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Mégille

Tribun de la Plèbe
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Tout ce qui a été posté par Mégille

  1. Les écolos ne se réclament pas de Malthus non plus... Et Proudhon garde une bonne image à gauche. Je crois que Onfray se réclame de lui par moment. Je ne serais pas choqué si Michéa faisait de même.
  2. Hm, plutôt vieux trucs respectables envers lesquels il sera charitable, ou plutôt truc neuf et shiny ? On a Kevin Carson, qui essaie de faire un pont entre Proudhon et le libertarianisme, mais je n'ai lu de lui que des articles de blog. En tout cas, il est sympa, même si Block jappe derrière lui (en même temps, il jappe derrière tout ceux qui s’écartent d'un poil de Rothbard). Il faut aussi impérativement qu'il lise le dernier bouquin de Proudhon, la Théorie de la propriété, dans lequel il dit entre autre "la propriété, c'est la liberté". Si il est du genre à vouloir rester fidèle à la tradition anar, lui montrer qu'elle avait un gros courant libéral dès l'origine peut être un bon point. A ce moment là, le Manifeste de l'anarchie de Bellegarrigue est un incontournable. Relire calmement La désobéissance civile de Thoreau est pas mal non plus. Le monsieur kiff la propriété privée, et ce à quoi il incite, c'est de ne pas payer l'impôt, pas de faire des tags sur les murs. Il y a aussi la possibilité de l'inviter à lire Rothbard, et de le laisser se faire un avis sur la question. Sinon, je crois que @Johnathan R. Razorback est justement passé de l'anarchisme libertaire au libéralisme en lisant Socialisme de Mises.
  3. Quoi qu'il en soit, Bastiat vs Marx ca marche pas trop. Et j'ai des doutes aussi concernant Bastiat vs Malthus. Déjà, ce qu'on retient le plus de Malthus, la loi des populations, n'est pas réfutée a priori par des arguments types Bastiat (ou alors il va falloir me dire lesquels) mais est surtout réfuté empiriquement, jusqu'à présent au moins. Ensuite, il ne faut pas oublier que les solutions que Malthus propose à ce problème sont libérales : il ne propose pas de tuer qui que ce soit, ou de rationner les ressources, il propose essentiellement de mettre fin aux politiques d'aide aux pauvres, puisqu'en plus d'encourager les comportements vicieux et improductifs, elles permettent aux pauvres de se multiplier, et amplifient la catastrophe à venir. Malthus s'égare lorsqu'il se met à défendre la théorie de la surproduction, mais contre ça, mieux vaut Say que Bastiat. Il y a plus de quoi faire avec Bastiat vs Proudhon.
  4. Nah, il n'y a pas vraiment débat possible entre Marx et Bastiat. Bastiat évite l'erreur fondamentale de Marx, qui est la théorie de la valeur travail, mais il ne s'étend pas beaucoup sur ce point, contrairement à Mises. Notre Bastiat est spécialisé dans la critique de toutes les variations d'un sophisme courant, qui est de confondre la richesse avec les obstacles que l'on doit traverser pour l'obtenir. Mais je ne vois pas vraiment de ça chez Marx. Pour faire faire à Bastiat une attaque explicite des fondements de Marx, il faudra lui faire faire du Mises. Mais on resterait à coté du plus gros de Bastiat, puisque Marx ne casse pas de vitre, et surtout, du plus gros de Marx, et Marx, c'est très très gros. Si vous voulez faire un débat de Bastiat contre un contemporain vraiment antagoniste, il faudrait choisir Louis Blanc. Mais lui, malgré les quelques rues à son nom par-ci par là, est encore plus oublié. Sinon, je vote Condillac vs Mably, quand à déterrer des vieux types oubliés !
  5. Le duel est moins directe que Hayek vs Keynes, et est beaucoup plus biaisé en notre faveur, puisque ni Marx, ni (que je sache) ses successeurs n'ont proposé de réfutation de Mises. Mais s'ils se concentrent sur la théorie de la valeur et sur la nature du capital, ça peut être pertinent. Face à Malthus, je mettrais plutôt Say (si on veut rester français, sinon, Ricardo).
  6. Les "théories critiques" ont tendance à considérer que la réalité sociale, qui est un système de domination, ne se laissent comprendre que du point de vue des dominés. Je ne sais pas si c'est un postulat de base, ou si ils ont des arguments en faveur de cette drôle d'idée.
  7. Avec Proudhon ce serait pas mal. Et après, ils s'énervent tous les deux, et laissent chacun la place à leur sidekick, Bellegarrigue et Molinari, qui se rendent compte qu'en fait ils sont d'accord, alors ils se font un gros calin, se marient, et vont vivre au El Salvador en cultivant du cannabis et en vendant des armes.
  8. Toi, tu ne connaissais pas Jarmusch, non ? Ne regarde jamais Coffee and cigarette !
  9. Mais je suis sûr que c'est le cas. Déjà, au niveau superficiel, les flics et les matons qui exercent une coercition visible sur les noirs le font avec l'argent de l’impôt, donc payer l'impôt, c'est les payer eux. (dans le contexte américain, on peut aussi dire que c'est payer pour le mur, et rappeler que la désobéissance civile que prône Thoreau était justement de ne pas payer un impôt qui finançait une injustice contre le Mexique). De façon plus systématique, le développement de l'Etat est très lié à 1) l'oppression des femmes et 2) la déshumanisation et l'exploitation des autres peuples. 1) parce que, dans les sociétés traditionnelles, sans états, on avait déjà une structure patriarcale avec une stricte séparation des rôles entre hommes et femmes, mais les femmes y gardent généralement une certaine hégémonie sur la sphère domestique, intra-familiale. La domination des hommes s'exerçaient par un monopole des relations inter-familiales, et du rapport à l'extérieur. Ca se voit clairement chez les Mosos, ou les iroquois, ou les anciens scandinaves, par exemple. Les proto-états sont des associations de pères de famille en vu de se renforcer mutuellement contre les hommes des autres tribus, mais qui leur permet du même coup de modifier en leur faveur le rapport de force au sein de la famille. La naissance de l'état, c'est la victoire de l'extérieur sur l'intérieur, et donc, du champ de pouvoir qui était réservé aux hommes sur celui qui était laissé aux femmes sous le proto-patriarcat. A propos de 2), l'état étant une structure extractive (plutôt que productive), il repose sur du travail contraint, qui est obtenu par l'exploitation d'autres peuples, ce qui implique psychologiquement leur déshumanisations par les exploiteurs, racine de la racisation. Cette même dynamique était encore clairement à l'oeuvre au début du XX. L'état actuel est la continuation de cette oppression, et l'impôt est un travail forcé plus abstrait. On peut objecter qu'aujourd'hui, il sert à financer diverse mesure venant en aide aux anciens exploités. Si on estime que ce n'est pas encore vraiment/suffisamment le cas, on peut toujours en faire son objectif. Ce serait une approche marxisante : oui, évidemment que l'état a été inventé par les oppresseurs, dans leur intérêt, mais il serait possible pour les anciens dominés de s'en saisir pour renverser la dynamique à leur avantage, afin de faire disparaître les injustices. Mais c'était déjà naïf de la part des marxistes de croire que l'état puisse vraiment servir autre chose que les intérêts d'un groupe d'oppresseur (comme l'on sans cesse rappeler les libertaires), ça l'est encore plus dans l'optique qui nous intéresse, puisque les minorités sont, et bien, des minorités... Quand aux aides dont sont susceptibles de bénéficier les minorités, il ne faut pas oublier qu'elles ont la même source que les violences policières systématiques. Il s'agit d'une façon de rendre dépendant, et donc serviles, les oppressés. C'est clairement dans cette optique que Bismarck a créé la sécurité sociale : il ne s'agissait pas d'aider les ouvriers à s'émanciper, il s'agissait de leur faire croire qu'ils étaient favorisé par le système qui les dévore, afin qu'ils œuvrent à le préserver.
  10. Sparte, même si ça va à contre-courant de Hayek. Les grecs attribuaient les lois de Sparte à Lycurgue, mais c'est plus vraisemblablement le fruit d'une lente évolution d'anciennes coutumes. Mais on est dans ordre spontanée tribal, quoi que tardif. Les institutions d'Athènes sont le fruit de trois législateurs constructivistes, et à chaque fois, c'est parti en couille. D'abord Dracon, premier à écrire des lois, en l'occurrence, sans doute un code pénal, dont on va se souvenir pour leurs sévérités (sans doute à cause de la rigidité et du décalage vis-à-vis de la réalité qu'on toujours les lois statutaires, par rapport à la jurisprudence). Puis Solon, qui met en place un début de démocratie, ce qui a pour conséquence directe l'arrivée au pouvoir d'un tyran populiste, Pisistrate. Puis, après que les fils de ce dernier se soient entre-tué, Clisthène, qui rend le pouvoir d'autant plus démocratique (mais plus stable en le décentralisant), tout en menant une politique de redistribution des terres en s'inspirant d'un de ses oncles, qui avait fait ça en étant tyran ailleurs. Athènes a surtout connu sa grandeur grâce à l'exploitation des autres cités de la ligue de Délos (qui, comme toutes les cités grecques, se sont développées en grande partie par l'esclavage des barbares). L'ordre est toujours un compromis. L'équilibre, instable, entre des forces souvent contraire. En tant que tel, il n'est jamais le fruit d'une planification totale d'une personne ou d'un groupe précis. Il y en a, hein, des ordres spontanés. Typiquement, un prix qui est bas parce qu'une marchandise est abondante ou peu demandée. Mais je suis d'accord, il ne suffit pas de montrer des cas d'ordres spontanés particuliers pour pouvoir affirmer que tout est spontanément ordre. C'est parfois utilisé comme un mantra, comme une croyance un peu naïve, au moins chez des hayékiens approximatifs. Au fait, y a-t-il une définition de "l'ordre", chez Hayek ? Je n'en suis pas sûr. L'humain s'est toujours très bien accommodé de tout un tas d'inégalité, même très peu justifié. Ne serait-ce que l'inégalité entre l'homme et la femme, auxquels les sociétés traditionnelles donnent des rôles strictement différent, et généralement clairement hiérarchisé. La passion pour l'égalité est quelque chose d'assez contingent historiquement, et propre au despotisme si on en croit Montesquieu, et menant à la tyrannie, si on suit Tocqueville. Mais je garde espoir en le fait que la plupart des gens préféreront avoir deux pommes plutôt qu'une, quitte à ce que leur voisin en aient encore plus.
  11. Mégille

    Tweets rigolos

    C'est du Lénine orthodoxe. Lénine cherche à expliquer comment le capitalisme a pu survivre jusqu'à son époque, alors que Marx semblait annoncer une révolution imminente dans les pays industriels les plus avancés. Pour Lénine, le capitalisme a joui d'un sursis grâce à l'impérialisme : devenu monopoliste, et ayant exploité autant que possible le prolétariat européen, le capital parvient à ne pas se consommer immédiatement lui-même en allant bouffer le reste du monde. Les empires coloniaux de la fin du XIX sont donc la suite logique de la révolution industrielle et de l'accumulation primitive du capital. Mais bien sûr, dès que les empires se sont emparés du monde entier, ils ne peuvent que se heurter les uns aux autres, menant inévitablement à un conflit mondial. Tout ça est dans l'impérialisme, stade suprême du capitalisme. Ca explique aussi la grille de lecture qu'avait l'URSS des USA pendant la guerre froide, et le terme "d'impérialisme" utilisé à répétition, de façon incompréhensible en occident. Ca se retrouve encore un peu dans le discours anti-américain, et dans les études post-coloniales.
  12. Sauf que dans le rôle des socialo-communistes comme idée bizarre qui s'impose progressivement à la gauche des radicaux, cette fois, on a l'écologie.
  13. Pendant ce temps, au de capès de philo, 1800 candidats pour 120 place (c'est une année facile). Le prof de philo de votre fils est sans doute plus compétent que son prof de math !
  14. Comme par hasard... j'imagine que la version officielle est que c'est une pure coïncidence et que tous les trois étaient tout à fait humain, hein ?
  15. Du coup, la principale différence entre un jeune occidental et un jeune chinois, c'est que le deuxième ne lit pas de manga ?
  16. Tout ce que j'apprends à propos de la Chine me terrifie. Je ne comprends pas comment des occidentaux peuvent vivre là bas. Vous ne vous sentez pas trop comme si vous étiez, disons, en Allemagne dans les années 30 ?
  17. Les brexiters sont plutôt anti-migration, ce sont donc ses copains idéologiques sur ce plan là. Et ils sont plutôt libre-échangiste, et vont donc faire beaucoup plus de commerce avec les USA s'ils se coupent un peu de la France et de l'Allemagne. Et Trump a toujours détesté avoir a négocier ses deals avec Bruxelle plutôt que directement avec les états européens.
  18. C'est assez incroyable. Pourtant, leur dernière primaire a clairement montrée que leur base électorale était plus libérale qu'eux. Et je ne serais pas surpris que Sarko soit plébiscitée par la base parce qu'il est perçu comme libéral. C'est quoi leur problème, ce sont des socialistes sous couverture ?
  19. Sauf que toute cette histoire est dans le livre d'Hénoch, qui, sauf pour les éthiopiens, est apocryphe. Mais apocryphe veut juste dire "pas canon", donc pas tamponné "garantie 100% véridique", mais pas forcément faux, ou inutile spirituellement. Donc toute cette histoire a un statut assez ambiguë au sein du dogme chrétien... En tout cas, un chrétien n'est sûrement pas obligé d'y croire (sauf s'il appartient à l'église éthiopienne).
  20. sauf que si on suit Augustin, n'oublie pas que même si au moment de ton assassinat, tu es vierge, tu as été bon toute ta vie, et tu es encore en train de prier et de dire merci à Dieu pendant que tu t'étouffe avec ton sang... et bien, tu ne va pas forcément être sauvé pour autant ! Le salut est tellement au delà de la nature humaine que tu ne peux rien faire pour l'obtenir par toi même. Ca reste toujours un acte de pur amour de la part de Dieu que de donner la grâce. Et puisque personne ne la mérite, il peut tout aussi bien la donner à ton assassin et pas à toi. Miséricorde ta mère. Ce qui pose du coup un problème au niveau de la motivation pour faire le bien... Je crois que le seul fait de faire le bien te rapproche de Dieu, ce qui est une fin en soi, même si ce n'est jamais suffisant. C'est sans doute plus parce que Dieu te fait le connaître (ce qui ne peut être que surnaturel, et échappant à tes facultés humaines) que tu es amené à bien agir, plus que l'inverse, mais je ne suis pas sûr de ça. Je crois que c'est largement allégorique, même si les théologiens ne vont jamais le dire clairement. Typiquement, la négativité du mal exclu l'existence du "prince noir" auxquels croient les manichéens, pourtant, un théologien ne va jamais te dire que le diable n'existe pas. Idem, Dieu est au delà du temps, et être proche de lui idem. Donc le paradis n'est pas vraiment une vie, avec sa propre temporalité, qui viendrait "après" un événement terrestre (la mort). D'où la coexistence de deux mythes eschatologiques rivaux au sein du christianisme, au sein desquels à peu près personne ne juge bon de trancher : celui d'un salut individuel, immédiatement après la mort, sur un petit nuage, devant saint Pierre, qu'on représente souvent aujourd'hui, et le salut collectif, avec la fin du monde, le monstre à sept tête, les groupes de métal, et la résurrection des corps. Mais à part les témoins de Jéhovah, plus grande monde ne croit exclusivement à celle forme de salut là. Mais ces deux mythes sont des allégories pour ce qui est non pas un moment futur, mais ce qui est hors du temps. D'ailleurs, la résurrection de Lazare est généralement vu comme une allégorie de ce salut, et les catholiques vont même jusqu'à considérer que l'intercession de Marie auprès du Christ est une allégorie du fait que prier Marie nous permet d'obtenir le salut. Bien sur, la toute-puissance divine permet de croire qu'un récit allégorique peut très bien à la fois être un fait historique réel, le monde étant plein de signe divin.
  21. Pour les gnosticiens, le créateur du monde est mauvais, il n'est n'est pas véritablement Dieu. Il y a un principe bon supérieur, et toute une série d'émanations qui aboutissent à cette forme dégénéré de Dieu qui est le démiurge. Le gnostique cherche ensuite à se libérer de ce monde mauvais grâce à une connaissance ésotérique. Mais remarque que le problème de la théodicée se pose toujours, puisque l'on peut multiplier les éons et les hypostases et les réalités intermédiaires autant qu'on veut, on voit mal comment le mal procède du bien. Sur le plan intellectuel, ceux qui ont triomphé de cette idée sont ceux qui considéraient que le monde matériel, imparfait, qui procède d'une existence supérieure et parfaite, n'existe qu'en tant qu'il participe à cette perfection, en tant qu'il a encore quelque chose en lui de cette bonté originelle. C'est le néo-platonisme, Avicenne, et (je crois) la kabbale. Sinon, pragmatiquement, le gnosticisme a surtout échoué parce que c'était un culte ésotérique, réservé à une minorité d'initiée. Donc il s'est vite fait remplacer par la grande église. Marcion a essayé de faire un truc un peu plus pop avec l'idée, mais ça n'a pas marché non plus. Si tu veux expliquer le mal mondain par l'action d'un dieu mauvais, il te faut aussi un dieu bon pour commander au bien (sinon, on voit mal le sens qu'aurait le "mal" du mauvais dieu). Mais on se retrouve alors en fait à nier la toute puissance au bon dieu, puisqu'il ne parvient pas à vaincre le mauvais dieu. C'est ce que croyaient les zoroastriens (enfin, croient, il y en a encore), les manichéens, et les cathares (probablement). Et ça a eu un certain succès, hein. La moitié de la France avait abandonné Rome pour croire plutôt à ça, au moyen-âge. Mais si Dieu n'est pas tout puissant, on perd l'avantage ontologique d'avoir un principe absolu, et on peut en venir à se demander s'il n'y a pas un principe neutre encore supérieur. C'est ce que croyait le néoplatonicien tardif Proclus, pour qui il y a un super-un qui engendre à la foi l'un (le bien) et le non-un (le mal), et c'est aussi, je crois, ce que croyaient les zurvanistes, des zoroastriens qui mettaient une autre divinité, le temps je crois, au dessus des deux dieux. Ou alors, tu peux être juif, et dire que Dieu n'est pas toujours gentil, et que ce que tu juges "mal" n'est mal que de ton point de vue humain, mais que dieu se charge aussi du bien des léviathans et des béhémoths, et que tu peux aller te faire foutre.
  22. En tout cas, le problème a été pris très au sérieux par les théologiens, les pères de l'église, et les auteurs de la Bible (je pense tout particulièrement au livre de Job). Dieu n'intervient pas, mais il le peut (Miracle). Je ne suis pas sûr du tout qu'un non-interventionnisme divin ait été la croyance la plus répandue au cours de l'Histoire pour les chrétiens. Les vies des saints sont pleines de miracle, et ça ne s'arrête pas avec le Christ. S'il n'intervient pas après avoir créé le monde, reste qu'il a créé un monde au sein duquel du mal à lieu. Pourquoi n'a-t-il pas créé un monde tel qu'aucun mal n'y pourrait jamais advenir ? Et reste la possibilité du miracle. Chaque fois qu'il pourrait intervenir pour empêcher un mal (et il le peut tout le temps, étant omnipotent), ne manque-t-il pas de bonté ? Quand bien même l'explication est le libre-arbitre, quand il laisse un meurtrier tuer un innocent, son respect du libre-arbitre du meurtrier n'est-il pas une indifférence concernant le mal qui a est infligée à la victime, contre sa volonté à elle ? Dieu est-il systématiquement du coté des assassins ? Donc le problème est là. J'imagine qu'il y a un début de solution dans l’incommensurabilité du bien que l'on a à être proche de Dieu à coté des simples bien mondain. Donc laisser la victime libre se faire assassiner par le meurtrier libre, il ne condamne pas la victime au malheur, il la laisse face à une épreuve (qu'il ne cause pas, libre-arbitre oblige, mais dont il savait qu'elle aurait lieu, et dont il connaît déjà l'issu) au terme de laquelle se trouve le plus grand des biens. Voir même, le seul bien, dont tous les autres ne sont qu'une pâle copie. Chez les chrétiens, il y a en gros deux solutions traditionnelles au problème du mal : celle de Irénée, en terme de perfectibilité, et celle de Augustin, à base de libre-arbitre. pour Irénée, le mal existe comme occasion de se rendre meilleure, et son existence participe donc à un bien plus grand. J'aime tout particulièrement la vision de Origène, qui s'ancre dans se courant, même si c'est hérétique : d'après lui, Dieu à créé les âmes avant de créer le monde, et les âmes ont librement choisi de s'incarner dans le monde afin de se parfaire en se confrontant au mal, et de se rendre digne de l'amour que Dieu leur porte. Et puis il y a Augustin, qui préfère expliquer le problème en terme de libre-arbitre. Dieu ne fait pas le mal, mais il laisse l'homme libre de le faire, sinon, l'homme ne pourrait pas non plus faire le bien. De plus, le mal n'a aucune positivité, il est simplement, pour l'homme, de faire autre chose que le bien. Et le véritable bien n'est de toute façon pas mondain. Donc dans le cas d'un assassinat par exemple, le mal n'est véritablement là que pour l'assassin, qui s'écarte de Dieu. La victime, et tout ceux qui souffre, ne vive véritablement du mal que s'ils appartiennent à la cité terrestre plutôt qu'à la cité de Dieu. D'est l'explication la plus fréquente aujourd'hui, je crois, mais que je sache, Irénée n'est pas hérétique. J'ignore dans quelle mesure on peut rendre les deux compatibles. Après, Augustin a créé pas mal de problème, parce qu'on ne comprend pas tout à fait la même chose lorsque l'on lit ses polémiques contre les manichéens, vers le milieu de sa vie, et celle contre les pélagiens, dans sa vieillesse. C'est contre les manichéens (une religion orientale mélangeant zoroastrisme, bouddhisme et christianisme) qu'il vide le mal de sa substance, et affirme sa pure négativité. Et corollairement, le libre-arbitre de l'homme pour l'expliquer. Mais bien plus tard, contre Pélagius, qui affirmait que c'est l'homme, par ses propres actes et sa propre bonté qui accède au paradis, il va défendre que seul la grâce divine donne le salut, gratuitement. Personne ne mérite d'être sauvé, c'est un pur acte d'amour et de miséricorde divine que de sauver qui que ce soit. Même un criminel peut être sauvé, et même un saint est damné s'il ne reçoit pas la grâce. Et bien entendu, Dieu étant omniscient, il sait d'avance qui sera élu, et qui le ne sera pas. Ce qui n'a aucun rapport causal avec qui sera bon et qui ne le sera pas, même si, soit dit en passant, ça aussi, Dieu le sait d'avance. Ce n'est pas intuitif du tout, mais si on refuse ça, c'est à dire, si on accepte, avec Pélage, que l'homme s'ouvre lui-même les portes du paradis, on nie le caractère surnaturel et supra-humain du bien suprême. C'est à peu près ce que font aujourd'hui les mormons, je crois, qui croient qu'un homme peut finir par devenir divin. Et ça semble aussi contradictoire avec le libre-arbitre. Si Dieu sait d'avance ce que l'on va faire, et la récompense qu'il va nous donner, en quoi sommes nous libre ? J'ai l'impression que la plupart des protestants, ont préférer garder le vieux Augustin, celui qui se bat contre Pélage, quitte à abandonner le jeune Augustin, qui invoquait le libre-arbitre contre les manichéens. Chez les jésuites, une thèse assez subtile a été avancée par Luis de Molina : c'est bien l'homme qui est la cause de ce qu'il fait, il est donc libre, et Dieu sait d'avance ce que l'on va choisir, mais n'étant pas celui qui cause nos choix, ça ne va pas à l'encontre de notre liberté. Ca a fait pas mal controverse au sein de l'église catholique, il me semble. Mais je ne sais plus où Rome en est sur cette question.
  23. Il laisse en place des mesures social-démocrates, mais je n'ai pas l'impression qu'il agisse beaucoup dans cette direction là... Un président n'a pas pour vocation de reconstruire de fond en comble un système, il récupère une grosse machine qui tourne déjà un peu toute seule, et il la fait un peu avancer dans le sens qui lui semble bon. Je crois que Macron a au moins cette vertu de placer plus d'espoir dans la création de richesse que dans sa redistribution. Mais il croit que cette redistribution passe par une certaine forme de planification paternaliste. D'où son investissement dans l'intelligence artificielle, par exemple. L'idée de solidarité entre les "premiers de cordés" et les autres, il se contente de ne pas la remettre en cause, mais il s'en passerait bien. Rappelez vous de sa timide tentative de réduire les APL. Il trouve seulement que le combat ne vaut pas le coup.
  24. Mégille

    Blagues

    La vache, les carambars israéliens, c'est pas le même niveau que ceux de chez nous...
  25. Pas sûr que "social-démocrate" soit le bon qualificatif pour lui. Son interventionnisme (ni dans son action, ni dans son discours) n'est pas très "social", dans le sens ou le souci des plus démunies n'est visiblement pas sa priorité, même pas en apparence. Et il est encore moins "démocrate", dans la mesure ou il insiste sur la démocratie comme forme de souveraineté pour mieux en faire s'en débarrasser comme forme de gouvernement. C'est un technocrate saint-simonien à l'ancienne. Un paléo-socialiste comme on croit n'en voir qu'au détour de petits chapitres d'histoire ancienne des idées politiques, mais qui en vérité, ont survécu et se sont reproduit dans la pénombre moite des grandes écoles françaises. Planiste sans être égalitariste, autoritaire sans être conservateur.
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