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F. mas

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Tout ce qui a été posté par F. mas

  1. Vulgariser est un exercice difficile dans beaucoup de domaines. On pourrait -et devrait- avoir les mêmes préventions à l'endroit de la philosophie, qui au contact du grand public tend à se transformer en bouillie infâme. C'est au fond le lot de beaucoup de disciplines spécialisées.
  2. Le virtue signalling ne paie pas.

  3. Adidas clodo ? (c'est le vrai nom de Michéa)
  4. Oui effectivement, l'impact d'Er est important, mais ce n'est pas encore du niveau de Breibart (de l'écosystème ar j'ai l'impression, avec ses propres medias, forums, vlogs et réseaux sociaux).
  5. Les commentateurs de Cp me semblent plus venir des droites classiques LR-FN (à confirmer) que du fin fond de la galaxie internético-kékisto-alt-righiste. Le problème qui se pose en France ne me semble pas exactement le même que celui us: aux usa, le débat à droite s'est déplacé à droite et sur internet, alors qu'en France, il reste très largement le fait des appareils politiques et des médias plus classiques.
  6. C'est pour ça qu'il nous faut de la matière grise, et pas seulement de la comm.
  7. J'ai l'impression que la bulle libérale-libertarienne américaine qui s'est créée au début des années 2010, et qui a culminé avec la candidature de Ron Paul en 2014 a explosé, encore une fois pour des raisons liées aux circonstances politiques du moment, a éclaté. Je vois principalement deux grands types d'explication : la première, c'est le changement d'atmosphère politique générale après la vague d'attentats qui a frappé le monde ces dernières années et la crise des migrants en Europe, qui a abouti à la fois au Brexit et à l'élection de Donald Trump sur fond de renouveau de la guerre culturelle sur les campus, des critiques de la mondialisation et du libre-échange. La seconde, c'est l'incapacité des libertariens à capitaliser sur la popularité de Ron Paul : Rand Paul, qui a joué la notabilisation au sein du GOP a finalement fait fuir la frange anti-système de son électorat qui a préféré Trump, et Gary 'Aleppo' Johnson n'a pas réussi à convaincre au-delà des déjà convaincus du LP, ceux qui ont trouvé audible son discours sur la libéralisation des drogues et tout le toutim. La première raison a polarisé à l'extrême une tension qui existait déjà au sein de la constellation libertarienne/libérale, mais l'élection a détruit l'idéal de big tent libertarianism, l'idée que les libertariens puisse coexister par-delà les chapelles : avec l'arrivée de Trump et le foutoir que ça a provoqué (les questions sur l'immigration notamment), les prises de position très agressives pro ou contra, prog ou paléo, se sont multipliées, avec deux tentations majeures. La première tentation, à droite du spectre libertarien, est de s'enfermer dans le pur credo anti-establishment paléolibertarien (cf la droite de la droite, celle de Rothbard et de Jeff Deist, mais aussi Lewrockwell and cie) jusqu'à rejoindre l'alt-right comme de nouveaux alliés jugés moins complices de l'establishment que l'aile gauche du spectre libertarien (triple H). La seconde, à gauche du spectre libertarien, est d'assumer son positionnement pro-élites/progressistes pour les uppermiddle classes et de finalement se contenter de défendre l'aile droite de la social-démocratie, c'est à dire plus de libéralisation et de déréglementation, mais sans changer l'essentiel des rapports de force politique (Niskanen center, le 'néolibéralisme' de l'IEA, les vertus bourgeoises à la D McCloskey). Bien entendu, il devient plus difficile d'observer une position médiane sans verser dans une mentalité de citadelle assiégée, ce qui est un problème différent, mais tout aussi réel. Les vents tournent, et les inquiétudes des Américains concernant l'immigration, les tensions interraciales, le terrorisme islamique et la radicalisation de la gauche morale sont aujourd'hui au top de l'agenda politique national. Sur ces sujets, les libertariens n'ont rien à dire, ou plutôt, ils ont tous des opinions différentes en fonction des intérêts et des valeurs politiques qu'ils défendent, qu'ils bouffent du code à Palo Alto ou vivent dans un bled du fin fond de l'Alabama, qu'ils soient gagnants ou perdants de la mondialisation, conservateurs ou prog. Et du coup, plein de gens vont voir ailleurs pour avoir des réponses, parce qu'une théorie en politique n'a d'intérêt que parce qu'elle est autant une explication du monde qu'un guide pour l'action: quand le paradigme a trop de trous, les gens changent de crèmerie pour voir si l'offre à côté peut mieux correspondre à leurs attentes sans trop s'embarrasser de principes. Une théorie politique n'est pas un code moral de Samourai. Notons que cette crise est surtout une crise interne au mouvement libertarien US : ce genre de considération n'a pas trop impacté la France, parce que nous continuons à faire exactement l'inverse de ce qui se passe dans le reste du monde. Les USA et les brits deviennent populistes ? So plouc, on va élire Macron (plongeant les libéraux français dans un autre type de sidération, mais c'est une autre histoire). Le libéralisme politique a besoin de matière grise, pas de procès en hétérodoxie ou de considérations paternalistes sur ce que les gens du commun devraient penser. Il y a aussi de nouvelles lignes de front qui sont en train de s'ouvrir, en particulier en matière de défense de la science et de liberté d'expression, très durement touchées par les politiques gouvernementales, les gender machin et la montée des radicalités sur les campus et dans les médias. Qui dit liberté d'expression, dit liberté d'innover, d'entreprendre, de soumettre à la discussion critique les idées et les projets des individus pour les améliorer. C'est comme ça que la civilisation occidentale marche depuis le début. Sur ces sujets, les libéraux sont audibles pour peu qu'ils s'y prennent bien. On pourra en reparler à l'occasion.
  8. Merci pour ce graphique, ama très éclairant , même si je ne peux m'empêcher de noter quelques bizarreries ou oublis : Tom Woods, alt right ? Par contre je n'ai pas vu la FPS de triple H. Et où mettre Jordan Peterson que certains ont rapproché de l'alt-right?
  9. http://www.tabletmag.com/jewish-news-and-politics/218712/spencer-gottfried-alt-right
  10. Ama regardons d'abord article par article, la ligne n'est pas spécifiquement libérale libérale. Et celui qui le traduit peut demander. Je vais d'abord me renseigner un peu plus sur le sujet.
  11. C'est un de mes sites favoris en ce moment.
  12. Tout en prenant soin de demander l'autorisation avant au site d'origine
  13. Je ne la trouve pas terrible cette vid, et surtout pas convaincante: dire que l'alt-right n'est qu'une poignée de mecs, c'est très rassurant, mais ça n'efface pas la multitude des sites, vlogs, etc et surtout les millions de vues. Et dire que l'alt-right est athée en parlant de Sam Francis, ahem quoi.
  14. C'est marrant, je me suis plongé des mois durant dans la culture alt-right/4chan/etc pour écrire un article pour Contrepoints, et puis j'ai laissé tomber en me disant que tout avait été dit et que les djeunes connaissaient déjà plus ou moins ce monde interlope. Visiblement, ce n'est pas le cas et ça me donne envie de retourner à ma table de travail. @Rincevent Je vais y réfléchir pour la définition unique. Ce n'est pas si facile parce qu'il y a aussi une compétition pour récupérer l'étiquette (ou au contraire s'en défaire après Charlottesville).
  15. @Rincevent Je dirais plus la contre-culture des années 60, libéralisation des moeurs, émancipation et tout le tralala soixantehuitard plus que des sectes militantes politisées: dans le livre de Angela Nagle sur l'alt-right, il y a un passage intéressant sur le sujet d'ailleurs. Alors que la génération de la droite conservatrice des années 90 était justement vent debout contre l'esprit des années 60, celle d'aujourd'hui en reprend les codes sans complexes : c'est drôle d'entendre un Milo par exemple tresser des couronnes de lauriers à Pat Buchanan, qui est en quelque sorte l'antithèse du britannique (en particulier sur le plan des moeurs).
  16. @Fagotto L'immigration latino est un autre aspect du discours de l'alt-right, ce n'est pas antithétique. Sur le côté anecdotique du terrorisme, je rappelle quand même qu'officiellement, les usa sont en guerre contre le terrorisme depuis 2001, qu'il est un enjeu de sécurité pour le pays depuis plus d'une décennie et que son impact a quand même eu pour résultat de participer à l'élection de D Trump, qui se proposait dans son programme de fermer toute immigration en provenance des pays de confession musulmane. Sarsour, qui est un exemple parmi tant d'autres, est une tarée tout à fait en vue, sans que les réseaux sociaux n'aient grand chose à voir avec le sujet. Pour te donner une idée, j'ai fait sa 'connaissance' en regardant la marche des femmes sur Washington l'année dernière, ce qui est un évènement à la fois très médiatique et assez indépendant des flux et reflux des réseaux sociaux. C'est aussi à cette occasion que je me suis aperçu, comme je le disais plus haut, que la gauche américaine est en train de devenir dingo, c'est à dire au sens strict le parti des gens avec un pet au casque (voir des milliers de personnes défiler avec un vagin sur la tête et la prise de parole des sectes les plus radicales... un spectacle ahurissant).
  17. Oui, bcp de millenials avec une culture web très prononcée. Sur la porosité ça dépend j'ai l'impression, il y a tout ce qui touche au kekistan qui vient effectivement plus ou moins de cette culture pop, et il y a celle du noyau dur de l'alt-right, qui est plus doctrinaire et qui va s'agréger dessus (pour l'utiliser).
  18. MMMmmh... Le terrorisme ? Les attentats ? Linda Sarsour ?
  19. @Raffarin2012 Oui, c'est un autre aspect étonnant de l'alt-right, sa totale porosité avec la culture pop genre 4chan/reddit sur les forums (porosité qui est loin d'être aussi forte de l'autre côté). Difficile de regarder des dank memes sans tomber sur un truc plus ou moins limite alt-right dans le lot. La subversion/provocation est passée à l'extrême-droite, c'est certain. Et je confirme, Molbug c'est imbitable
  20. Disons que la dernière génération d''intello' (so to speak) est particulièrement dégénérée, et, à mon avis, cela s'explique pour des raisons sociologiques profondes (la balkanisation sociale des usa, la rupture entre élites us et reste du pays qui fait que les premiers n'ont plus aucun contact depuis des décennies avec les seconds. Il y a de très belles cartes dans Coming Apart de C Murray pour expliquer ça). Non, pas Maurras, plutôt Evola et Guillaume Faye.
  21. @Johnathan R. Razorback Il y a à l'origine de l'identity politics une critique de la vision universaliste classique, color blind, républicaine en quelque sorte, qui ne reconnait que des individus et des rapports socio-économiques. Sur le sujet, tu peux par exemple lire ce qu'en dit Will Kymlicka dans son bouquin sur la citoyenneté multiculturelle. De mémoire, il dresse un petit historique de la révolution des droits, du passage des droits individuels aux droits collectifs au moment des mouvements de libération des années 60. Il se trouve que j'ai perdu le bouquin (dans un déménagement?) donc je ne peux vérifier. Sous un autre angle, cette fois plus 'conservateur', il y a le livre de Huntington sur l'identité, qui fait aussi l'historique de l'identity politics. Enfin plus généralement, l'article de l'encyclopédie de philo de Stanford sur l'ip est parfait, je le recommande particulièrement (c'est en plus plus, so to speak, une source de première main) : https://plato.stanford.edu/entries/identity-politics/
  22. Penser son avenir en tant que minorité, ça rend la droite plus radicale, et ça rebat les cartes entre les étiquettes et les chapelles droitières lato sensu, et ça rend la gauche encore plus dingo (je ne vois pas d'autres mots). A noter que l'originalité du noyau dur de l'alt-right, c'est son caractère européen : comme les yankees n'ont pas vraiment de tradition intellectuelle illibérale de droite, ils l'importent pour se trouver un paradigme politique qui puisse être anti-mondialisme sans être de gauche.
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