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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. Pensée du jour: Il n’est ni souhaitable ni même réellement possible de fonder la société sur le seul mérite (c’est-à-dire l’effort personnel), car cela supposerai l’égalité des chances, c’est-à-dire un périodique nivellement des ressources économiques, culturelles et même relationnelles, pour laisser le seul effort individuel déterminer le rang social. Il est évident que même le pire déchaînement de violence politique suffirait à peine à instaurer, même un moment, ladite égalité des chances. Moralité : ne demandons pas que le mérite soit récompensé, demandons à ce que soit récompensé le talent (c'est-à-dire un pur résultat objectif) et qu’il le soit par sa libre reconnaissance par les individus échangeant.
  2. Bouh, la vilaine mondialisation économique...
  3. Tiens, un philosophe libéral français que Wikiberal ne connaît pas: https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Ruyer#L’Éloge_de_la_société_de_consommation https://www.persee.fr/doc/homso_0018-4306_1970_num_16_1_1310
  4. C'est une chose réconfortante de voir que Jean-Jacques Rosa a tout de même quelques lecteurs: https://www.contrepoints.org/2019/03/04/338544-leuro-a-t-il-appauvri-les-francais
  5. L'antilibéralisme des milieux économiques français...
  6. https://www.google.com/search?q=Ernst+Jünger,+Aphorismes&client=firefox-b-d&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwj-6cyK0OjgAhVSRBoKHVDQAq0Q_AUIDigB&biw=1366&bih=621#imgrc=B0gUZ24yKLFUrM Sinon, quel rebelle ce Aron. Il se permet d'envoyer balader Bergson l'air de rien en passant: « La Pensée serait à l'origine, bien que la pensée humaine ne se manifeste qu'au terme du mouvement. Car celui-ci tout entier serait la manifestation d'un élan créateur, d'essence spirituelle, qui dans l'homme atteindrait à la lucidité. [...] Solution [idéaliste] à la fois facile et vague. [...] Certes, lorsque l'on dispose d'un élan spirituel, capable de créer, d'innover subitement, peu importe l'hétérogénéité des êtres rapprochés dans une série évolutive. La continuité est alors aussi facile à affirmer que difficile à démontrer et impossible à réfuter. Pour la science positive, la continuité véritable impliquerait la réduction du supérieur à l'inférieur, ou du moins l'explication de celui-là par celui-ci. Or le mécanisme de l'évolution des espèces nous reste mystérieux, nous ne comprenons pas davantage le surgissement de la vie à partir du non-vivant. Pas davantage la naissance de l'homme ou de l'intelligence. Dans ces conditions, même si l'on admet le fait de la succession, la vision historique n'impose ni n'implique aucune conséquence philosophique. Chacun a le droit d'interpréter le passé dont nous recueillons les traces et fixons les moments. » -Raymond Aron, Introduction à la philosophie de l'histoire. Essai sur les limites de l'objectivité historique, Gallimard, 1986 (1938 pour la première édition), 521 pages, p.41.
  7. Je serais tenté de soutenir que les choses de ce genre n'existent pas, car ce serait des actions contradictoires avec la nature de l'action (si on admet par ailleurs l'eudémonisme moral): "Action is an attempt to substitute a more satisfactory state of affairs for a less satisfactory one." (Mises, Human Action, p.97). Si on définit la morale comme les règles qui doivent règler notre conduite, et si l'action a bien une structure téléologique vers le bonheur individuel (comme le dit Aristote, et comme le pensait Épicure et Mises), alors le bonheur de l'agent est le bien moral ; or, il est alors contradictoire de soutenir que je pourrais vouloir lucidement ce que je sais devoir être mauvais pour moi, car agir n'est pas viser à empirer ma situation. Donc je ne peux agir de façon immorale qu'en raison d'une erreur intellectuelle mais non d'une errance de ma volonté, car ma volonté est pré-ordonnée à une finalité qui relève de ma nature. Idée éminemment socratique puisque Socrate a été le premier à soutenir qu'on ne fait jamais le mal que par ignorance. Aristote soutient aussi que toute action vise la réalisation d'un certain bien, ce qui semble impliquer qu'on ne puisse pas vouloir produire un état de chose pire que la situation antérieure à l'action. Après peut-être que j'interprète mal Socrate et Aristote. Et évidemment Ayn Rand ne serait pas d'accord avec une psychologie de ce genre, elle serait pour le coup augustinienne (c.a.d.: le mal ne survient pas uniquement d'un écart entre le bien imaginé et le bien réel, mais peut provenir d'un écart entre la connaissance du bien réel et la volonté de la réaliser. Pour les uns on peut agir de façon totalement lucide, "en conscience", contre ce qui est bien, et pour les autres non). Tout dépend au final de savoir qui a interprété correctement la nature humaine, et si une action non-égoïste est possible. Si elle n'est pas possible, je ne peux mal agir que parce mon égoïsme ne sait pas quels sont les objets ou les fins intermédiaires qu'il doit poursuivre.
  8. Aucun souci, si tu n'aimes pas l'auteur des Pensées je te met du SdA:
  9. Non mais @Mégille, déprime-pas, je te trollais avec cette citation de Pascal. Tu sais bien que le christianisme est un problème d'hygiène de vie, comme disait l'auteur d'Ecce Homo. Tu m'as l'air de beaucoup trop te soucier de ce que les gens pensent de toi. Profite de la vie, sors de chez toi, fait de nouvelles expériences. Tire un coup le 06 de cette domina si elle te tente. Honnêtement c'est ce que je ferais si j'étais à ta place (et si j'étais assez motivé pour suivre mes propres bons conseils. Comme disait St Augustin, je sais le bien mais ma volonté échoue à l'accomplir :p ).
  10. Je confirme, je reviens de Bruxelles et c'est absolument pas possible d'appliquer l'option rattachiste. Les niveaux de civilisations entre les 2 pays sont beaucoup trop inégaux. Rendez-vous compte, il n'y a pas de verrous dans leurs WC !!! (On me dit que c'est pareil en Espagne au Royaume-Uni. Ma sympathie pour lui en prend un coup).
  11. « Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. » -Blaise Pascal.
  12. 1): Je doute de ton libéralisme. 2): Malheureusement je n'ai pas (encore) le bouquin où il donne la construction de son modèle: "La véritable fracture n'oppose pas les urbains aux ruraux mais les territoires les plus dynamiques à la France des fragilités sociales." "Dans cette définition, l'espace métropolitain comprend de l'ordre de 2650 communes, soit 10% des communes françaises mais qui concentrent près de 40% de l'ensemble de la population. La "France périphérique" comprend près de 34 000 communes (90%) et regroupe 61% de la population." "Liste des indicateurs utilisés pour le calcul de l'indice de fragilité. 7 indicateurs "en stock" Ouvriers / population active (moyenne: 23.6%) [...] Employés et ouvriers / population active (moyenne: 52.9%) [...] Temps partiel (moyenne: 17%) [...] Emploi précaire (moyenne: 11%) [...] Chômeurs (moyenne: 12%) [...] Propriétaires occupants précaires (1er quartile des PO < 15 639 euros) [...] Revenus (inf à 18 749 euros) [...] 1 indicateur en "dynamique" Évolution de la part des ouvriers-employés entre 1999 et 2010." -Christophe Guilluy, La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires, Paris, Flammarion, coll. Champ.actuel, 2015 (2014 pour la 1ère édition), 185 pages.
  13. Ah non, je trouve ça amusant et créatif pour une fois.
  14. 1): Des prolétaires en somme. 2): Pouvoir d'achat, rejet de l'hygiénisme et des taxes sur le tabac, manipulation de la volonté d'égalité en dénonçant la redistribution inversée et les avantages indues d'une partie des élites via le capitalisme de connivence... Il faut être inventif. 3): Les campagnes peut-être mais la France périphérique définie par Guilluy comporte 60% de la population française et les zones à la démographie la plus dynamique.
  15. Immigration ou redistribution ?: https://amp.lefigaro.fr/vox/economie/2019/02/26/31007-20190226ARTFIG00189-redistribution-ou-immigration-et-si-la-gauche-devait-choisir.php
  16. TIL qu'Adam Smith avait lu Locke était propriétariste: « La plus sacrée et la plus inviolable de toutes les propriétés est celle de son propre travail, parce qu’elle est la source originaire de toutes les autres propriétés. Le patrimoine du pauvre est dans sa force et dans l’adresse de ses mains ; et l’empêcher d’employer cette force et cette adresse de la manière qu’il juge la plus convenable, tant qu’il ne porte de dommage à personne, est une violation manifeste de cette propriété primitive. » -Adam Smith, La Richesse des nations, tome 1, trad. G. Garnier, Paris, GF, 1991, p.198.
  17. Mon livre de chevet actuel cite le marxiste Abensour avec ferveur, je soupçonne donc que le lien soit là. Quant à Tocqueville, c'est de mieux en mieux, ou plutôt de pire en pire: "[Tocqueville] constate en effet que l'aristocratie, "chassée de la société politique", peut fort bien se retirer "dans certaines parties du monde industriel" et y établir "sous une autre forme son empire" [De la démocratie en Amérique, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1961, I, vol.2, p.199]. [...] L'intuition tocquevillienne, avec une justesse encore une fois proprement déconcertante, s'énonce ainsi: "de ce côté que les amis de la démocratie doivent sans cesse tourner avec inquiétude leurs regards ; car, si jamais l'inégalité permanente des conditions et l'aristocratie pénètrent de nouveau dans le monde, on peut prédire qu'elles y entreront par cette porte" [ibid, p.167]. Dès les premières phases de l'invention démocratique, Tocqueville identifie donc parfaitement [...] un ensemble de problèmes distincts de ceux qui participent de sa critique de la démocratie despotique. Une poursuite de l'égalité réelle peut effectivement conduire à la constitution d'un Etat paternaliste, omniprésent et tout-puissant, selon une logique dont les effets ne peuvent être que liberticides. Mais la non-prise en compte du problème des inégalités réelles peut aussi provoquer une corruption interne de la dynamique démocratique, par la constitution de hiérarchies nouvelles ou par la transfiguration de hiérarchies plus anciennes. Nous comprenons alors en quel sens il est possible de dire des libertés économiques qu'elles rendent problématique l'exercice des libertés politiques." (Patrick Savidan, Repenser l'égalité des chances, Paris, Hachette, coll. « Hachette littératures/Pluriel », 13 janvier 2010 (1re éd. 2007), 327 pages, p.40-41)
  18. C'est bien À rebours ? J'ai rien contre le genre aphoristique cela dit. Mais c'est dur à faire. Le petit livre d'Ernest Jünger qui porte là-dessus n'est pas très réussi. Les meilleurs que j'ai lu sont chez La Rochefoucauld ou Nietzsche.
  19. On doit pas avoir la même définition de la nudité o_O
  20. 1): C'est pas parce que je le cites que je suis un aficionado . C'est assez facile à déceler ceci dit. 2): Je suis à la page 67. Il y a une ou deux idées intéressantes, ou qui pourraient le devenir le jour où on mettra une argumentation autour. J'ai aussi un peu lu La France baroque et d'autres de ses livres. Mais ils sont souvent très obscurs. Le Bréviaire du chaos est très sympa si on le lit au second degré comme une parodie de textes apocalyptiques. D'une manière générale, on dirait du Cioran. Ce n'est ni particulièrement beau ni particulièrement nourrissant pour la réflexion. J'ai dû lire un tiers des œuvres de Cioran et ne noter que quelques pages d'aphorismes. Sans vouloir être méchant, les deux font un peu du sous-Nietzsche (Caraco se compare à Nietzsche et Cioran est manifestement nietzschéen). Ce qui est toujours mieux que le nietzschéisme de carnaval de gauche, qui lui se prétend autre chose que de la littérature. Depuis que le goût de Guy Debord m'est passé, idem du goût pour les assertions. Il y a beaucoup de choses qu'on ne peut guère plus lire après ça.
  21. Quelques éléments de réflexions (on ne peut pas dire que les philosophes soient parvenus à un consensus): Je retiens surtout que le "propre de l'homme" semble tout à fait irréductible à un seul élément, du coup le problème n'est pas insoluble mais juste mal posé au départ.
  22. Il y a un côté autistique dans l'essai de philosophie politique que j'entame. L'auteur semble convaincu que le monde entier communie dans la reconnaissance de la validité du collectivisme, et il se propose de trouver la meilleure formulation (rawlsienne) de cette évidence: "Il ne s'agit pas de prétendre qu'il en finir avec l'égalité des chances. Celle-ci est si profondément ancrée dans l'expérience moderne qu'il faudrait pour cela que nous cessions d'être nous-mêmes. En revanche, voyons s'il n'est pas possible et souhaitable de donner à cette "égalité des chances" la définition plus sociale, plus solidariste, qui pourrait en faire une forme d'égalitarisme soutenable." -Patrick Savidan, Repenser l'égalité des chances, Paris, Hachette, coll. « Hachette littératures/Pluriel », 13 janvier 2010 (1re éd. 2007), 327 pages, p.25.
  23. 1): Parce que tous les citoyens ont droit à une égale liberté, ce qui inclut une égale sécurité, ce qui inclut que soient réprimés les incitations à les tuer. C'est à toi de nous expliquer pourquoi "morts aux roux !" devrait entraîner des poursuites pénales et pas "morts aux Juifs !" (ou inversement). 2): Déjà répondu: l'autorité ou l'influence du coupable peut être mobilisé comme circonstance aggravante dans la détermination de la peine, mais ça ne peut pas créer une peine pour certains et pas pour d'autres.
  24. La culpabilisation est une arme sans pareille pour contrôler autrui. Le pourquoi suppose des connaissances en psychologie que je n'ai pas. Autre facteur d'inertie politico-morale: le conformisme. La plupart des gens ne peuvent tout simplement pas supporter de ne pas avoir une opinion réglée sur celle de la majorité. Ayn Rand parle quelque part de guidance cognitive en fonction du troupeau. Et beaucoup d'hommes politiques tiennent ouvertement le sophisme ad populum pour un argument valide.
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