C'est bien le problème démocratique : les groupes organisés imposent leur volonté plus facilement que la grande majorité désorganisée. Seulement deux choses : la première touche aux groupes écoutés. Les clientèles du ps ne sont pas celles de l'ump, et malgré les velléités de constitution d'un groupe organisé autour de la manif pour tous, groupe qui jusqu'à présent n'existait pas pour des raisons historiques et politiques bien connues, il n'y a aucune raison pour que le gouvernement le prenne en compte, c'est à dire change sa décision, parce que de toute façon, il ne peut pas espérer récupérer ce groupe particulier pour faire grossir sa propre coalition.
Il ne faut pas exagérer la puissance politique de ces groupes : les relais associatifs et le maillage de solidarité qui sont en train de se révéler par voie de presse se sont constitués en dehors de sa sphère d'influence, encore une fois, pour des raisons historiques touchant à l'idéologie même du régime républicain, qui a passé son existence à amoindrir et diviser le groupe social qui fournit le gros des troupes de la MPT. La démonstration de force devient d'ailleurs politique dans son adresse aux autres gouvernés, et non aux gouvernants qui n'ont jamais envisagé de revenir sur l'une des seules mesures susceptibles de les identifier comme degauche pourleprogrès.
En d'autres termes, ce groupe n'est pas comparable aux fonctionnaires et aux administrations publics, parce qu'il est hors jeu politique. Il n'a pas de relais et de levier assez puissants pour pousser ses pions. Il suffit de voir les réactions des politiciens de droite au mouvement : Guiano (ahah) les soutient à fond jusqu'au moment du vote ou "il se trompe de bouton", histoire de pouvoir dire dans 5 ans en fait j'ai voté pour en toute conscience.
Comme d'hab, quelque soit la politique suivie au sommet de l'Etat, les gagnants en profiteront sur le dos des perdants qu'on continuera à tondre jusqu'à ce que la situation s'inverse. Le problème est le marchandage démocratique, et non la manifestation pour tous. Comme la décision en démocratie est majoritaire (non unanime), qu'elle favorise l'action collective des petits groupes, que ces petits groupes ont intérêt à ce que la majorité reste désorganisée et suffisamment stupide pour permettre le transfert des biens (le miracle des coûts dispersés et des bénéfices concentrés, etc), l'ensemble du marché politique est nocif (et explique d'ailleurs assez bien je trouve les attitudes et les réactions des politiciens et des hommes d'Etat contemporains, en tout cas beaucoup mieux que les considérations purement idéologiques).