Je suis totalement d'accord avec ça, tout en reprenant deux choses de ce que j'ai dit (mais pas assez développé) plus haut pour me rendre plus clair.
Ce que je retiens de l'"hédonisme sécuritaire", c'est qu'il s'agit d'une traduction idéologique de positions sociales et matérielles bien précises, et que ces positions se reflètent dans l'offre politique : en France, les partis de gouvernement sont les partis de ceux qui bénéficient au maximum des prestations diverses de l'Etat providence (les 60 pour cent de personnes qui votent pour leurs intérêts dont tu parles). C'est pour ça que j'élargis le concept de sécurité à la sécurité économique : les plateformes politiques reflètent les intérêts rationalisés des électeurs.
La limite de la coalition de geeks, qui après tout est une stratégie comme une autre, et qui rejoint un peu ce que je disais à propos des outsiders (les jeunes qui ne bénéficient pas au même titre que leurs aînés de l'Etat providence et qui font l'expérience de son déclin comme public potentiel) me semble comparable à celle des partis pirates : la marge de progression dans des pays comme la France passe par un élargissement vers des segments de population susceptibles de trouver le message libéral audible (en gros secteur privé, plus jeune, en rupture avec l'idéologie de gauche étatique et surtout, qui se sent concerné par la politique). Diffuser, naturaliser le discours libéral, en faire l'histoire disponible pour les générations qui ne se retrouvent plus dans le modèle politique français -ou belge - faciliterait à mon avis la cristallisation de cette minorité de blocage en son sein. Et j'ai l'impression qu'en France, pas nécessairement en Belgique, cette diffusion est beaucoup plus envisageable à droite qu'à gauche.
Mais je répète que je suis totalement d'accord avec toi, l'idée de couper court avec le déclinisme, qui est jusqu'à présent le discours que les libéraux ont en commun avec la droite, me paraît digne d'être creusée.