le coup de sa critique puisqu'il réduit, après Rousseau, l'humain a son historicité) -ou encore l'objectivisme.
  3. C'est pas une simple locution pour faire joli, c'est un principe méthodologique. Le temps que j'ai mis pour expliquer à ma mère pourquoi ma sœur et moi employons cette tournure quand on parle économie .
  4. C'est-à-dire ? ^^ Il y a un bon texte de Hayek, la postface de 1960 à La constitution de la liberté: Pourquoi je ne suis pas un conservateur.
  5. Les électeurs français sont attendus aux urnes le 26 mai prochain, près de 2 ans après l'élection du président de la République, pour des élections européennes qui seront d'autant plus un test politique pour le chef de l'Etat qu'il en a souhaité un smic pour les unir tous la nationalisation du mode de scrutin. Rappelons qu'aux dernières élections européennes (2014), feu le Front national était arrivé en tête avec 24 sièges sur les 74 disputés (ils ont depuis été portés à 79 pour cause de Brexit). J'apprends d'ailleurs qu'Hervé Juvin sera sur la liste du RN. Le parti de Marine Le Pen va-t-il rééditer son score ? La République en Marche va-t-elle confirmer son implantation ? Dupont-Aignan et Asselineau auront-ils leurs fauteuils confortables pour "dénoncer le système de l'intérieur" ? En l'absence de participation de son tribun, la FI recevra-t-elle une bonne claque dans les gencives ? Benoît Hamon, le PS et le parti de Wauquiez resurgiront-t-ils des abysses de l'insignifiance ? Le suspens promet d'être insoutenable !
  6. Votre débat présuppose que l'altruisme peut exister ; or c'est ce que nie, entre autres, la praxéologie. Voir aussi: https://en.wikipedia.org/wiki/Psychological_egoism
  7. Est-ce que quelqu'un l'a lu cet article, d'ailleurs ? Parce que j'ai lu que ce n'était pas une critique "libérale" de l'économie dirigée, mais une critique de certains aspects de cette politique comme nuisant dans la conjoncture de l'époque au nécessaire réarmement français.
  8. C'est quand même dingue ce pays, même sous la plume de chercheurs en science sociale, si on n'est pas un apologiste décidé de la planification, on est automatiquement qualifié de libéral... "Depuis la fin des années 70, le RPR a fait le choix du libéralisme." (p.27)
  9. Sans compter que le travail est un moyen de socialisation (rencontres, etc) et d'assimilation aux codes de la société (pour les étrangers). Le chômage, c'est l'exclusion sociale en plus du problème économique. Les collectivistes qui n'ont à la bouche que la nécessité de la "cohésion sociale" soutiennent des politiques qui détruisent les conditions économiques de ladite cohésion.
  10. Autant pour moi (mais ça ne fait que conformer que la différence entre l'aile gauche du conservatisme et l'aile droite de la social-démocratie est difficile à saisir). Par contre tu te trompes sur Aron, passé 46/47 c'était plutôt une figure du centre-droit (journaliste au Figaro, etc). Il a rejoint d'ailleurs le RPF. M. Marc Crapez a du reste jugé bon de nous rappeler bruyamment qu'Aron était passé à droite.
  11. Le cas de I. Berlin me semble parfaitement illustrer ce que je disais précédemment, à savoir que même les conservateurs-libéraux qui penchent vers le libéralisme comme Burke, ne seront jamais des libéraux. En termes d'alliance électorale je ne vois pas pourquoi ils seraient plus prédestinés à être nos alliés que, mettons, la frange la plus centriste de la social-démocratie: « La plupart des libéraux ne partagent pas l’une des prémisses fondamentales des positions libertariennes qui consiste à reconnaître aux individus des « droits absolus ». Pour Berlin, les individus n’ont pas un droit absolu à la liberté, et la volonté de promouvoir la liberté des uns peut impliquer de restreindre celle des autres. Mais surtout, la liberté n’est pas la seule fin que les hommes peuvent vouloir poursuivre, et des « compromis » doivent donc être trouvés avec leurs autres fins. Chez bon nombre de libéraux contemporains, des préoccupations relevant de la justice sociale ou de l’égalité viennent, par exemple, s’adjoindre à leur engagement en faveur de la liberté. Pour le dire à la manière de Berlin, elles les amènent à prendre en compte non seulement la liberté en son sens le plus propre, c’est-à-dire négatif, mais également les « conditions » qui permettent aux individus d’exercer effectivement leur liberté. Admettons, à titre d’exemple, que Revel soit sans domicile fixe. Citoyen d’une démocratie libérale, il peut tout à fait jouir de libertés négatives telles que la liberté d’expression ou la liberté d’association sans pour autant être en mesure d’exercer réellement ces libertés. Si rien n’entrave directement sa liberté d’exprimer, par exemple, ses réflexions sur sa condition par une lettre de lecteur dans la presse, il reste que Revel peut avoir perdu, ou même ne jamais avoir véritablement possédé, les capacités nécessaires pour tirer profit d’une telle possibilité. Aux yeux de libéraux de droite qui font peu de cas de valeurs telles que l’égalité ou la justice sociale, l’engagement en faveur de la liberté se limite pour l’essentiel à défendre la liberté négative des individus sans prendre véritablement en compte ses conditions d’exercice. Par contre, les libéraux de gauche et les socialistes libéraux [sic] considèrent que chaque individu devrait non seulement bénéficier d’une sphère de liberté inviolable mais aussi disposer de conditions minimales pour exercer cette liberté et réaliser les fins qu’il se choisit. Bien loin de défendre une conception strictement négative de la liberté indépendamment de toute préoccupation d’égalité et de justice sociale, Berlin (1969, section II) défendait d’ailleurs une position de cette nature. » (p.34) -Alain Boyer, Quels fondements éthiques pour quel libéralisme ? Critique et justification (malgré tout) du libéralisme moderne, Thèse de doctorat présentée à la Faculté des Lettres de l’Université de Fribourg (Suisse) Genève, août 2007. « De passage à Washington en 1945, [Isaiah Berlin] évoqua ainsi, dans sa correspondance, la diffusion américaine des thèses de "l'horrible Dr Hayek" -à propos de la version courte de La Route de la servitude*- ainsi que du "dinosaure" Mises, avant de noter que les deux économistes ultra-libéraux "font de la compétition pour l'âme de M. Hazlitt". » -Serge Audier, Néo-libéralisme(s). Une archéologie intellectuelle, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2012, 631 pages, p.304. * ouvrage qui était pourtant le plus "socialiste" d'Hayek.
  12. Des noms. Je pense pas être prétentieux en soutenant que c'est manifestement erroné.
  13. Tu as un doute sur l'antilibéralisme de Rousseau ?
  14. Tous les libéraux ne sont pas hayékiens hein.
  15. Dites, quand vous parlez d' "avoir étudié les religions", je présume que vous ne parlez pas de juste lire ce qu'ont produit les croyants ? (auquel cas j'ai lu les Pensées de Pascal et quelques autres trucs, mais je vois pas où serait la rationalité. Pascal a un raisonnement pré-sociologique: la foi vient APRES la pratique religieuse régulière. Difficile de ne pas voir alors le phénomène comme une tentative de rationaliser tous le temps perdu en génuflexions, confessions et processions diverses et variées). Donc c'est quoi "étudier les religions" ? Il y a plein d'explications à prétention scientifiques susceptibles d'épuiser le phénomène sans qu'il devienne rationnel (au sens de véridique) à aucun moment: -Explication spinoziste: les miracles ne sont qu'une incompréhension des phénomènes naturels. -Explication holbachienne / philosophie des lumières: ignorance des phénomènes naturels / volonté de contrôler imaginairement la nature hostile + volonté cynique de la caste sacerdotale d'exploiter économiquement la crédulité des masses et de donner au pouvoir politique un fondement incritiquable. -Explication feuerbachienne: Dieu n'est que la projection aliénée des capacités réelles de l'être humain. -Explication hégélienne de gauche: la religion sert la volonté d'un groupe social spécifique de se perpétuer en tant que distinct (d'où les interdits alimentaires et autres coutumes bizarres). -Explication marxiste: la religion est une idéologie qui sert de compensation à la misère sociale ; l'abolition de la seconde entraînera la disparition de la première. -Explication freudienne: Dieu comme intériorisation re-projetée de la figure bienveillance et autoritaire du Père. -Explication durkheimienne: le sacré correspond à une prise de conscience pré-scientifique de la capacité d'auto-affectation du corps social. -Richard Dawkins pointe quant à lui (entre autres) que la religion est en général inculquée aux enfants et que les croyances acquises dans l'enfance sont les moins susceptibles d'être analysées de manière critique ultérieurement (parce que plus chargées affectivement / liées au souvenir des parents et adultes auxquels l'enfant s'est identifié, etc.). Et j'en oublie.
  16. Voilà ce que je trouve dans ma boite mail: "La BIS présente... Les nouveautés des Éditions de la Sorbonne jeudi 14 mars 18-20 heures Anne-Laure Briatte, Éliane Gubin et Françoise Thébaud viendront présenter l'ouvrage qu'elles ont dirigé : L’Europe, une chance pour les femmes ? Le genre de la construction européenne. Dès l’entre-deux-guerres, des femmes militent aux côtés d’européistes convaincus. Animées par un ardent espoir pacifiste ou féministe, elles collaborent à ce qui a pu apparaître comme une utopie avant de se muer en une extraordinaire aventure."
  17. Ah bah du coup, @koyano, le passage sur la paupérisation absolue dont je parlais n'est pas en préface: "A mesure que diminue le nombre des potentats du capital* qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés. L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation." -Karl Marx, Le Capital, Livre I, 1867. * ça c'est la fameuse thèse (que certains marxistes brandissent encore aujourd'hui à chaque concentration industrielle) selon laquelle le marché, livré à lui-même, abouti à la disparition de la concurrence par concentration monopolistique croissante. Thèse démolie par Jean-Jacques Rosa.
  18. On parle un peu de Keonig dans les média car il propose de supprimer la réserve héréditaire.
  19. Tu mélanges tout. Les trotskystes sont des hitlériens infiltrés qui essayent d'empêcher la glorieuse révolution communiste mondiale à laquelle nous conduit le camarade Joseph.
  20. Crois-moi, tu ne remercieras plus tard Alors, pour bien faire, on va décomposer un peu la pensée de Marx (& Engels) [je ne maîtrise pas du tout les balises spoilers ]: -Sur la dimension religieuse du marxisme, le fait qu'il s'agit d'une philosophie de l'histoire (analogue au positivisme comtien), pas mal de critiques ont été formulé, l'idée essentielle étant que la certitude de Marx sur l'effondrement final du capitalisme et l'avènement du communisme comme stade final de l'histoire suppose tout simplement un type de connaissance démiurgique ou prophétique inaccessible à l'humanité. C'est la partie la plus faible du système et donc pas mal de gens se sont fait plaisir en tapant dessus (Alain de Benoist notamment). Tu as aussi les travaux de l'historien Norman Cohn sur les racines millénaristes des totalitarismes modernes. Jaurès a montré que le schéma marxiste reposait sur une projection dans l'histoire de la dialectique hégélienne elle-même d'essence chrétienne:
  21. Bienvenue @koyano. Comme toi, j'étais il y a quelques années un marxiste (de type libertaire ou "communiste de conseil"). Mais rassure-toi, on peut s'en sortir si on se donne la peine d'étudier sérieusement la philosophie (politique) et l'histoire des idées Je peux te recommander des lectures si tu es intéressé par la critique de Marx (n'hésites pas, j'ai lu à peu près tout ce qu'on a écrit sur le sujet ).
  22. Je ne vois pas vraiment quel serait le dissensus sur les fins. Marx et Bakounine appartenait à la même organisation (1ère internationale). Tous rêvent d'une société future, égalitaire, d'abondance matérielle, sans Etat, sans politique, et mondialisée (la nation étant réduite à une "idéologie de la bourgeoisie" ayant eu besoin de liguer le reste de la société contre l'Ancien Régime pour fusionner les marchés intérieurs). Les anarchistes ont tendance à raconter que Marx était centralisateur et autoritaire alors que eux, non. Ce faisant, on oublie beaucoup de choses: -le Manifeste était un texte de commande, en déduire que Marx était parfaitement convaincu par les "méthodes de transition" prônées dans la dernière partie est douteux. De plus, il est mort plus de 30 ans après avoir co-rédigé le Manifeste, et ses vues sur l'Etat laissent assez bien voir une défiance de plus en plus prononcée (cf les textes sur la Commune). -A la fin de sa vie, Bakounine prônait une révolution organisée par un petit nombre de révolutionnaires professionnels, avec une violence qui n'a rien a envier à Lénine. Marx et Engels n'ont jamais caché que la révolution communiste serait très certainement violente (ce qui ne les empêchait pas d'admettre la participation aux élections, à la différence des anarchistes), mais ça reste une idée relativement indéterminée. On a souvent l'impression que les anarchistes n'ont pas lu Marx & Engels. Ils projettent sur eux les positions des militants guesdistes puis des bolcheviks, qui prônent effectivement une dictature du parti révolutionnaire et l'usage de l'Etat pour "vaincre la réaction". Est-ce que Marx aurait approuvé ces modes d'actions ? On ne le saura jamais.
  23. L'anarcho-communisme est cohérent. Et d'ailleurs, bien que les anarcho-communistes soient historiquement des disciples de Bakounine ou Kropotkine, ils pourraient (et certains se sont) réclamés de Marx, vu que 1): l'Etat est conceptualisé par Marx comme la conséquence de la formation historique des classes et du rapport d'exploitation entre elles ; 2): le communisme imaginé par Marx est une société désétatisé et dépolitisé.
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