Aller au contenu

Johnathan R. Razorback

Yabon Nonosse
  • Compteur de contenus

    11 906
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    46

Tout ce qui a été posté par Johnathan R. Razorback

  1. "On bave dans l’abstrait. L’abstrait c’est facile. C’est le refuge de tous les fainéants. Qui ne travaille pas est pourvu d’idées générales et généreuses." -Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Elie Faure (2 mars 1935).
  2. Si. Le fait qu'il y ait eu collaboration entre l'appareil d'Etat nazi et le patronat n'est pas suffisant pour dire que le nazisme n'a "rien de commun" avec le socialisme.
  3. Le marché de l'art contemporain n'existe quasiment exclusivement que par l'intervention de l'Etat qui déverse de l'argent public sur untel, proclamé "artiste". C'est un art officiel. Lepage en parle de façon humoristique:
  4. Je suis toujours aussi étonné de voir à quel point l'interprétation stalinienne du nazisme est devenue mainstream. J'ai moi-même vécu sur ce mythe pendant de nombreuses années, sans jamais en soupçonner l'origine: « La variété la plus réactionnaire du fascisme, c’est le fascisme du type allemand. Il s’intitule impudemment national-socialisme sans avoir rien de commun avec le socialisme. » -Georgi Dimitrov, secrétaire général du Komintern de 1934 à 1943. La traduction / abréviation de Nationalsozialismus en nazisme n'y est sans doute pas étrangère.
  5. (dans les commentaires: http://www.cercledesvolontaires.fr/2016/04/10/lapero-chez-valls-une-premiere-etincelle-revolutionnaire-de-la-nuit-debout/). Mais bordel, il y a encore des mecs pour réinventer le socialisme agraire de Babeuf ? En 2016 ?! On est en pleine montée d'irrationnel, ce pays devient de plus en plus épique.
  6. Personnellement j'en doute. Il paraît que dès qu'un Mélenchon se pointe, on le prie de dégager. Soit le mouvement se disperse et les plus frustrés se retrouveront peut-être à soutenir des formations existantes, soit il parvint à faire un saut qualitatif et à s'installer dans le jeu politique (mais vu l'intelligence et l'autodiscipline des participants, c'est à peu près aussi probable qu'une Révolution...).
  7. Sans vouloir être insultant, Veraeghe dit régulièrement n'importe nawak. Déjà, il commence par nous expliquer que nous ne sommes pas en démocratie, le système politique ayant été pris en otage par les "partis politiques et les banques"... Le reste de son texte est un capharnaüm conceptuel que l'instabilité de son Object ne justifie pourtant pas.
  8. 40 ans de French Theory et de dégradation du système éducatif sont passés par-là. Sans oublier le côté anti-institutionnel, anti parti politiques, qui n'aide pas (doux euphémisme) à acquérir une culture politique.
  9. L'antilibéralisme ambiant n'est pas réductible à l'extrême-gauche (sinon ça finirait pas se traduire électoralement), même si elle est plus familière et plus visible. Le nombre de lepénistes anti-"mondialisme" et autres soraliens me paraît en bonne croissance.
  10. Faut avouer que ce n'est pas simple: "Un équipement, que Marx appelle le capital, transmet indirectement de la valeur aux marchandises. Quand une machine est utilisée pour fabriquer un objet, la valeur transmise doit prendre en considération le temps de travail humain qui fut nécessaire pour fabriquer la machine, qu'on répartira ensuite sur le nombre total d'objets qu'est capable de fabriquer la machine avant d'être détruite. Lorsque les machines sont performantes, ou lorsqu'elles sont faciles à construire, la valeur des objets baisse car elles transmettent moins de travail humain à chaque objet." (cf: https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_valeur_(marxisme)).
  11. Et la scholastique médiévale condamnait l'usure en faisant appel à l'autorité d'Aristote. Bref. Dernier résultat de mes pérégrinations: Jaurès attribue à Fichte (l'auteur de l'Etat commercial fermé, ouvrage qui plaisait tant à A. Hitler), l'idée de la valeur-travail: "La valeur de chaque chose dépend et des dépenses et du temps nécessaires à sa production. [...] Proudhon l'a dit, la théorie de la valeur est pour ainsi dire la pierre angulaire du socialisme. Fichte, le premier, a esquissé la théorie de la valeur, développée ensuite par Marx. [...] Dans quelques cas, je l'avoue, dans certaines circonstances extraordinaires, la valeur n'est pas déterminée par la quantité de travail. Par exemple, si l'on offre de l'eau à des hommes altérés dans le désert, si l'on offre du pain à des hommes affamés dans une île, ils achèteront ce pain très rare, cette eau très rare, à un prix énorme. Mais ces hasards que quelques sots opposent orgueilleusement au socialisme, n'ont aucune signification, comme étant en dehors de toute règle et de l'ordre normal de la société. En effet, c'est le principal devoir de la société que par un commerce toujours en mouvement, les choses nécessaires à l'existence soient facilement mises à la portée de quiconque veut les acheter. Et il ne subsiste aucune règle, lorsque la vie elle-même de l'homme dépend non pas de la société mais d'un seul homme de telle sorte que celui-ci peut exiger, en échange d'une bouchée de pain, non seulement un prix exorbitant, mais encore la servitude du corps. Dans la société ordinaire, la vraie mesure de la valeur est la quantité de travail, non pas subordonnée mais conditionnée par son utilité." -Jean Jaurès, Les origines du socialisme allemand, traduction par Adrien Veber de la thèse latine, in Revue Socialiste (de Benoît Malon), 1892.
  12. Pour ce que j'en sais, Marx rejette les économistes français (en particulier Condillac) qu'il juge bien inférieurs aux britanniques. Il méprisait également souverainement Bastiat. Je ne pense donc pas que l'École de Paris ai joué une quelconque influence sur lui, si ce n'est pas différenciation. Pour les marxistes, Marx a "dépassé" l'économie politique "bourgeoise", Smith et Ricardo sont donc en ce sens ses prédécesseurs. La bonne question pour savoir s'ils sont vraiment les prédécesseurs de l'économie marxiste n'est pas tant de savoir s'ils en auraient désapprouvé les conclusions politiques (ce qui est certainement le cas), mais plutôt de savoir s'il est possible de critiquer le marxisme sur la seule base de l'économie politique classique. Je pense que ça n'est pas évident de critiquer la théorie de Marx en restant dans le cadre de la valeur-travail. Ce n'est pas un hasard si le marginalisme s'est développé historiquement en réaction au marxisme. Mises ne développe hélas pas trop son rapport à Kant, c'est donc moins un argument qu'un jugement de valeur. Néanmoins, son intuition cadre bien avec le fait que les néo-kantiens allemands de l'École de Marbourg acceptaient le socialisme: « L'idée que l'humanité a le privilège de devoir être traitée comme une fin conduit à l'idée du socialisme, du fait que tout homme doit être défini comme une fin dernière, comme une fin en soi. » -Hermann Cohen, Ethik des reinen Willens, Berlin, 1904.
  13. Et auquel j'avais répondu ici: http://www.contrepoints.org/2015/10/01/223793-la-gauche-et-le-liberalisme-les-poncifs-de-libe-decryptes
  14. Faut dire que je continue à parler de Fukuyama sans l'avoir lu donc bon... Mea culpa. Sur Kant, on ne trouvera peut-être pas d'argument excluant ultime, mais une méfiance élémentaire s'impose: « Engels a vu dans le mouvement ouvrier allemand l'héritier de la philosophie allemande classique. Il serait plus exact de dire que le socialisme allemand en général — et non pas seulement le marxisme — a été le successeur de la philosophie idéaliste. Le socialisme doit la domination qu'il a pu s'assurer sur l'esprit allemand à la conception de la société des grands penseurs allemands. Une ligne facile à reconnaître conduit de la conception mystique du devoir de Kant et de l'idolâtrie de l'État de Hegel à la pensée socialiste. » -Ludwig von Mises, Le Socialisme, 1922. Même Sternhell qui passe son temps à célébrer les Lumières franco-kantiennes ne peut s'empêcher de pointer la docilité de la philosophie politique kantienne vis-à-vis du pouvoir: « Kant, on le sait, ne reconnaissait pas aux individus le droit à la résistance au pouvoir politique, et à cet égard il se situe en deçà non seulement de Locke mais aussi de Hobbes. Ce dernier, s'il n'accorde pas à l'individu le droit à la rébellion, permet quand même d'entrevoir la possibilité que le pouvoir, mettant en danger la vie de l'individu, perde sa raison d'être et donc sa légitimité, et finisse par se décomposer, ce qui est une autre façon d'ouvrir une petite porte à la révolte. Kant sur ce point repousse les prémisses de l'école des droits naturels. Un droit à la révolte est pour lui une contradiction dans les termes. Bien plus, il est interdit au citoyen de poser la question de l'origine légitime ou non du système politique en place. Nietzsche devait lui reprocher durement ce conformisme propre aux intellectuels. » -Zeev Sternhell, Les anti-Lumières. Une tradition du XVIIIème siècle à la guerre froide. Saint-Amand, Gallimard, coll. Folio histoire, 2010, 945 pages, p.106-107.
  15. Hé bien cette conférence met en lumière un certain nombre d'affinités électives: http://www.akadem.org/sommaire/colloques/hannah-arendt-cent-ans-apres-sa-naissance/la-revolution-en-heritage-27-11-2006-6794_4112.php Le fait qu'elle choisisse Montesquieu contre Rousseau est également significatif: "[Pour Hannah Arendt] La révolution américaine est l'héritière de la Grèce (elle n'a pas confondu l'action avec la violence) et de Rome (elle a retrouvé l'idée romaine de l'autorité dans des institutions comme le Sénat et la Cour suprême), et la Révolution française, si encline pourtant à singer les Romains, se trouve au contraire tout entière du côté des apories modernes, parce qu'elle hérite d'une tradition politique, celle de la France, dont toute la métaphysique politique, de Bodin à Rousseau, est tributaire de la confusion entre liberté et volonté, qui est au fondement des concepts de "souveraineté" et de "volonté générale"." -Philippe Raynaud, "Le Monde, l'Action, la Pensée", préface à Hannah Arendt. L'Humaine Condition, Gallimard, coll. Quarto, 2012, 1050 pages, p.22. Il y a aussi le fait qu'Arendt se soit explicitement opposée à la socialisation des moyens de production. On trouve à l'occasion des remarques assez mordantes sur l'étatisme dans son œuvre, par exemple dans L'Antisémitisme: "La France est le seul pays où l'on expérimenta sérieusement le mercantilisme, avec pour résultat des manufactures prospères crées très tôt sur l'intervention de l'Etat. Le pays ne s'en est jamais vraiment remis. Lorsque vint l'âge de la libre entreprise, la bourgeoisie française se montra réticente face aux investissements non protégés. En revanche, l'administration, née elle aussi du mercantilisme, lui survécut. Bien que celle-ci ait perdu toutes ses fonctions productives, elle reste aujourd'hui encore plus caractéristique nationalement, et plus gênante pour son redressement, que la bourgeoise." Raynaud oppose effectivement Arendt à la New Left dans des termes qui vont dans mon sens: "Les "Réflexions sur Little Rock" expriment une position qui n'est plus guère audible aujourd'hui parce que la politique engagée dans les années cinquante s'est traduite par des progrès importants dans l'égalité raciale sans détruire les bases du régime américain et, surtout, parce que Hannah Arendt semble y défendre une philosophie libérale classique qui n'a plus guère de défenseurs, du fait de la séparation rigide qu'elle établit entre le "privé" et le "public" ou entre le "social" et le "politique"." (p.45)
  16. Je ne connais pas trop la vision de l'économie chez Kant mais Mises (Le Socialisme, 1922) lui reproche d'ignorer l'économie politique. Il ne l'inclut pas non plus lorsqu'il parle du libéralisme allemand. En outre, Kant rejette le droit de résistance à l'oppression, élaboré par Locke et repris par les révolutionnaires français et américains. Pourquoi ?
  17. Hegel et Kant ne sont pas des libéraux. Il y a des libéraux qui voient l'histoire comme un progrès continu (Condorcet) ou qui se placent dans une philosophie de l'histoire (Fukuyama). Mais ces approches sont frontalement rejetées par Mises (Le Libéralisme, 1927), Hannah Arendt (La Crise de la culture, 1968) ou encore Pascal Salin (Libéralisme, 2000). Donc je ne me risquerais pas à dire que bien des libéraux partagent ces approches. Certains libéraux oui, mais quoi de surprenant à cela, puisque l'idée de progrès historique est une composante la modernité, modernité dont le libéralisme est lui-même issu ?
  18. Le néo-luddisme est en plein essor dans l'intelligentsia. Comme dirait l'autre, il y a ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Il va falloir vivre avec ce type de jérémiades pendant une bonne trentaine d'années, le temps que la transition se fasse (et elle se fera mal, vu l'extension du domaine de l'étatisme).
  19. Si les sociétés avaient autorisés des comportements comme le meurtre, l'inceste ou le cannibalisme, il n'y aurait pas eu beaucoup de lendemains... Par conséquent la liberté n'est pas un maximum de possibilités laissées, elle implique l'Interdit. Sinon je pense profondément que l'histoire n'a pas de sens. Une direction ce n'est pas clair, une signification ça me semble évident que non. Elle n'est pas éternel retour (il y a du nouveau), elle n'est pas progrès permanent (chute de l'Empire romain, guerres mondiales, etc.). Dans Le Génie du Capitalisme, Howard Bloom semble décrire l'univers comme en voie de complexification permanente, mais c'est douteux. Nous disparaîtrons peut-être tous lorsque notre soleil se changera en super-nova, et peut-être que l'univers entier se figera dans un état d'entropie général. De toute façon nous ne pouvons pas savoir, nous ne saurons jamais que nous sommes à la "fin de l'Histoire", on ne peut attribuer un sens à l'histoire qu'en extrapolant des tendances passés, qui sont pourtant toujours susceptibles d'être contrariées par de nouveaux développements.
  20. De la communication oui. Des gens payés pour sourire plutôt que des militants bénévoles qui donneraient de leur temps. Ce qui en dit long sur l'attractivité du mouvement de Macron...
  21. Je ne sais pas. Mais en période d'inflation faible ça ne change pas grand chose, non ?
  22. Ha l'éolien, le stade suprême de l'étatisme énergétique...C'est un peu comme le solaire j'imagine. "Le parc solaire français, qui ne produit en 2014 que 1,1 % de l’électricité consommée dans l’hexagone, aura coûté en subventions – je dis bien en subventions (1), c'est-à-dire, sans compter la partie des coûts couverte par la vente d’électricité sur le marché – plus de la moitié du coût d’investissement du parc nucléaire, qui produit, lui, 75% de notre électricité. (1) Les subventions à l’énergie solaire représentent un montant de CSPE proche de 4 Md€ par an, avec des contrats qui vont de 15 à 20 ans. Sur la durée totale, cela représente donc une dépense de 60 à 80 Md€. Le parc nucléaire français a coûté, selon les estimations, de 80 à 100 Md€." -Le blogueur "Descartes", 02/07/2015 (http://descartes.over-blog.fr/2015/06/tsipras-melenchon-ou-tsipras-de-gaulle.html#comments ).
  23. Émission débile, réglementation liberticide. Nihil novi sub sole.
  24. Un bon exemple de demi-libéralisme apolitique. On évoque des blocages économiques mais sociaux, mais guère plus (pas de sujets qui fâchent, pas de cibles responsables des maux suggérés, pas de propositions de réformes). Et surtout, une logique anti-institutionnelle, axée sur des représentants de la société civile, plutôt que sur les militants et cadres d'un mouvement dont le nom lui-même n'a rien de politique (En Marche vers quoi ? Pour quoi ? Comment voulez-vous créer du transindividuel sans l'inspiration d'une cause commune ?). A quoi sert de faire un parti sinon pour proposer une image de la possible classe dirigeante de demain, de ses figures, de ses valeurs ? Ont-ils un programme écrit, au moins ? Edit: en fait ce n'est même pas un parti... : "Emmanuel Macron, qui n’a pas sa carte au Parti socialiste, a précisé vouloir un « mouvement ouvert » auquel il serait possible d’adhérer tout en restant adhérant d’un « autre parti républicain » (cf: http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/04/06/emmanuel-macron-lance-un-mouvement-politique-nouveau-baptise-en-marche_4897274_823448.html).
×
×
  • Créer...