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Johnathan R. Razorback

Yabon Nonosse
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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. 1): Je pense qu'on a affaire à trois tendances distinctes, après, des syncrétismes et des positionnement simultanés sont bien évidemment possibles. Mais je pense que le courant 1) est quand même identifié comme de gauche. De centre-gauche du moins. Je mettrais là dedans une intellectuelle féministe universaliste comme Elisabeth Badinter. Ou peut-être une Caroline Fourest. 2): Le problème n'est pas tant la diminution du taux d'ouvriers que le fait que l'idéologie Old Left (2) est la seule à impliquer, par nature, un objectif de mobilisation et de recherche du vote ouvrier. La tendance 1) et le progressisme-victimaire peuvent de leur côté se battre indéfiniment pour savoir si le voile est féministe ou pas, ça n'implique pas de se préoccuper de Jean-Michel prolo (qui peut d'ailleurs se faire taper dessus par les uns pour son "sexisme" / non-progressisme, et par les autres pour son islamophobie). Du coup l'électorat ouvrier reste dans l'abstention ou le vote pour la droite nationaliste (le FN en France, Trump aux USA). 3): C'est vrai qu'ils n'ont pas le même langage que le commun des mortels... 4): Non, je ne dirais pas qu'il y a de l'individualisme là-dedans. Les trois tendances ne sont justes pas d'accord sur l"abstraction au nom de laquelle imposer le collectivisme (République égalitaire, classe révolutionnaire, ou multiplicités des "identités" dites subversives ?). 5): Faut pas exagérer, les "communautariens" ont encore des efforts à faire avant d'atteindre le degré d'antilibéralisme d'un Maistre.
  2. Difficile à dire. On peut au moins observer que le PS et les démocrates US se sont cassés la figure en 2016-2017, donc on ne peut pas exclure des recompositions à gauche. ça pourrait quand même être séduisant de ne pas promouvoir une société invivable de micro-guerre de tous contre tous, pourrie par un ressentiment qui se cherche des prétextes fantaisistes histoire de se créer un erzat d'identité / attirer la compassion / obtenir du pouvoir et de la richesse via des "aides", de la discrimination "positive" etc.
  3. Entre parenthèses et histoire d'avoir un panorama exhaustif du champ de bataille, il veut bien voir que l'idéologie "prog-diversitaire/victimiste" est attaquée à gauche par deux universalismes: 1): Depuis le centre-gauche par un universalisme civique dont je parlais ci-dessus: Il n'y a pas de fragmentation politique acceptable car tous les membres du corps politique partage une même citoyenneté et/ou culture nationale. L'ennemi commun pour réunir tout ce petit monde sera à la fois l'obscurantisme religieux (voire la religion tout court avec la tendance laïciste) et la rupture de l'égalité des citoyens en raison des hiérarchies créent par le fonctionnement de l'économie, lesquelles doivent être nivelées par la protection étatique (on recoupe ici le courant social-démocrate traditionnel, voire le radical-socialisme de 1900). 2): Depuis la gauche radicale et plus spécifiquement la fraction du marxisme restée universaliste / non-enlisée dans l'islamo-gauchisme. C'est la tendance des post-clouscardiens, de Michéa, etc, voire des "conservateurs de gauche" québecois (Gilles Labelle: http://www.revueargument.ca/article/1969-12-31/519-nos-pluralistes.html). Dans cette interprétation, le progressisme / gauchisme culturel est interprété comme une forme d'individualisme petit-bourgeois d'essence libérale(-libertaire), rendant aveugle aux dégâts consécutifs de la dynamique du capitalisme (des rapprochements avec l'éco-socialisme sont possible). Il n'y a pas de divisons pertinentes entre les exploités, l'ennemi commun est le bourgeois exploiteur classique: http://www.librairie-tropiques.fr/2018/08/comment-l-ideologie-identitaire-fait-perdre-a-la-gauche-son-identite-collective.html Des gens comme Guilluy ou Denis Collin mêlent des éléments des courants 1) et 2). Le PS jusqu'à récemment comportait la tendance 1 au milieu d'un océan de progressisme-diversitaire. Le Front de Gauche (Mélenchon + le PCF donc) comportait tous les éléments ; depuis son éclatement on voit des éléments islamo-gauchistes passer des partis trotskystes à la FI (ex: Danièle Obono). Il faudrait voir à quel point ça recoupe ce qu'expliquait @Mégille sur les "trois gauches".
  4. La traduction du dernier ouvrage de Mark Lilla va peut-être permettre de faire reculer un peu l'idéologie progressiste-diversitaire... : https://www.liberation.fr/debats/2018/10/11/mark-lilla-procureur-de-la-gauche-multiculturelle_1684709 Mais comme bien évidemment il met en cause l'individualisme et spécialement l'individualisme libéral (libéralisme économique en particulier), ça ne fera que favoriser la gauche "républicaine" façon Valls / Printemps républicain / chevénementiste de gauche (Polony, Guilluy, etc.). Vous me direz c'est déjà ça. A défaut de plus de liberté on peut espérer que les gauches s'équilibrent et se neutralisent mutuellement.
  5. Où est-ce qu'on peut consulter le contenu des programmes ? Edit: j'ai trouvé ça: http://cache.media.education.gouv.fr/file/CSP/30/9/2de_SES_Enseignement_commun_1025309.pdf Ici: http://www.education.gouv.fr/cid131841/elaboration-des-projets-de-programme-du-futur-lycee.html Mais impossible de juger avec si peu.
  6. D'un point de vue strictement utilitaire, est-ce une démarche efficace ? Ils comptent procéder comment ?
  7. 1): This. Avec le jargon technocratique qui va bien pour que ça passe. 2): La règlementation sur l'urbanisme c'est un peu le fer-de-lance du collectivisme dans ce pays.
  8. Il est partout ce Sadin dit donc... ça va être la relève intellectuelle de Bernard Stiegler, enfin, la relève... On change les bandeaux de la momie: https://www.politis.fr/articles/2018/10/intelligence-artificielle-le-cheval-de-troie-du-techno-liberalisme-39523/
  9. @Restless : par divers je veux dire que les différences entre deux humains sont généralement plus aiguës qu'entre deux animaux. Et ça marche aussi à l'échelle macro-sociale (il y a plus de différences entre deux sociétés humaines qu'entre deux ruches), précisément parce que l'homme est par nature est un être social-historique. Je me permet de renvoyer à ceci: http://hydre-les-cahiers.blogspot.com/2017/03/ou-lon-reparle-du-libre-arbitre.html "L'homme est un être de transmission, c'est-à-dire qu'aucune génération ne peut prétendre à elle seule être toute l'humanité, contrairement à l'animal ; une abeille au temps de Virgile et une abeille au temps de Chirac, elle est la même, l'homme n'est pas le même. Donc, il se transmet. Il thésaurise, il cumule et il transmet. En ce sens, l'homme est l'animal qui a une histoire." -Régis Debray, Entretien avec Alain Finkielkraut, Émission "Répliques", France-Culture, 1er avril 2006.
  10. Faut pas oublier que l'argent de ces taxes va soi-disant financer la "transition énergétique", et un nombre croissant de gens tirent des revenus des politiques écologistes (entreprises dans le secteur des renouvelables, particuliers qui achètent des voitures électriques à moindre coût, etc.). L'idéologie n'est que l'émanation des intérêts de classes.
  11. Toutes les choses qui existent ont une existence (tautologiquement). Ensuite les propriétés essentielles d'un être étant génériques, si elles étaient seules réelles, il n'y aurait pas d'individu. Donc l'individualité vient de l'ensemble des propriétés existentielles d'un être (notamment de sa localisation spatio-temporelle), qui font qu'il existe bien et ne se confond pas avec autre chose. Une fois que je sais ça je peux dire que l'être de l'homme ne se réduit pas à sa nature (immuable / générique). Et quand je disais que le déterminisme chez l'humain comprend une dimension sociale-historique, ça inclut toute la psychologie. Si l'humain n'était que déterminisme biologique, il serait manifestement beaucoup moins divers et beaucoup plus prévisible (je ne crois pas que ce soit faire insulte à la complexité des sociétés de termites ou d'abeilles que de le dire ). Par ailleurs je souligne qu'il ne faut pas confondre nature et "organique/biologique" -les deux ne se recoupent pas parfaitement. Je parle de nature au sens d'essence, de ce qui n'est pas concerné par le changement.
  12. Bon, il faut vraiment que je me relise plus attentivement. Vous serez aimables de faire comme s'il y avait un "e" à social et un "chez l'humain" dans la dernière phrase.
  13. 1): Max Weber, Norbert Elias, les deux Raymond (Aron & Boudon) ? Il y a une grande règle en matière de stratégie militaire: toujours laisser une porte de sortie à l'ennemi (sinon il se bat jusqu'à la mort et tes pertes sont bien plus élevées que si tu abats des fuyards en mode charge de cavalerie sur les survivants à Rome Total War). Bah en débat c'est pareil. Tu ne dis pas que telle science est pourrie quand une bonne partie de ton public s'est vraisemblablement donnée du mal à l'apprendre. Et même si tout était faux il faut laisser un moyen valorisant à l'autre de renoncer à ses anciennes croyances. C'est de la psychologie élémentaire. 2): Ta dévotion à t’enquérir de l'image du mouvement t'honore...
  14. https://fr.wikipedia.org/wiki/Déterminisme_dur J'imagine effectivement qu'il existe des formes réductionnistes de déterminisme qui ramènent tout aux déterminations biologiques. Personnellement ce n'est pas que je défend, la nature humaine comporte une dimension social-historique (ou, dit autrement, chaque être humain a une existence et pas seulement une essence -sinon il ne serait pas individu et pas une réalité tout court) -le déterminisme chez doit donc être pensé comme multicausal.
  15. Il y a un gros tiers qui rassemble à quelque chose comme une mise à jour intelligente du "roman national" façon 3ème République. Perso j'aime bien mais le ton comme le contenu ont quelque chose d'invinciblement adressé à des écoliers -et je me doute que ça puisse agacer. La partie essentielle ce sont bien évidemment les questions posées et le travail sur les concepts. Ce n'est pas absolument parfait -je fais d'ailleurs une ou deux critiques dans mon billet- mais je connais pas d'ouvrage qui traiterait du même sujet. J'ai lu Benedict Anderson et quelques autres, eux ils s'occupent d'expliquer que le sentiment national est une création historique. Ce qui en un sens n'est pas faux mais ça ne nous dit pas ce que c'est. Lacroix, oui. Une limite dont je ne sais plus si j'ai parlé dans mon billet, c'est qu'il ne traite pas de la rationalité ou de la non-rationalité du patriotisme. Normativement on voit bien qu'il le défend, mais philosophiquement ça n'est pas abouti. Mais d'un autre côté le seul moyen de le faire serait de réinsérer le patriotisme parmi tous l'ensemble des valeurs morales, et visiblement il n'avait pas envie d'écrire un traité de morale.
  16. Oui, on retombe sur une autre ambiguïté du terme de nationalisme. Quand on parle de "mouvement des nationalités", il vaudrait mieux parler d' "indépendantisme" ou (mais le terme est barbare), de nationisme. Conceptuellement parlant, le libéralisme peut parfaitement se coupler avec ce "nationalisme" là. Mais on voit bien que ça n'entre pas dans l'essence du libéralisme vu que c'est une forme politique et pas un contenu politique. Sur le plan historique, ce que j'ai appris jusqu'ici des "nationaux-libéraux" allemands me fait franchement douter qu'ils fussent libéraux. On retombe à mon avis sur la confusion fin/moyen qui pousse à définir le libéralisme comme un constitutionnalisme.
  17. Ben, si. Il y a des déterminations qui découlent de mon essence, et beaucoup d'autres qui n'en découlent pas. Ce n'est pas ma nature qui explique que j'ai choisi un pull gris ce matin.
  18. Non mais on parle de Trotski hein. Le mec qui avait le testament de Lénine dénonçant Staline et qui ne l'a pas utilisé.
  19. Je viens de lire l'article d'Alex Nowrasteh: https://www.contrepoints.org/2018/11/07/329633-du-nationalisme-et-de-ses-consequences-sur-la-liberte Il n'a pas tout à fait tort de dire que "l’essentiel de la recherche sur le nationalisme est lamentable" ; néanmoins, travaillant moi-même sur la question avec des recherches françaises,on ne peut plus dire qu' "il n’y a pratiquement aucune tentative de le distinguer du patriotisme." Car nous possédons désormais l'essai de Michel Lacroix sur la nature de cette distinction: http://oratio-obscura.blogspot.com/2018/08/penser-le-patriotisme-avec-michel.html Ensuite il présente la typologie du nationalisme de Carlton J.H. Hayes. Elle me semble très mauvaise. Il me semble par exemple que le dimension "humanitaire" se retrouve aussi bien chez les jacobins que dans le mouvement libéral du XIXème siècle, voire au-delà. Je ne vois du reste pas comment on peut parler d'un "nationalisme jacobin" et ne pas mettre Rousseau aux origines d'un tel courant. Parler de "nationalisme libéral" me semble très malheureux (autant que socialisme libéral), même si je vois effectivement le genre de réalité que cette appellation désigne. Mais il vaudrait mieux parler de conception libérale de la nation, ce qui n'est pas un courant politique. Il y a certainement des formes très répandues de "nationalisme traditionaliste" (ou réactionnaire), mais je doute qu'on puisse mettre Burke (qui est un conservateur) sous cette appellation, et certainement pas Metternich. La "nation" n'est absolument pas un référent positif du cadre mental de ce dernier, c'est au contraire ce dont il s'agissait d'empêcher l'avènement par des politiques dynastiques, impériales, absolument pas nationales. Enfin l’appellation de "nationalisme intégral" me semble très ambiguë puisque c'est bien évidemment l’appellation que l'Action française (royaliste) se donnait à elle-même, alors que les caractéristiques de la catégorie correspondent plutôt au fascisme, voire au national-socialisme (et ces 3 choses ont certes des points communs mais ne sont pas interchangeables). Je pense personnellement qu'il n'y a qu'un seul nationalisme digne de ce nom, c'est celui que Winock qualifie de "nationalisme fermé":
  20. Hum, pas de différence entre quoi et quoi ?
  21. Ah, l'identité... C'est un peu comme le reste de la réalité, elle n'a pas toujours le bon goût de pouvoir être ce qu'on voudrait qu'elle soit, n'est-ce-pas ? "We don't have a choice about our own nature [...] but about our action." (Ayn Rand, Answers, New American Library, 2005, 241 pages, p.152-153)
  22. https://fr.wikipedia.org/wiki/French_Theory
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