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F. mas

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Tout ce qui a été posté par F. mas

  1. Un article intéressant qui déboite l'accusation de "néolibéralisme" (avec une connotation péjorative) portée par la gauche contre Friedman et Hayek https://fee.org/articles/neoliberalism-the-left-s-eternal-boogeyman/
  2. F. mas

    Qui est Ben Garrison ?

    Il n'est pas le seul.
  3. Je me demande si le rat est à jour de ses vaccins.
  4. tu as peut-être tout simplement une tête de fromage.
  5. Arg... Soyez gentils avec les secrétaires de rédaction... 36 notes de bas de page !
  6. Pfff. Moi j'aime bien Le Touquet (et Hardelot).
  7. F. mas

    Top ringardos

    Quoi ??? Martin Dupont et The who ici !? Scandale !
  8. https://fr.wikipedia.org/wiki/Roche_Tarp%C3%A9ienne
  9. C'est un extrait d'"Après la Vertu" d'A McIntyre.
  10. Excellent Nick ! Merci
  11. Ce dernier article est particulièrement intéressant ! c'est une bombe !
  12. Oui : c'est d'ailleurs la vie des idées qui m'a donné envie de le lire, et je n'ai pas été déçu. L'autre, c'est sans doute en lisant un compte rendu dans Contrepoints.
  13. Je viens de lire deux livres très intéressants, qui adoptent tous les deux une démarche "institutionnaliste" en économie pour traiter du même sujet, le capitalisme. Le premier est Prospérité, puissance et pauvreté, Pourquoi certains pays réussissent mieux que d'autres, de Acemoglu et Robinson (le livre a fait un peu de bruit à sa sortie) : l'idée est de montrer que la clef du développement et de la prospérité repose sur des institutions politiques (inclusives) qui incitent les individus à s'enrichir et s'autonomiser politiquement (grâce aux droits de propriété, à un certain degré de centralisation étatique, etc). Les auteurs opposent à ces institutions des institutions extractives, qui, en gros, sont synonymes de rente économique pour une fraction minoritaire de la population. Grâce à cette grille de lecture, les auteurs jugent un certain nombre de régimes présents ou passés pour expliquer leur échec ou leur triomphe. Le second est Conceptualizing Capitalism, de Geoffrey Hodgson. Comme son titre l'indique, l'ambition du livre est de donner une définition claire du capitalisme. Inspiré à la fois par Marx, Schumpeter et Hayek, l'auteur fait du coeur des institutions légales la spécificité du capitalisme. Sa démarche n'est pas sans rappeler celle de Hernando de Soto et son mystère du capital : la rupture du capitalisme repose essentiellement dans les procédures juridiques qui garantissent la propriété et la possibilité de la faire fructifier (à travers un Etat protecteur du droit). Il y a un passage critique très intéressant sur le "libéralisme de l'ordre spontané" et la différence entre droit et convention/coutume (la coutume n'est pas le droit). L'auteur a pris la peine de critiquer de manière argumentée des auteurs qu'il a lu (Hayek, Benson). Un autre adressé en particulier à l'école autrichienne (Mises, Bohm Baverk) relève leur propension à naturaliser la propriété (et donc ne pas percevoir la rupture entre société capitaliste et précapitaliste). Bref de quoi réfléchir un peu.
  14. F. mas

    Supa Playlist!

  15. Excellent, merci Rusty !
  16. Le terme renvoie à un champ de recherches complet en science politique, mais il faut dire qu'une partie non négligeable de ce champ de recherches est occupé à le définir. Dès qu'on écarte les définitions vulgaires (néolibéralisme = tout ce que je n'aime pas), il y a quelques auteurs qui surnagent et qui me paraissent intéressants pour trouver ce qu'il a de nouveau dans le libéralisme contemporain (avec, bien entendu, des réserves et bien souvent des approximations). Le portrait est souvent à charge, mais on retrouve dans l'histoire du libéralisme politique (notamment au moment du colloque Lippman) des tentatives de définitions de néo-libéralismes. J'ai l'impression que dans le domaine de la sociologie francophone, Bourdieu a beaucoup fait plus rendre le terme confus, insultant et caricatural. Mais je ne suis pas un spécialiste. http://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609 En général, les critiques du néolibéralisme sont sans intérêt quand on a affaire à des auteurs qui n'ont qu'une vague idée de ce qu'est le libéralisme, l'économie politique et ce qu'en disent ses théoriciens. Il n'y a rien de plus exaspérant que de lire sous la plume d'un politologue, d'un sociologue, d'un philosophe ou d'un économiste des critiques qui renvoient à des clichés et/ou à des études sans avoir lu une seule ligne de littérature sur le sujet. Un exemple : http://raison-publique.fr/article824.html Sur le néolibéralisme, Serge Audier a un avantage sur ses concurrents : il a lu les textes et propose une interprétation (certes critique, le bestiau en appelle aux mannes de Bourdieu) de l'histoire du libéralisme contemporain et donc du néolibéralisme : Pour lui, le néolibéralisme apparaît après la crise du libéralisme classique et sa quasi-disparition (il en fait la généalogie historiques) pour renaître en s'associant étroitement à la science économique : la seconde vie du libéralisme serait celle de sa relégitimation par des méthodes qui se veulent "scientifiques" ou "objectives". En gros, le néolibéralisme, c'est le libéralisme + une nouvelle science éco qui appuie son assise intellectuelle (et donc la nécessité de réformer l'Etat social et de combattre les écoles concurrentes). Le "constructivisme libéral" me semble plus correspondre à ce qu'en disent Pierre Dardot et C Laval : pour ces épigones de Foucault et Marx, le libéralisme classique était confronté à un problème de gouvernementalité : il n'y a pas d'institutions politiques libérales, de manière de gouverner proprement libérale, qui correspondaient à la société libérale (que ça soit la monarchie, la démocratie parlementaire, etc). Le néolibéralisme est en quelque sorte la résolution du problème par l'intégration de l'Etat au marché, c'est à dire par une réassignation de sa fonction comme promoteur du marché (à noter que selon cette interprétation, les libertariens ne sont pas néolibéraux, contrairement à celle de S. Audier).
  17. Sur le premier point : Marx prétend effectivement accomplir l'économie politique, mais un certain nombre de concepts qu'il utilise vient directement des économistes français, comme par exemple, la lutte des classes. Sur le sujet, le livre de M. Leter est assez éclairant, on y apprend que la dette de Marx à l'endroit des Français est immense. Là encore, mon propos est simplement de dire que ce n'est pas parce qu'on réclame d'un auteur qu'on en monopolise le sens ou l'interprétation (heureusement!). Sur le second point : oui Sur le troisième point : Mises trouve Kant derrière le marxisme, certains Joachim de Flore ou Croce, Strauss y voit une synthèse entre Platon et Hegel... Le propos de Mises me semble un peu rapide (et j'ai un peu envie de dire look who's talking !) Le néo-kantisme allemand donne l'école de Marbourg... mais aussi Hans Kelsen, le kronjurist (si j'ose dire) de la république de Weimar, qui est un peu le prototype de libéralisme kantien (pas spécialement fun, je te l'accorde).
  18. "Une ligne facile à reconnaître conduit de la conception mystique du devoir de Kantet de l'idolâtrie de l'État de Hegel à la pensée socialiste. » -Ludwig von Mises, Le Socialisme, 1922." Moui enfin on retrouve aussi derrière toute la réflexion marxiste l'influence de l'économie politique, école de Paris comprise, ce qui ne fait pas nécessairement de ses prédécesseurs des marxistes. C'est un argument qui tient un peu de la sophistique, non ? Que le kantisme ne parle pas le langage lockien du droit naturel c'est un fait, mais Kant admire la révolution française, et pour lui, le républicanisme est une idée pure de la raison : la question fondamentale demeure la soumission à la loi. Alors que pour Locke, on choisit le gouvernement civil par intérêt (et donc en est en droit de le répudier s'il viole les intérêts des individus qui ont institué l'arbitrage gouvernemental), pour Kant l'institution de la république est à l'image de sa morale reposant sur l'autonomie de la volonté : c'est un devoir, un diktat de la raison. Le contrat originaire produit un gouvernement représentatif, même s'il n'a pas effectivement de droit de résistance, ce qui du point de vue kantien est totalement logique (admettre ce droit signifierait l'admission d'une contradiction interne incompatible avec sa prétention à l'idéalité rationnelle). @Dardanus : hélas non https://en.wikipedia.org/wiki/Whig_history
  19. Deux petites précisions l'une sur la gauche américaine (j'ai l'impression d'avoir été un peu elliptique), l'autre sur Fukuyama : - Après-guerre, et notamment au moment où Arendt écrit, le milieu progressiste porte un regard plutôt bienveillant sur les institutions américaines, qu'il interprète à l'aune du "consensus libéral" ou "consensus lockéen" (libéral=prog), à l'image de ce qu'en dit Louis Hartz dans The liberal tradition in America. Dans ce livre très intéressant, inspiré à la fois par Tocqueville et Locke, Hartz cherche à répondre à la question suivante : pourquoi n'y a-t-il pas eu de mouvement révolutionnaire aux USA ? Réponse : parce qu'il n'y a pas eu de féodalité, pas de régime inégalitaire et autoritaire à combattre, et qu'en quelque sorte, les Américains sont égaux dès l'origine. L'égalité naturelle entre individus qu'on retrouve dans les écrits de Locke est au cœur de l'esprit des institutions US, ce qui les rend naturellement progressistes (vive le new deal se situe dans cette veine). Ceci pour dire qu'il n'y a pas nécessairement contradiction entre être très très progressiste et préférer le régime représentatif (et donc Montesquieu) US à celui français (la volonté générale, Rousseau et la "volonté perpétuellement commandante"). C'est parfois difficile à comprendre quand on ne resitue pas les querelles ou les débats au sein des contextes historiques et langagiers qui ont vu émerger ces réflexions. Sinon, sur le sens de l'Histoire, il faudrait sans doute y réfléchir plus intensément (en relisant Kojève par ex), mais de prime abord, je trouve les théories sur le sujet difficilement réfutables, et donc difficilement évaluables. Si les progressistes sont dans les années 50 assez séduits par le consensus lockéen sur les institutions, cela ne les empêchent pas de critiquer la république fédérale. Ici l'autre grande référence est marxiste, puisqu'il s'agit des écrits de Charles Beard, en particulier son interprétation économique de la constitution : là, nous touchons à un autre grand récit de l'historiographie progressiste US. En gros, l'histoire US se divise en deux moments : la guerre d'indépendance, qui voit le triomphe de la démocratie et de l'égalité, et l'adoption de la convention fédérale à la convention de Philadelphie, moment conservateur où les élites de la Nouvelle Angleterre et de la côte Est vont s'accaparer le pouvoir pour assurer leurs intérêts commerciaux au détriment du reste de la population. Dans cette mythologie alimentée par Beard, les discussions au moment de la convention de Philadelphie, et la discussion autour du fédéralisme ont opposé des intérêts de classes : d'un côté les petits propriétaires terriens, les petits Etats et les "provinciaux", de l'autre le nord industriel, les grandes familles bourgeoises, cultivées et urbaines. Du coup, on comprend mieux pourquoi une certaine gauche peut être hostile au fédéralisme et pour le droit des Etats (Et en quoi Arendt peut parler à certains moments comme B Goldwater ) - Sur Fukuyama : je trouve l'auteur assez injustement sous-estimé en France. Fukuyama est l'auteur de plusieurs essais très brillants que je recommande vivement. Certes, il est social-libéral (comme I Kristol, du genre à dire two cheers for capitalism), partisan d'un Etat fort, ex neocon et progressiste au sens décrit par C Lasch, mais il y a au moins trois de ses livres (relativement) récents que je retiens : La fin de l'homme : les conséquences de la révolution biotechnique et les deux tomes écrits sur les origines de l'ordre politique (ouvrage dense, documenté et passionnant sur la corruption ou les questions de l'ordre politique et de la nature humaine). S'il n'est pas vraiment libéral et très hostile au libertarianisme, ses meilleurs ouvrages sont de vraies incitations à la réflexion (je reconnais qu'il a aussi fait des merdes, comme Le grand bouleversement).
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