Rincevent Posté 26 juillet 2023 Signaler Posté 26 juillet 2023 il y a 4 minutes, Jensen a dit : Là, oui, c'est clairement de l'assignation, et c'est clairement mal. Il faudrait encore dans quelle proportion des cas cette pression vient du corps médical, ou des parents (voire de quel parent).
Jensen Posté 26 juillet 2023 Signaler Posté 26 juillet 2023 3 minutes ago, Rincevent said: Il faudrait encore dans quelle proportion des cas cette pression vient du corps médical, ou des parents (voire de quel parent). À la limite, que ça vienne du corps médical ou des parents, ça ne fait pas tant de différence que ça. Ça reste mal, et ça reste une pression issue du milieu culturel et social.
Rincevent Posté 26 juillet 2023 Signaler Posté 26 juillet 2023 il y a 1 minute, Jensen a dit : À la limite, que ça vienne du corps médical ou des parents, ça ne fait pas tant de différence que ça. Si, beaucoup. Si c'est le médecin sans demande de la part des parents, c'est assimilable à une faute médicale (d'autant plus grave qu'elle est délibérée).
Nick de Cusa Posté 27 juillet 2023 Auteur Signaler Posté 27 juillet 2023 Un site consacre a la plaidoirie pour l'accusation : https://brokenscience.org/
Nick de Cusa Posté 3 août 2023 Auteur Signaler Posté 3 août 2023 En marge de la science, la politique. La confiance est tres polarisee : Une reaction pleine de sens :
Nick de Cusa Posté 12 août 2023 Auteur Signaler Posté 12 août 2023 La part de la fraude https://www.theguardian.com/commentisfree/2023/aug/09/scientific-misconduct-retraction-watch
Lancelot Posté 12 août 2023 Signaler Posté 12 août 2023 Nick, je sais que tu ne penses pas à mal mais en l'occurrence tu te fais l'idiot utile du genre de méthodologistes enragés qui servent de chiens de garde contre les scientifiques non mainstream. Le fait est que les standards de "scientific rigor and process" c'est comme la loi en France ou les normes sociales du jour appliquées à ton historique twitter : tellement compliqué que personne n'est complètement d'accord dessus, ça change tout le temps, c'est quasiment impossible de ne pas se retrouver dehors au moins un petit peu si on se fait assez scruter, généralement la motivation principale pour scruter quelqu'un est opportuniste (i.e. c'est un ennemi qu'on veut faire taire). C'est au moins un aussi gros problème pour le progrès de la science que la fraude. 1
Lancelot Posté 12 août 2023 Signaler Posté 12 août 2023 2 hours ago, Vilfredo said: Tiens, on dirait que la crise covid t'a feyerabendisé Je me fais parfois cette réflexion (enfin le covid entre autres interactions avec cette engeance à mon boulot), et c'est un exploit car en première lecture Feyerabend m'avait paru vain et fatiguant. 1
Rincevent Posté 12 août 2023 Signaler Posté 12 août 2023 @Vilfredo Et encore, tu n'as pas commencé à examiner la vie de Norbert Wiener (ou de sa femme ).
Lancelot Posté 12 août 2023 Signaler Posté 12 août 2023 Par souci de complétion je vais juste mentionner rapidement (j'avais commencé, mais jamais fini, un long texte quand ce thread a été ouvert) que face au méthodologisme j'ai défendu avec un certain succès (en tous cas avec mes proches collègues) ce que j'appellerais le pragmatisme méthodologique : toutes les méthodes sont mauvaises, certaines sont utiles dans certains contextes. Le point crucial n'est pas de respecter telle ou telle méthode comme une idole mais de comprendre et maîtriser ce qu'on fait (et les limites de ce qu'on fait), de l'expliquer clairement de manière à ce qu'un pair suffisamment renseigné sur le sujet (none of that vulgarization bullshit) puisse le comprendre assez pour le reproduire.
Lancelot Posté 12 août 2023 Signaler Posté 12 août 2023 1 hour ago, Vilfredo said: Qu'est-ce que tu veux dire? Aucune méthode ne correspond ou ne "suit à la trace" (track) la réalité "externe" (out there)? Déjà (je précise au cas où) c'est un détournement de la formule all models are wrong but some are useful, qui s'applique en fait mieux à ton questionnement dans ce message et le suivant : aucun modèle ne peut représenter parfaitement la réalité, tout modèle dépend d'un ensemble de compromis, ce qui définit le "meilleur modèle" (i.e. le meilleur compromis) est dépendant de ce qu'on cherche à faire dans un contexte donné, et c'est là qu'on se rattache au pragmatisme épistémologique. En ce qui concerne la réalité externe, je reste sur ma position que (1) elle existe, (2) la seule forme d'objectivité qu'on peut prétendre atteindre c'est une forme d'intersubjectivité (je n'aime pas les associations de ce terme mais je l'utilise faute de mieux) où "n'importe quel humain de bonne foi avec les capacités et les connaissances suffisantes pour constater ce fait devrait être d'accord", ce qui correspond en gros à la méthode scientifique telle que décrite dans The Fixation of Belief: Quote To satisfy our doubts, therefore, it is necessary that a method should be found by which our beliefs may be determined by nothing human, but by some external permanency -- by something upon which our thinking has no effect. Some mystics imagine that they have such a method in a private inspiration from on high. But that is only a form of the method of tenacity, in which the conception of truth as something public is not yet developed. Our external permanency would not be external, in our sense, if it was restricted in its influence to one individual. It must be something which affects, or might affect, every man. And, though these affections are necessarily as various as are individual conditions, yet the method must be such that the ultimate conclusion of every man shall be the same. Such is the method of science. Its fundamental hypothesis, restated in more familiar language, is this: There are Real things, whose characters are entirely independent of our opinions about them; those Reals affect our senses according to regular laws, and, though our sensations are as different as are our relations to the objects, yet, by taking advantage of the laws of perception, we can ascertain by reasoning how things really and truly are; and any man, if he have sufficient experience and he reason enough about it, will be led to the one True conclusion. The new conception here involved is that of Reality. It may be asked how I know that there are any Reals. If this hypothesis is the sole support of my method of inquiry, my method of inquiry must not be used to support my hypothesis. The reply is this: 1. If investigation cannot be regarded as proving that there are Real things, it at least does not lead to a contrary conclusion; but the method and the conception on which it is based remain ever in harmony. No doubts of the method, therefore, necessarily arise from its practice, as is the case with all the others. 2. The feeling which gives rise to any method of fixing belief is a dissatisfaction at two repugnant propositions. But here already is a vague concession that there is some one thing which a proposition should represent. Nobody, therefore, can really doubt that there are Reals, for, if he did, doubt would not be a source of dissatisfaction. The hypothesis, therefore, is one which every mind admits. So that the social impulse does not cause men to doubt it. 3. Everybody uses the scientific method about a great many things, and only ceases to use it when he does not know how to apply it. 4. Experience of the method has not led us to doubt it, but, on the contrary, scientific investigation has had the most wonderful triumphs in the way of settling opinion. These afford the explanation of my not doubting the method or the hypothesis which it supposes; and not having any doubt, nor believing that anybody else whom I could influence has, it would be the merest babble for me to say more about it. If there be anybody with a living doubt upon the subject, let him consider it. Pour en revenir à ma phrase sur la méthodologie spécifiquement, je veux dire que toute méthode est critiquable, la quête d'une méthode parfaite qui en la suivant garantirait que ton résultat sera considéré comme valide pour les siècles des siècles est stérile. Elle est même nuisible parce que ça pousse des (généralement jeunes) chercheurs à utiliser toujours la dernière méthode flashy à la mode mise au point par un méthodologiste au pif mais que personne ne comprend, or comme je le disais le plus important dans un cadre scientifique ce n'est pas d'idolâtrer une méthode mais avant tout de comprendre ce qu'on fait et de le faire comprendre aux autres le plus clairement possible (parce que c'est comme ça qu'on maximise l'objectivité de ce qu'on raconte bien sûr). Bref pour citer une slide intitulée "I wish I wasn't there" dans une présentation d'Andrew Gelman (qu'on ne peut pas accuser d'être la dernière des billes en méthodologie) : Quote ‘Where should be putting our technical thinking? Scientific modelling Mapping scientific models to data collection and statistical modelling “Building a cumulative knowledge base” But not... discussions of p-values, cross-validation, selection bias, etc.’ Je note la référence du bouquin de Wilson qui m'intrigue.
Nick de Cusa Posté 13 août 2023 Auteur Signaler Posté 13 août 2023 On 8/12/2023 at 11:48 AM, Lancelot said: Nick, je sais que tu ne penses pas à mal mais en l'occurrence tu te fais l'idiot utile du genre de méthodologistes enragés qui servent de chiens de garde contre les scientifiques non mainstream. Le fait est que les standards de "scientific rigor and process" c'est comme la loi en France ou les normes sociales du jour appliquées à ton historique twitter : tellement compliqué que personne n'est complètement d'accord dessus, ça change tout le temps, c'est quasiment impossible de ne pas se retrouver dehors au moins un petit peu si on se fait assez scruter, généralement la motivation principale pour scruter quelqu'un est opportuniste (i.e. c'est un ennemi qu'on veut faire taire). C'est au moins un aussi gros problème pour le progrès de la science que la fraude. Merci Lancelot. Dis, dans ton domaine, quel est ton sentiment, non methodique ni scientifique, sur la part de la fraude ? Quelle proportion des publis ? Sincerement, ou alors dis "joker"
Lancelot Posté 13 août 2023 Signaler Posté 13 août 2023 Ça dépend de ce que tu définis comme de la "fraude". Si on parle de choses que tout le monde universellement reconnaîtrait comme tel, par exemple fabriquer des données, mentir sciemment sur un résultat... je pense que c'est extrêmement rare, mais extrêmement rare multiplié par le nombre de chercheurs dans le monde et si on ajoute en plus des incitations politiques à trouver une chose plutôt qu'une autre (ou de la part des éditeurs/reviewers à faciliter les résultats qui vont dans un sens plutôt qu'un autre mais c'est un problème à un autre niveau), ça peut faire beaucoup en valeur absolue. Il y a ensuite un autre aspect qui est le respect de la réglementation, et c'est particulièrement important pour la médecine bien sûr mais aussi pour n'importe qui travaillant sur des pathologies ou avec des équipements potentiellement dangereux. Pour ça je dirais que tout le monde connaît les risques et fait de son mieux pour se couvrir, mais des erreurs ou des imprévus peuvent arriver, ou même des problèmes d'interprétation des textes (par exemple qu'est-ce qui constitue ou pas un essai clinique, n'est-ce pas). Encore une fois les incitations politiques vont parfois biaiser la décision d'inspecter telle ou telle personne et d'être plus ou moins strict avec elle. Ensuite il y a la zone grise des "good practices" qui dépend surtout de tes partis pris méthodologiques (par exemple "ce n'est pas un RCT donc ce résultat ne vaut rien"). Certains vont aller jusqu'à dire qu'un papier n'est jamais valable quand il n'a pas fait l'objet d'un pre-print qu'il respecte scrupuleusement, avec telle analyse et tels contrôles... autant dire qu'en adoptant ce point de vue là on finit par décider qu'aucun chercheur n'est innocent, que 100% de la production scientifique est frauduleuse mis à part quelques "meta-scientists" qui ne produisent aucun résultat eux-mêmes mais passent leur vie à compiler des immenses et fastidieuses reviews, parasites des chercheurs qu'ils critiquent mais sans en saisir l'ironie.
Rincevent Posté 19 octobre 2023 Signaler Posté 19 octobre 2023 Ça aurait pu finir dans le fil Vulgarisation, mais voilà une brève réflexion de Eric Weinstein sur la différence entre un vulgarisateur, un scientifique bien comme il faut, et un chercheur qui ouvre des avancées nouvelles :
Rincevent Posté 24 décembre 2023 Signaler Posté 24 décembre 2023 Encore un peu de Eric Weinstein. Les bons scientifiques face aux grands scientifiques, mais aussi comment bien sélectionner son élite (hint : c'est incompatible avec toute bureaucratie), et bien d'autres thèmes.
Riffraff Posté 5 janvier 2024 Signaler Posté 5 janvier 2024 Le 19/10/2023 à 18:04, Rincevent a dit : Ça aurait pu finir dans le fil Vulgarisation, mais voilà une brève réflexion de Eric Weinstein sur la différence entre un vulgarisateur, un scientifique bien comme il faut, et un chercheur qui ouvre des avancées nouvelles : Neil deGrasse Tyson s'est effectivement rendu ridicule par soumission à la doxa au cours de cette interview où il défend avec des arguments très légers la présence de sportifs XY dans les compétitions féminines. Dans la dernière interview de Didier Raoult par Idriss Aberkane, le professeur nous explique de la même manière que la soumission (de ses détracteurs au pouvoir politique et à l'administration voire à certains lobbies) est souvent associée à une médiocre productivité scientifique (pour être gentil). Les plus grands découvreurs sont souvent ceux qui disent non.
Riffraff Posté 5 janvier 2024 Signaler Posté 5 janvier 2024 Pour donner un autre exemple, Étienne Klein par ailleurs très bon conteur de l'histoire de la physique, cherche à ridiculiser aussitôt qu'il peut les climato-réalistes avec un petit sourire en coin alors qu'il s'est compromis avec un quarteron de psychanalystes. Excusez du peu, un épistémologue qui n'interroge pas la science du réchauffement climatique et qui fricote avec des psychanalystes... C'est vrai qu'il ne veut peut-être pas perdre sa place à France Culture. 1
Lancelot Posté 5 janvier 2024 Signaler Posté 5 janvier 2024 On 12/24/2023 at 12:49 PM, Rincevent said: Encore un peu de Eric Weinstein. Les bons scientifiques face aux grands scientifiques, mais aussi comment bien sélectionner son élite (hint : c'est incompatible avec toute bureaucratie), et bien d'autres thèmes. Je n'avais pas regardé la vidéo mais lol pour le tacle sur "I fucking love science": Quote Of course you can interest anybody in science, but the problem is this idea, "science is interesting, take an interest in science!", is a terrible idea. Science is extremely frustrating but it's got very high leverage. We should actually be truthful about science. And we're not being truthful, we are trying to make science into something that is mildly interesting.
Prouic Posté 5 janvier 2024 Signaler Posté 5 janvier 2024 Il y a 1 heure, Riffraff a dit : Excusez du peu, un épistémologue qui n'interroge pas la science du réchauffement climatique et qui fricote avec des psychanalystes... J'avoue que depuis le jour où je l'ai entendu pleurer à la radio, comme quoi le fait d'évoquer l'ironie ru RCA quand il fait froid l'hiver n'était pas sérieuse alors qu'il passe son temps a pleurer du RCA l'été, mon estime pour lui a considérablement baissé.
Bézoukhov Posté 7 janvier 2024 Signaler Posté 7 janvier 2024 Science is fake. https://x.com/leahlibresco/status/1743769727330029639?s=46
Rincevent Posté 7 janvier 2024 Signaler Posté 7 janvier 2024 il y a 8 minutes, Bézoukhov a dit : Science is fake. https://x.com/leahlibresco/status/1743769727330029639?s=46 Faut pas laisser des moins de 120 faire de la recherche.
Rincevent Posté 16 janvier 2024 Signaler Posté 16 janvier 2024 (Hat tip à Michael Gundill) Vous connaissez le DSM, la "bible" de la psychiatrie ? Il y a régulièrement de nouvelles éditions, et il semble que dans la nouvelle édition, il y ait quelques conflits d'intérêt financiers. En se limitant aux auteurs américains, la majorité d'entre eux ont reçu pendant la période de rédaction du pognon de la part de l'industrie pharmaceutique, pour un montant total de plus de 14 millions de dollars (il se peut que ça soit davantage, mais c'est ce que les auteurs de cette étude ont réussi à retracer). https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-076902.full
Lancelot Posté 10 décembre 2025 Signaler Posté 10 décembre 2025 Clark, C. J., Fjeldmark, M., Lu, L., Baumeister, R. F., Ceci, S., Frey, K., ...Tetlock, P. E. (2024). Taboos and Self-Censorship Among U.S. Psychology Professors. Perspectives on Psychological Science, 20(5), 941–957. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/17456916241252085 En gros ils ont une série de 10 affirmations qu'ils ont demandé à des chercheurs en psychologie d'évaluer selon différents critères. Quote 1. “The tendency to engage in sexually coercive behavior likely evolved because it conferred some evolutionary advantages on men who engaged in such behavior.” 2. “Gender biases are not the most important drivers of the under-representation of women in STEM fields.” 3. “Academia discriminates against Black people (e.g., in hiring, promotion, grants, invitations to participate in colloquia/symposia).” 4. “Biological sex is binary for the vast majority of people.” 5. “The social sciences (in the United States) discriminate against conservatives (e.g., in hiring, promotion, grants, invitations to participate in colloquia/symposia).” 6. “Racial biases are not the most important drivers of higher crime rates among Black Americans relative to White Americans.” 7. “Men and women have different psychological characteristics because of evolution.” 8. “Genetic differences explain non-trivial (10% or more) variance in race differences in intelligence test scores.” 9. “Transgender identity is sometimes the product of social influence.” 10. “Demographic diversity (race, gender) in the workplace often leads to worse performance.” Vous noterez que toutes sauf la 3 sont contre le sens du vent (qui est très largement gauchiste dans le monde académique). Ici vous voyez à quel point les chercheurs déclarent qu'ils ne seraient pas confiant pour partager leur opinion sur ces questions (gauche), à quel point ils pensent que ces opinions sont vraies (milieu) et à quel point ils pensent que la recherche sur ces questions devrait être découragée (droite). Quote Scholars generally did not want to discourage research. The most discouragement was observed for a genetic contribution to IQ differences, but the mean was still well below the midpoint. This conclusion also contained the most variance, indicating relatively high disagreement about whether this research should be discouraged. C'est déjà assez édifiant, mais si on comparait par sexe ? Tiens tiens il y a une grosse fracture qui va exactement dans le sens que vous imaginiez. Quote Female scholars were more left-leaning (M = 20.86, SD = 16.03) than male scholars (M = 27.90, SD = 18.70), t(401) = 3.93, p < .001, and younger, t(400) = 4.73, p < .001. Conservatism was associated with stronger beliefs that all taboo conclusions are true, rs =.19 to .40, ps < .001. One exception was a strong association between conservatism and disbelief that academia discriminates against Black people, r = −.40, p < .001. Quote With at least small effects, in almost every case, males self-censored more than females (p < .005 for four conclusions), and females wanted to discourage research more than males (p < .005 for seven conclusions; see Table 4 and Figs. S2 and S3 in the Supplemental Material). There were two exceptions: (a) With a small but not significant effect, female professors self-censored more regarding discrimination against conservatives in the social sciences, and (b) male and female professors similarly had almost no desire to discourage research into discrimination against Black people in academia. Je vous passe la figure qui montre que plus les chercheurs adhèrent à des affirmations "de droite", plus ils sont reluctant à les partager, mais regardez ce qu'il en est pour décourager la recherche : Quote For nearly all taboo conclusions, those who believed the conclusions were false had stronger desires to discourage research, rs = −.09 to −.25, ps < .048 (p < .005 for six). The one exception was again for racial discrimination in academia, but this one was trending in the same direction, r = −.08, p = .097. These associations indicate that professors with more socially desirable beliefs (i.e., beliefs that taboo conclusions are false) have stronger desires to deter research into taboo topics. Alors vous me direz, de quoi ont-ils peur exactement ? Quote When reporting the consequences they would face if they shared their own empirical beliefs openly, professors were quite concerned about getting attacked on social media (M = 64.48, SD = 33.39), being ostracized by peers (M = 54.80, SD = 33.22), and being stigmatized or labeled pejorative terms (M = 53.34, SD = 34.70). Scholars had low to moderate concerns about disciplinary actions (M = 32.04, SD = 31.96), student boycotts (M = 40.69, SD = 33.62), guilt-by-association harm to students and colleagues (M = 40.89, SD = 33.22), and career-damaging biases against them (M = 44.79, SD = 34.29). These findings suggest that most psychology professors hold some empirical beliefs they consider socially costly. Scholars were relatively unconcerned about threats of physical violence (M = 26.95, SD = 28.38) and getting fired (M = 17.57, SD = 24.69). [...] Untenured faculty were not significantly more concerned about getting fired (M = 20.37, SD = 23.91) than tenured faculty (M = 16.83, SD = 24.93), t(417) = 1.28, p = .201, d = 0.14. This lack of difference could be due to a floor effect, although only 40.4% had no concern about getting fired—and recall that this concern is about whether they would get fired if they shared their own empirical beliefs openly, not a concern about sharing some hypothetical and extreme belief. Thus, the majority of professors hold empirical beliefs that they perceive to be sufficiently socially unwelcome that it would increase risk of termination if others were to discover those beliefs. Et n'allez pas croire qu'avoir une position permanente les protège. Quote There were no differences between the tenured and the untenured on fear of any consequences. We also computed a self-censorship index across all taboo conclusions, ∝ = .92, and found that tenured (M = 40.01, SD = 26.30) and untenured professors (M = 40.55, SD = 25.56) self-censor to virtually identical degrees, t(410) = 0.16, p = .869, possibly because tenure provides no protection against the consequences scholars fear most—ostracism, social-media attacks, and stigmatization. Bon, ça c'était le risque évalué par les chercheurs pour leurs propres opinions. Que pensent-ils des conséquences pour les opinions des autres ? Quote Women (semipartial r = .19, p < .001) and more left-leaning professors (semipartial r = −.13, p = .006) considered moral concerns a more legitimate reason to retract. And for risks of extremists misconstruing and weaponizing results, only gender predicted retraction support, with women endorsing this reason more (semipartial r = .11, p = .023). [...] And women professors (semipartial r = .10, p = .038) and younger professors (semipartial r = −.14, p = .006) more highly endorsed firing professors on the basis of moral concerns about their research conclusions. Mais et la liberté de la recherche là dedans ? Quote A slim majority of professors (52.3%) reported that scholars should be completely free to pursue research questions without fear of institutional punishment for their conclusions. By contrast,1.6% said scholars should not have this freedom, and 46.0% said it’s complicated. [...] When gender, ideology, and age were simultaneously regressed on support for academic freedom, with small but not always significant effects, female professors (semipartial r = −.10, p = .048), more left-leaning professors (semipartial r = .11, p = .024), and younger professors (semipartial r = .22, p < .001) were less supportive of complete academic freedom. Mais et la vérité ? Quote A slim majority of professors (56.5%) reported that scientists should prioritize truth when truth and social-equity goals come into conflict. By contrast, 3.1% prioritized social equity over truth, and 40.5% said it’s complicated. [...] When gender, ideology, and age were simultaneously regressed on prioritization of truth, female professors (semipartial r = −.15, p = .002), more left-leaning professors (semipartial r = .23, p < .001), and younger professors (semipartial r = .18, p < .001) were relatively less likely to prioritize truth over social equity. Je ne sais pas vous mais en ce qui me concerne je trouve cette "slim majority" assez glaçante. Donc concrètement quelles actions préconisent ces chercheurs contre des dissidents ? Quote The last question before our open-ended response asked scholars how much they would support various actions against scholars who draw the most taboo conclusions—those that involve genetic or evolutionary explanations for group differences in socially important outcomes (i.e., in domains in which women or Black people underperform relative to men or White people). Scholars very strongly supported normal scientific criticism, such as commentaries (M = 92.69, SD = 15.96). There was little support for removing such faculty from leadership positions (M = 25.37, SD = 28.75) and disinviting them from talks (M = 22.56, SD = 26.91). There was very little support for socially ostracizing them (M = 14.62, SD = 19.54), publicly labeling them pejorative terms (M = 10.18, SD = 16.35), refusing to publish their work (M = 11.87, SD = 19.04), not hiring or promoting them (M = 14.65, SD = 20.68), stigmatizing their graduate students and coauthors (M = 5.34, SD = 12.28), firing them (M = 6.46, SD = 13.68), or shaming them on social media (M = 11.01, SD = 19.43). Support for normal scientific criticism was either unrelated or negatively related to support for all other punishments (rs = −.10–.02), whereas support for all other punishments were positively related (rs = .36–.72). Ouf, donc la (grosse) majorité supporte ici une réaction saine (critique scientifique uniquement), mais tout de même une minorité aussi grande que 25% pour des sanctions qui dépassent le travail de recherche. Quote there were no gender differences in support for normal scientific criticism or stigmatizing graduate students and coauthors. However, with at least small effects, women were more supportive than men of ostracism, public labeling with pejorative terms, talk disinvitations, refusing to publish work regardless of its merits, not hiring or promoting even if typical standards are met, terminations, social-media shaming, and removal from leadership positions. [...] When gender, ideology, and age were simultaneously regressed on support for all actions with at least small effects, females were more supportive of four punishments, more left-leaning professors were more supportive of eight punishments, and younger scholars were more supportive of eight punishments. Je me dis que j'aurais aussi pu poster ça dans le thread sur le féminisme en fait... Deux points de discussion intéressants : Quote Most, but not all, scholars believed that some empirically supported conclusions cannot be mentioned without punishment. Scholars with more socially desirable beliefs were less likely to self-censor, less fearful of punishments, and less likely to perceive the existence of taboos. These patterns may explain why scholars sometimes quarrel about whether academic freedom is at risk—scholars are likelier to notice boundaries when they have crossed them (in their own minds, if not publicly). These patterns of self-censorship also suggest that professional discourse surrounding taboo topics (e.g., at conferences, in faculty meetings, on social media) may be systematically biased toward rejecting taboo conclusions because those who hold taboo empirical beliefs are more likely to remain silent than others. Quote Most professors were concerned about social ostracization, name-calling, and social-media attacks. This fear might stem from false beliefs about how many scholars endorse such punishments, or it might be a reaction to the small minority that does endorse them. A vocal minority and silent majority may have created a seemingly hostile climate against taboo conclusions and the scholars who forward them, even if the silent majority has great contempt for the vocal minority. Future research should test these possibilities more directly. Pour le second point je serais moins optimiste que les auteurs, leur "small minority" est potentiellement autour de 20% et ne fait que grandir avec la féminisation et les nouvelles générations de chercheurs. Je pense que les chercheurs comprennent extrêmement bien leur environnement et ses risques.
Marlenus Posté 10 décembre 2025 Signaler Posté 10 décembre 2025 4 hours ago, Lancelot said: Je ne sais pas vous mais en ce qui me concerne je trouve cette "slim majority" assez glaçante. Je la trouve étonnante, dans le sens où pour moi c'est bien haut, mais je parie sur un biais de "Je dis ce qui me semble juste mais j'éviterais de toucher à ce qui est explosif et je ne chercherais la vérité que là où elle ira dans le sens du vent". Etre le lanceur d'alerte dans un groupe sur le fait que le groupe se trompe est rarement une bonne idée, en tout cas si on veut rester dans le groupe. Ou alors il faut très très bien le préparer.
Rincevent Posté 10 décembre 2025 Signaler Posté 10 décembre 2025 Il y a 2 heures, Marlenus a dit : Etre le lanceur d'alerte dans un groupe sur le fait que le groupe se trompe est rarement une bonne idée ... d'un point de vue égocentré. Quand tu veux le bien d'une personne, tu lui dis la vérité ; quand tu ne cherches que ton bien à toi, tu lui dis ce qu'il souhaite entendre. 2
Marlenus Posté 10 décembre 2025 Signaler Posté 10 décembre 2025 39 minutes ago, Rincevent said: ... d'un point de vue égocentré. Quand tu veux le bien d'une personne, tu lui dis la vérité ; quand tu ne cherches que ton bien à toi, tu lui dis ce qu'il souhaite entendre. Il faut avoir un certain poids dans le groupe pour que cela ait potentiellement un effet. Si tu es un noname du groupe, tu te retrouveras juste avec ta morale. C'est important pour certains, mais certainement pas pour plus de 50% de la population au prix de sacrifier sa carrière et ses relations sociales. Perso j'assume, pour l'avoir vécu, être parti plutôt que de m'être battu. Ce que j'ai perdu en intégrité morale, je l'ai gagné autre part. D'ailleurs partir du groupe pour éviter la confrontation avec le groupe est un choix qui est beaucoup plus courant que de s'opposer frontalement quand tu sens que tu ne vas pas être soutenu. 1
Rincevent Posté 10 décembre 2025 Signaler Posté 10 décembre 2025 il y a 9 minutes, Marlenus a dit : D'ailleurs partir du groupe pour éviter la confrontation avec le groupe est un choix qui est beaucoup plus courant que de s'opposer frontalement quand tu sens que tu ne vas pas être soutenu. Oh je le sais bien, crois-le. Mais il y a une différence entre partir du groupe, et y rester en fermant ta gueule voire en disant le contraire de ce que tu penses vrai (et c'est cette dernière situation que le papier cité étudie).
Marlenus Posté 10 décembre 2025 Signaler Posté 10 décembre 2025 Just now, Rincevent said: Mais il y a une différence entre partir du groupe, et y rester en fermant ta gueule voire en disant le contraire de ce que tu penses vrai (et c'est cette dernière situation que le papier cité étudie). Ceux qui sont parti, n'ont pas répondu au questionnaire (si j'ai bien suivit).,donc il y a un biais de sélection. Faudrait voir combien quittent la recherche à cause de cette ambiance et vu ce qui est décrit, je doute que ce soit négligeable. 1
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