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Johnathan R. Razorback

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Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. C'était un lieu commun longtemps avant l'apparition de la sociologie. "La Pauvreté est Mère du Crime." -Cassiodorus, écrivain chrétien romain. La pauvreté (qui est par définition relative à autrui, à celui qui ne l'est pas ou moins), pousse facilement à l'envie, la jalousie, l'agressivité, etc. Particulièrement dans une société qui te bombarde de publicités toute la journée, qui te culpabilise de n'avoir pas "réussi". Mais je suis évident d'accord lorsque tu dis qu' "Être pauvre n'est pas une excuse pour mettre le feu à un véhicule". On peut constater des régularités statistiques entre pauvreté et criminalité, ça n'a jamais empêcher de sanctionner. J'aimerais bien que notre société sorte de l'aporie entre dédain des causes sociales d'une part, et "culture de l'excuse" à l'autre bord.
  2. Mais Burke est un grand nostalgique, un putain d'enfant du siècle "L'âge de la chevalerie est passé. Celui des sophistes, des économistes, et des calculateurs lui a succédé ; et la gloire de l'Europe est éteinte à jamais." -Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France. J'avoue que pour Schmitt (si c'est bien ce dont parle les auteurs, mais j'ai un doute), c'est maladroit, il a quand même écrit un bouquin entier pour critiquer l'apolitisme mystique du romantisme... Mais ça me semble improbable qu'ils classent Schmitt ainsi, leur typologie présente le romantisme comme de plus en plus évanescent dans la deuxième moitié du XIXème siècle, à mesure que la réversibilité des conséquences (sociales, économiques, politiques, environnementales, etc.), de la Révolution industrielle devient de moins en moins probable.
  3. Du romantisme en général. Dans la définition de Lowy & Sayre, qui est du coup extrêmement large (le romantisme comme attitude par rapport à la modernité, et non comme courant esthétique ; qui se prolonge jusqu'au XXème siècle). Hum, je pense que ce que tu décris n'est pas autre chose qu'un genre de romantique allemand. Mais je pense qu'on pourrait facilement en trouver d'autres qui n'ont jamais été favorables (et donc déçus) à la Révolution française. Les exemples précis m'échappent, à vrai dire. Et inversement, tu as des romantiques incontestablement pro-révolution française (ceux chez qui le romantisme croise l'Aufklärung , tel un préromantique comme Rousseau). Regarde Heinrich Heine. Ce n'était clairement pas un romantique réactionnaire.
  4. J'avoue. Celui-là en particulier: On dirait une espèce de course malsaine à celui qui se flagellera le plus en public pour des crimes imaginaires o_o
  5. Le romantisme couvre en fait une palette extrêmement large d'attitudes politiques, allant du monarchisme absolutiste jusqu'au marxisme, en passant par diverses formes de réformismes et d'apolitismes. Si ça t'intéresse, je te conseille vivement Révolte et mélancolie. Le romantisme à contre-courant de la modernité (de Michael Lowy et Robert Sayre). En termes d'histoire des idées, c'est très bien. Mais tu as raison de dire que les völkisch sont une extension des variantes les plus réactionnaires du romantisme allemand.
  6. C'est non seulement idiot, mais c'est carrément factuellement faux en ce qui concerne Schmitt. Sous Weimar, constitutionnaliste respecté, il fréquentait régulièrement les élites économiques. Et sa conception de l'Etat total comporte typiquement une dimension économique: « Une suprématie de l'Etat sur l'économie n'est réalisable qu'au moyen d'une organisation unie, du type d'un Ordre. [...] Le fascisme, tout comme le communisme, a besoin d'un tel appareil pour dominer l'économie. » (Carl Schmitt, en 1929). Vil pécheur En gros Heidegger (je le connais beaucoup moins bien que Schmitt) est un réactionnaire plus proche du courant völkisch (même si les thématiques raciales n'apparaissent pas publiquement avant 1933), nostalgique du monde rural, hostile au développement technique, à la démocratie, au monde moderne "inauthentique", etc. Alors que Schmitt développe une pensée beaucoup plus politique et "modernisatrice". Son problème, c'est de développer un Etat suffisamment fort pour éviter à la fois des scissions territoriales et une révolution communiste (deux formes de guerres civiles au fond. D'où la fascination pour Hobbes).
  7. Je sens venir le jackpot clientéliste: on fait plaisir aux associations bobos et on communique sur un plan d'embauches de fonctionnaires pour réduire le chômage...
  8. Tout dépend de ce que tu appelles une attaque. Si ça consiste à rassembler et publier des preuves de corruption, ça s'appelle du journalisme d'investigation et c'est effectivement rare. Si ça consiste à essayer d'humilier bassement, c'est en revanche fréquent. Non ? Les comparaisons racistes de Minute envers Taubira ? Vallaud-Belkacem qui se fait traiter de lâche par le Figaro ? (cf: http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/09/01/31001-20160901ARTFIG00123-sorties-scolaires-et-signes-religieux-la-lachete-de-najat-vallaud-belkacem.php )
  9. Roo, tout de suite... Etre pire qu'Hollande ça reste du challenge.
  10. Si ça arrive autant, la préférence pour la décentralisation de beaucoup de libéraux n'a pas de raison d'être. Comment ça, en toute logique ? En quoi l'échelle d'application du pouvoir aurait un rapport sur l'extension de celui-ci sur la société ? Tu affirmes que c'est corrélé, mais tu ne donnes pas un argument qui expliquerait pourquoi un tel phénomène existerait. Je ne suis pas d'accord. La solution libérale, c'est la reconnaissance de la liberté de circulation, qui passe par l'ouverture des frontières nationales (ce qui n'est pas leur suppression). Laisser la région en décider n'est pas plus ou moins libéral, ça ne fait que changer le lieu de la décision, pas la nature de la politique menée. De plus, la fragmentation de la loi créé (ou risquent de créer) les effets d'inégalités dont j'ai parlé, et en plus du reste, elle introduit un conflit entre légitimités démocratiques contradictoires (élus locaux versus représentation nationale). Le libéralisme ce n'est pas le chaos, or le renforcement des pouvoirs locaux mène de toute évidence à des conflits supplémentaires entre instances politiques. La différence est que l'UE n'est pas un Etat ou une communauté politique constituée (suffit de voir les taux d'abstention aux élections européennes, ou d'observer l'absence de solidarité entre Europe du Nord et du Sud par exemple. Ou d'imaginer comment réagirait l'européen moyen si un Etat balkanique était envahi par la Russie). Il y a un sens à vouloir une égalité des droits entre membres d'une même communauté politique, mais entre communautés différentes, ça relève du constructionnisme politique, de l'uniformisation (et d'ailleurs celle-ci ne concerne pas simplement les droits de l'homme, qui contrairement à ce que tu dis, sont reconnus, au moins formellement, à travers de nombreux pays. Dans le cas de l'UE, c'est vers une uniformisation des lois que l'on se dirige). Tu sais bien que c'est aussi mon avis.
  11. Pour être exact, ce qui se rapproche de l'individu, ce n'est pas le pouvoir en tant que tel (sorte de substance immatérielle), mais les détenteurs du pouvoir. Ou encore: les détenteurs locaux du pouvoirs voient leur pouvoir s'accroître. Bon, ok. So what ? Je ne vois pas en quoi ça aiderait d'un pas la cause du libéralisme. Au contraire. Lorsque le pouvoir est proche de toi, tu es davantage incité à essayer de l'influencer pour en tirer des avantages indus. Le gugus qui veut des sous pour son association ou son entreprise est plus poussé à aller réclamer une intervention publique si ça dépend du maire ou du président de région que s'il faut des relais pour faire pression jusqu'au sommet de l'Etat. A un niveau restreint, le coût géographique et temporelle du clientélisme est réduit. Sans compter les affinités personnelles, ou familiales, qui ont plus de chances de jouer avec la proximité. Donc "rapprocher la décision des citoyens" est une idée qui mérite d'être examinée à deux fois... Bof, bof, et encore bof. Comme je l'ai dis, rapprocher le pouvoir décisionnaire du citoyen a de bonnes chances d'accroître les passions et les pressions exercées par des groupes d'intérêts. Je reprends mon exemple de l'accueil des refugiés, qui est initiée par le gouvernement, mais contestés par les élus locaux, qui ne peuvent pas faire autrement, étant sous la pression immédiate de leurs administrés, lesquels rejettent volontiers les accusations de racisme mais préfèrent quand même que l'accueil des "pas-comme-nous" ne se fasse pas chez eux... Voilà pour l'échelle et pour la concurrence...Bah regarde ce qu'était la France de l'Ancien Régime ! Un pays sans cohérence fiscale ni même métrique à une certaine époque. Ce qui peut susciter deux critiques selon moi légitime: 1): une normative (dans un Etat sans règles communes, les droits des citoyens ne seront pas égaux, mais varieront d'une région à l'autre en focntion des traditions, c'est-à-dire des rapports de force hérités du passé entre les serfs et les seigneurs) ; 2): utilitariste: la différence des normes d'un endroit à l'autre créé de la complexité, ce qui tend à freiner le commerce, la libre-circulation, la division du travail, etc. Toute la philosophie des Lumières du XVIIIème s'est élevée contre ces deux problèmes.
  12. Tu confonds décentralisation, confédération et fédéralisme. Il y a décentralisation lorsqu'un Etat unitaire (comme la France) transfert des compétences croissantes de l'Etat central vers des collectivités locales. La Suisse est une confédération (mais son système est tellement sui generis que je vais éviter d'en dire quoi que ce soit), les USA sont un Etat fédéral. Je suis personnellement très sceptique sur le caractère "pro-libéral" de la décentralisation. Les détenteurs du pouvoir changent, pas l'étendue de son activité effective. Dans le contexte français, les collectivités locales embauchent un nombre croissants de fonctionnaires et multiplient les dépenses. De surcroît, des collectivités puissantes tendent à contester les décisions gouvernementales (on en a une illustration actuelle avec le problème des réfugiés), donc à transformer l'application de la loi en un arbitrage-cafouillage permanent entre l'Etat central et les collectivités. A terme, cette re-féodalisation fait courir le risque d'une rupture de l'égalité des citoyens devant la loi. Une république libérale idéale serait peut-être fortement décentralisée ; en tout cas, l'observation des effets de la décentralisation à la française me fait sérieusement douter que ce soit une bonne chose. Ici comme ailleurs, le changement des mentalités doit priver sur la configuration institutionnelle. Des antilibéraux feront autant de mal, voire davantage, dans un Etat décentralisé. Comme je l'ai dit, il y a des raisons de principes de penser le contraire, comme le fait que le pouvoir héréditaire d'un seul n'est pas compatible avec l'égalité des droits de tous les membres de la communauté politique. On peut également penser qu'une restauration monarchique se ferait dans un climat idéologique peu favorable au libéralisme (il n'y a qu'à voir les positions économiques et sociales de l'Action française...). Le logiciel monarchique est traditionnaliste ; or le libéralisme est une doctrine intrinsèquement moderne. Les chances d'une synthèse réussie, façon Royaume-Uni, sont extrêmement faibles. Il y a également des raisons tactiques de refuser la monarchie, dans la mesure où c'est une position ultra-minoritaire qui ne ferait que marginaliser les libéraux par rapport à la population en général. Sans compter les divisions internes que l'adoption d'une telle doctrine ne manquerait pas de susciter.
  13. Hum, ça c'est le programme de EELV. La sobriété heureuse, toussa...
  14. J'ai essayé, toujours rien au bout de la dixième page... Par contre avec le mot-clé "journal libéral", un article de Contrepoints sur Bastiat apparaît en page 7.
  15. A part écrire ou citer un livre qui explique déjà en détail le rôle de l'intervention de l'Etat dans la crise, je ne vois pas. Si tu veux embrouiller un gauchiste vite fait, il y a ça:
  16. ça paraît quand même bizarre de dire qu'un théorème économique puisse être valable sans être validé par l'expérience, quand bien même il reposerait sur un ensemble de principes a priori. Ce qui est sûr c'est que ça paraît à première vue une position dogmatique qui autorise à dire n'importe quoi. Et ce qui n'est pas moins sûr, c'est que les partisans de l'école autrichienne s'appuient sur tel ou tel événements réels lorsqu'ils veulent prouver le bien-fondé des théories auxquels ils adhèrent. Je ne vois pas comment cela pourra avoir un sens de se féliciter que les autrichiens aient anticipé la grande dépression (http://axiomaticeconomics.com/Mises_Hayek_on_Great_Depression_by_Aguilar.pdf ), si on soutient simultanément que la théorie est vraie indépendamment de l'expérience...
  17. => http://coreplayer.tv/wp-content/uploads/mvbthumbs/img_9342_skyrim-bug-dans-la-matrice.jpg
  18. Et le statut de fonctionnaire ne protège plus de la concurrence étrangère ? Je ne comprends pas ton argument.
  19. Sécuriser une caméra de surveillance ?
  20. Je ne crois pas que quiconque ici est dit cela. En tout cas, ce que j'ai dis, c'est qu'il serait libre de le faire. Et même si le gouvernement actuel est sur une ligne red-torysm, ils ont déjà un gain de liberté en échappant à la transposition nationale des mesures européennes (1/4 des lois votées en France, je pense que c'était moins en Angleterre mais c'est toujours ça de pris). A long terme je pense que le Royaume-Uni en tirera profit. On verra bien.
  21. Comment savoir si elle dit la vérité ?
  22. Selon un propos attribué à Mitterrand: "en politique, on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment". Juppé, c'est le candidat qui laisse le mieux croire à tous le monde qu'ils pourront vivre au dépend de tous le monde. C'est ce qu'on appelle un homme d'Etat...
  23. Moi je trouve son ironie approprié, limite je mettrais ça dans les phrases qui font plaisir.
  24. Elle est hargneuse, provocatrice, sans-gêne et vulgaire. Son rôle, c'est de produire le quota de minutes de buzz-qui-clash pour les résumés en ligne de l'émission. Je la hais. Sinon Juppé fait du demi-libéralisme honteux. C'est le roi de l'ambiguïté. Ce qui est sûr, c'est que son programme fiscal va peser sur les classes populaires (via hausse de la TVA), ce qui est une aberration totale.
  25. C'était à prévoir, on va vers le TGE (très grand Etat) continental, dénoncé par Jean-Jacques Rosa dès 1998.
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