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F. mas

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Tout ce qui a été posté par F. mas

  1. Je pense que c'est là le problème, si on s'attache au programme, il n'y a pas d'équivalence en se plaçant du point de vue libéral. Une fois en poste, Macron sera beaucoup plus conservateur que Fillon (enfin, j'insiste, si on s'attache à ce qui est sur le papier) : il ne touche pas aux fondamentaux du modèle social français et de son système d'exploitation/d'extraction fiscale. Par exemple, on peut lire ce qu'en pense François Gardes ici https://www.contrepoints.org/2017/03/01/282520-programme-economique-attrape-demmanuel-macron ou s'intéresser au pedigree de ses soutiens http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/28/les-soutiens-d-emmanuel-macron_5087064_4854003.html Sur les qualités morales de Macron, je me garderai d'avancer quoi que ce soit, je me contenterai (perfidement) de dire qu'il n'a pas jugé bon de révéler qui le finançait, malgré les demandes répétées de la presse et des autres politiques, et que certains de ses anciens collaborateurs gardent un souvenir mitigé du personnage http://www.streetpress.com/sujet/1486723160-macron-le-monde Mettons qu'il a la jeunesse pour lui et n'a pas, comme son adversaire de droite, une carrière complète de politicien à se trimballer comme un lot de casseroles (pour la plupart bien réelles). Mais le problème demeure : de quoi Macron est-il le nom ?
  2. Tu va me faire le plaisir d'aller lire mon article sur le sujet. Tiens, le lien https://www.contrepoints.org/2012/02/21/69884-pourquoi-lire-un-programme-politique-ne-sert-a-rien Sinon, c'est de la politique, et le théâtre des opérations, c'est la France d'aujourd'hui, pas a Grande-Bretagne des années 1970, ce qui veut dire que celui qui choisit de jouer le jeu démocratique fait avec ce qu'il a sous la main, et pas en attendant qu'un Ron Paul providentiel descende deus ex machina. Il n'est pas non plus interdit de se renseigner sur les programmes et les hommes qui entourent les candidats pour éviter les équivalences hasardeuses entre les différentes écuries. Et ceci, bien entendu, ne doit pas être pris pour un engagement quelconque pour qui que ce soit dans la course.
  3. Il se trouve que pour un article en préparation, je suis en train de comparer les différents programmes dans candidats : il n'y a pas photo, du strict point de vue programmatique, que ça soit sur les 35h, la réforme du code du travail, le RSI, le statut d'autoentrepreneur, Fillon est beaucoup plus réformiste que ses concurrents (même sur l'assurance maladie, où il a pourtant reculé). Macron ne dit rien, ou se contente d’égrener le même chapelet de banalités que son prédécesseur hollande. Hamon et Mélenchon ont des propositions proprement suicidaires, inspirées par les débilités de la gauche de la gauche. L'une des questions qui se pose est ama de savoir s'il existe beaucoup d'incitations à tenir ses engagements de campagne (et si il a les épaules pour le faire, surtout après la campagne qu'il est en train de faire). J'avais écrit un article sur le sujet il y a quelques années.
  4. Il va même peut-être nous l'envoyer, mais PAB, va-y.
  5. @Romy : pas grave ! je sais que l'article est long, j'attendrai @PABerryer : super !
  6. Petite précision: la Grande-Bretagne n'a pas de constitution écrite (même si sa pratique a été codifiée depuis des siècles)
  7. Le côté sectaire des suiveurs de Macron, c'est ce qui arrive après la disparition du militant, qui existait encore au PS et au RPR il y a une quinzaine d'années, et qui a été remplacé petit à petit par les bureaucrates et les ambianceurs (les mecs qui n'ont d'intérêt au sein des appareils militants que pour faire la claque et la promotion du candidat désigné par la direction ou qui sont déjà intégrés à la chaîne de direction). Là encore, il faut voir le genre de type qui suivait les Sarkozy et les Ségo en 2007 : la différence avec ceux de Macron n'est pas de nature. Ils ont simplement supplanté les autres types de soutien "à la base" du candidat (militants, permanents, sympathisants normaux).
  8. Ca, je n'y crois pas trop. Ce sont des techniques de comm qui ne marchent pas. Et elles ne marchent tellement pas que tout le monde le prend pour un illuminé. Le "charisme" du personnage est essentiellement une construction journalistique : ils voient ce qu'ils aimeraient voir dans Macron, un leader charismatique (rappelle-toi, on nous a déjà fait le coup avec Sarko et même Hollande). Le parallèle avec Ségo est juste : elle a essayé de faire la même chose, de faire en quelque sorte du Steve Jobs adapté à la politique française. Mais bon, encore une fois, pour que ce genre de comm marche, il faut d'appeler Steve Jobs. Macron, c'est un nouvel avatar énarchique du modernisme technocratique, un peu comme dans les années 80 : puisqu'on ne peut pas toucher aux fondamentaux en politique, on va se parer des plumes du langage de l'entreprise pour faire croire qu'on accompagne le changement. La preuve : le programme. Il aurait du penser à l'hologramme avant Méluche, ceci dit. Dommage pour lui!
  9. En même temps, je suis mauvaise langue : Macron vient de communiquer son programme, dans la lignée de ce phare de la pensée que fut F. Hollande. http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/24/macron-un-projet-sans-rupture-avec-le-hollandisme_5084874_4854003.html http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/24/les-economistes-soulignent-l-equilibre-du-projet-d-emmanuel-macron_5084920_4854003.html
  10. A mon avis, il y a un gros malentendu sur Macron, qui est considéré par beaucoup y compris parmi les libéraux, comme une bouffée d'air frais dans le paysage politique français. Je pense au contraire que nous atteignons avec lui le stade terminal de la dégénération bureaucratique de la classe politique française : plus besoin d'être élu, plus besoin de sélection interne aux partis politiques, plus besoin de programme pour prétendre à la magistrature suprême. Il suffit maintenant de sortir d'une grande école, d'être vendable et d'avoir des appuis bien placés (notamment dans les médias) pour que ça passe presque normalement. Les groupes d'intérêt et la technostructure ont défait le gouvernement représentatif.
  11. Rawls est plus clair dans "Libéralisme politique" que dans "Theorie de la justice". Dans les deux cas, il s'agit avant tout de reconstruire une théorie morale visant à bétonner nos soi disant intuitions morales démocratiques, à savoir les exigences de liberté et d'égalité. "Libéralisme politique" m'a paru moins pénible que TJ parce qu'un peu moins imprégné de kantisme orthodoxe, et plus centré sur la question du pluralisme raisonnable (le fait du pluralisme, le consensus par recoupement, et la nécessité de reconstruire une théorie de la justice qui ne repose pas sur une conception particulière du bien). De mémoire, il y a même un passage intéressant sur les federalist papers. Je n'ai lu de Dworkin que l'empire du droit : si je trouve intéressant certains développements sur le rôle du juge dans la cocréation du droit par son rôle d'interprétation, j'ai un peu tendance à rejoindre le jugement un peu lapidaire qu'en a Philippe Raynaud : c'est une paraphrase intéressante de la common law, mais on ne voit pas bien ce qu'il apporte en plus. J'avais essayé de lire son dernier essai, mais ça m'est tombé des mains.
  12. J'aime beaucoup cet auteur, qui a écrit un Petit éloge de l'anarchisme passionnant. Je me retrouve tout à fait dans son chapitre consacré à "l'éloge de la petite bourgeoisie", qui est à la fois le terreau social et politique du libéralisme égalitaire à la A Smith, du radicalisme plébéien des George Orwell ou conservatisme agrarien à la Belloch/Chesterton. A mettre entre toutes les mains.
  13. Non, au contraire, sa démonstration est more geometrico, c'est une expérience de pensée destinée à mettre en lumière les effets du marché politique démocratique. L'une des critiques qu'on peut éventuellement lui adresser est justement que les monarchies réellement existantes ne répondaient pas aux descriptions proposées et ne répondaient pas aux uniquement aux incitations liées à propriété privée (je n'ai pas son livre sous la main, je l'ai prêté et on ne me l'a toujours pas rendu). L'autre impératif, celui du refoulement de la violence et de la confiscation du pouvoir, n'est pas abordé (sans doute parce que ce n'est pas l'objet principal du livre), et c'est ça aussi qui permet de comprendre pourquoi les monarchies et les despotismes (pour aller vite) choisissent en général de privilégier des institutions extractives plutôt qu'inclusives, l'exploitation des individus plutôt que l'enrichissement de tous.
  14. Sinon, toujours parmi ces auteurs qui pensent un peu aoute of ze boxe, il y a Niall Ferguson : si sa thèse sur la naissance du capitalisme (the ascent of money) n'est pas très originale, son petit livre sur la dégénérescence des institutions (européennes) est très intéressant, tout comme son livre sur la civilisation (et les raisons données pour l'écart creusé entre l'occident et le reste du monde).
  15. Oui : j'avais déjà lu ces données quelque part. Je reformule l'exemple que je prenais parce qu'il peut prêter à confusion, les études sur les jumeaux (que j'ai du lire dans un livre de Pinker, je peux chercher pour retrouver, si ça intéresse) ne cherchent pas à appuyer la thèse de la différence de QI entre groupes raciaux, mais de l'hérédité de l'intelligence et de la relativité de l'environnement culturel sur celui-ci. J'aurais pu dire deux jumeaux, séparés à la naissance, et étudier dans deux milieux sociaux différents par exemple. Je pourrais essayer de retrouver l'expérience de psy (qui doit être dans un bouquin de Pinker). Maintenant, ceci posé, il existe des facteurs extérieurs à prendre en compte pour juger aussi des écarts (et de leur contingence) entre individus et populations (nutrition, traumatismes, etc), et tout ramener à la génétique tend effectivement à "réifier" des inégalités et les différences (différences et inégalités qui, notamment via le flynn effect, s'estompent très régulièrement).
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