-
Compteur de contenus
12 971 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
52
Tout ce qui a été posté par F. mas
-
Le Droit Naturel Existe T-Il ?
F. mas a répondu à un sujet de Carlito dans Philosophie, éthique et histoire
Il est pas si positiviste que ça, Hart (enfin quand même un peu ). Sa cible, après tout, c'est le positivisme bête et méchant de Austin (qui réduit le droit à des commandements accompagnés de coercition). Le livre de Barnett est un cadeau récent, et j'avoue le découvrir avec beaucoup d'intérêt (il fait le lien entre plusieurs de mes lectures récentes ou plus anciennes : Hume, Mackie, Hart, Richard Joyce et de Jasay). -
Pour ceux que ça intéresse, il y a eu un peu de potin dans les départements de philosophie après la publication du dernier livre de Thomas Nagel, et son excommunication a été demandé de la part de certains évêques de l'Eglise évolutionniste d'athéologie matérialiste (notamment Monseigneur Dennett). Le bouquin http://www.amazon.com/dp/0199919755 L'article sur le sujet http://www.weeklystandard.com/articles/heretic_707692.html?nopager=1
-
Le Droit Naturel Existe T-Il ?
F. mas a répondu à un sujet de Carlito dans Philosophie, éthique et histoire
Une petite précision sur le rapport entre loi naturelle et convention (ou droit positif) : le premier est une forme de raisonnement en si, alors, le second le produit d'une volonté (un "commandement"), celle du juge ou du législateur. On peut très bien produire un raisonnement juridique ou sur les premiers principes parfait et ne jamais le mettre sur papier ou le rendre exécutoire. -
Gentleman contemporain - comment s'habiller avec classe
F. mas a répondu à un sujet de Librekom dans Sports et loisirs
Rasé de frais, à ce que je vois. -
Le Droit Naturel Existe T-Il ?
F. mas a répondu à un sujet de Carlito dans Philosophie, éthique et histoire
L'expression "droit naturel" est effectivement une expression ambiguë, et se rapporte à des théories très différentes à la fois sur le droit et la nature. Tu as sans doute eu dans les mains la petite histoire de Pierre Hadot sur l'idée de nature, qui donne une idée sur le changement de signification et de statut de la nature à travers les âges, depuis Aristote jusqu'à aujourd'hui, ce qui bien entendu a aussi déplacé les problèmes. Quant au terme "droit", il est tout aussi changeant : parle-t-on de règles ou de commandements impératifs universellement valides, de l'activité de juger, de qualités subjectives ou d'un ordre juridique spécifique qui pourrait servir d'un étalon permettant de juger les ordres politiques existants ? Quand Aristote parle de droit naturel, il pense à l'ordre politique et juridique le plus conforme à ce qui appartient en propre à l'homme, sa nature d'animal parlant et raisonnant (les deux notions sont confondues chez lui). Donc plus que vers la physique, c'est vers la biologie qu'il faudrait se tourner pour comprendre ce qu'il entend par là. Il imagine parmi les ordres politiques humains une synthèse qui puisse entretenir, conserver et même refléter l'ordre intérieur de l'être humain (avec sa partie rationnelle ordonnant la part passionnelle et celle "végétative"). C'est tout l'intérêt du livre III de la politique. La relation entre nature et droit s'est déplacée avec les transformations scientifiques des 17 et 18eme siècles, ce qui me fait passer au droit naturel moderne. L'étude de la nature s'émancipe de la philosophie et de la théologie ce qui va obliger les théoriciens à trouver un autre stratagème. En imaginant par exemple un état de nature dans lequel les hommes seraient dotés de droits ou de facultés que les conventions politiques seraient chargées de protéger. Bon, le problème du statut de l'état de nature est connu, et cela a une incidence sur le statut des droits donnés comme naturels. Maintenant, ces quelques rappels préliminaires formulés, pour ma part, je suis assez séduit par la conception défendue par Randy Barnett (nb : Rincevent, merci encore, on en reparlera The structure of liberty 1998) non pas du droit ou des droits naturels, mais de la loi naturelle comme méthode d'analyse, qui s'inspire à la fois d'Aristote et de Locke d'un côté, mais aussi de David Hume et de Herbert Hart de l'autre. Pour Barnett, les lois naturelles sont des principes normatifs formulés comme des impératifs hypothétiques : si..., alors... (si tu veux faire X, alors tu dois faire Z). Seulement, ce raisonnement en "si-alors" suppose deux préconditions, l'une portant sur la nature des êtres humains et l'autre sur son environnement. C'est là qu'on abandonne Aristote pour Hobbes, Hume et Hart. Barnett partage avec Hobbes l'idée que l'individu a au minimum une préférence pour lui sa propre conservation. Il ajoute à ça d'autres éléments empruntés à Hart. Dans "Le concept de droit" (1961, 2005) , Hart liste cinq faits contingents qu'il appelle "contenu minimum du droit naturel" sans lequel le "projet minimal de conservation que les hommes forment en s'associant" devient intenable. Le premier porte sur la vulnérabilité humaine ("Si les hommes devaient perdre leur vulnérabilité les uns par rapport aux autres, on verrait disparaître une raison évidente de formuler la prescription la plus caractéristique du droit et de la morale : "tu ne tueras point"" p. 212), le second sur l'égalité approximative entre les êtres humains ("aucun individu n'a une puissance supérieure à celle des autres au point d'être capable, sans aide, de les dominer ou de les asservir plus longtemps qu'une courte période" p. 213), le troisième sur leur altruisme limité, le quatrième sur le caractère limité des ressources et enfin le dernier sur l'intelligence et la force de volonté humaines limitées. Ces cinq faits permettent à Hart de tenir le raisonnement suivant : étant donné ces conditions, si les individus désirent survivre, ils doivent par conséquent intégrer dans leurs systèmes légaux des règles qui contraignent l'usage de la violence, qui favorise les compromis et la patience mutuelle, des règles minimales de propriété tout comme la règle spécifique qui permette son respect (qui permette aux individus de créer des obligations et de varier leurs conséquences), et l'imposition de sanctions par une organisation coercitive contre les freeriders. Barnett observe que le raisonnement de Hart se rapproche de celui de Hume (et c'est moi qui ajoute de celui de Hobbes aussi : on déduit de la nature les conditions nécessaires à l'institution artificielle d'une société dédiée à la conservation des individus) en particulier sur la justice. Pour Hume, la justice est un artifice, elle est le produit de l'invention humaine, mais n'est pas arbitraire : elle n'est possible que parce qu'elle prend en compte des faits spécifiques à l'homme et à son environnement. Pour ceux que ça tente http://www.amazon.com/The-Structure-Liberty-Justice-Rule/dp/0198297297 http://www.amazon.fr/Le-concept-droit-H-L-A-Hart/dp/2802801694 -
Le Droit Naturel Existe T-Il ?
F. mas a répondu à un sujet de Carlito dans Philosophie, éthique et histoire
Je vais te répondre incessamment (V), je suis un peu occupé, mais cette discussion m'intéresse trop pour la laisser tomber Tout ce que je peux dire pour l'instant c'est que prendre pour étalon la physique (les lois de la physique) pour juger de la nature du droit naturel est une fausse route, et une réduction qui ne permet pas de le comprendre. -
Le Droit Naturel Existe T-Il ?
F. mas a répondu à un sujet de Carlito dans Philosophie, éthique et histoire
Je trouve la correction pertinente, mais je ne pense pas que Villey soit ambigu sur la maxime (mais je dis ça de mémoire : il me semble que pour lui, cela renvoie à l'activité de juger: le partage des biens -internes ou externes- a déjà eu lieu, les frontières de la propriété sont déjà établies et il s'agit de les reconnaître, et non de les corriger, ce qui reviendrait plutôt à l'équité). Sinon un article de de Jasay sur deux notions de justice qu'on a tendance à confondre, qui me paraît bienvenu et très clair (suum cuique v. to each, according to), et qui ouvre la voie à la confusion entre justice tout court et justice sociale. http://www.dejasay.org/bib_journals_detail.asp?id=56 -
Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
F. mas a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
-
Chirac ne représente que lui même et ses potes escrocs. Pareil pour Hollande, Sarko et les autres couillons. Leurs discours, ils peuvent se les carrer très profondément dans leurs culs respectifs.
-
Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
F. mas a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
Moi, j'attends la saison 2 de la tapisserie de Bayeux. J'ai bien aimé l'épisode de la mort du roi Harold. -
Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
F. mas a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
C'est ton côté Margaret Thatcher -
Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
F. mas a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
Derrick ne porte pas de loden, mais des impers made in rda. Ils ont la télé couleur en Belgique ? -
Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
F. mas a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
Le loden, c'est l'avenir. -
Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
F. mas a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
Héhé...même Leo Strauss regardait des séries US. Il appréciait particulièrement (dixerunt ses élèves) Perry Mason et Gunsmoke. Le juge et le cowboy, tout un symbole -
Bien évidemment ! ste question.
-
Margaret Thatcher est décédée
F. mas a répondu à un sujet de Hayek's plosive dans Europe et international
Paradoxalement peut être, je trouve que sa position vis à vis de Pinochet l'honore, même si je n'ai pas d'admiration particulière pour le bonhomme, parce que l'attitude de Maggie suggère qu'elle n'est pas une politicienne sans scrupules. Je m'explique : tous les pays occidentaux ont soutenu le régime chilien jusqu'à la chute de l'URSS. Tous les chefs d'Etat sont allés lui serrer la louche jusqu'à ce qu'ils ne soient plus utiles aux uns et aux autres. Quand il est devenu subitement infréquentable, c'est la seule à être demeurée fidèle quelqu'en soit le prix politique et médiatique. J'ai trouvé ça gonflé de sa part et révélateur de la dose d'hypocrisie qu'il fallait avoir pour naviguer dans les eaux basses de la high politics. -
Margaret Thatcher est décédée
F. mas a répondu à un sujet de Hayek's plosive dans Europe et international
Des réactions de tristesse de la part de mes contacts fessebouk libéraux et de droite convenable, et de joie contenue de la part de ceux de gauche et de droite pas convenable. Au milieu, de l'indifférence. Le pluralisme est donc respecté. -
Malheureux ! On ne prononce pas ce nom sur ce forum. C'est un coup à se faire soupçonner de marxisme culturel...^^
-
La même chose est arrivée à mon frère quand il est parti pour un an à Cambridge. Bon, il était déjà socdem à la base, mais ça n'a fait qu'accentuer ce trait là.
-
Compte Non Déclaré En Suisse : Cahuzac Avoue
F. mas a répondu à un sujet de Calembredaine dans Politique, droit et questions de société
C'est bien de se sentir dégoûté ou méfiant vis à vis de la politique ou de la classe politique, c'est encore mieux de chercher à s'en soustraire réellement. -
Le fil des séries (dont beaucoup trop se bousémotivent)
F. mas a répondu à un sujet de Brock dans Sports et loisirs
Ah pas d'accord, j'ai vu le dernier épisode il y a quelques semaines. L'avant dernière saison est merdique mais la dernière pas mal je trouve (mais ça n'a plus rien à voir avec les autres saisons). -
Images fun et leurs interminables commentaires
F. mas a répondu à un sujet de Librekom dans La Taverne
Je suis assez divisé aussi et ne pense pas qu'il y ait de réponse libérale univoque sur le sujet. Il me semble que si l'égalité devant les services offerts par le gouvernement nécessitait d'être garantie (l'égale accès aux services publics et l'abolition de la ségrégation conformément à la clause d'égale protection de la loi), le basculement vers la discrimination positive et le busing (la politique de great society) ont causé autant de dégât que n'importe quelle politique publique (et n'ont pour le coup pas du tout amélioré les relations interraciales). En bref, je suis plutôt d'accord avec toi -
Images fun et leurs interminables commentaires
F. mas a répondu à un sujet de Librekom dans La Taverne
La bataille qui s'est tenue à partir des années 1950 fut aussi une guerre livrée contre les prérogatives des Etats fédérés par l'Etat fédéral, enfin surtout à partir de 1964. La ségrégation est officiellement abandonnée dans l'enseignement public en 54 avec l'arrêt Brown v. Board of Education of Topeka qui met fin à la doctrine "separate but equals" tolérée depuis 1898, mais il faut attendre 1964 pour que le Congrès vote une loi encourageant la condamnation de toute forme de discrimination raciale, y compris pour les personnes et les établissements privés. Le gros side effect, c'est que le vote fédéral a permis "de doubler" les législations étatiques, c'est-à-dire d'étendre les pouvoirs de l'Etat fédéral via le congrès et de son évaluation par une cour suprême qui n'en demandait pas tant pour étendre son pouvoir de juger la conformité des lois à la lumière du 14eme amendement. Avec le civil right act, le gouvernement Johnson ne va pas se contenter de détruire ce qui restait d'autorité des états fédérés, il va aussi encourager les premiers programmes de discriminations positives en faveur des noirs et le busing, c'est à dire "l'intégration forcée"par l'usage de la force publique. C'est ce qui expliquera en grande partie le raidissement conservateur du mouvement ouvrier blanc et sa migration des démocrates vers les républicains au début des années 80. Sur l'ambivalence de la discrimination positive (à la fois positive car détruisant la discrimination et négative car encourageant la centralisation politique), je t'invite vivement à lire l'article de Hannah Arendt qu'elle a publié en 59 dans Dissent (la revue de Noam Chomsky^^), reflections on Little Rock http://learningspaces.org/forgotten/little_rock1.pdf -
Images fun et leurs interminables commentaires
F. mas a répondu à un sujet de Librekom dans La Taverne
Il y aurait beaucoup à dire sur la déségrégation raciale aux USA, tout comme l'image d’Épinal que les progressistes ont tendance à associer à cette période de l'histoire politique US. Tout ceci afin de salir tout ce qui s'est opposé à la centralisation étatique et à l'intrusion du gouvernement fédéral dans les relations économiques entre individus. Foi de quelqu'un qui a Barry Goldwater en signature. -
Reason & autres magazines libertariens
F. mas a répondu à un sujet de Patrick Smets dans Lectures et culture
Ah, pas sûr : c'est une création de ses élèves, et j'imagine donc que oui, mais je ne suis pas certain. A demander aux abonnés, justement. (nb : il y a même au moins deux articles d'A de Jasay dans la revue, ce qui est quand même assez surprenant).
