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Lancelot

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Tout ce qui a été posté par Lancelot

  1. En fait il y a deux choses : les perceptions impossibles qui sont au delà de nos sens et ne font donc pas partie du monde comme représentation ; et les perceptions potentielles qui, même si elles n'ont jamais été faites, sont accessibles via une extension de nos sens et font donc partie du monde comme représentation. Si on considère les perceptions qui ont déjà été faites, elles constituent effectivement un sous ensemble en croissance infinie des perceptions potentielles qui sont aussi infinies mais qui ne croissent pas. L'infini est une notion étrange Les choix moraux ne relèvent que de mobiles d’ordre psychologique ou émotionnel, peut-être, mais les conséquences de ces choix on peut les étudier. Par exemple, un dirigeant fait le choix moral d'abolir la propriété privée. Peu importe pourquoi il a fait ce choix, on sait à peu près où ça va mener et que ce n'est pas l'idée du siècle. Moi aussi. J'ai une définition très large de la science mais ce n'était peut-être pas très clair (j'ai tendance à synthétiser sauvagement). Disons que l'économie est une science, mais que la plupart des économistes en France sont de mauvais scientifiques.
  2. Bon. Je vais repartir du début comme ça on évitera les malentendus sur ce dont on parle. Or donc, l'être humain a une réalité biologique. Nous avons tous un nombre limité de sens grâce auxquels nous percevons le monde (qui ne sont pas les mêmes sens que par exemple ceux d'une fourmi). Nous avons tous des facultés mentales qui nous permettent de donner du sens à ces informations à l'aide d'un nombre limité d'opérations qui gouvernent notre fonctionnement cognitif (par exemple l'inférence). Il y a des gens qui sont privés d'un sens, il y a même des gens qui font de la synesthésie, mais il n'y a pas de gens qui ont des sens en plus ou totalement différents parce que tout ça, ce sont des limitations au niveau du hardware. Jusque-là on est d'accord ? Attention, maintenant ça va abstraire sévèrement. Si on fait le produit de toutes les perceptions qu'un humain peut avoir par toutes les interprétations qu'il peut en tirer via ses facultés cognitives, on aura l'ensemble du monde comme représentation humain. Ce monde n'est pas le même que le monde comme représentation des fourmis ou de n'importe quel autre créature qui ne partage pas les mêmes sens et les mêmes capacités cognitives qu'un humain. Attention, je parle bien là d'un espace potentiel. Pas de la représentation d'une personne ou d'un groupe en particulier mais de l'ensemble. Ça suit toujours dans le fond ? Le monde comme représentation est limité parce qu'il y a potentiellement une infinité de choses qu'on ne pourra jamais percevoir (et on ne sera jamais fixés là dessus puisque, par définition, on ne le percevra jamais). Il est infini parce que pour une chose perçue donnée, nous pouvons donner potentiellement une infinité de sens différents, dépendants de notre histoire personnelle, de nos cadres culturels, de la langue qu'on parle etc. Le débat idéalisme vs réalisme découle en fait d'une incapacité à concevoir à la fois cette limitation et cette infinité qui amène à nier une partie du problème en disant soit que le monde réel n'existe pas, soit qu'il est indiscutable (je caricature). Revenons à une perspective moins vertigineuse. Bien entendu, nous ne sommes pas obligés d'utiliser nos facultés "à nu". Nous avons des instruments pour améliorer nos sens comme le téléscope ou l'accélérateur de particules. Nous avons des disciplines pour explorer les limites de nos facultés cérébrales comme la logique et les mathématiques. Ces méthodes permettent incidemment de s'abstraire dans une certaine mesure de la subjectivité puisqu'en principe une démonstration mathématique doit être capable de convaincre indiscutablement n'importe quel humain suffisamment éduqué pour la comprendre (ce qui n'est pas le cas d'un mythe, par exemple, dont le but est au contraire d'être assimilé par chacun différemment). Leur application systématique pour analyser le monde comme représentation est l'objectif de l'entreprise qu'on appelle la science. Mais c'est plus compliqué que ça... Est-ce que la science révèle le "vrai" monde objectif ? Non, bien sûr, la subjectivité et la foi ne disparaissent jamais. Au sein d'une discipline en particulier, des modèles incompatibles cohabitent et s'affrontent. Tous les domaines ne sont pas aussi facilement accessibles, par exemple la possibilité d'expérimenter en sciences sociales est très limitée ce qui diminue énormément les prétentions de la science dans ce domaine (ce que pas mal d'économistes, sociologues et autres ingénieurs sociaux ont du mal à comprendre). Il ne s'agit pas d'être scientiste. Par contre, l'approche scientifique est supérieure aux autres sur plusieurs points. D'abord parce qu'elle tend à se remettre plus facilement en question (beaucoup ne jouent pas le jeu, mais à terme même le réchauffement climatique est remis en cause, n'est-ce pas ?). Ensuite parce qu'elle permet un progrès, c'est-à-dire qu'on explique de plus en plus de phénomènes avec le temps. Les modèles ne seront jamais parfaits, mais ils y tendront toujours plus. Alors que vient faire le DN dans cette galère ? Le DN tel que je le conçois est un point théorique (le modèle "parfait" inatteignable que j'évoquais) vers lequel est sensé tendre l'étude du rapport entre normes et sociétés (avec des disciplines comme l'histoire du Droit, le Droit comparé...). Ce domaine est extrêmement complexe et délicat. Les résultats qu'on peut espérer obtenir sont extrêmement limités. Mais ils existent, et ils donnent un point d'appui pour dire que certaines lois sont nuisibles. C'est parce qu'il rend possible cette critique du constructiviste politique que le DN est un outil intellectuel nécessaire aux libéraux.
  3. Je sais que dans les milieux autorisés on préfère The Wire. J'ai essayé les 5 ou 6 premiers épisodes, c'était cool mais ça ne m'a pas vraiment accroché. D'ailleurs je n'ai pas continué, il faudrait peut-être que je m'y remette. Le classement est... bizarre. Il mélange tous les genres avec même des animés (et pas que des bons). Pas de Community dans les 50 premiers (je chipote, il est en 51) mais Arrested development que je trouve très surestimée en place d'honneur.
  4. Le seul souci avec Breaking Bad, c'est que les autres séries ne tiennent pas la comparaison, donc la transition est difficile. Ça m'avait fait pareil dans un autre genre après Community jusqu'à ce que je découvre Parks and recreation.
  5. Il faut voir quand même qu'une telle association ne peut pas trop se permettre de communiquer comme ça : "En fait on a tous les sous qu'il nous faut, si vous voulez nous en filer encore un peu c'est vous qui voyez mais franchement on se débrouille". On n'est jamais vraiment certain de rien. Quand on fait une loi on a l'impression d'avoir plus de contrôle mais il y a des tonnes d'effets qu'on ne voit pas et qui la rendent souvent contre-productive (en plus d'être coûteuse en soi).
  6. Il y a la cité, aussi, comme structure "objective".
  7. Je viens de le lire en entier, c'est 'achement intéressant.
  8. En fait, le post-modernisme c'est juste une manière un peu plus vicieuse que d'habitude de formuler une connerie vieille comme le monde : "ça y est, on a trouvé la doctrine ultime, on ne fera pas mieux". Sauf que pendant ce temps la caravane passe.
  9. Par élimination, je suis donc "cyber-libertarien, geek et adepte de science-fiction". Bon, ça pourrait être pire. Sinon apparemment on est tous des "jeunes" sur liborg.
  10. Schopenhauer vivait pour la polémique, c'était un guerrier du monde des idées. Pas une fillette essayant de prendre une grosse voix et s'offusquant quand on la remet à sa place. Après l'histoire des idées pour les nuls, voilà l'Histoire tout court pour les nuls... La représentation des humains en général (pas d'un humain en particulier). La volonté en général qui se distribue (inégalement) dans tout ce qui existe (humain, animaux, plantes, cailloux...). Bien sûr, il faut avoir vraiment lu Le monde... jusqu'au bout pour savoir ça. C'est triste d'en être encore là plus d'une décennie après Impostures intellectuelles. Nietzsche ne serait pas fier, lui qui détestait la stagnation. En réalité, il explique (s'inspirant très largement du stoïcisme) pourquoi il ne faut pas prendre certaines choses trop au sérieux. C'est un pessimiste joyeux. Voilà un énorme contresens. Ce qui est cool avec les humains c'est qu'ils n'attendent pas d'avoir la permission pour vivre et pour juger.
  11. je le laisse, tiens, ça m'apprendra à poster à l'arrache.
  12. Oh, un mec qui se revendique de la philosophie virile de Nietzsche, Schoppenhauer ou Stirner mais qui s'offusque d'un petit "ta gueule". C'est mignon Culture générale : Je suis content, c'est la première fois que ma signature attire une remarque. Dieu est mort - Nietzsche Nietzsche est mort - Dieu
  13. Lucilio est tout à fait dans son rôle de barman : il fait taire le poivrot dont les élucubrations n'amusent plus la clientèle.
  14. Et peu importe qu'on parle de psychologie, de psychiatrie ou de neuropsychologie. Bon, pour la psychanalyse faut pas déconner quand même.
  15. Toutes les normes sont floues, elles ne s'appliquent jamais parfaitement au cas rencontré dans la vie réelle. C'est pour ça qu'on a besoin de tribunaux et que les juges ne peuvent pas être remplacés par des robots. Il se trouve que c'est particulièrement le bordel en ce qui concerne les guerres, mais ça ne fait que révéler une situation latente dans tous les autres cas. Enfin c'est ce que je pense. Pour répondre à la seconde question, il faudrait demander à un pompier mais je suis persuadé que dans bien des cas il y a conflit entre eux et avec le public sur leurs missions et la marche à suivre. Je pense que ça vaut le coup d'avoir des normes même si on sait que quoi qu'il arrive des gens ne les respecteront pas. Mais bon, à la base je voulais juste signaler que l'isolationnisme ça se tient, j'avais mentionné la guerre juste en passant. N'importe laquelle, si il n'y a pas de tribunal compétent on en fabrique un.
  16. C'est un problème valable pour les normes dans tous les domaines, ça : la théorisation a priori c'est sympa mais face à une situation réelle on ne peut pas savoir tant qu'on n'a pas de décision juridique (et à ce moment là on fait semblant de savoir). Je ne crois pas que ce soit un argument suffisant pour renoncer à cette théorisation, sinon autant dire que la fin justifie les moyens, ce qui serait inacceptable dans la mesure où la guerre ne concerne pas uniquement des Etats mais aussi des populations civiles.
  17. Je n'ai pas dit le contraire... Ceci dit dans ce domaine en particulier la frontière entre descriptif, normatif et prescriptif est extrêmement poreuse (ce qui est dommageable, j'en conviens). Il connait certainement mieux le dossier que moi, mon raisonnement tient pour ce que j'en sais.
  18. C'est marrant, c'est un peu le contraire de la théorie de l'échelle. Comme quoi...
  19. Oui, si on considère qu'elle a été entamée par les attentats du 11 septembre qu'on définirait comme des actes de guerre de la part de l'état Afghan. Donc vraisemblablement non. Ceci dans une perspective isolationniste.
  20. Je voulais dire qu'on ne peut pas avoir de bonne théorie des relations internationales sans avoir une doctrine de la guerre juste, et que l'isolationnisme remplit ce critère. En gros, la guerre est juste lorsqu'elle est défensive. C'est déjà mieux que "la guerre est juste quand elle répand la civilisation" ou "seul le vainqueur détermine que la guerre était juste".
  21. Ben l'isolationnisme c'est pas mal, il y a une doctrine de la guerre juste et tout et tout.
  22. C'est pas vraiment utile en cas de combat, mais je ne sors jamais sans un couteau-suisse qui me sert de porte-clefs. J'ai jamais été arrêté donc je ne sais pas dans quelle mesure ça passe. En tout cas socialement ça passe très bien (surtout quand je le sors pour utiliser le tire bouchon ou le décapsuleur).
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